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IX. EPIGRAPHIE ROMAINE. I. L'épigra

phie chrétienne a Rome. — Les chrétiens de Rome ne firent que se conformer à la pratique commune des païens qui prodiguaient les inscriptions sur les édifices et tous les monuments qui offraient une surface accessible aux dédicaces, éloges, sentences, avertissements quelconques. Tout leur était prétexte à inscriptions : basiliques, oratoires, campaniles, hôpitaux, cloîtres, mausolées, bases de statues. La prose et la poésie débordaient en un langage le plus souvent gâté et en une gravure de plus en plus dégénérée. On célébrait la gloire et la libéralité du fondateur de l'édifice, le dessein qu'il avait poursuivi, l'hommage religieux qui l'inspirait et parmi toutes ces explications, l'histoire peut recueillir des indices précieux pour la chronologie, la topographie et les mille circonstances qui aident à éclairer les individus et l'activité de la société chrétienne.

On peut dire que ce n'est pas de nos jours seule-

ment qu'on s'est aperçu du parti à tirer de ces con fîdences semées à profusion, car les premiers qui en usèrent furent les pèlerins que la piété ou la curiosité attiraient à Rome dès les vie et VIIe siècles. Guidés par des Itineraria, ils parcouraient la ville et sa banlieue, s'arrêtant partout où ils voyaient une inscription en vers afin d'en rapporter tout un recueil qu'ils comptaient bien utiliser à d'autres fins. Leur préoccupation était plutôt d'ordre littéraire que d'ordre historique. Ils n'ignoraient pas combien rares étaient, de leur temps, les hommes capables de composer une pièce de vers et se flattaient, de retour dans leurs pays, d'en posséder une provision qu'ils pourraient débiter, sauf à changer un nom propre et à rendre un vers faux, ce dont la clientèle ne s'apercevrait même pas.

Ce n'est que beaucoup plus tard, vers la première moitié du xvir siècle, après la publication de la Roma sotterranea de Bosio, en 1632, que l'attention se tourna vers les inscriptions en prose et que les antiquaires en offrirent une moisson assez copieuse aux érudits et, par leur intermédiaire, aux historiens de l'Église pour que ceux-ci s'aperçussent de l'abondance et de la qualité du trésor qu'on mettait entre leurs mains. Toutefois, les collecteurs d'inscriptions n'en firent pas une critique assez rigoureuse pour leur donner l'autorité à laquelle elles ont droit : ils se repassaient les uns les autres des textes mal lus, complétés arbitrairement jusqu'à ce que, en 1861, Jean-Baptiste de Rossi en donnât l'édition modèle dans ses Inscriptiones christianœ urbis Romse pour la période antérieure à l'an 600 et en se limitant aux seules inscriptions datées. Nous renvoyons à ce que nous dirons de ce volume à l'article Rossi (De); il contient 1374 inscriptions datées accompagnées de reproductions et de commentaires. Il édita dans la suite de nombreuses inscriptions chrétiennes dans son Bullelino di archcologia cristiana. Mais De Rossi était plus archéologue qu'épigraphiste et, à sa mort, il léguait à la Bibliothèque Vaticane une quarantaine de boîtes qui contenaient plus de 20 000 fiches originales avec des inscriptions chrétiennes, et laissait à Joseph Gatti des instructions pour leur publication.

« Lorsque parut le tome u des Inscriptiones christianœ urbis Romœ, en 1888,1e sentiment qui succéda à l'admiration fut l'impatience d'être bientôt mis en possession de la suite de ce chef-d'œuvre, qui se trouvait être en même temps un outil de première nécessité. Depuis longtemps l'impatience avait fait place à la résignation, et on se prit à se demander si on rêvait lorsqu'on feuilleta un premier supplément des inscriptions datées nous conduisant jusqu'à l'année 394, sous ce titre : Inscriptiones christianœ urbis Romœ septimo sœculo antiquiores. Edidit Josephus Gatti. Voluminis primi supplementum. Fasc. i, Romae, 1915, in-fol., iv-144 p. Le supplément ne contenait pas seulement les inscriptions datées découvertes depuis 1857; on y trouvait aussi des compléments et des rectifications dont il faut tenir le plus grand compte. C'est ainsi que les quatre premières inscriptions du recueil de De Rossi, dont les premières surtout, celles des années 71, 107, 111, avaient inspiré des doutes à plus d'un érudit, étaient résolument sacrifiées pour les meilleurs motifs. Mais après De Rossi, c'était Gatti, excellent épigraphiste, malheureusement peu expéditif, qui était mort à la peine. L'héritage de ces deux savants éminents tomba en bonnes mains. M. Ang. Silvagni chargé de poursuivre la publication possède les qualités requises pour la mener à bon terme. Il n'a pas poussé au delà de la 18e feuille, la dernière imprimée par Gatti, le supplément mentionné ci-dessus. Il faut lire dans V Archivio slorico

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délia R. Soc. Romand di storia patria, t. xxxix, le rapport où il fait connaître le plan adopté pour la continuation. Celui de De Rossi, tel qu'il l'a exposé dans le tome Ier, p. xxxix *, était grandiose, et lui seul était capable de l'exécuter, ou plutôt, l'événement l'a montré, c'était trop pour un seul homme, et si l'illustre archéologue avait pu se résoudre à renoncer à l'ordre systématique qu'il avait rêvé, et prendre pour seul guide la topographie, il eût sans difficulté donné au public les énormes matériaux accumulés pendant une longue vie tout entière consacrée à la science. La répartition par classes, qui, outre ses difficultés de réalisation entraîne de multiples répétitions, a été abandonnée. On achèvera le supplément des inscriptions datées, mais dans la suite de l'ouvrage c'est l'ordre topographique, celui du Liber de locis sanctis martyrum qui est suivi. Un premier volume contiendra les inscriptions fausses — elles sont en petit nombre — puis celles, beaucoup plus nombreuses, dont le lieu d'origine est inconnu ou douteux. Le second volume est réservé aux inscriptions dont on connaît la place primitive, celles d'abord des édifices urbains, puis celles des cimetières ou des voies dans un rayon de sept kilomètres. Les diocèses suburbicaires seront exclus; les inscriptions juives maintenues, suivant le plan de De Rossi *•.

« Sans doute, M. \ng. Silvagni a-t-il eu pour tâche principale de continuer et d'achever l'œuvre; mais il a été heureusement inspiré en reprenant de fond en comble le travail et en faisant table rase des fascicules antérieurement publiés. Il apporte ainsi une œuvre nouvelle, riche de toute la documentation des siècles passés, mais allégée de tout verbiage, pratique et maniable, compacte et élégante, autant que le permettait le sujet.

« Le format est le grand in-4", l'impression sur deux colonnes, la typographie analogue à celle du Corpus. Faute de temps, peut-être aussi d'argent, M. Silvagni a renoncé aux fac-similés dessinés et gravés, si chers à De Rossi, pour en revenir aux caractères épigraphiques du Corpus. Peut-être nie laissé-je aveugler par les avantages apparents du fac-similé dessiné, seul capable de nous rendre avec exactitude les formes des cassures et les lettres mutilées: mais je ne puis m'empêcher de regretter que, pour les centaines d'inscriptions dont il avait entre les mains des reproductions impeccables, M. Silvagni ait préféré à des clichés fidèles une élégante et infidèle typographie. Disparues, également, ces belles phrases latines des lemmes et ces amples périodes des commentaires. L'auteur est d'une concision lapidaire et les notes explicatives sont réduites au minimum.

•■ Les inscriptions chrétiennes de Rome, tant grecques que latines, antérieures au vu' siècle, sont aujourd'hui au nombre d'au moins vingt-cinq mille; J.-B. de Rossi se proposait de les grouper par matières; plus pratique. M. Silvagni a renoncé à mettre en vedette les tituli notabiliores; pour lui, c'est l'ordre topographique seul qui détermine sa classification. Mais comme les fouilles des catacombes nous enrichissent chaque jour de quelques fragments nouveaux, c'est par les inscriptions de provenance incertaine qu'il a commencé sa publication et ce sont celles-là précisément qui ont fourni la matière du premier volume. Comme, par surcroît, ce sont surtout des inscriptions sans provenance que l'on trouve dans les anciens recueils, il se trouve que la publication de ce premier volume a véritablement déblayé le terrain, en réunissant une fois pour toutes, la grande niasse

1 H. D. dans Analecta bollàndiana, t. wxix, 1021, p. 162- 163. 2 Seymour de Ricci, Recueil des inscriptions chrétiennes de Rome, dans Revue archéologique, 1924, I. II,

flottante de textes non localisés qui sont conservés par d'anciennes copies 2. »

« Comme le comportait le plan proposé, les inscriptions dont la provenance ne peut être déterminée avec assez de précision et dont la masse était embarrassante ont été groupées dans l'ordre des édifices où elles ont fini par trouver place : les églises de Rome, les musées parmi lesquels le musée du Latran et la galerie lapidaire du Vatican, les églises et les musées du reste de l'Italie3. On ne saurait croire à quel point il est commode de rencontrer ainsi réunies les inscriptions de Ste-Marie de Transtévère ou celles du musée Capitolin 4. » « En notant exactement l'endroit où les inscriptions sont venues aboutir, on peut arriver, dans certains cas, à déterminer avec beaucoup de vraisemblance leur lieu d'origine. Ainsi le n. 112 : Gaudiosa deposila in basilica domni Felicis Anniorinus < pater posuit >... qui a disparu, a été relevé par les anciens épigraphisles dans la basilique de Ste-Cécile. De Rossi en a conclu que le S. Félix (domnus = sanctus) auprès duquel Gaudiosa a été ensevelie est un deif deux papes de ce nom dont les tombes étaient vénérées l'une sur la voie de Porto, l'autre sur la voie Aurélienne, toutes deux voisines de la basilique du Transtévère, in quam, dit-il, e nobilissima S. Felicis portuensi basilica lapidera hune immigrasse adeo verisimile est ut nihil veri similius. Il y a, dans le nombre, des inscriptions et des fragments dont le texte à première vue ne révèle pas le caractère chrétien. Un ensemble de particularités dont il n'est pas toujours aisé de rendre compte, mais qui n'échappe pas à l'œil exercé des archéologues, leur permet de décider presque à coup sûr dans quelle catégorie elles doivent prendre place, et on peut les en croire lorsqu'ils rangent parmi les inscriptions chrétiennes l'épitaphe Agni sanctissima 6 » (voir Dictionn., t. i, col. 922, fig. 220). « M. Ang. Silvagni a vu lui-même l'immense majorité des textes qu'il publie, mais il s'efface continuellement derrière l'autorité de J.-B. De Rossi. Je tiens à avertir que les mots Descripsit De Rossi doivent, chaque fois que les dimensions de la pierre sont données en centimètres, se lire et se comprendre : Descripsit De Rossi, contulit Silvagni 6 ». Celui-ci a donc donné à l'œuvre nouvelle le titre suivant : Inscriplioncs christianse. urbis Romae septimo sœculo untiquiores colligere cœpii Johannes Raptista De Rossi, cumplenit ediditque Angélus Silvagni. Nova séries. I. Inscriptiones incerise originis, Roma?, 1922, in-4". lxiv-51() p. Ce volume donne le texte de 4091 inscriptions. Elles y sont réparties en quatre groupes : 1° n. 1-1208 : inscriptions qui se conservent ou se conservaient dans les différentes églises de Rome, classées par ordre alphabétique; 2" n. 1209-2595 : inscriptions conservées dans les musées de Rome : Antiquario. du Capitole, du Campo Santo Teutonico, du Forum, du Latran, des Thermes, du Vatican; .'5° n. 2596-3155 : inscriptions provenant de Rome, mais conservées à présent dans d'autres villes d'Italie; 1° n. 3156-4053 : inscriptions qui ont été à Rome ou qui y sont encore ou à l'étranger, lis n. 1054-4091 donnent quelques addenda et des corrections. Trois index sont dressés. Le premier donne les consules aliœque annorum determinationcs. La première inscription datée, grecque, est de l'année 238; la seconde, latine, est de 2 19; la dernière, grecque, est de 589. Le second index donne les noms et prénoms latin-- cl grecs. Le troisième, la concordance des numéros des inscriptions avec ceux des publications de De Rossi et de J. Gatti.

p. 159-164. — 3 H. D., dans Anal, boll., t. xi.n, 1921. p. 120. — * Seymour do Ricci, op. cit., p. 102-16:5. — » H. I).. dans op. cit., p. 120-121. * Seymour de Kieci. <>/>. cit., p. 163.

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Le second volume des Inscription.es porte ce soustitre : Cœmeteria in viis Cornelia, Aurélia, Pnrtnensi et Ostiensi, Rome, 1935, in-4°, ix-398 p. « Comme l'indique son sous-titre, ce volume commence la publication des inscriptions dont l'origine est certaine, qui se trouvent dans les cimetières chrétiens et dans les basiliques suburbaines qui s'y trouvaient rattachées. Prenant comme point de départ l'antique itinéraire de locis sanclis martijrum guœ sunl foris rivitutis Romse, la nomenclature débute par la région occidentale de Rome pour continuer vers le sud. On y trouve d'abord les inscriptions de la basilique vaticane (n. 4092-4240) : inscription dédicatoire de Constantin : autres inscriptions impériales et pontificales; inscriptions tombales des papes; inscriptions se rapportant à des offrandes ou à des peintures ou provenant de sanctuaires rattachés à la basilique; enfin nombreuses épitaphes. Ensuite sont données quelques rares inscriptions originaires d'un cœmelerium sub divo apud basilicam, d'un cœmelerium in monte Janiculo (n. 4241-4256) et d'un cœmeterium incerlum <td viam Corneliam (n. 4257-4267). Sur la voie Auréliennc, le cimetière le plus connu est celui d'Ottavilla à S. -Pancrace, situé près d'un chemin de traverse; il est également le plus riche en épigraphes dont un grand nombre sont grecques (n. 4268-4463). Elles sont ici suivies de celles se rapportant aux SS. Processus et Martinius (n. 4464-4479), aux deux Félix (n. 4480-4486), à Calépode (n. 4187-4498). Vue inscription unique de 404 rappelle la basilique des SS.-Nazaire-et-Nabor (n. 4499). A la voie de Porto se rapporte le cimetière de Pontien, en partie souterrain, en partie à ciel ouvert. Les explorations de ces dernières années ont fourni un bon nombre d'inscriptions (n. 4500-4744). L'auteur attribue au cimetière de S. -Félix ad insalatos l'épigraphe que S. Damase composa pour un S. Félix (n. 4745); on croyait jusqu'ici que ce pape avait rédigé cette inscription pour la placer sur la tombe de S. Félix à Noie; c'eût été la seule composée par lui pour une localité hors de Rome, mais l'auteur démontre que cette affirmation est insoutenable l et estime que l'inscription se trouvait dans la basilica urbana di S. Felice in Pincis. Du cimetière ad insalatos, on ne connaît qu'une seule inscription (n. 4746). Vient ensuite le cimetière de Generosa, où étaient ensevelis les martyrs Faustin, Simplice et Viatrix (n. 4747-4774). La section relative à la voie d'Ostie comprend les nombreuses inscriptions de la basilique de S. -Paul (n. 4775-5786) et celles qui furent, à ce que l'on sait sûrement, retirées des terrains environnant la basilique 2 et qui appartenaient par conséquent au cimetière attenant à la tombe de l'apôtre : sur ce cimetière, au-dessus du sol — auquel l'auteur donne le nom d'area Lucinœ — . furent édifiées la basilique de Constantin et ensuite celle de Théodose (n. 5787-5929). Comme appendice à cette partie, on trouvera des inscriptions qui furent recueillies à la fin du xvme siècle par l'abbé de S. -Paul, Joseph de Costanzo, et disposées dans le musée du monastère; elles sont divisées en trois groupes : 1° inscriptions cémétériales dont le lieu d'origine est ignoré (n. 5930-5974); 2° celles dont le lieu d'origine est attesté par les auteurs qui s'en occupèrent (n. 5975-5986); 3° inscriptions juives (n. 5987-5993). Les inscriptions des petits cimetières de Ste-Thècle, S. -Zenon et S.-Cyriaque sont groupées ensuite (n. 5994-6015) et, enfin, celles du cimetière de Com-

1 Rivista di archeologia cristiana, t. xn, 1935, p. 249- 264. — ' Ce groupe a lait l'objet d'une publication distincte : A. Silvagni, Inscripliones chrislianœ saeculn Vit antiguiores «</ basilicam beati Pauli via Osliensi jiertinentes ibique in musco lapidario adservalae, in-4°, Roinae,

modille qui, découvert accidentellement en 1688, fut fouillé et étudié de 1903 à 1905 (n. 6016-6459); de l'inscription damasienne des SS. Félix et Adauctus ensevelis dans ce cimetière, il ne reste plus qu'un petit fragment. La série se clôture par les deux inscriptions (n. 6460-6461) provenant de. localités incertaines, le long de la voie d'Ostie. Dans les addenda, nous trouvons un petit groupe d'inscriptions décou vertes en 1931 durant les fouilles de la crypte de l'église de S. Etienne des Abyssins, derrière, la basilique vaticane (n. 6462-6465) et un autre groupe d'inscriptions du cimetière de Commodille (n. 6466- 6495). Les index comprennent : 1° les noms des consuls cités dans les inscriptions; 2° les prénoms et les noms cités; 3° les initia carminum; 4° enfin une concordance établie entre les inscriptions publiées par De Rossi et par Gatti et celles du présent classement. Les inscriptions les plus importantes sont reproduites en une suite de trente-cinq planches; les dix-neuf premières, classées chronologiquement, présentent les inscriptions qui s'échelonnent de 339 à 577; la planche xx reproduit les inscriptions damasiennes; les pi. xxi-xxn, celles de dates incertaines et les pi. xxm à xxx, celles du musée de S. -Paul; les dernières se rapportent à S. -Pierre et à d'autres cimetières *. »

En 1888, la continuation du recueil des Inseripliones offrait une modification notable qui eût, peutêtre, justifié un titre remanié; c'était une monographie, admirable d'ailleurs, sur les anciens recueils épigraphiques manuscrits du ixe au xve siècle. M. Ang. Silvagni a repris l'étude des principaux recueils épigraphiques dus aux pèlerins et aux érudits dans ses Sludi critiei intorno aile piuanliche raccolte di iscrizioni classiche e cristiane. I. Nuovo ordinamento délie sillogi epigrafiche di Roma anleriori al secolo XI, dans Dissertazioni délia ponlificia accademia romana di archeologia, t. xv, 1921, p. 181-289. « Tout en protestant de sa sincère admiration pour le tome n des Inscriptiones, l'auteur n'est pas d'accord avec De Rossi sur les principes qui l'ont guidé dans son classement. Celui-ci admettait que les premiers auteurs de ces recueils avaient transcrit indistinctement inscriptions païennes et chrétiennes, textes en prose et textes versifiés, et c'est surtout en étudiant les variantes qu'il établissait les relations entre les diverses collections. D'après M. A. Silvagni, il n'est pas permis de dire qu'au Moyen Age on recueillit à la fois les inscriptions chrétiennes et les païennes; des raisons d'ordre religieux s'y opposaient. De plus, comme les recueils épigraphiques du Moyen Age sont régulièrement unis à des itinéraires, il est certain qu'aucune idée scientifique n'a présidé à leur composition, contrairement à ce que nous constatons pour les collections de la Renaissance. Soit dit en passant, ces formules paraissent bien absolues. Est-il bien sûr qu'un chrétien du vie ou du vu' siècle se serait fait scrupule de transcrire les belles inscriptions classiques qui ornaient les monuments? Passe encore pour celles qui mentionnent les faux dieux. Mais les autres4? » Rappelons-nous d'ailleurs que ceux qui copiaient des inscriptions ne les comprenaient pas toujours et que les divinités païennes leur étaient si peu familières qu'il y avait beau temps qu'on enterrait des fidèles à l'abri d'un marbre surmonté d'un dis manibus; il y avait beau temps aussi que le personnel olympien, Léda, Néréides et bien d'autres

1934. — 3 P. Paschini, dans Revue d'hist. ecclés., t. xxxn, 1936, p. 520-521. — l H. D., dans op. cit., t. xlii, 1924, p. 421-422; [ajouter : A. Silvagni, La silloge epigrafira di Cambridge, dans Rivista di arcli. crist., t. xx, 1943, p. 49-

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servaient de sujets ornementaux dans lesquels personne ne voyait à reprendre. Il nous paraît que la thèse soutenue par De Rossi n'a pas été ébranlée (Voir Dictionn., t. vu, col. 850-1089).

Pour ce qui concerne les sylloges antérieures au xie siècle, à rencontre de ses prédécesseurs et même de De Rossi, M. Ang. Silvagni cite vingt-trois de ces sylloges : 8 comprennent des inscriptions cémétériales et basilicales; les autres sont des inscriptions de basiliques. Selon lui, toutes dépendent de deux sylloges primitives : l'une comprenait des inscriptions de tous les cimetières et de toutes les basiliques de Rome, recueillies peut-être par un Anglais vers le milieu du vne siècle, et ajoutées ou insérées dans un itinéraire qui devait servir à la visite des lieux sacrés dans la ville et ses faubourgs : la seconde, conservée presque complète, comprenait les inscriptions de la basilique vaticane et du reste de la cité léonine. Celle-ci | fut compilée après la seconde moitié du vme siècle, j par un grammairien carolingien et ajoutée à la description de la basilique. Aucune des sylloges qui en dérivent n'est d'origine romaine : elles furent com- ' pilées tout d'abord pour l'usage des écoles monastiques de la Gaule et de la Grande-Rretagne, sous forme d'anthologies poétiques, laissant à l'écart les inscriptions en prose, ensuite à l'époque carolingienne, pour servir de modèle aux poèmes épigraphiques qui devenaient à la mode.

Dans la plus ancienne sylloge, carnet d'un voyageur du vie siècle qu'on a pris l'habitude de désigner sous le nom de velus membrana Scaligeri, chaque ville est traitée séparément : Rome, Ravenne, Rimini, Trêves et on ne fait aucune distinction entre inscriptions païennes et chrétiennes, édifices publics ou privés l.

Lue deuxième sylloge, probablement de la même époque, ne contient que des inscriptions romaines où les païennes sont plus nombreuses que les chrétiennes; les textes soit en prose soit en vers paraissent distribués d'après un plan topographique. La plus récente inscription et celle de la bibliothèque du pape Agapit Ier (535-536). L'auteur de ce recueil était certainement un homme instruit, capable de faire un choix parmi les matériaux à sa disposition -.

Lin recueil est consacré aux inscriptions du mausolée d'Hadrien3; il est parallèle au précédent.

Il faut reporter au viie siècle une sylloge d'inscriptions romaines où il s'est conservé sept textes épigraphiques4. Ce fut surtout vers le pontificat d'Honorius Ier qu'on composa ces sortes de recueils à la suite des itinéraires, quoique ceux-ci leur semblent un peu antérieurs. Avec la présente sylloge du VIIe siècle, on joignit un itinéraire pour la route à suivre en allant du Vatican à S.-Paul-hors-les-Murs,

Vers la fin du vne et le début du vme siècle prend place le célèbre itinéraire d'Einsiedeln qui, depuis sa découverte par Mabillon, et après un long oubli, a attiré l'attention de Urlichs, de IL Jordan, de R. Lanciani, de Ang. Silvagni et qui avait été certainement rédigé à l'aide d'un plan de Rome aujourd'hui perdu, ce qui se voit à la manière dont l'auteur mentionne les édifices le long des différentes voies.

De la fusion des quatre compilations susdites sortit la Sylloye Einsiedlensis. Le manuscrit qui la contient, n. 326, est du IXe ou du xe siècle et paraît venir de Reichenau. La fusion de ces matériaux remonte probablement à la fin du vme siècle, mais celui qui y procéda sépara et confondit les pièces dont il disposait, à moins que le désordre ne fût plus ancien. L'auteur de celte sylloge écarta les inscriptions en

l'honneur des divinités païennes, mais n'étendit pas cette exclusion à toutes les inscriptions païennes.

a) Au viie siècle encore, un anonyme fit un recueil d'inscriptions d'édifices publics, païennes et chrétiennes dont il sera question plus loin.

b) Même époque, une petite sylloge de treize épitaphes pontificales de la basilique vaticane; le pape le plus récent parmi ceux qui s'y trouvent mentionnés est Jean V (f 686).

c) Au ixe siècle, on composa dans la Haute- Italie un recueil d'inscriptions de cette région que De Rossi désigne sous le nom de collectio circumpadana et subalpina.

d) Au ixe siècle encore et vers le premier quart, un anonyme compila la sylloge de Lorsch, mais il ne puise pas dans d'autres collections, il prend directement les textes sur les monuments. L'auteur a encore vu les présents offerts au tombeau de S. Pierre par Hadrien Ier et par Charlemagne, il a lu l'inscription d'Honorius Ier sur la porte d'argent. Tout cela fut la proie des Sarrasins en 846, la sylloge est donc antérieure à cette date.

Ces divers recueils a, b, c, d, forment le Corpus inscriplionum Laureshamense du manuscrit Vatic. Palat. 833, que De Rossi a réussi à débrouiller après le traitement que lui avait infligé Gruter dans son édition; il a su y reconnaître quatre sylloges distinctes : la quarta (ci-dessus a) et vm de Rossi; la secunda (ci-dessus b) et XI de Rossi; la prima (ci-dessus d) et XIII de Rossi; la tertia (ci-dessus c) et XVI de Rossi.

Il faut encore mentionner divers fragments de sylloges que De Rossi a su distinguer comme la l'et.membr. Seal. Avant le milieu du vie siècle fut composée, semble-t-il, la sylloge épigraphique du monastère de S. -Martin de Tours qu'Edm. Le Blant a fait connaître, conforme aux sylloges romaines en ce qu'elle associe l'élément topographique à l'élément épigraphique.

Au VIIe siècle se rapporte encore une sylloge d'au moins douze inscriptions de S. -Pierre du Vatican, avec des précisions locales assez exactes. L'inscription la plus récente est de l'année 682; à la fin se trouvait une description sommaire de la basilique. Ce recueil est le premier qui se rapporte au Vatican.

On est fondé à croire que les nombreuses sylloges épigraphiques relatives aux cimetières et sanctuaires suburbains étaient toutes précédées d'un guide du Vatican. Par exemple, la sylloge de S.-Riquier, qui comprend vingt-quatre feuillets consacrés aux lieux suburbains, est précédée de versiculi in basilica sancli Pétri et celle dont nous parlons en ce moment a pour titre : Versus in basilica saneti Pétri apostoli.

Au vir3 siècle, autre sylloge épigraphique pour les voies parcourues par les visiteurs des cimetières; l'auteur fait le tour des sanctuaires en partant du Nord, et passant à l'Est, au Sud et à l'Ouest.

Même siècle, compilation anthologique d'inscriptions urbaines exclusivement, incomplète et sans ordre topographique; les pièces n'ont pas de litres permettant une détermination locale.

Même siècle, on connaissait en Angleterre, au temps d'Aldelhm et de Bède, une sylloge différente de toutes celles qui viennent d'être décrites et contenant des inscriptions de Home et de sa banlieue. De la fusion de celle-ci avec les deux précédentes est sortie la sylloge Turonensis conservée dans deux manuscrits, le 723 de Klosterneubourg. près de Vienne, et le manuscrit de Gôttweih, en Risse-Autriche. Tours serait, d'après De Rossi, le lieu d'origine, cl l'évêque Chro-

1 De Rossi, Inscr. christ, urb. liomir, t. n, l1 p. 3-4. — ' Id., ibict., t. n, L»part., p. 18, n. 1-60.

part., 3 Id.,

ibiil., t. n, 1" part., p.

' [d., ihid., t. n, 1" part,

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