P R É T E X T A T (('AT A C 0 M RE D E
illisible '. Ainsi nacque il nome di cemetero di S. Sislo dato nel 1848 a quel sotteranci, écrivait De Rossi, qui ajoutait : « Mais ce saint pontife et martyr était inhumé de l'autre côté de la voie; son nom et son culte fleurissaient au cimetière de Prétextât où il avait consommé son martyre, par l'oratoire dédié au lieu de sa mort glorieuse et par la sépulture de ses diacres, Félicissime et Agapit '-. » Il est reconnu aujourd'hui que le supplice eut lieu au cimetière de Calliste, mais le nom de Sixte fut adopté sur l'heure3, cependant, en 1872, De Rossi exposait que la lumière n'était pas faite une vingtaine d'années plus tôt sur la topographie et l'onomastique des catacombes, ce qui expliquait le nom de Sixte imposé à cette région nella quale vedeuamo un' immagine di S. Sisto*.
Mais on a pu se demander si De Rossi avait attendu la publication du t. i de la Roma sollerranea, en 1863, pour revendiquer le nom de Prétextât comme appartenant à ce cimetière. Or, le 3 juillet 1852, nous le voyons donner lecture à l'académie pontificale d'archéologie d'un mémoire où il développe sa méthode fondée sur les textes topographiques et traite de la lopografia del suburbano di Roma e seguamente di quella delV Appia. Les procès-verbaux n'ont pas inséré ce mémoire dans lequel il établit l'attribution du nom de Prétextât, mémoire conservé dans le manuscrit Val. lai. 10 51-5. La partie qui concerne le cimetière a fait l'objet d'une publication récente5 qui montre l'archéologue parvenu à ce résultat longtemps avant la découverte de l'inscription damasienne de saint Janvier.
Nous dirons plus loin les circonstances qui marquèrent la découverte de la crypte de saint Janvier, mais malgré tant de préoccupations diverses qui réclamaient sa sollicitude sur divers points de la Rome souterraine, De Rossi ne cessa de tenir son attention éveillée sur le cimetière de Prétextât et d'en diriger l'exploration. Celle-ci peut se résumer en trois campagnes de fouilles :
La première (1847-1851) conduisit à la découverte des deux régions du second plan : a ) l'escalier principal et le cubicule du couronnement d'épines; b) l'escalier secondaire et la région du premier plan (arcosolium de Susanne).
La deuxième (1857-1872)" se divise en deux pério des : d'abord, 1857-18t>3, découverte de la crypte et de l'épilaphe de saint Janvier en bordure de la spelunca magna; ensuite, 1868-1872, reprise des fouilles de la spelunca, trouvaille d'autres cryptes et de fragments damasiens.
Entre 1872 et 1900 se place, en 1871, la découverte du grafflte historique Félicissime et Agapit: en 1805, la reconstitution de leur crypte et en 1900 la récupération du cubicule du couronnement d'épines et <le l'arcosolium de Celerina, dit de Suzanne.
La troisième, 1907-1909, déblaiement d'une partie de la région de Suzanne cl de toute la région du cubicule du couronnement avec son escalier et l'escalier secondaire.
Finalement, on a trouvé, au second plan, une longue artère parallèle à l'escalier principal et beaucoup de galeries latérales. On a pu réussir à pénétrer dans une région proche de la vigne Appia Pignatelli, et, en mars 1924, à l'occasion des travaux exécutés sur la voie Appia, Pignatelli on a pu constater que quelques
1 On proposa plus tard le nom du pape Libère; cf. Nuovo bull.di arch.crist., 1909, p. 1 ni; Wilpei t, Le pilture, pi. ccli. 2 De Rossi, lioiwi sotterr., t. i, p. 251. -*L. Perret, Les Catac. de Home, t. i, pi. i.xxvn. 4 De Rossi, Iinll. di (irch. inscr., 1872, p. t>:î. r' E. Josi, /.<• région! esplorale nel cimitero di Pretestato, dans Kii>. di arch. crist., 1927, 6. 195-200. — "Oc Rossi, Bull, di arch. crist., 1863, p. 1 sq.;
galeries ont été creusées sous la roule pavée actuelle.
Il ne paraît pas qu'on puisse s'arrêter à cette théorie de (). Marucchi que le nom de Prétextât fut donné à une partie du cimetière de Calliste avec lequel il aurait été en communication 7 et dont il serait devenu comme un appendice 8. Sur cette question, comme sur tant d'autres touchant à la topographie souterraine, il est sage de s'en tenir à l'opinion de De Rossi qu'entre les deux catacombes situées de chaque côté de la voie Appienne et intimement liée; et rapprochées, il n'y a pas eu contact direct et communication entre galeries, mais seulement relations historiques '•'. En définitive, encore que les limites de la catacombe, dans la direction de Rome, ne soient pas nettement déterminées, on n'en doit pas moins tenir pour assuré qu'elle ne rejoignait pas le groupe cimétérial vis-à-vis le monastère actuel des trappistes et l'hypogée délie Monachelle qui renferme les célèbres peintures syncrétistes de Vibia. Il suffit pour en être persuadé de tenir compte de la configuration du terrain et de la distance qui sépare ces deux groupes. C'est encore un point sur lequel Marucchi a fait erreur10 et où il fallait s'en tenir à ce qu'avait dit De Rossi qui, à raison de la distance, écartait jusqu'à la possibilité et n'avait même pas voulu parler des tombeaux de Vibia et de Vincent dans son étude sur le cimetière de Prétextât u. E. Stevenson s'était prononcé dans le même sens 12.
Et puisque nous en sommes à ces précisions, il ne sera pas superflu d'ajouter qu'on ne peut rattacher en aucune manière au cimetière de Prétextât un hypogée anonyme situé sur la voie Appienne, à gauche en venant de Rome, non loin de la catacombe de Calliste, et qui possède son entrée particulière: on a trouvé là une représentation de la croix, tracée au minium, à branches équilatérales de 0 m. 22, et pouvant appartenir au iv siècle u.
Ce qu'on peut conclure de ces dernières remarques c'est (pie les voies romaines dans le voisinage de la ville, et principalement la voie Appienne, étaient percées d'un assez grand nombre de souterrains qui ne communiquaient pas entre eux.
Nous allons maintenant parcourir les lieux explorés : au plan inférieur, le cubicule du couronnement d'épines (1™ moitié du u1' siècle) et les galeries voisines (m'' s.), puis l'escalier secondaire parallèle au précédent et ses galeries transversales, enfin une région située sous la spelunca magna et principalement exploitée en 381. De la. nous visiterons au plan supérieur, la spelunca magna (n° s.) et les cryptes et galeries adjacentes (IIIe s.).
VIII. Fouilles de 1847 \ 1850. — De l'étage supérieur, on descendit dans l'étage inférieur où on remarqua une série d'arcades construites pour soutenir une longue galerie éclairée par des luminaires perçant la voûte: beaucoup d'inscriptions adhéraient encore aux Inculi. presque toutes rédigées en langue grecque, gravées avec soin, d'un type correct et d'un formulaire laconique assez ancien, ornées aussi de symboles primitifs. Somme toute l'étage inférieur se révélait plus antique que l'étage supérieur. Cette abondance de témoignages servit utilement J.-B, De Rossi à prendre une juste idée de la méthode d'investigation par voie de comparaison pour éclaircir tant de points alors profondément obscurs dans le développement monumental de l'archéologie chrétienne: il n'en évoquait le
IS72, p. 69 sq.; Roma sotterr., t. m ilN77). p. vin sq.
— 'Nuovo bullet. di arch. crist.. 1907, p. 121, n. I.
' O. Marucchi, Monumenti del muséo Pio Lateranense, 1910,
p. (iO. » Do Rossi. Koimi \iillcrr.. t. III, p. VIII. — "Le enta-
combe romane, p. 227. " Ilidl. </i arch. crist.. 1S7'J. p. 62.
— "Cod. Vu!, lut. m';;,;, fol. loi ion 1S!M>). - «WUpert, Le pitture délie catac. rom., p. 154, liii. 16.
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souvenir qu'avec un sentiment de joie reconnaissante pour la catacombe de Prétextât, ce fut là qu'il conçut et mûrit le dessein de sa Roma sotterranea. Il rencontrait là, à profusion, les types en usage jusqu'au milieu du iiic siècle et plus anciennement et les preuves de la fréquentation assidue de ces lieux par les fidèles. De fait, le grand ambulacre conduisait au seuil d'un cubicule de l'intérêt le plus rare. Il était décoré de fresques du style le plus classique qu'on eût encore pu voir parmi les peintures cimétériales, et bien que la série des scènes représentées le long des parois sur des espaces laissés libres par les loculi fût interrompue par la chute de l'enduit, il fut possible de reconnaître différents sujets inspirés par l'histoire évangélique. De ce nombre étaient l'hémorroïsse aux pieds du Sauveur (voir Dictionn., t. vi, col. 2200, fig. 5641), la Samaritaine au puits de Jacob, le couronnement d'épines du Christ (voir Dictionn., t. v, col, 189-190, pi. hors-texte en couleurs), d'autres traces ne présentent que des scènes conjecturales. Ces peintures appartiennent au ne siècle, et De Rossi peut se persuader que le cubicule offrait des monuments de deux périodes successives. Tout d'abord il avait été décoré de fresques et par la suite on l'avait creusé plus profondément afin de permettre de nouvelles inhumations. Celles-ci étaient en grande partie conservées et intactes ainsi qu'on put le constater avant qu'on ne procédât au transfert des marbres dans divers musées. Le plus grand nombre des sarcophages et des inscriptions du deuxième niveau, quoique fort anciens n'étaient pas antérieurs à la première moitié du 1 1 1° siècle. Parmi les épitaphes les plus dignes d'attention on citera celle-ci :
•eYMePITGÛ-OYFANIA- •OYrATHP-HPGOAHC-
Ce qu'il faut lire et corriger ainsi : eùu.otpeÎT<o Oùpavîa Ouyo^'OP 'HpcôSyjç; bonam sortem ha beat Cran ici filin Herodis. Il est rare sur les inscriptions chrétiennes qu'on mentionne, comme ici, la filiation, surtout dans une formule d'acclamation (voir Dictionn., t. xn, col. 1485-1486, ad 5, n. 1). On en peut induire que l'Hérode ici mentionné, le père d'Uranie, devait être un personnage notable. Comment, dès lors, ne pas songer à une fille d'Hérode Atticus, devenue chrétienne; car, de toute façon, les tombes découvertes dans ce cubicule sont, au moins en partie, contemporaines de la descendance de ce personnage, remarié en l'an 175 à Annia Regilla ' et ensuite à Vibullia Alcia de qui il eut des enfants 2.
Dans la partie inférieure de ce cubicule, la moins ancienne par conséquent, la sépulture principale, située en face de la porte était soigneusement cachée et demeurait invisible. Après qu'on eut démoli la paroi qui la recouvrait, on aperçut un arcosolium bisome revêtu de plaques de marbre; la mensa (voir ce mot, t. xi) était pourvue de deux anneaux de bronze pour servir à la soulever ou à l'attirer. Dans la cuve reposaient deux corps, l'un vêtu de toile d'or, l'autre de pourpre. Près de la tête du second squelette on voyait un petit vase et cependant pas un nom, pas un symbole qui pût mettre sur la trace de personnages entourés de tant d'honneurs 3. On peut se demander si ce ne sont pas des martyrs célèbres retirés de leur tombe ou du moins privés de leurs inscriptions et, en quelque manière, emmurés pour les soustraire aux envahisseurs lombards à une époque où on ne transférait pas encore dans Rome les corps saints menacés. Le calme revenu, on les oublia ou bien on ne les retrouva pas, tant le secret de la cachette avait été bien gardé.
A quelques pas de ce cubicule s'ouvre un large esca-
1 Corp. inser. graec, t. m, p. 925. — 2 Revue archéol., 1864, t. i, p. 376-377. — 3 De Rossi, Roma sotlerr., t. i.
lier qui était comme pris sur l'alignement des deux ruines monumentales de la vigne Vidaschi qui en est peu éloignée, ce qui suggéra à De Rossi que ces deux ruines représentaient tout ce qui restait des oratoires des saints Yalérien, Tiburce et Maxime et de celui de saint Zenon, uno cohœrentes solo.
Restait à trouver le nom historique de ce très ancien cubicule situé au pied de l'escalier. En 1850, De Rossi inclinait à y voir la crypte de saint Urbain que le plus soigneux des topographes nomme le premier dans la spelunca magna et c'est le premier qu'on rencontre en descendant l'escalier. En outre dans la passio d'Urbain on lit que la matrone Marmenia l'ensevelit.
10513. — Plan schématique des fouilles de 1907-1908. D'après Nuovo bull. <li arch. crist., 1909, p. 122.
Or, on a trouvé près du cubicule une tombe encore intacte portant le nom d'Armenia l :
•APM£NIA-<t>HAIKITAC AIAIA-PHTINA
La correction s'impose et cette Armenia Félicitas aura été ensevelie près du très ancien cubicule du cimetière de Prétextai près de la tombe préparée par elle à saint Urbain. Mais la passio dit que cette tombe n'était pas creusée, mais construite dans une chambre revêtue de plaques de marbre; or, tel n'est pas le cas du cubicule près duquel a reposé Armenia Félicitas.
IX. Fouilles de 1852 et 1907-1909. — Nous venons de voir qu'au cours des fouilles de 1847 à 1850, on atteignit un étage du cimetière offrant une galerie spacieuse avec des arcs murés et un grand escalier couvert d'enduit et un cubicule dans lequel se voyaient des peintures inspirées de l'Évangile (fig. 10513). En 1852, on fit la découverte d'un deuxième escalier parallèle au précédent (n. 2 du plan) mais dans un état déplorable; il conduisait à un ambulacre large, très ancien, éclairé de luminaires et rattaché au cubicule du couronnement d'épines. Vu l'état de dévastation et de ruine, on abandonna cette région. Quelques années plus tard, en 1857, on retrouva comme nous l'avons dit (VII) la crypte de saint Janvier, la spelunca magna, et, en 1870, la crypte des saints Félicissime et Agapit. En 1872, la continuation des travaux pour la spelunca magna devint impossible par suite des exigences du propriétaire du sol, un sieur De Romanis. En 1898, la Commission d'archéologie sacrée chargea deux de ses membres d'inventorier toute la moisson épigraphique provenant des tablettes et des sarcophages, ainsi que des graflites. En 1900, on put creuser une voie souterraine permettant de joindre la partie du cimetière alors accessible à celle où De Rossi avait fait ses premières fouilles. Ce fut alors qu'après de longues années on put revoir la fresque fameuse du
p. 169; Rull. di arch. crist.
1872, p. 66. — 4 Id., ibid., 1872,
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couronnement d'épines. Depuis lors les héritiers du cerbère De Romanis permirent des sondages, on put entreprendre des réparations, prolonger la spelunca magna et affermir ses parois par de solides substructions. A l'extrémité de la dite spelunca, on remit au jour l'antique entrée du cimetière. En 1902, il fut nécessaire d'entreprendre quelques travaux pour sauver de la ruine quelques galeries menacées par des glissements et il fut décidé de faire une excavation afin d'examiner rapidement le centre du cubicule peint avec le centre historique de la spelunca magna. C'est ce qui fut réalisé en 1907 et on put alors constater la condition pitoyable de la région abandonnée depuis 1852. Dans le voisinage du cubicule du couronnement d'épines, les anciennes maçonneries étaient en partie écroulées et de gros blocs de tuf menaçaient de prendre la même voie. Toutes les autres galeries adjacentes représentées sur le plan étaient complètement enterrées. Chaque rang de loculi est séparé du rang sui-
ia')14. — Épitaphe.
D'après Nuovo bull. <li arch. rri.it., 1909, p. 124, n. 8.
vant par une épaisseur de tuf de 0 m. 40 environ. Nous ne donnerons qu'un choix parmi les épitaphes presque toutes fort brèves :
reAACA||HKA£OnAl|TPA
CALLIOPE||0 • V • A • XXVIl||CASTISSIMA • ET///|| MELLITISSIMA////
CAPITOLINA duLCIS || ANIM QVE Vf'x/T, etc. (colombe et palme).
ARISTONICVS||BICTORIE||CONIVSI
KOPIN0IOYC||IC eeON ZH|) (colombe).
ASCLEPODOTE||REFICERES
/rENE VBI ACCE||PISTI DEI GRATIA|| (colombe).
FAVSTINO COIVGI SVO || CVM QVo /e/i'CITER S I N E || B I L E VIXIT ////AN NOS DVO MESES TRES
CVSTANTIA DVLCIS || spzRITVS INNCCENS || l'n DEO INVENIARIS-MENS-I DIEBXS (phénix) (voir à ce mot).
4>IAIKICCIMA||(orante entre deux arbres, une colombe sur chaque arbre).
Tombe d'enfant sans nom, à droite un marteau et le forceps.
(Orante) NVS || IA""ARIAE || COIVGI || IN PACE
(deux brebis au pied d'un arbre).
IRINEV||TECVM||PACE|| (vase à deux anses, arbre).
Les deux épitaphes suivantes ont été trouvées in silu :
MESIO • PAVLO F I L I O • C A R I S S I M O M E S I V S • V R B I C V S BENEMERENTI
K O I M H C I C N € B I A O C T I T I A N O C CYMBIGÙAZIA enOIHCEN
spi||ilaraIIeiaap||a||ispiri||tvm tvv||m santvm
FLORENTIO || NVTRITORES || (colombe).
avrelivs-polycarpvsIIlvcillae-filiae
<t>AYCTewA ZHC €N OCO (colombe et palme).
<3I^=« DONATAE H— >
CHARITO || SPIRITVSf/uJVS || IN BONO (entre un
marteau et des tenailles).
MERCVRIVS NEOFIT HIC DE || POSITVS QVI VIXIT
ANN l| XLII MEN II DIE S XV EVGEN|| IA SE VI VA