PRESENTATION DE MARIE — PRESSOIR
daterait la fête de la Présentation du ive siècle?
Reste à savoir « pourquoi le choix de la date du 21 novembre? On pourrait supposer que la dédicace de Sainte-Marie-la-Neuve avait eu lieu ce jour-là vers 545, et que, peu à peu, la fête de la basilique devint celle du mystère dont on y célébrait le souvenir ». Cette supposition était historiquement fondée puisque, au dire de Cyrille de Scythopolis, présent à la cérémonie, la dédicace de Sainte-Marie-la-Neuve eut lieu au mois de novembre 543 l. Dès lors, il est probable que la dédicace susdite, célébrée au 21 novembre, à partir de 543, est devenue insensiblement la fête de la Présentation, et que, en perdant son caractère local et palestinien, cette fête s'est répandue dans le monde entier, tout comme la dédicace de l'église du Saint- Sépulcre au 13 septembre donna naissance à l'Exaltation de la Sainte-Croix le 14, fête qui, en se propageant, éclipsa la première dans l'Église grecque et l'anéantit absolument dans l'Église latine.
Bibl. — E. Bouvy, La fête de /'EtcoSoç ou de la Présentation de la Vierge au Temple dans l'Église grecque, dans Bessarione, t. i, 1897, p. 555-562; S. Vailhé, La fête de la Présentation de Marie au Temple, dans Échos d'Orient, t. v, 1901-1902, p. 221-224; E. Bouvy, Les origines de la jête de la Présentation, dans Revue augustinienne, 1902, p. 581-594; S. Vailhé, La dédicace de Sainte-Marie-la-Neuve, 1903, p. 136-140; cf. Échos d'Orient, t. vi. 1903, p. 278-279. Voir Dictionn., t. i, col. 2257-2259, fig. 830-832.
PRESSOIR. — Les fresques et les sarcophages chrétiens nous font voir assez souvent la cueillette des oliviers et des raisins par des amours, mais il est rare qu'on représente les opérations qui suivent la vendange. Une fois les fruits chargés, les bœufs emmènent les «comportes » et la foulée s'opère dans des cuves d'où le jus s'écoule par deux mufles de lion. C'est là une représentation d'où est exclue toute figuration technique. Heureusement des monuments nous ont été conservés qui y suppléent utilement.
Le pressoir a été spécialement utilisé pour la fabrication de l'huile d'olive. Les documents de l'époque romaine nous renseignent souvent avec précision sur ce qu'a été l'exploitation de l'olivier durant les premiers siècles de l'ère chrétienne. Nombreux au Ier siècle, ils se multiplient au ne siècle; ensuite ils deviennent plus rares. Non seulement les papyrus nous font, au ier siècle, connaître des olivettes et des pressoirs en diverses localités, mais ils fournissent la preuve qu'en Egypte l'on faisait toujours de nouvelles plantations. On fabriquait de l'huile de rave, le ricin est mentionné sur un ostrakon du 1er siècle, puis le sésame, le carthame. Les propriétaires ou les locataires de pressoirs devaient à l'État des impôts. Les propriétaires qui fabriquaient de l'huile dans leur propre pressoir engageaient pour la durée de la fabrication de l'huile les ouvriers indispensables. Le service des femmes était utilisé. D'autres louaient un pressoir afin d'y travailler pour leur compte 2. Nous nous bornons à en signaler quelques-uns.
A Ant remont, 3 km. au nord d'Aix-en-Provence3, on a trouvé en 1929, à 0 m. 50 de profondeur, une pierre ayant dû servir de base à un pressoir de forme rudimentaire ou bien à une meule à huile; elle mesure en longueur environ 1 mètre, en largeur 0 m. 80, et pré-
1 Vita S. Jounnis Silentiarii, dans Acta sanct., mai. t. m, p. 17, n. 26. — " On trouvera les détails les plus précis et très curieux dans Ch. Dubois, L'olivier dans l'ancienne Egypte, dans Revue de philologie, IIIe série, 1. 1, 1927, p. 7-49. — a M. Chaillan, Fond de pressoir à liuilc sur pierre à rainure circulaire découvert à l'oppidum d'Antremont, dans Bull, archéol.du Comité destrav. hist., 1930-1931, p. 4.r>l-4">3, pi. xx. — 4P. Gavault.dans Rev. africaine, t. XXVIII, 1884, p. 74 sq.
sente 0 m. 25 d'épaisseur. C'est une pierre du pays, un calcaire dur. L'huile produite par l'écrasement des olives coulait dans la rigole circulaire, très bien formée et creusée (0 m. 05); elle passait ensuite par la rigole rectiligne dans quelque dolium ou dans un autre vase où elle subissait, sans doute, une sorte de décantation; mais on ignore comment la meule s'adaptait à cette base.
Rien ne laisse supposer que cet objet soit d'époque chrétienne. Nous pourrions mentionner beaucoup de pressoirs antiques qui se trouvent dans le même cas. En Afrique, dans les environs de Tipasa (voir ce nom), au pied du mont Chenoua, un bouquet d'oliviers séculaires ombrage encore un pressoir bien conservé*. A 1 km. de la même ville, subsiste un ensemble deconstructions de différentes époques. Ce fut d'abord une habitation de maître qui fut détruite par un incendie et remplacée vers la fin du me siècle, en 278, par une fabrique de vin comme en témoignent les bassins, les pressoirs, les auges, le dolium (?), les réservoirs, la citerne. Ensuite vient une destruction à peu près complète et une reconstruction à l'aide des matériaux de deux bâtiments précédents 6.
A l'époque chrétienne, un pressoir est un lieu trop important pour ne pas faire l'objet d'une recommandation spéciale, aussi à Kobbeur-el-Khadcm, près de la piste de Sbeïtla à Maktar, au S.-E. de S'biba, on rencontre un linteau de pressoir, ancienne base honorifique retaillée; lettres en relief de 0 m. 15 à 0 m. 20, disposées de chaque côté d'un chrisme s :
Mais c'est principalement dans la Syrie centrale qu'on a trouvé des pressoirs par centaines, on pourrait dire par milliers ', pour la fabrication de l'huile et du vin. Il est difficile de déterminer l'usage auquel ils servaient et on en connaît de quatre types différents. Pour les plus anciens on a employé des caves et les liquides se conservaient dans des récipients creusés dans le sol rocheux; on en trouve de cette sorte dans chaque localité. LTne deuxième catégorie, le pressoir est entouré de blocs qui supportaient un plancher de bois. La troisième catégorie ressemble à un moulin souterrain. La quatrième catégorie qui est surtout fréquente dans le djebel Riha, c'est une sorte de chambre entourée de murailles avec des arcades qui portent un plafond fait de dalles de pierre. 11 existe un exemple bien conservé de ce dernier type à Bashmishli ».
Les trois exemples les plus intéressants sont ceux de El-Barah, de Hass et de Behioh.
A El-Barah c'est un bâtiment de 12 mètres de longueur, divisé par sept arches qui portent les dalles servant de plafond. Ce pressoir, outre la cave et la citerne, contenait une table circulaire qui servait probablement à l'écrasement des olives avant leur mise au pressoir 9.
A Hass, le pressoir est de grandes dimensions (voir Diclionn., t. vi, col. 2061, fig. 5588), mais il est aujourd'hui enterré partiellement par le relèvement du sol10. L'aménagement intérieur diffère de celui construit à El-Barah; on avait adopté une division longitudinale par deux étages de trois arches chacun, supportés par des piliers carrés. Ces arches portaient un plafond plat,
— 'S. Gsell, Tipasa, ville de la Mauritanie Césarienne, dans Mil. d'archéol. et d'hist., t. xiv, 1884, p. 420-124. Bg, 55.
• P. Guuckler, Rapport épigraphlque sur les découvertes faites en Tunisie, dans Bull. arch. du Comité, 1897, p, 385, D. 81.
— ' Howard Crosby Butler, Architecture and olher arts, in-l", New-York, 1904, p. 268. — ' Id., ibid., p. 209. n. 4. —
• M. de Vogué, Syrie centrale, in-fol.. Paris, 1867, pi, \\\\ , xxxvi. — " Howard Crosby Butler, op. cit., p. 27o.
PRESSOIR — PRETEXTAT (CATACOMBE DE
comme à El-Barah. Une inscription datée de novembre 372 de notre ère nous apprend qu'on y fabriquait de l'huile; elle est gravée sur le deuxième pilier, à gauche en entrant; peu lisible à raison de la mauvaise qualité de la pierre. L'inscription mesure 0 m. 60x0 m. 65, les lettres ont entre 0 m. 06 et 0 m. 11 * :
EICBEDCMoNoC ETOYEATTX AIQYBCYN ET£AECBH 5 TOEAEDTP BIDN ETç ©eôç fi.6voç. "E-rooç Stt/'. Aigu 6' auveTeXécOv) tô èXsoTp[i]6tov.
« Il n'y a qu'un seul Dieu. En l'année 684 le 9 du mois de Dios, ce pressoir fut terminé. »
10509. — Pressoir de Behioh.
D'après de Vogué, Syrie centrale, pi.
cxm
Nous pourrions encore citer les pressoirs de Banaqfour 2, de Behioh, en Syrie centrale, et de Aïn-el- Jedide, en Palestine 3, parmi beaucoup d'autres.
Le pressoir de Behioh (Syrie centrale) (fig. 10509) se compose d'une grande cuve carrée, creusée dans le roc, munie sur l'une de ses faces d'une grande pierre debout, encastrée à queue d'aronde dans le rocher et portant une large rainure rectangulaire. Cet engin servait également à la fabrication du vin et à celle de l'huile.
Dans le premier cas, le raisin étendu dans la cuve, était foulé aux pieds; puis le marc était ramassé dans de„ paniers et soumis à la presse. Celle-ci se composait d'un long levier dont une extrémité était engagée dans la rainure du gros bloc vertical, et l'autre était violemment abaissée vers la terre par des hommes agissant soit par l'effet de leur poids, soit à l'aide de cordes fixées dans le sol et raidies avec force. L'extrémité du levier, ou « langue » était maintenue dans la rainure à la hauteur convenable, par des cales de bois. La forme en queue d'aronde donnée à la partie du bloc qui était encastrée dans la paroi de la cuve, empêchait que l'effort du levier ne soulevât ce point d'appui et ne l'arrachât de sa base. Quelquefois la rainure est assez large et assez profonde pour que l'on puisse supposer qu'elle servait, non à recevoir l'extrémité du levier, mais à recevoir les paniers de marc eux-mêmes avec des planches superposées que l'on forçait à descendre, en enfonçant entre elles, à coups de maillet, des gros coins de bois.
Le jus obtenu par ces diverses opérations se rassem-
1 W.-K. Prentice, Greek and latin inscriptions, 1908, p. 154, n. 152. — 2 M. de Vogué, op. cit., pi. cxm. — * R.-W. Hamilton, Note on a chapel and winepress, dans The
blait dans l'étage inférieur de la cuve et la remplissait; il coulait alors par la surface dans les deux rigoles pratiquées sur le rebord de gauche, et se rendait dans une petite cuve circulaire d'où une dernière ouverture le conduisait au dehors, dans les jarres disposées pour le recevoir. Deux trous ronds creusés sur le parcours des rigoles, servaient à l'aire déposer le liquide, déjà clarifié par son séjour dans la première cuve; celle-ci se vidait complètement à l'aide de la bonde de fond qui est pratiquée sous les rigoles de surface, et qui restait bouchée pendant la première partie de l'opération.
Pour la fabrication ue l'huile l'appareil était disposé de même mais les olives n'étaient pas foulées aux pieds; on les écrasait dans un moulin ou dans la cuve même à l'aide des rouleaux de pierre figurés ici 4.
Nous nous bornerons à rappeler une œuvre d'art qui a passé trop inaperçue. On sait qu'au Moyen Age et pendant la Renaissance on rencontre assez fréquem-
10510. — Mosaïque de Kabr-Hiram.
D'après Annales archéologiques, t. xxiv, p. 286.
ment un sujet intitulé « le pressoir mystique », qui représente le Sauveur Jésus accablé sous une croix dont le poids détermine l'effusion du précieux sang de ses plaies sacrées. Or, une mosaïque de Kabr-Hiram (voir Diclionn., t. vm, col. 605-619, fig. 6439), conservée au Louvre, et qui ornait le pavement d'une église, nous montre la première pensée du pressoir mystique. La figure 6439, trop réduite, ne permet pas de s'en faire une idée exacte. Nous la donnons ici (fig. 10510); on verra dans le médaillon central une cuve carrée dans laquelle sont assis deux enfants. Le mât du pressoir, servant d'arbre de couche est une croix; un des enfants l'actionne, l'autre enfant a retiré la bonde qu'il lève en l'air et la liqueur s'écoule dans un récipient.
H. Leclercq.
PRÉTEXTÂT (CATACOMBE DE). — I. Le cimetière de Prétextât. IL Les trois cimetières de la voie Appienne. III. Le créateur du cimetière. IV. Du ive au vme siècle. V. Les principales illustrations. VI. Du vme au xixe siècle. VIL La découverte. VIII. Fouilles de 1847 à 1850. IX. Fouilles de 1852 et 1907-1909. X. Fouilles de 1935-1936. XL La fresque du couronnement d'épines. XII. La crypte de saint Janvier. XIII. Fragment épigraphique en l'honneur d'un martyr. XIV. La crypte de Félicissime et Agapit. XV. Un témoin épigraphique. XVI. Fresques. XVII. Curiosités et souvenirs. XVIII. L'épigraphie à date certaine. XIX. Bibliographie.
1. Le cimetière de Prétextât. — Le manuscrit Vatic. lat. 3851, sur parchemin très blanc, écrit au
quarteily of the deparlment of antiuuities in Palestine, t. iv, 1934, p. 111-117. — «M. de Vogilé, Syrie centrale, 1865, p. 127, pi. cxm.
PRETEXTAT (CATACOMRE DE)
xve siècle, contient différents opuscules beaucoup plus anciens. A la page 40 on peut lire ceci : Incipiunt regiones l'rbis Romœ nalionum omnium dominée cum breviariis suis. A la suite des regiones cum breviariis suis, on trouve le nombre des tours et portes de cette ville y compris la cité léonine. Enfin vient un catalogue des évèques de Home depuis saint Pierre jusqu'à t'rbain II (en 1088), ce qui peut induire à penser que le manuscrit est écrit d'après un exemplaire du xie siècle. Le nombre ajouté aux regiones est postérieur à la création de la cité léonine au ixe siècle. Le Liber regionum correspond à l'ancienne notitia regionum (sauf quelques erreurs imputables au copiste) telle qu'on la rencontre dans la Notitia dignilutum utriusque imperii publiée sous Honorius, au commencement du v* siècle (voir Dictionn., t. xn, col. 1711-1715), mais entre le paragraphe de viis et les breviaria on trouve un document nouveau intitulé : Cimiteria lotius Romae dont voici les premières lignes :
Cimiterium Prisalle (= Priscillse) ad sanctum Silvestrum via Salaria. Cimiterium lordanorum ad Sanctum Alexandrum via Salaria. Cimiterium Prœtextati ad sanctum Januarium, via Appia. Cimiterium Domicile (= Domitillse)....
Dans les Mirabilia urbis Romœ (voir Dictionn., t. xi, col. 1413) qu'on peut placer dans la deuxième moitié du xe siècle, nous lisons ceci : Cœmeterium Prœtextati inter (ou intus) portam Appiam ad S. Apollinarem, tandis que Cencius Camerarius écrit : Juxlu portam Appiam ad S. Apollinarem et d'autres inter portam Appiam et S. Apollinarem. De l'examen des manuscrits il ressort jusqu'à l'évidence que ce sont là corrections purement conjecturales. Si on savait l'emplacement exact de l'église Saint-Apollinaire sur la voie Appienne l'interprétation des Mirabilia ne ferait pas de difficulté, mais on n'en sait rien1; tout ce qu'on en peut dire c'est qu'une charte de donation la mentionne en 1168 2 et qu'il y est question de vignes situées au delà de la porte Appienne. En tout cas il faut écarter la leçon intus portam Appiam pour adopter inter. Il paraît probable que le texte primitif devait se lire ainsi : Cœmeterium Prœtextati inter portam Appiam et... ad S. Apollinarem. In manuscrit daté de 1375 présente une indication plus développée : cimiterium seti Calixti juxta cathacumbas ad sem Fabianum et Sebustianum. Cimiterium Prsetextati domine quo vadis intus portam Apiam ad sem Apollinarem 3. D'après cela on peut conjecturer (pie dans le texte des Mirabilia on doit insérer la mention de la basilique de Saint-Sébastien pour indiquer le site du cimetière de Calliste et corriger ainsi ce qui concerne Prétextât : cœmeterium Prsetextati inter portam Appiam et Domine quo vadis, ad S. Apollinarem. Celte conjecture est peu solide. La leçon des Mirabilia a pu être abrégée ou interpolée vers l'époque où le manuscrit fut copié. Onofrio Panvinio dans son Index des cimetières place celui de Prétextât via Appia lapide primo per diverticulum sinislrosum Icndentibus. Dans le manuscrit lai. Yat. 67X1, p. loti \°, ces mots lapide primo, etc., ont reçu de Panvinio une note en interligne. En fait, dans les documents que cite Panvinio il n'est pas question du premier mille d'un chemin de traverse a gauche. 11 aura puisé ces indications dans un document qui scia venu entre ses mains après avoir compilé son Index des cimetières d'après les sources dont il disposait, a savoir le Liber pontificalis, les martyrologes et Cencius Camerarius; à ceux-ci il aura ajouté ce (pie lui apprenait cette charte de donation dans laquelle il était question de la vigne de Saint-Apollinaire. S'il
1 Mittarelli, Ann. Camald., ann. 1036, t. il, p. 57. 'Panvinio, Le sette chiese principali di Roma, h ad. A. Lantranchi, Roma, 1870, p. 128. ■ Cod. Vatic, p. 209 v°.
en est ainsi, la leçon inter portam Appiam et Domine quo vadis est inconciliable avec la topographie; c'est pourquoi le chemin de traverse à gauche vers le premier mille de la voie Appienne mène plus loin que l'oratoire Domine quo vadis, certainement un mille et demi plus loin. Dans le livre de Severano sur les sette chiese 4, on lit : /'/ cemetero del vicolo, che Onofrio vuole sia di Pretestato, da altri si chiama di Gianuario. Or, dans le manuscrit original de Severano (Vallicell. G. 19) ce vicolo est à main gauche pour aller à Albano. Donc le diverlicolo de Panvinio est celui qui côtoie le cirque de Maxence plus près de Rome que l'église Saint-Sébastien et d'après cela il faut rétablir ainsi le texte des Mirabilia : cœmeterium Prœtextati inter portam Appiam et S. Sebastianum ad S. Apollinarem.
II. Les trois cimetières de la voie Appienne. — l.' Index dont nous avons cité le début dans le paragraphe précédent énumère les trois catacombes de la voie Appienne, ce sont : ...Cimiterium Prœtextati ad sanctum Januarium via Appia. — ... Cimiterium catecumbas ad sanctum Sebastianum via Appia. — Cimiterium Calisti ad sanctum Sistum via Appia. — ... Tel est le fil conducteur pour se guider dans le labyrinthe souterrain de la voie Appienne. Ses trois grands cimetières — car il s'en trouve d'autres de moindre importance — sont nettement distincts de ceux qui bordent la voie Ardéatine (Domitille, Balbine, Hermès) — et leur emplacement est marqué par ces notes très claires: ad S. Sebastianum, ad S. Januarium, ad S. Xystum. La première est seule connue; des deux autres il ne reste aucune trace au-dessus du sol d'une basilique ou d'un oratoire dédié à saint Janvier ou à saint Sixte; il est vrai que nous savons que ces lieux de prière ont existé. Dans le sacramentaire grégorien, au 10 juillet, tête des sept fils de sainte Félicité, on prescrit quatre stations et la première se trouve ad S. Januarium via Appia ', or cette station est la même qui est prescrite par le sacramentaire léonien in cœmeterio Prœtextati via Appia 6; puis encore dans le manuscrit d'Einsiedeln nous lisons plusieurs fois la mention ad S. Januarium.
Nous avons dit que l'église Saint-Sébastien seule a été conservée, il faut donc partir de là pour se mettre à la recherche de Vad S. Januarium. L'auteur de la Notitia conservée dans le manuscrit de Malmesbury écrit ce qui suit : Undecima porta et via dicitur Appia. Ibi requiescunt S, Sebastianus et Quirinus et olim requieverunt apostolorum corpora. Dans V Itinéraire de Salzbourg on lit : Postea perverties via Appia ad S. Sebastianum martgrem, cujus corpus jacet in inferiore loco : et ibi sunl sepulcra apostolorum Pétri et l'auli, in quibus XL annorum requiescebant; et in occidentali parte ecclesise per gradus descendis, ubi S. Cyrinus papa et martyr pansât. Ces textes ont fait l'objet d'une exposition au sujet de laquelle il n'y a plus à revenir ici (voir Dictionn.. t. XIV, au mot PIERRE, col. S73 sq ); ils nous permettent de reconnaître de façon précise et certaine un des trois sanctuaires cimétériaux de la voie Appienne d'où nous pouvons prendre notre point de repère pour retrouver Vad S. Januarium.
Si l'on veut bien se reporter au papyrus de Monza (voir Dictionn., t. xi, col. 2755-2757), on verra que l'ampoule qui contenait les huiles des lampes des martyrs Sébastien, Eutychius et Quirin en contenait d'autres, à savoir des saints Tiburce, Valérien, Maxime, l'rbain et Janvier, qui tous reposaient dans le cimetière de Prétextât. Ces martyrs venaient donc après ceux du cimetière Ad catacumbas. De fait, dans la Notitia de Malmesbury nous lisons : et paulo propius Romam sunt martyres Januarius. t'rbanus. Xénon,
— 'Severano, op. cil., p. 120. - ■ Tmn.isi, Opéra, édit, Vezzosi, t. v, p. 178. - • Tomasi, Opéra, édit. Vezxosi,
PRÉTEXTÂT (CATACOMBE DE
Quirinus, Agapetus, Felicissimus; et in altéra ecclesia Tiburtius, Valerianus, Maximus. Voici donc retrouvé le cimetière de Prétextât ad S. Januarium. Tous ces martyrs sont du nombre de ceux qui furent enterrés in Prsetextati, et leur coryphée, Janvier, est l'aîné des sept fils de sainte Félicité, comme nous l'apprend le de locis sanctis martyrum, ce qui aide à comprendre pourquoi les livres liturgiques placent la station ad S. Januarium. Les églises qui illustraient ce cimetière étaient au nombre de deux, ce qui explique comment Tiburce, Valerius et Maxime reposaient m altéra ecclesia; ces églises ne doivent pas être cherchées plus loin que celle de saint Sébastien, mais plus rapprochées de Rome paulo propius Romam. Dès lors l'emplacement du cimetière de Prétextât devient évident.
Les contradictions qu'on avait pensé découvrir entre les guides des pèlerins tiennent à ce que l'un se rendait de Saint-Sébastien à Rome tandis que l'autre marchait en sens contraire, de Rome à Saint-Sébastien. Si on consulte Ylipitome, on lira ceci : Juxta eandem viam [Appiam] ecclesia est multorum sanclorum, id est Januarii, qui juit de septem filiis Felicitalis major natu, Urbani, Agapiti, Felicissimi, Cyrini, Zenonis frutris Valenlini, Tiburtii, Valeriani (et Maximi) et multi martyres ibi requiescunt. Le nombre des noms cités concorde avec celui que nous avons lu dans le manuscrit de Malmesbury, avec deux détails de plus relatifs à Janvier et à Zenon. Et pour obtenir plus de précisions il faudra se reporter au manuscrit de Salzbourg qui, lui aussi, se rend de Saint-Sébastien à Rome : et eadem via ad aquilonem ad sanctos martyres Tiburtium, Valerianum et Maximum, ibi intrabis in speluncam magnam et ibi invcnies sanctum Urbanum episcopum et conjessorem et in altero loco Fclicissimum et Agapilum martyres et diaconos Sixli et in tertio loco Cirinum martirem et in quarto Januarium martyrem; et in tertia ecclesia sursum sanctus Synon martyr quiescil. Voici bien Yecclesia multorum sanctorum du deuxième topographe et les deux églises du premier subdivisées en trois, c'est-à-dire deux sur le sol dédiées aux saints Tiburce, Valérien et Maxime et à saint Zenon, une souterraine, la spelunca magna, avec quatre cubicules distincts consacrés à saint Janvier, aux diacres Agapit et Pélicissime, au tribun saint Quirin et au pape Urbain.
D'après ce qui précède, il est clair que les deux églises et les cryptes avec la catacombe ne formaient qu'un groupe que nous voyons décrit en ces termes dans la notice du pape Hadrien Ier au Liber pontiftealis : Ecclesiam beati Tiburtii et Valeriani atque Maximi et basilicam sancti -Zenonis una cum cœmeterio sanclorum Urbani ponlificis, Felicissimi et Agapiti atque Januarii et Cyrini martyrum foris portam Appiam UNO COHERENTES SOLO, quœ ex priscis marcueranl lemporibus, a novo restauravit. La démonstration est faite, et pour retrouver les vestiges de cet ensemble de monuments sacrés, il reste à savoir de quel côté chercher.
L'idée que ces églises sont au Nord fait naturellement tourner les yeux un peu vers la droite de celui qui, de Saint-Sébastien se dirige vers Rome. La crypte où reposa saint Urbain est désignée dans ses actes comme étant à proximité du palais de Vespasien, nom sous lequel les auteurs du Moyen Age désignaient les édifices contigus au cirque de Maxence qui se trouve à gauche de la voie Appienne, c'est-à-dire à la droite de celui qui se rend à Rome. La topographie du manuscrit d'Einsiedeln dissipe toute incertitude : In eadem via (Appia) extra civilatem in sinistra ad S. Januarium ubi Syxlus martyrizatus est..., à gauche de la voie Appienne, à droite de la voie Latine se trouvait le lieu appelé ad S. Januarium. Cherchons donc à gauche de la voie Appienne, près des ruines contiguës au cirque
de Maxence, un peu plus près de Rome que n'en est Saint-Sébastien (paulo propius Romam) un point où il y a quelque liaison entre ces deux voies, c'est là qu'ont dû se trouver deux églises, une sur le sol et une souterraine uno cohaerentes solo; c'est Yad S. Januarium.
A gauche de la voie Appienne, un peu avant Saint- Sébastien, s'ouvre un chemin qui conduit au cirque de Maxence et s'arrête à la voie Latine, c'est le diverticolo où, d'après Pa ivinio, se trouvait le cimetière de Prétextât, d'après les indications de la charte de 1168, c'est là aussi d'après Severano que d'autres situaient il cimilero di Gianuario, car il ignorait que les noms de Prétextât et de Janvier s'appliquaient au même site: mais l'usage commun était de dire il cemetero del vicolo. Au point où débouchent ces deux voies se trouve un bâtiment dont les parois sont incrustées de débris de sarcophages chrétiens, ce qui lui a valu le sobriquet de viyna dei pupazzi. Dans cette vigne on voit deux ruines imposantes d'anciennes constructions, une d'elles circulaire avec cinq absides curvilignes, l'autre quadrangulaire avec trois absides rectilignes. Il est superflu de chercher ailleurs ou d'aller plus loin, ce sont les deux oratoires, l'ad S. Januarium et Y altéra ecclesia. Partout, à fleur de terre, on relève des fragments de balustrades en marbre, de sarcophages et d'inscriptions chrétiennes dont il est facile d'attribuer les types paléographiques aux ive et ve siècles. Les sarcophages étaient nombreux et importants dans le sol et dans l'intérieur des deux oratoires contigus, en sorte qu'ils justifient parfaitement l'expression uno cotisèrent solo.
Ainsi donc les textes et les ruines sont d'accord pour nous permettre d'identifier le cimetière de Prétextât '.
III. Le créateur du cimetière. — Le cimetière de Prétextât s'étendait donc à gauche de la voie Appienne entre le premier et le deuxième mille depuis la porte Appienne, à l'endroit où part Un chemin de traverse qui passe entre le cirque de Maxence et l'église de Saint-Urbain alla Cafjarella. A cet endroit s'élevait la villa du célèbre Hérode Atticus qu'on appelait Triopium Ilerodis Atlici, mais le cimetière s'étendait entre cette propriété et le Nord. La contiguïté de cette villa et du domaine qui l'entourait ne nuisit pas à la fondation d'hypogées chrétiens, il semble même que les fidèles entretinrent de bons rapports avec la famille du propriétaire ou avec ses descendants.
On ignore l'époque précise où vécut le personnage qui donna son nom à la nécropole chrétienne et sa carrière, mais la chronologie des plus anciens martyrs qui vinrent y reposer autorise à penser que le cimetière est antérieur à l'installation d'Atticus sous Marc- Aurèle. Cette même chronologie s'oppose à ce qu'on identifie le créateur du cimetière de Prétextât avec le chrétien de ce nom, allié peut-être aux Cecilii dont l'épitaphe fut trouvée tout proche de la tombe de la martyre sainte Cécile. Cette épitaphe désigne le défunt qui, ensuite, prend la parole2 (fig. 10511) :
OPONTCON ÈTOHTjaev CenTIMIOC-nPAiTe^TATOç xAUUXiavoç?
OAOYAOCTOY ôeoY AZICOCê Iwaaç OY MeTCNOHCA-KAN-COAe COI YTTePCTHCA KAI eYKApiaTHCGO-TGO ONOMATI COY-nApsSwxe THN YYXrjv TCO GÊOO-TPIANTA TPIGOv ètùv CZMHNCON
rreTeiXtoç? XarvinpôTaToç
CTûv? TrapéScoKÊ tï]v ^/(V xw @scT)
rrpo aETCTeMBPiwv
1 Oe Rossi, Roma sotterranea, t. i, p. 131, 181, 233, 213, 251. — !De Rossi, Bullett. di archeol. crist., 1X72, p. 48; Roma sotterr., t. il, (1867), p. 120, pi. xxxv, n. 2.
PRÉTEXTÂT (CATACOMBE DE
« Fait par Fronton. — Septimius Prœtextatus Csecilianus? serviteur de Dieu ayant vécu dignement. Je t'ai servi, je ne le regrette pas et je rends grâces à ton nom. Il a rendu l'âme à Dieu à l'âge de trente-trois ans et six mois.
« Pétilius.... très cher.... années.... rendu l'âme à Dieu.... septembre. »
Cette épitaphe ne parait pas antérieure au début du 111e siècle et, pour cette raison, on ne saurait voir dans Septimius Prétextât le créateur du cimetière dont il porte le nom. Bosio paraît se rapprocher plus de la vérité lorsqu'il croit voir ce créateur dans un certain Prétextât, nommé dans les actes de sainte Sophie et ses filles l, passion qui prétend raconter des faits arrivés sous le règne d'Hadrien mais à laquelle on ne
cimetière de Calliste le supplice du pape Sixte II et de ses diacres P'élicissime et Agapit pendant la célébration des saints mystères *. Le pape fut mis à mort sur sa chaire épiscopale, ses diacres et d'autres fidèles périrent en même temps, mais tandis que le cadavre sanglant et la chaire étaient conservés dans la crypte papale au cimetière de Calliste, les corps des deux diacres furent apportés au cimetière de Prétextât (voir Dictionn., t. v, col. 1249-1259, fig. 4318-4323).
Un événement si grave et si glorieux dont la cataeombe de Prétextât recevait sa part avait dû lui faire une véritable célébrité; aussi jusqu'à la paix de l'Église, on ne cessa de la visiter. Les monuments et les inscriptions en rendent bon témoignage, principalement les textes épigraphiques, à date certaine, mais
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10511. — Épitaphe de Prétextât. D'après De Rossi, Homa sotterranea, t. n, pi. xxxv, n. 2.
peut accorder qu'une très médiocre valeur historique. Le mieux à faire est donc de se résigner à ne rien savoir de l'éponyme de notre cimetière.
IV. Les principales illustrations. — La plus ancienne paraît être le tribun Quirinus avec sa fille Balbine 2, tous les deux martyrs dont les tombes furent visitées par les pèlerins depuis le ive jusqu'au vme siècle. Des martyrologes historiques du ixe siècle assignent Quirinus au règne de Trajan, d'autres au règne d'Hadrien, enfin il s'en trouve dans le nombre pour transformer le juge Aurélien mentionné dans la passio Quirini en empereur Aurélien, ce qui recule Quirinus jusqu'au dernier quart du me siècle. Le contexte ne peut s'accorder qu'avec le règne d'Hadrien 3 et si l'on accepte cette chronologie, il s'ensuit que le cimetière de Prétextât était exploité dès le premier quart du ne siècle.
Une trentaine d'années environ après Quirinus, en l'an 162, on y enterra le martyr Janvier (voir Dictionn., t. v, col. 1259, 1267, 1270-1271) dont le cubicule devint le lieu le plus vénéré de la catacombe.
Ce sont ensuite l'époux de sainte Cécile, Yalérien et ses compagnons Tiburce et Maxime avec l'évèque Urbain qui les baptisa et partagea leur martyre. Ici la date est difficile à déterminer car l'accord ne s'est pas encore fait sur celle du martyre de sainte Cécile (voir Dictionn., t. il, col. 2722-2731) que, jusqu'à preuve du contraire, nous reportons jusqu'au règne de Dioclétien, au lieu du règne de Mare-Aurèle.
En 258, sous la persécution de Yalérien, se place au
1 A. Bosio, Homa sotterr., 1632, p. 189. ! Bosio, op. cit., p. 191, et d'autres ont confondu cette Balbine avec le cimetière de Balbine (voir Dictionn., t. n, à ce nom), près de la voie Ardéatine; cf. De Bossi, Homa sotterr., t. u, p. 171- 180; Bull. <li arch. crist., 1867, p. 1 sq. — • .-lc/« sanct., martii t. m, p. 811. — * Sur le lieu exact du martyre de saint Sixte, cf. G. Wllpert, La cripta dei Papi e la cappella
les fastes de l'Église romaine n'enregistrent dans notre cimetière aucun nouveau nom de martyr historique entre le règne de Yalérien et la persécution de Dioctétien.
A l'époque de la paix et depuis lors, on parla beaucoup d'un saint Zenon martyr, /rater Valentini, on ne sait rien de l'un ni de l'autre. Le nom de cœmeterium Prœtexlati ne fut pas délaissé, mais un peu éclipsé par la mention ad S. Januarium. Nous avons dit que le sanctuaire de ce saint était souterrain et un autre lui était également dédié, mais à ciel ouvert. Les pèlerins visitaient ce que l'on nommait la spelunca magna avec ses quatre cubicules de Janvier, Quirinus, Felicissime et Agapit, et Urbain (fig. 10512).
Y. Du ive au vme siècle. — Au-dessus du sol se voyait un oratoire dédié au souvenir de ce lieu ubi Stjxtus cuin suis diaconibus decollatus est 6 et c'est là que le pape Jean III, contraint de sortir de Rome par les factions politiques et les rivalités entre la population et l'exarque Narsès, vers 572, vint faire un long séjour et exercer son ministère : Iounnes papa retinuit se in cœmeterio SS. Tiburtii et Valeriani et habitatut ibi multo tempore ut etiam episcopos ibidem consecraret*. A cette époque le mot cœmeterium n'avait pas changé de signification, mais celle-ci s'était élargie, elle ne s'appliquait plus seulement aux galeries souterraines, mais aux oratoires et aux basilicules construits à ciel ouvert. C'est ainsi que nous lisons que le pape Grégoire III, en 731. lii refa're les toits du cimetière i.ù son prédécesseur Jean 111 avait habité : ( Grego-
ili sauta Cecilia nel cimitero di Caliisto, in-fol., Borna, litio, p. 81 et p. 82-81, lettre de L. Duchesne; P. Franchi de' Cavaliei i. l 'n récente studio stil luogo tlcl martirio di P. Sisto, dans Note agiograflche, t. vi, p. 145-178 et principalement p. 160, n. 1. s De Bossi. Roma sotterr.. t. i, p. 180, 181, 211-218; t. il, i>. S»). • Liber pontificalis. .lean III,
PRETEXTAT (C AT A COMBE DE
rius III ) in cœmeteriis beatorum marlyrum Januarii, Urbani, Tiburtii, Valeriani et Maximi eorum tecta in ruinis posila a novo refecit1. Mais ce n'était là qu'un replâtrage, pour ainsi parler, et tout cet ensemble de petits monuments courait à sa ruine, aussi fallut-il y pourvoir quarante ans plus tard, sous le pontificat d'Hadrien Ier en 772 : Ecclesiam beati Tiburtii et Valeriani atque Maximi, seu basilicam sancti Zenonis una cum cœmeterio sanctorum Urbani pontificis, Felicissimi et Agapiti atque Januarii et Cijrini (= Quirini) martyrum foris portam Appiam, uno cohserentes solo, quse ex priscis marcuerant temporibus, a novo restauravil 2. Ce texte précieux, et que nous avons déjà utilisé, est le dernier qui fasse mention de travaux exécutés au cimetière de Prétextât.
VI. Du vme au xixe siècle. — Les circonstances difficiles qui se prolongèrent sur Rome pendant les vme et ixe siècles, la menace et la réalité des incursions de Lombards et de Sarrasins, firent délaisser les catacombes et ramener les reliques des martyrs à Tinté-
vicissitudes historiques, c'est que l'explorateur des catacombes, Antoine Bosio, qui visita une multitude de galeries dall' una e dall' altra parte dell' Appia 8 n'a pas eu la pensée d'appliquer à Tune d'entre elles le nom de cœmeterium Prselextati. Quelque temps après la mort de Bosio, Michel Lonigo composa un catalogue alphabétique des églises et sanctuaires de Rome, conservé dans le ms. Barberini, n. 200!); on y lit sous la rubrique Pretestato ces quelques mots : di questo cimitero si vedono ora le vestigia juori délia porta S. Sebasliano in una vigna dei signori Savelli et J.-B. De Rossi avouait n'avoir pu découvrir le nom du propriétaire actuel de cette vigne.
Le 2 mai 1636, Luc Holsten écrivait à Peiresc pour lui faire part de la découverte de la crypte de saint L^rbain et son espoir de pénétrer par elle dans le cimetière de Valérius et de Tiburce, par conséquent dans celui de Prétextât ». Espoir déçu.
VIL La découverte. - Boldetti et Marangoni n'avaient pas de conviction faite sur l'emplacement
10512. — Plan de la speliinca magna.
1. Vers Tarénaire. — 2. Abside. — 3. Crypte de Félicissime. — 4. Crypte de Saint-.Janvier. — 5. Inscription de saint Janvier. — 6. Herculius. — 7. Construction en briques. — 8. GrafTite (cha're du pape Sixte). — 9. Inscription consulaire. — 10. Carrefour. -- 11. Vers le Bon Pasteur. — 12. Construction en briques. • 13. Escalier antique. — 14. Fragments damasiens. 15. I.ucentius. 16. Superbus.
rieur de Rome; en peu d'années des lieux assidûment vénérés devinrent déserts et tombèrent en ruines, leurs noms et les souvenirs qui s'y rattachaient tombèrent dans la confusion et dans l'oubli. Dès le ixe siècle, le cimetière de Prétextât n'y avait pas échappé et son souvenir ne se distinguait plus que difficilement de celui de la nécropole voisine dite de Calliste 3. La dernière allusion qu'on rencontre à un des édifices restaurés par Hadrien 1er remonte à Tannée 850. Il y est question de la terra S. Zenonis sur la voie Appienne vers le point où nous plaçons aujourd'hui le cimetière de Prétextât 4. Dans les Mirabilia urbis Romse, compilation du xe-xie siècle, qui fut le seul guide en usage jusqu'au xive siècle, on ne lit plus comme autrefois le nom de Prétextât, ni même celui d'ad S. Januarium ou de quelque autre martyr local, mais ad S. Apollinarem, alors qu'on ne connaissait rien de semblable auparavant. LIne charte de 1167 s'exprime en ces termes : extra portam Appiam loco SS. Apollinaris et Antoniani et monlis Albani \ Nonobstant l'oubli où ces lieux étaient tombés, leur accès demeurait possible, aussi Pomponius Lsetus et les académiciens ses confrères s'introduisirent dans la catacombe et y tracèrent leurs noms (voir Dictionn., t. vm, col. 1047) \ Au xvie siècle quelques-uns désignaient encore le cimetière de Prétextât sous le nom de cimitero di Gianuario, mais plus généralement on l'appelait del vicolo '. Ce qui est plus surprenant, et qui suffit à donner une preuve des
1 Ibid., Grégoire III, n. 13. — ' Ibid., Hadrien I", n. 69. — 'De Rossi, Bull, di arch. crist., t. H, p. 133-136. — 4 Galletti, Del primicerio, p. 187. — s De Rossi, Bull, di arch. crist., 1872, p. 57. — • De Rossi, Roma sotterr., t. i, p. 4; G. Lumbroso, Gli accadamici netle catacumbe, dans Archiv. délia Soc. romana di storia patria. 1889, p. 125, 239; Stornajolo. Il Giovanni Battista ed il Pantagato compagni di Pomponio Leto nella visita délie catacombe romane, dans
du cimetière de Prétextât, le premier écrivait que si stende sollo tulle le oigne situate poco lungi dalla chiesa di S. Maria délie Piante delta Domine quo vadis? fmo quasi alla basilica di S. Sebasliano, e Ira le Vie Appia e l'Ardeatina l0; le second précisait moins encore : inter Appiam et Ardeatinam, disait-il u. Marangoni visita plusieurs fois la catacombe, notamment le 20 janvier 1719 et cette date permet de circonscrire l'étendue des galeries alors accessibles du cimetière dont Boldetti12, en 1720, Lupi ls en 1734 et Marangoni11 en 1740 publièrent des inscriptions comme provenant du cimetière de saint Urbain, dénomination courante alors pour désigner le cimetière de Prétextât.
Le 16 juin 1851, le P. Marchi et J.-B. De Rossi annoncèrent la découverte d'un cimitero col nome di S. Sisto Ira la Latina e l' Appia u et donnèrent la description d'un arcosolium où figurait l'épisode de Suzanne mettant en relief la découverte de l'image de saint Sixte a cui gravissimi argumenli eslrinseci avevano già prima intitolato il cimitero, disaient-ils. Leur découverte remontait à 1848. A cette époque, profitant d'une crevasse, les deux amis avaient réussi à s'introduire dans l'étage supérieur de la catacombe alors obstruée et oubliée; ils avaient vu un arcosolium qu'au ive siècle une certaine Gemina avait fait décorer en vue d'y reposer un jour et parmi ces images, dont aucune ne portait le mot SCS, ils avaient pu lire les noms de Pierre, de Paul et de SVSTVS ; un quatrième nom était
Nuovo bull. di arch. crist., 1906, p. 67-76; Zabughin, Giulio Pomponio Leto. Saggio critico, 1909-1910. — ' Severano, Le settechiese, p. 429. — 8 Bosio, Roma sotterr., p. 233. — * Holtenii ad Peirescium epistolae, édit. Boissonnade, p. 496. — 10 Osservazioni sopra i cimiteri dei crisliani, p. 552. — nActaS. Victorini. Appendix, p. 105, 128. — " Osservazioni, p. 87. — " Epitaph. S. Severae, p. 160. — l'Cose gentilesche trasportate, p. 460. — "Civiltà rattolica, 16 giugno 1851.