‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 60 sur 477 · EPIS[C0P · texte numérisé non relu

EPIS[C0P

La ligne lre manque et on peut maintenir la correction Aspice proposée par De Rossi à la leçon Aspicis donnée par la sylloge. La ligne 7e corrige par tune Xysto, ainsi que l'ont proposé L. Duchesne et J.-B. De Rossi les leçons lune Christo du ms. de Closterneubourg et te Christo du ms. de Gôttwei. La ligne 8e apporte une variante au texte de ces deux manuscrits cjui se contentaient de ces seuls mots : Felicissimo et Agapito Damasus.

Le poème était gravé sur une dalle de marbre de Carrare dont l 'épaisseur varie entre 0 m. 030 à 0 m. 033. Furius Dionysius Filocalus écrivit d'abord les caractères à la main, ils n'ont pas tous les mêmes dimensions, par exemple dans le mot comités la lettre M est large de 0 m. 075 et clans domos de 0 m. 08; les lignes non plus ne sont pas régulièrement espacées, ainsi entre la lre et la 2e lignes on mesure 0 m. 033, entre la 2e, la 3e et la 4e on mesure 0 m. 037; entre la 4e et la 5e on mesure 0 m. 036; entre la 5e et la 6e, on mesure 0 m. 038.

L'inscription était gravée sur trois dalles, chacune des deux que nous représentons mesure 1 m. 00 de long, la première a 0 m. 56 de haut, la seconde 0 m. 79; il manque la partie supérieure et la partie droite; les dimensions primitives devaient être environ 2 m. 50 à 2 m. 62 en longueur et 0 m. 96 en hauteur. Le texte présente quelques ligatures et abréviations.

Voici la traduction : « Regardez! Ce tombeau garde les célestes membres des saints que ravit tout à coup la cour du ciel. Ces compagnons de sa croix invincible en même temps que ses diacres, partageant le mérite et la foi de leur chef, ont gagné les demeures d'en- Haut et le royaume des élus. Le peuple de Rome est heureux et fier de ce qu'ils ont mérité de triompher avec le Christ, sous la conduite de Sixte. — A Félicissime et à Agapit, aux saints martyrs, Damase, évêque. »

Dans la figure 4322 (voir Dictionn., t. v, col. 1255) nous avons donné la reconstitution de la crypte d'après R. Ka îzler, mais la trouvaille du titre damasien a posé la question de savoir où il se trouvait placé. Cette question a fait reviser la découverte du graffite par

1 E. .losi, dans Riv. di arch. crist., 1927, p. 239-248. - - » Id., ibid., p. 251-254. — 3 Id., ibid., p. 255, fig. 23. — ' O. Marucchi, Sull'iscrizione del papa Ponziano, dans Bulleltino di

Arinellini en 1874 et suggérer un entassement de vérifications dont la plupart ne dépassent pas la valeur de simples conjectures ». Il ne s'agit de rien moins que de retirer à saint Janvier et aux martyrs Félicissime et Agapit les cryptes dont ils sont en possession 2. On ne peut être surpris qu'on hésite à s'engager dans cette voie. Si la lecture du graffite Kefrigeri Januarius... sur le plâtre du loculus creusé au ive siècle dans la paroi de la crypte de saint Janvier et si la présence des fragments de l'inscription damasienne sur le seuil et à proximité de l'entrée de cette même crypte ne sont pas des titres topographiques irrécusables, on pourra se demander s'il y a lieu de déplacer la crypte de Félicissime et Agapit du lieu où nous l'avons située parce qu'on a rencontré, au nord-est de la crypte de saint

pÏA^fM\TVÎÎNOAD

K *J AflVSfl ^ l OS SlMVEfAî^pM

1052O. — Fragment d'inscription.

D'après op. cit., 1927, p. 255, fig. 23.

Janvier, dans un éboulement où on n'a pu pénétrer qu'à grand peine un débris fragmentaire d'une inscription sur laquelle on a lu 3 (fig. 10520) :

III KALENDAS OCTOBRIS PLACVIT CATVLINO AD sANTVS FELICISSIMV ET AGAPIT MOX DEDIV

Rien ne prouve que cette pierre n'a pas été déplacée et enlevée d'un loculus proche de la crypte ou dans la crypte elle-même.

Enfin, il nous reste à mentionner le fragment retrouvé en 1870, qui a pu appartenir au titre primitif (voir Dictionn., t. v, col. 1250, fig. 4318) et sur lequel De Rossi proposait de lire : Urbanus; lui-même y a renoncé après la découverte du graffite en 1874 et a accepté la lecture :

Félicissime S MARTYS Agapitus martys

XV. Un témoin épigraphique. — Une inscription trouvée au cimetière de Prétextât, au mois d'avril 1908 est trop étroitement liée à notre sujet pour ne pas trouver sa place naturelle ici. Il eût été à souhaiter que l'éditeur prît la peine de préciser le lieu de la trouvaille, la nature du monument et ses dimensions. Faute de pouvoir suppléer à ces omissions, nous renvoyons ici à la figure du Dictionn., t. x, col. 2495, fig. 7794. Le texte n'est certainement pas antérieur au ve siècle. Il est probable que cette inscription aura décoré un oratoire bâti à la surface et qu'après avoir été détachée plutôt que brisée, le fragment de gauche fut précipité dans la catacombe par un luminaire. C'est là qu'il fut retrouvé et on pourrait y voir une sorte de catalogue monumental des corps saints conservés au cimetière et faisant l'objet d'un culte 4 . La première ligne fait mention des martyrs, la deuxième énumère les confesseurs. La première lettre forme un monogramme facile à développer; à condition de faire servir deux fois trois lettres, on obtient : marturum. A la deuxième ligne, nous avons une abréviation du mot

archeologia crisliana, 1909, p. 45; H. Kanzler, Relaxions

ufjiciale degli scavi, dans Bulletino di archeologia cristiana, 1909, p. 121, pi. i, n. 2.

PRÉTEXTÂT (CATACOMBE DE

conjessor (voir Diclionn., t. m, col. 2508-2515). Le texte doit donc se lire ainsi :

MARTVRVM-IANVARI-FELiCiSSi/ni-Affqprtf

ET COFF-QVIRINI • MAIO ris

Il n'est pas possible de s'arrêter, ne fût-ce qu'un instant, à la leçon : Quirini maioris imaginée pour éviter une confusion entre le Quirinus de Prétextât et l'autre Quirinus, évêque de Sciscia inhumé ad calacumbas pas avant le ve siècle. D'ailleurs le martyrologe hiéronymien nous fait connaître un Major conjessor, au 10 du mois de mai et peu après une mention du cimetière de Prétextât 1. Il est donc très probable que le Major de notre inscription est celui du 10 mai.

XVI. Fresques. — Nous avons donné la nomenclature des fresques du cimetière de Prétextât (voir Diclionn.. t. v, col. 2613-2614), nous nous contenterons ici de revenir sur une de ces peintures mentionnée au n. 3, dans un cubicule décoré au début du me siècle, sous cette mention trop concise : « Le pasteur défendant son troupeau. » On a en effet, et cette fois seulement, figuré le bon Pasteur autrement que gardant paisiblement son troupeau ou bien rapportant la brebis sur ses épaules. Ici, nous le voyons défendant son troupeau contre le péril qui le menace sous l'aspect de deux animaux : un onagre et un porc, qui ont assez fâcheuse réputation, quoique les fidèles ne se soient pas interdit de prendre ces animaux en guise de prénoms. Mai* dans la fresque de Prétextât, l'explication nous vient du Physiologus (voir ce nom), écrit à Alexandrie avant le milieu du ne siècle et qui est un manuel de symbolisme tiré de l'histoire naturelle. D'après cet ouvrage, l'onagre est la représentation du démon et le porc figure le même esprit malin. Ainsi donc, à la voûte de ce cubicule on a la preuve que, dès le ine -siècle, on chercha à représenter le Christ protégeant ses fidèles contre les puissances de l'enfer. Jusqu'ici cette peinture est la seule des catacombes où l'on se soit inspiré du Physiologus 2 (voir Diclionn., t. xiii, col. 2329, fig. 9890).

Dans la crypte de Celerina, nous avons fait allusion a Suzanne, c'est que dans ce cubicule on trouva une fresque devenue célèbre qui représente une brebis entre deux loups (voir Diclionn., t. I, col. 903, fig. 217).

XVII. Curiosités et souvenirs. — On ne peut s'éloigner du cimetière de Prétextât sans énutnérer des souvenirs qui offriraient un intérêt plus grand si on avait bien voulu situer le lieu où ils furent trouvés, les décrire, les mensurer et les dessiner. A défaut de ces précautions élémentaires la plupart de ces modestes débris restent oublies, sinon dédaignés par les archéologues chrétiens.

Voici une tablette de loculus, trouvée intacte et en place, sur laquelle on a gravé une colombe et, à la suite, un monogramme qui, développé, donne le mot palumba (voir Diclionn., t. xm, col. 964); il est évident qu'ici la colombe symbolise l'âme et rappelle le nom de la défunte 3.

Maintenant dans une galerie obstruée, courte mais large, sur une paroi tapissée de briques alternant avec les moellons du tuf, un grallite tracé en lettres de 0 m. 50 * environ de hauteur [sic], sur la chaux blanche avec un pinceau, et portant ces mots ' :

MVLTA FACIAS IN -f-

Puis c'est un arcosolium à peu près privé de sa décoration quoiqu'on puisse y reconnaître le bon Pasteur,

1 Martyrolog. hieronym., édit. De Rossi-Duchesne, op.

cil., p. 58. — 1 Wilpert, Le pitture délie caXacom.be mm, aie.

pi. i.i; cf. Nuovo bail, tli arcli. crist., 1897, p. 1 12-1 13. —

■il, Kanzler, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1898, p. ."><>.

- 'Ne serait-ce pas plutôt O m. 05? — * H. Kanzler, op.

Jonas, Daniel, et la représentation plus rare du dauphin entortillé sur le trident 6.

Les fouilles de 1872 avaient fait retrouver une niche ménagée dans la muraille et qu'on soupçonne avoir pu contenir la chaire sur laquelle saint Sixte consomma son martyre, ou bien la copie de cette chaire. Par sa forme et d'après ses dimensions, elle a pu renfermer une statue qui aura été l'objet d'un culte puisque, contre cette niche, on en voit une autre plus petite pour recevoir les lampes dont un débris a été retrouvé attaché à la muraille. Le musée de Latran possède un monument d'une haute importance qui n'est bien connu que depuis la publication photographique et qui avait été mal apprécié jusqu'alors ' (voir Diclionn., t. vm, col. 1761, fig. 6913).

Cette plaque de marbre nous présente deux figures gravées au trait en relief plat, occupant les deux

10521. — Monogramme d'Agape.

D'après Wilpert, La cripta dei papi, 1910, p. 38, fig. 21.

côtés de la plaque qui mesure 0 m. 90x0 m. 47; la partie centrale qui est vide de tout sujet ou toute inscription, a été restaurée avec une couche de plâtre. A gauche, un personnage vêtu de la tunique et du pallium; assis sur une cathedra sans appuis ni dossier mais pourvue du scabellum, il est visiblement occupé à enseigner. En face de lui, un autre personnage, vêtu de la même façon, et qui offre avec le précédent une certaine ressemblance par la coitîure et la barbe, de sorte qu'on pourrait y voir un même individu en deux attitudes qui se ramènent à sa fonction car celui-ci aussi enseigne. La pose est encore toute classique et rappelle le Sophocle du Latran. L'homme est debout, ayant déroulé le volumen qu'il tient devant lui et qu'il lit ou commente.

Le monument appartient au ni* siècle et on a peine à ne pas y voir un souvenir du drame qui s'accomplit près de notre calacombe lorsque le pape Sixte II fut surpris dans le cimetière de Calliste au cours d'une cérémonie liturgique et mis à mort sur sa chaire épiscopale. Cette plaque a pu servir de mémorial et être fixée proche de la niche où on conservait et exposait à la dévotion des pèlerins la chaise originale ou la copie de ce meuble précieux. Du texte il ne subsiste mal heureusement aucune trace.

On rattachera à ce précieux monument une autre pierre, simple fragment ayant la même provenance sur lequel on voit une chaire vide, dessinée en quelques traits (voir Diclionn., t. m, col. 68, fig. 2414). Une fois de plus on devine l'allusion à ce souvenir et, d'après les usages des fidèles, on ne serait pas éloigné de croire que certaines lampes en terre cuite que nous avons données déjà (voir Diclionn., t. VIII, col. 1189, fig. 6698 et (1700) et sur lesquelles on voit un docteur assis sur la chaire et enseignant, puissent être en rapport avec notre catacombe. Ces deux lampes ont été trouvées à Carthage, il est vrai, mais Dieu sait si ces petits objets

cit., 1S'.»S, p. 56. — • Id., IMd., 1898, p. 56. — ' Notamment par ,1. Ficker, lhc altchrlstlichen Bildwerke un chrisUichen Muséum dis Lalerans, in-8°, Leipzig, 1890, p. 175, n. 226; o. Marucchi, 1 monwn. del museo l'io Lateranense, pi. xxxix, n. 7.

PRÉTEXTÂT (CATACOMBE DE

faisaient de longs voyages parfois, dans la poche ou dans la valise d'un pèlerin.

Après avoir rappelé un monogramme du nom d'Agape (flg. 10521), nous dirons que nous nous en tenons à l'explication proposée par F.-I. Dôlger au sujet d'un marbre de notre catacombe où on avait pensé voir le supplice d'une chrétienne devant des magistrats païens, c'est, croyons-nous, l'exécution d'une sentence judiciaire prononcée par le Ponlijex maximus païen contre une vestale '.

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