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Cette chapelle fut construite par le pipe Paschal Ier pour recevoir la tombe de sa mère Théodora Episcopa ; elle est surmontée d'une coupole élevée sur plan carré. La façade est percée d'une fenêtre entourée de deux rangées de médaillons, les uns bleus sur fond d'or, les
1 M. van Berchem et E. Clouzot, Mosaïques chrétiennes du IV» au X» siècle, in-4°, Genève, 1924, p. 235. — 2 F. Grossi- Gondi, Excursus sulla paleografia epigrafica del seculo IX, dans Dissertazioni délia pontificia accademia. romana di
autres or sur fond bleu. Au sommet, dans un médaillon presque double des autres et traversé d'une croix, on voit le buste du Christ bénissant. De chaque côté six médaillons avec les bustes des apôtres. Au-dessous du médaillon du Christ, celui de la Vierge avec l'Enfant, et de chaque côté saint Zenon et saint Valentin, son compagnon de martyre. Ensuite, huit médaillons renfermant des bustes de femmes représentées de face, coiffées de diadèmes et richement vêtues mais non identifiées. Dans les angles formés par le sommet de la courbe de l'arc et la voûte, deux médaillons, peutêtre des prophètes.
L'intérieur de la chapelle est très sombre, les fenêtres ayant été murées, sauf une seule. Cette obscurité prépare la vue à découvrir sur le fond d'or de nombreux personnages facilement reconnaissables. La voûte est inspirée par celle de la chapelle épiscopale de Ravenne. Quatre anges aux nimbes bleus, aux ailes repliées, placés aux quatre angles et debout sur des globes soutiennent de leurs bras levés un médaillon où le Christ nimbé et tenant le volumen se détache sur un fond bleu (voir Dictionn., t. i, col. 2116, fig. C37). La technique de la voûte est supérieure à celle des mosaïques des parois. « Les quatre faces du tambour sont percées d'ouvertures inégales. Deux d'entre elles, dans l'axe de la chapelle, ne laissent place qu'à deux personnages, un de chaque côté. Les ouvertures latérales, plus petites, sont placées plus près de l'autel que de l'entrée et sont encadrées de trois figures, une d'un côté et deux de l'autre 3. »
1° Paroi au-dessus de l'autel. — ■ La Vierge et saint Jean-Baptiste debout; celui-ci bénissant à la manière grecque et, de la main gauche, tenant une hampe surmontée d'un disque où figure l'Agneau divin, allusion à Joa., i, 22. La lunette est fort mutilée, on peut y voir encore le buste du Sauveur entre deux personnages, peut-être Moïse et Élie, nous aurions ainsi la transfiguration, sujet très rarement représenté dans l'antiquité chrétienne. Au-dessus de l'autel, une niche occupée par une mosaïque du xne ou du xme siècle, représentant la Vierge et l'Enfant.
2° Paroi de gauche. — Les saintes Praxède, Pudentienne et Agnès debout, portant sur leurs mains voilées leurs couronnes de martyres. Dans la lunette l'Agneau nimbé sur le monticule d'où découlent les quatre fleuves auxquels se désaltèrent deux cerfs. Au-dessous quatre bustes de femmes, allant de gauche à droite : THEODO[ra] EPISCOPA, avec le nimbe carré; ensuite, sainte Praxède portant le diadème, la Vierge avec son manteau sur la tête, une sainte, probablement Pudenticnne, sans ornements, ces trois saintes ont un nimbe d'or circulaire cerné d'un trait noir.
3° Paroi de droite. — Saint Jean, saint André et saint Jacques, vêtus de la tunique et du pallium; ils portent un livre sur leur main voilée. Dans la lunette audessous, le Christ entre deux personnages.
4° Paroi en jace de l'autel. — Les deux apôtres Pierre et Paul, désignés par leurs noms, marchant parmi les fleurs désignent de la main droite le trône du Christ, c'est reTi[za<na (voir ce mot).
V. Épigraphie. — Quelques inscriptions datées apportées des catacombes sont conservées dans la crypte.
1. Marini a fait remarquer que le douzième jour de février est indiqué pridie idus et non pas a vm kalendas, c'est pourquoi dans la ligne 3e, il lit non pas un chiffre, mais le monogramme du Christ.
Cette inscription offre plusieurs formules dignes d'attention dans les deux premières lignes auxquelles
archeoloyia, série II, t. xm, 1918, p. 154, n. 11; pi. xxxiu, n. 4. — a M. van Berchem et E. Clouzot, Mosaïques chrétiennes, du IV» au A" siècle, in-4°, Genève, 1924, p. 238-239.