XVIII. L'ÉPIGRAPHIE A DATE CERTAINE. Le
cimetière que nous venons de parcourir est un des plus riches en marbres chrétiens portant des inscriptions. Au xvme siècle, Boldetti, Marangoni, Lupi en ont fait connaître un certain nombre dont la plupart ont disparu. Après les fouilles fructueuses de 1847- 1852, le P. Marchi et J.-B. De Rossi firent transporter une partie de leurs trouvailles au musée chrétien Pio Lateranense; ce n'est qu'en 1892 que l'on s'avisa de
3 HNOCENSANVQRUMOGTO
ihl C CAW A5Mtfn»NIASAM
10522. — Épitaphe de Livenius.
D'après Riv. di arch. crist., 1935, p. 12, fig. 4.
fixer aux parois de la spelunca magna les inscriptions dispersées dans ces parages. Au xxe siècle, les travaux de déblaiement ont procuré beaucoup de marbres au cours des campagnes de fouilles de 1907-1909, 1920- 1922, 1925-1928, 1931-1932, 1934-1935. On a même, il y a peu d'années, procédé à l'enlèvement de trente inscriptions conservées au Latran pour les restituer au cubicule du couronnement d'épines, aux galeries adjacentes et aux deux escaliers, restitution qui a été rendue possible à l'aide des notes très précises consignées par De Rossi au moment des fouilles. Les originaux enlevés au musée y ont été remplacés par des moulages. Ainsi l'aspect des lieux au moment des découvertes de 1847-1852 a pu être rétabli sur quelques points.
Nous avons donné au cours du travail qui précède un assez bon nombre de formules épigraphiques, ici nous allons nous borner à quelques textes ou symboles dignes d'attention et à quelques inscriptions dalées.
I. Le texte de l'épitaphe de Livenius évoque le souvenir d'un bambin de 8 ans, qui est venu mourir à Rome après avoir suivi ses parents en Gaule et en Bretagne. Il s'agit probablement d'un fils de fonctionnaire ou de militaire et d'ailleurs ce détail vaut une date puisque la Bretagne fut débarrassée de l'occupation romaine; d'ailleurs le texte est orné d'un monogramme dit constantinien 2 (fig. 10522) :
HIC QVIESCIT IN )£ LIIVENIUS
INNOCENS ANVORUM OCTO
hIC GALLIAS bRYTTANIAS ANbULAbIT
On remarquera en outre quelques particularités telles que l'emploi de certaines lettres comme V et H, ensuite l'emploi de la majuscule et de la minuscule H et h pour une même lettre et de la minuscule seulement pour la lettre b.
1 Dôlger, Die Auspeilschiuuj einer Frau auj einer Relie fplatte der Pratextatkatakombe in Rom. Zum Russ-Reeht des heidniselien Poniilex Maximus, dans Antike und Cliristentumkultur-und reliyionstjeschichtliche Studien, 1932, t. m, p. 212-215. Cf. Rivista di archeol. crist., 1932, p. 119-145;
-. Sarcophage de Bassa brisé en une trentaine de fragments qui ont été retrouvés à d'assez grandes distances les unes des autres, on a pu réussir néanmoins à reconstituer le poème épigraphique qui avait commencé par être peint au minium, les deux premiers mots, d'un type plus grand sont encore lisibles : Bassa caret...3 (fig. 10523).