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SAINT-SÊBASTIEN-HOliS-LES-MURS. (Voir DlC

tionn., t. xiv, col. 873-876.) [Les fouilles récentes font remonter] les origines de ce sanctuaire [bien] au

1 S. Augustin, De moribus Ecclesiœ, c. xxxm, P. L. t. xxxn, col. 1340. Cf. Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 220. [Mais en fait, à Rome, l'institution monastique n'a triomphé que tardivement, au vu» siècle, d'obstacles longtemps opposés à son épanouissement, aussi bien de la part de l'autorité pontificale que de

delà du pontificat de S. Damase (366-384) dans la notice duquel on lit : fecit basilicam in catacumbis et dedicavit plaloniam, ubi corpora apostolorum jacuerunt, id est beati Pétri et Pauli. Près de la basilique, qui fut renouvelée par Nicolas Ier (858-867), s'éleva le monastère in Calatymbas sous Sixte III (432-440). C'est dans cette basilique que S. Grégoire prononça sa xxxvne homélie super evangelia.

Bibl. : D. Angeli, p. 550; M. Armellini, lre éd., p. 709; 2e éd., p. 896; A. Bosio, Sopra la chiesa di S. Sebastiano martire in Roma, scrittura inedita pubblicata da Pietro Antonio Uccelli, dans Scienza e fede, III» série, t. xxiv, 1873, p. 220-223, 300-307, 388- 398, 462-477; E. Caetani Lovatelli, Nella chiesa di San Sebastiano fuori le mura, dans Nuova antologia, 16 mai 1905, p. 212-222; L. Duchesne, dans Liber pontificalis, t. i, p. 508; t. n, p. 13; L. Duchesne, dans Memorie dell' accad. pontif., t. i, part I, 1923, p. 1-23; V. Forcella, t. xn, p. 145-160; H. Grisar, Die rômische Sebaslianuskirche und ihre Aposlelgruft im Mittelalter, dans Rom. Quart., t. ix, 1905, p. 409; Le même, Chiesa di San Sebastiano in Roma, dedicata già agli apostoli SS. Pietro e Paolo, dans Cioiltà catholica, série XVI, tom. n, p. 464 sq. ; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 460, n. 48; P. Kehr, Ital. pont., t. i, p. 162; B. Lanciani, dans Dissertazioni dell' Accad. pontifteia, IIe série, t. xm, 1920, p. 55-111; Lubin, p. 343; Lugari, dans la Cronic. mens, d' Armellini, série VI, t. i, p. 161; Martinelli, p. 302; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 488-493; Nibby, p. 704; Panciroli, lre éd., p. 754; 2e éd., p. 661; O. Panvinio, De septem ecclesiis, p. 93; Bipostelli et Marucchi, La via Appia, 1908, p. 349; Severano, Sette chiese, p. 443 sq. ; [mais surtout : P. Styger, dans Dissertazioni délia Pont. Accad. romana di archeol., IIe série, xm, 1918, p. 3 sq. ; P. Mancini, dans Notizie degli scavi di antichità, 1923, p. 3 sq. ; Fornari, dans Rivista di archeol. crisliana, t. vm, 1932, p. 201 sq., et dans Atti del III congresso inlern. di archeol. crist., Borne, 1934, p. 215 sq. ; Von Gerkan, dans H. Lietzmann, Petrus und Paulus in Rom, 2e éd., p. 248 sq.]

4. SAiNr-PAJfcitACE. — (Voir Dictionn., t. xm, col. 1010-1013). Basilique très ancienne fondée par le pape Symmaque (498-514), restaurée par Honorius Ier (625-638), ainsi que l'attestait une inscription aujourd'hui perdue, qui se lisait dans l'abside. Un monastère y fut fondé par S. Grégoire le Grand (Registr., 1. IV, ep. xvm), qui, du temps d'Hadrien Ier (772-795), s'appelait monasterium S. Victoris apud sanctum Pancralium.

Bibl. : D. Angeli, p. 438; M. Armellini, 1" éd., p. 766; 2e éd., p. 951; L. Duchesne, dans Liber pontificalis, t. i, p. 46, 110, 262, 500, 504, 508; t. u, p. 9, 11, 20, 23; Forcella, t. xi, p. 371-382; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 409, n. 1 ; P. Kehr, liai, pont., t. i, p. 176; Lubin, p. 341; Martinelli, p. 265; H. Marucchi, Bas. et égl. de Rome, p. 493-495; Nibby, p. 569; Panciroli, lre éd., p. 640; 2e éd., p. 568; Paulinus a S. Bnrtholomeo, De basilica S. Pancradi Martyr is de Urbe in via Aurélia disquisilio, in-4°, Bomae, 1803; Piazza, p. 595; P. Ugonio, Stazioni, p. 317.

XXVIII. Expansion monastique a Rome. — Nous en avons dit quelques mots déjà auxquels nous ajoutons les références qui vont suivre.

Dès le iv« siècle, S. Augustin signale l'existence à Rome de monastères nombreux et florissants "

l'opinion : R. Vielliard, Recherches sur les origines de la Rome chrétienne, p. 131-139; cf. F. Anlonelli, / prinii monasleri di monaci orientali in Roma, dans Ritiista di archeol. crist., t. iv, 1928, p. 105-121; .1. Lestocquoy, Notes sur l'église de Saint-Saba, ibid., t. v, 1929, p. 313- 357.1

HUM)'.. LES EGLISES AU MOYEN ÂGE

et le Liber pontificalis, pour la première fois, signale le monastère fondé par Sixte III (432-440) pour desservir le sanctuaire cémétérial de S. Sébastien, ad Calacumbas ' ; peu après S. Léon (440-461) fonde un monastère pour desservir la basilique de Saint- Pierre 2. Le Latran eut aussi ses monastères; le plus connu avait été fondé vers la fin du vie siècle :l sous le vocable des Saints-Jean-Baptiste, Jean l'Évangéliste et Pancrace; vers cette époque, il eut pour abbé Valentinien, qui avait été disciple de S. Benoît 4. Cette indication semble favoriser l'opinion d'après laquelle cette communauté aurait été composée de moines fugitifs du Mont-Cassin, lorsque les Lombards pillèrent ce monastère; si elle en venait, elle y retourna lorsque l'abbé Pétronax repeupla le Cassin au début du vme siècle et peu de temps après S. Grégoire III reconstitua le monastère du Latran 5. Il s'en trouvait un autre au même lieu, fondé par Honorius (625-638) sous le vocable des Saints-Andréet Barthélémy 6; celui-ci situé à peu de distance du baptistère, là où s'élève aujourd'hui l'hôpital de Saint- Jean.

Outre le monastère fondé par S. Léon le Grand près de Saint-Pierre et qui portait vraisemblablement le vocable des Saints-Jean-et-Paul, on trouvait à peu de distance celui de Saint-Étienne-le-Grand ou cata Barbara patricia ', fondé vers la fin du vr3 siècle et restauré sous Léon III; puis il faut nommer encore le monastère de Saint-Martin de Tours. Ces trois monastères existaient sous Grégoire III, en 732 8 et, vers le milieu du siècle, sous Etienne II, il s'y trouvait un quatrième sous le vocable de Saint-Étiennele-Petit. Près de la basilique Saint-Paul-hors-les- Murs, un monastère avait été fondé anciennement, mais avait disparu depuis et le pape Grégoire II (715-731) le releva de ses ruines; vers la fin du vme siècle, on trouve, dans ces parages, les monastères de Saint-Césaire et de Saint-Étienne '. Près de Sainte-Marie-Majeure, sous Grégoire II, on signale deux monastères, l'un appelé Gerocomium, derrière l'abside, l'autre Saint-André de Barbara ou in massa Juliana. Plus tard, sous Léon III, le nombre des monastères a augmenté et ils se nomment : Saint- André, Saint-Hadrien et Saints-Côme-et-Damien.

Outre ces monastères qui gravitent, si on peut dire, autour des grandes basiliques, il en est d'autres dont l'importance n'est pas moindre. Le plus important d'entre eux est Saint-André ad clivum Scauri, fondé par S. Grégoire dans sa maison patrimoniale du Cœlius, d'où il partira pour occuper le siège apostolique et dont il détachera un essaim de quarante moines pour entreprendre la conversion de l'Angleterre. Devenu pape, il fonde, en 594, un monastère près de la basilique de Saint-Pancrace 10, monastère qui, dans la suite, échangera son vocable contre celui de Saint-Victor u.

Bien que le monachisme ne retrouve pas toujours auprès de tous les papes le même traitement favorable, les fondations se succèdent sous les successeurs de S. Grégoire. Le pape Adéodat favorise le monastère de Saint-Érasme, au Cœlius, où s'était écoulée sa jeunesse 12; après lui, le pape Donus donne à des moines romains le monastère dit de Boèce, occupé jusqu'alors par les Syriens 13. Grégoire II, imitant son homonyme, fonde, lui aussi, un monas-

1 Lib. pont., t. i, p. 236, note 13. — " Id., ibid., t. i, p. 241, note 11. — » Id., ibid., t. i, p. 424, note 13. — ' S. Grégoire, Dialogi, 1. II, praefatio. — s Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 409. — • Id., ibid., t. i, p. 327, note 21. — ' Id., ibid., t. i, p. 518, note 49. — ■ Id., ibid., t. î, p. 241, note 11. — ' Id., ibid., t. i, p. 410, note 6. — '" S. Grégoire, Registr., 1. IV, ep. XVIII, P. L., t. i.xxvn, col. 687. — " Liber pontificalis, t. i,

tère dans sa propre maison : Sainte-Agathe u. Grégoire III fonde, à proximité de la basilique de Saint- Chrysogone restaurée par lui, le monastère des martyrs Etienne, Laurent et Chrysogone ,s dont les moines devront se conformer à l'ordre des offices suivi par les moines de Saint-Pierre. Enfin, le pape Hadrien Ier organise le service régulier de l'office divin à Saint- Marc par la fondation des deux monastères voisins de Saint-Laurent in Palatinis et de Saint-Étienne in Bagauda 18.

Sous le pontificat de Léon III, le nombre des monastères romains est plus que respectable. Outre ceux que nous avons déjà, mentionnés" : Saint-Saba, Saint-Anastase, Saint-André, Sainte-Agathe, Saint- Érasme, Saint-Silvestre, Saint-Laurent-du-Palatin, les deux monastères du Latran, près desquels est venu s'en ajouter un troisième, dédié à Saint-Étienne, les quatre monastères de Saint-Pierre, accrus également d'un cinquième, désigné sous le nom de Jérusalem, puis les deux de Saint-Paul, les trois de Sainte-Marie- Majeure et le double monastère de Saint-Laurenthors-les-murs. Viennent, ensuite Saint- Victor, Saint- Chrysogone, Sainte-Bibiane, le monastère de Renatus, Saint e-Agnès-hors-les-Murs.

« Une seconde série, composée d'une vingtaine de noms comprend les monastères moins connus, et dont, par suite, la nomenclature offrirait peu d'intérêt. Plusieurs, néanmoins, étaient célèbres à cette époque et se trouvent soigneusement mentionnés dans l'itinéraire anonyme, d'ailleurs fort succinct, du vme siècle. Ajoutons que la liste du Liber pontificalis est, sans aucun doute, incomplète, puisque le chroniqueur se borne à mentionner les établissements qui eurent part aux largesses de S. Léon III. Elle suffit néanmoins pour nous permettre de regarder comme un principe, généralement suivi à Rome à cette époque, que chaque église devait avoir, dans son voisinage, un clergé monastique suffisant pour y accomplir avec dignité l'office divin.

« Il ne sera pas sans intérêt de rassembler ici les particularités, malheureusement trop rares, que la tradition nous a transmises relativement à la vie intérieure de ces monastères. Le Liber pontificalis parle d'un décret pris par le pape S. Innocent Ier « touchant les règles des monastères », mais nous n'en trouvons aucune trace dans les Décrétales de ce pape. Le Pénitentiel de S. Théodore, moinearchevêque de Cantorbéry, envoyé de Rome par le pape S. Vitalien, nous fournit les principaux usages monastiques, admis à Rome, au milieu du vne siècle, usages que Théodore distingue soigneusement des coutumes monastiques d'Orient.

« Il nous apprend qu'à la profession du moine, l'abbé devait célébrer la messe et prononcer sur la tête du nouveau profès trois oraisons solennelles. Puis, il devait lui voiler la tête pour sept jours avec la coulle ou capuchon, et le septième jour, il lui découvrait la tête. « C'est, continue Théodore, une « imitation justifiée de ce que fait le prêtre à l'égard « des nouveaux baptisés : car, suivant le jugement « des Pères, l'acte de la profession est un second » baptême, dans lequel tous les péchés sont remis IB. » Le même auteur décrit en ces termes les funérailles des moines à Rome : « L'Église romaine à l'usage « de porter à l'église les moines défunts, et de leur

p. 508. — u Id., ibid., p. 346. — " Papencordt, Geschichle der Stadt Rom., p. 103, note 5. — " Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 348. — ls Id., ibid., t. i, p. 409. — '• Id., ibid., t. I, p. 520, note 86, 87. — " G. Morin, Les monastères bénédictins de Rome au Moyen Age, dans Messager des /irfé/cs, t. IV, 1887, p. 262-267, 315-322, 351-356. — l" Théodore, Pœnilentiale, c. in, P. L., t. xcix, col. 928.

LES EGLISES A l MOYEN AGE

« oindre la poitrine avec le chrême; après la célébrait lion de la messe à leur intention, on les porte à la « sépulture, en chantant des cantiques sacrés; puis, « lorsqu'ils ont été mis au sépulcre, on récite pour « eux une oraison. On les recouvre ensuite de terre, « ou d'une pierre. On célèbre la messe pour eux le « premier jour, le troisième, le neuvième et le tren- « tième, et puis, si l'on veut, au jour anniversaire. « C'est aussi la coutume de réciter chaque semaine « à la messe les noms des moines défunts '. »

« Les moines romains, nous apprend Théodore, comptaient au nombre de leurs possessions des serviteurs; les libéralités des papes consignées dans le Liber pontificalis confirment d'ailleurs l'exactitude de ce renseignement. »

XXIX. Les monastères des grandes basiliques. - Dès le ve siècle, plusieurs monastères s'élevèrent successivement à proximité des grandes basiliques de Rome où les moines avaient mission de célébrer l'office divin. On en comptait trois à Saint-Jean du Latran : Saint-Pancrace, les Saints-André-et-Rarthélémy, et Saint-Étienne; deux à Saint-Paul-hors-les- Murs : Saint-Césaire et Saint-Étienne; deux encore à Saint-Laurent-hors-les-Murs : Saint-Laurent et Saint-Cassien; trois à Sainte-Marie-Majeure : les Saints-Côme-et-Damien, Saint-André et Saint-Hadrien; enfin quatre proches de la basilique Saint- Pierre du Vatican : Saint-Jean-et-Saint-Paul, Saint- Étienne- Majeur, Saint-Martin et Saint-Étienne-Mineur 2. D'autres basiliques eurent aussi leurs monastères dont le nombre total s'élevait à dix-neuf au vme siècle.

On a avancé comme une vérité démontrée que ces monastères basilicaux ne devaient pas être confondus avec des monastères bénédictins pour la raison que leur abbé n'était pas élu par la communauté, mais imposé par le pape; mais ni la règle bénédictine ni, croyons-nous, aucune règle monastique n'a jamais contesté au pape le droit d'investir l'abbé d'un monastère, à Home surtout. D'ailleurs, nous voyons le pape Grégoire 1er nommer directement un laïque, nommé Probus, abbé du monastère de Sainte-Lucie, dit Renati *. Or ce monastère était bien antérieur à S. Grégoire. Dans celui de Saint-Victor, près de la basilique Saint-Pancrace, sur la voie Aurélienne, celui-ci fondé par le même pape, le premier abbé fut nommé par lui : Maurus, et c'était cependant un monastère bénédictin. Les lettres de S. Grégoire fournissent d'autres exemples semblables et, en cela, il ne fait (pie se conformer à l'exemple donné par S. Benoît lui-même qui, ayant fondé un monastère près de Terracine en nomma le premier abbé *. C'était là un usage observé lors de la fondation ou de la reconstruction d'un monastère : le fondateur ou le restaurateur nommait presque toujours le premier abbé. Us exemples en sont nombreux au vu' siècle.

A la lin du siècle suivant, on voit le pape Léon III investir l'abbé du monastère de Saint-Étienne-Majeur et il y nomme un clerc romain élevé dans^ le patriarchium du Latran, déjà piètre, nommé Pascal et qui succédera au pape Etienne IV : ei monasterium sancti Stèphani... ad regendum commisit. Si Pascal n'était pas moine, il le devint en prenant la direction de son monastère; à supposer qu'il ne le fût pas, il avait peu à faire pour le devenir car on lit dans sa notice du Liber pontificalis qu' ■ il connaissait a fond les saintes Écritures et la psalmodie. Il recherchait avec soin la nuit et le jour, les entreliens fréquents avec les pieux el saints moines; il se livrait avec

1 Théodore, np, cit., c. v, ibid., col. 929-930. — J Liber pontificalis, c< lit. Duchesne, t. u, p. 22 s<|. — * S. Grégoire,

Dialogi, I. IV, c. xn — ' Id., ibid., 1. II, c. xxu. —

ardeur et humilité à la prière, aux veilles et aux jeûnes quotidiens 5. » Que pourrait-on dire de plus pour un moine?

Sous le pontificat de Grégoire IV (827-844), on rencontre une mention de monachi canonici appliquée aux moines basilicaux; il faudrait donc en faire des chanoines réguliers, mais on doit faire observer que ce terme s'applique à un monastère de la basilique Sainte-Marie au Transtévère et non à un monastère basilical; en outre le monastère en question est une fondation nouvelle succédant à une maison depuis longtemps abandonnée, ce qui permet de croire qu'à cette occasion on introduisit à Rome un type nouveau répandu déjà dans tout l'Occident.

« Cette expression monachi canonici paraît désigner des chanoines : ce serait la plus ancienne apparition, à Rome, de cette combinaison entre la vie cléricale et la règle monastique *. » Elle nous reporte à la moitié du ixe siècle, d'où on peut conclure que les monastères des grandes basiliques de Rome n'étaient pas, aux vne et vme siècles, peuplés de chanoines réguliers (voir Dictionn., t. m, au mot Chanoines).

Au vme siècle déjà, les monastères basilicaux, spécialement ceux de Saint-Pierre, suivaient la règle bénédictine.

Le monastère de Saint-Pancrace, voisin de Saint- Jean de Latran, où vinrent se réfugier, avant 580, les moines fugitifs du Mont-Cassin, était bénédictin et il fut gouverné longtemps par l'abbé Valentinien ". Ces moines célébraient l'office divin dans la basilique, ce qui se pratiquait également à Saint-Sébastien, à Saint-Laurent-hors-les-Murs, à Sainte-Marie-Majeure et à Saint-Pierre du Vatican. Un demi-siècle plus tard, le pape Honorius (625-638) fonda, près de cette même basilique de Latran, un monastère qui porta son nom, avec la charge de célébrer l'office divin de concert avec le monastère de Saint-Pancrace, qui avait peut-être sollicité ce soulagement. On peut conjecturer avec vraisemblance que ce deuxième monastère suivait la même règle que le premier, puisqu'il avait à remplir la même mission. On peut en dire autant du troisième monastère, celui de Saint-Étienne, fondé, croit-on, un peu plus tard, près de la même basilique, avec la même destination.

A signaler encore le monastère de Saint-André près de, la basilique de Sainte-Marie-Majeure, sous le pontificat de S. Grégoire 8, qui n'aura pas dû songer à lui imposer une règle différente de la règle bénédictine qu'il avait pratiquée avant son élévation à la papauté.

Quant aux monastères basilicaux de Saint-Pierre, ils étaient au nombre de quatre : Saint-Jean-et- Saint-Paul, fondé par S. Léon le Grand (440-461); Saint-Étienne-Majeur, fondé par Galla. fille de Symmaque, au commencement du vi« siècle "; Saint - Martin, qui ne paraît pas antérieur à S. Grégoire; enfin, Saint-Ktiennc Mineur, fondé par le pape Etienne (752-758). Ces quatre monastères étaient bénédictins, c'est ce dont témoigne un écrit anonyme antérieur au îx1' siècle qui décrit l'ordo decanlandi in ecclesia sancti Pétri par les moines bénédictins : Qiudiler in cœnobiis fideliter Deo servientes. lam juxta auctoritalem eatholicte idque aposlolicuromanse ecclcsiœ quam juxta dispositionem ne régulant) sancti Benedicti missamm solemniis rel nataliciis sanclorum seu o/Jieiis divinis anni circuli die nocluque auxiliante Domino debeant celebrare, sicut in sancta ae

5 Liber pontificalis, t. Il, p. 52. — ' Ibid., t. n, p. SI. note S. — ' S. Grégoire, Dialogi, 1. II, préface. — ' Liber pontificalis, t. u, p. 44. — * s. Grégoire, Dialogi, I. IV, e. xm.

ROME. LES EGLISES AU MOYEN AG

romana Ecclesia a sapientibus ac venerabilibus pulribus nobis traditum. Voici qui est décisif. — Et un peu plus loin : Secundum regulam sancti Benedicti omne tempore dicbus dominicis legitur lectio sancti evangelii secundum tempus quo [uerit, et sequitur hymnum Te Deuni laudamus et versum cvan Kyrie eleison aflniuntw vigilise nocturnse. Plus loin encore : Item <le cursu diurno oel noclurno qualiier horas canonicas nuntianlur in scinda scde romaine Ecclesise sive in monasteriis constituas. Après l'office (le Prime, que les moines chantent là où ils ont passé la nuit, ubi dormiunt, les frères s'étant assis, le prieur avec eux, on lit la règle de S. Benoît, qui est expliquée par le prieur ou par un autre, afin que tous la comprennent et que nul ne puisse s'excuser sur son ignorance.

A la tombée de la nuit, ils se réunissent pour l'office de Completorium que S. Benoît avait institué et qui était propre à son ordre. L'anonyme décrit ensuite le lever de la nuit, la célébration des vigiles, des matines ou laudes, les repas de midi et du soir, le service de la cuisine, le tout exactement d'après la règle de S. Benoit dont il emprunte les expressions '. Ces quelques pages font revivre l'observance bénédictine dans les monastères basilicaux de Saint-Pierre qui renfermaient non des clercs ou des chanoines réguliers, mais de véritables moines bénédictins. Et on peut induire avec vraisemblance qu'il en allait de même dans les autres monastères attachés aux grandes basiliques de Borne.

S. Grégoire, venu du monachisme, avait fait bonne part aux moines dans l'organisation de l'office liturgique romain, trop bonne peut-être car son successeur Sabinien tourna ses faveurs sur le clergé : Hic ecclesiam de clero implevil '-. On peut conjecturer que les moines avaient quelque peu envahi tout ce qui leur était accessible dans l'exécution de l'office divin, notamment la scola; il leur fallut faire place nette ou, du moins, consentir un recul, sauf à prendre leur revanche, ce qui arriva sous le pontificat de Boniface IV qui, à l'exemple du grand pape Grégoire, réservait sa confiance et sa faveur au monachisme. En 610, il présidait un concile qui marqua le retour des moines des monastères de Saint-Pierre dans les charges dont ils venaient d'être évincés. Bevanche passagère suivie d'une autre réaction sous Deusdedit, successeur de Boniface IV, qui cierum multum dilexit, sacerdoles et cierum ad pristina loca revocavit 3, puis sous Honorius (625-638).

Nonobstant ces alternatives auxquelles il leur était impossible de se soustraire, les moines réussissaient à s'implanter individuellement; c'est ainsi que l'importante charge d'archichantre de la basilique de Saint-Pierre fut investie successivement à quatre abbés du monastère de Saint-Martin; ainsi s'impose une tradition. Et l'influence monastique bénédictine s'affirmait encore dans l'adoption du cursus diurne : prime, tierce, sexte, none et complie, et son insertion dans l'office romain. Ensuite par la célébration des fêtes des saints selon la disposition de la règle de S. Benoît, ce qui ne se faisait nulle part ailleurs, les fêtes des martyrs n'étant célébrées que sur leurs tombeaux ou sur leurs reliques. Au VIe siècle, les fêtes des saints étaient encore en dehors de l'office des clercs. L'influence des monastères de Saint-Pierre avait agi pour les y introduire et il semble que celle introduction eut lieu sous le pontificat de Grégoire III qui aurait étendu à toutes les basiliques urbaines l'obligation de célébrer les natalicia de tous les saints martyrs et confesseurs du calendrier romain. Avant la fin du vme siècle, l'œuvre de compénétration était accomplie et les fêtes des saints faisaient partie intégrante de l'office canonique, comme depuis S. Benoît, elles faisaient partie inté-

grante de l'office bénédictin. En définitive, jusqu'au ixe siècle, il n'y eut guère d'uniformité dans le domaine de l'office divin. Quand on arriva à l'y introduire, ce fut en s'inspirant de la règle bénédictine et surtout de l'usage des monastères de Borne, de ces grands couvents groupés autour des basiliques de Latran, du Vatican, de Sainte-Marie-Majeure, qui, à la longue, sont devenus des chapitres réguliers d'abord, puis séculiers, mais qui représentent, en somme, le principium et fons de tout le développement latin de l'office ecclésiastique et monacal 4.

XXX. Quelques églises et monastères. Nous mentionnons ici avec une documentation et une bibliographie sommaires quelques fondations antérieures à la fin du ixe siècle.

/. .s.iy nt-arbacy r-av-transté i ère. D'après

un lectionnaire de l'église Sainte-Marie-//?- Via-Lata, deux moines, au temps d'Innocent Ie» (4112-417), apportèrent d'Alexandrie à Borne les corps des SS. Gyr et Jean, hospitati sunl Transtiberim apud Theodoram religiosam viduam. Celle-ci déposa les corps dans l'église qui leur était dédiée sur la voie de Porto. Martinelli rapporte à cette église ce qui se lit dans la vie de S. Grégoire le Grand par Jean Diacre, c. xci : cumque presbyter monachus Lucido episcopo tam dirum nuntium revelare timerel, lacère autem penitus non auderel monasterio se tandem proripuit et ad domum episcopi non longe a jlumine Tiberi, regione septima juxta basilicam Cyri et Joannis posilam, somnium nuntiaturùs accessit.

Bibl. : Martinflli, Roma ex ethnica sacra, p. 355; Primo trofeo délia santa croce, p. 111-117; A. Bosio, Roma sollerranca, p. 173; M. Armellini, lre éd., p. 96; 2e éd., p. 179; P. Kehr, Itul. pont., t. i, p. 73; Chr. Huelsen, Le chiese di Roma, p. 161, n. 2.

2. SAÏNT-ABBACYR-llf-XENODOCHIO- I ALERIORVM. — Petite église mentionnée seulement dans la notice

de Léon III (795-816) qui l'enrichit de ses dons : oralorium S. Abbacyri qui ponilur in xenodochio a Valeriis. Sur ce xenodochium, cf. de Bossi, dans. Studi e documenti, t. vu, p. 247 sq. ; Gatti, dans Bull, délia comm. arch. com. di Roma, t. xxx, t902, p. 145 sq.; Liber pontificalis, éd. L. Duchesne, t. n, p. 46, note 108; P. Kehr, Ital. pont., t. I, p. 43, 156. Bibl. : M. Armellini, Ve éd., p. 93; 2* éd., p. 124; C. Cecchelli, Una chiesa di S. Abbaciro presso s. Balbina, dans Riv. di arch. crist., t. xiv, 1937, p. 346; S. Abbaciro nello xenodochio dei Valeri, ibid., p. 345- 346; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 162, n. 3.

3. saint-agaRIT ad VINCULA. — Monastère; on lit dans la notice de Léon III (795-816) : monasterium sancti Ayupiti qui ponilur ad Vinculam, et mon. s. A. qui ponilur juxta tilulum Eudoxiœ, et probablement aussi dans la notice d'Etienne IV (816-817) : monasterium ubi supra, près de l'ecclesia beati Pétri apostoli ad vincula.

Bibl. : Adinolfl, n, p. 115; M. Armellini, lre éd., p. 101; 2e éd., p. 213; Liber pontificalis, éd. L. Duchesne, t. n, p. 41, note 63; cf. p. 51, note 7; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 165, n. 7; Martinelli, p. 334; C. Cecchelli, S. Agapito sulla via Tiburt., dans Rio. di arch. crist., t. xiv, 1937, p. 347-8.

4. SAUfTE-AOATBE-lN-CAPVT-AFRlCAE. — Mention dans la notice de Léon III (795-816) d'un oralorium sanctie Agathie qui ponitur in Caput Africi (sur ce vocable voir Dictionn., t. i, col. 743).

Bibl. : M. Armellini, L™ éd., p. 104; 2'' éd., p. 504; Liber pontificalis, éd. L. Duchesne, t. m, p. 45, note 95; Chr. Huelsen, Le chiese, p. 165, n. <S.

1 P. L., t. (xxxviii, col. 1347.

p. 315. — ' Ibid., t. i, p. 319.

ilu culte chrétien, 2e édit., p, 437.

- Liber pontificalis, t. i, 1 L. Duchesne, Origines

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