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(fig. 10461). C'est le moine Jacob, placé au centre de ses confrères qui porte le titre de portier, il tenait cependant un livre en main et le scribe Papa avec le frère Kiré ont chacun deux clefs. Toute la partie supérieure de la peinture a péri. Le plâtre était moisi et s'est détaché très peu de temps après la découverte4.
H. Leclercq.
PORTO. — I. La ville. IL Les martyrs. III. La communauté chrétienne. IV. L'hôpital de Pammachius. V. Saint Hippolyte. VI. Liste épiscopale. VIL Ustensiles chrétiens. VIII. Sarcophages. IX. Ciborium. X. Fragments architectoniques. XL Épigraphie. XII. Cimetière juif. XIII. Juifs et chrétiens.
I. La ville. — Située sur la rive droite du Tibre, Porto ne fut d'abord que le port d'Ostie et forma
1 Revue du Lyonnais, t. xm. — * Dictionn., au mot Portier. — » Origines, 1920, p. 366, note. — « J. Clédat, Le monastère de Baouït, 1904, p. 80, pi. L, n. 2. — 5 Ughelli, Italia sacra, 1. 1, p. 116. — • Corp. inscr. lat., t. xiv, n. 1942. archeol. crist., 1866, p. 45
comme une banlieue de cette ville; dans la suite ce fut le port de Rome et une ville distincte reliée à Rome par la voie dite de Porto (via Portuensis) (voir Die* tionn., t. xn, au nom Ostie).
IL Les martyrs. — Dans l'hiéronymien on trouve la mention de Porto au 24 février et au 2 mars pour un personnage appelé tantôt Primilivus, tantôt Primiliva auquel est associé un Paulus qui paraît être l'apôtre saint Paul à qui était dédiée la basilique constantinienne d'Ostie; on ne connaît aucun personnage du nom de Paul appartenant en propre à Porto. Quant à Primilivus, il a des homonymes à Tivoli, à Gabies, mais celui de Porto est peut-être l'un ou l'autre.
Le Férial romain du ive siècle mentionne au 5 septembre : Aconti, in Porto, et Nonni et Herculani et Taurini, qu'on retrouve le même jour dans le martyrologe hiéronymien avec un choix de variantes; enfin ce même martyrologe fait mention les 20, 21 et 22 de saint Hippolyte : Et in Porto urbis Romœ natale sancti Ippolili qui dicitur Nonnus cum sociis eorum. Entre Ostie et Porto existait une église dédiée à saint Hippolyte détruite par les Vandales, en 455, et reconstruite depuis. En 1018, on voyait à Porto une église dédiée à ce même saint et désignée sous le nom d'episcopium *. Le martyr Acontius avait aussi une église à Porto, mentionnée dans un texte du xe siècle. Quant à Taurinus et Herculanus on les rencontre ensemble avec le titre de martyrs sur l'inscription d'un sarcophage de Porto : ...SANCTIS MARTYRIBVS ('AVRINO ET HERCVLANo6.
Enfin le martyrologe hiéronymien inscrit à Porto le 24 mai un saint Vincent et, le 18 octobre, une sainte Agnès, vierge et martyre.
Comme il existe un fond de coupe doré sur lequel on rapproche les images de Vincentius, Agnès et Poilus, on a pu se demander s'il n'aurait pas été fabriqué soit à Porto, soit pour satisfaire la dévotion locale, mais d'autres ont soutenu qu'on se trouvait ici devant saint Vincent de Saragosse et des saints romains Agnès et Hippolyte, c'est une conjecture, rien de plus.
Une fois encore, le martyrologe hiéronymien nous conduit à Porto le 15 juillet. Le ms. de Berne s'exprime ainsi : In Portu Komano, hoc est in hiscla ( = insula) natale sanctorum Eulropi, Zosemœ et Bonosœ; le ms. de Wolfenbuttel ajoute : sororum, de même que celui d'Epternach. Or, nous retrouvons les noms de ces trois martyrs sur une inscription du ive-ve siècle 8 :
SANCTIS [5 MARTYRIBVS ET BEATIss/m/s EVTROPIO-BONOSAEET ZOSIMae DONATVS EPISCTVMu/VM WOrnavit SED ET BASILICAMCONlunCTAM tumulo 5 A FVNDAMENTIS-SANCTAEp/eBI Dei conslruxil.
Une autre inscription métrique trouvée à Porto et plus ancienne que la précédente mentionne encore une martyre7 : ...ZOSIME SANCTA SOROR... qui est une des trois martyres nommées; mais il n'y a rien à attendre pour l'histoire d'une Passio Bonosœ, décapitée, en 207, sous Septime Sévère, le 15 juillet8; on peut toutefois noter utilement que la notice du pape Hadrien Ier au Liber pontiftealis (772-795) mentionne l'existence d'un monasterium beati Laurentii positum in insula Porlus Romani, on y vénérait les corps d'Eutropius, Zosima et Bonosa, qui furent transférés de là à Chiaravalle9. On lira plus loin l'inscription de Zosima10.
On trouve dans le Férial romain du ive siècle, au 13 décembre, un Ariston in Pontum qu'il faut corriger en in Portu, et qui est peut-être le même qu'on trouve
— 'Corp. inscr. lat., t. xiv, n. 1937. — ■ Ibid., n. 1938. — 9 Bibl. hagiogr. M., n. 1425-1426. — l0 Liber pontipcalis, édit. Duchesne, t. i, p. 502, 518, n. 57; De Rossi, Bull, di
PORTO
mentionné dans le martyrologe hiéronymien au 22 décembre : Et in Porlu Romano natale sancti Aristomi, sur le compte duquel les histoires anciennes de Porto ne nous apprennent rien. Mais les Gesta Sebastiani, compilation romaine tardive, mettent en scène un certain Ariston, ami des saints Marc et Marcellien, martyrs de Rome, qui est probablement l'homonyme de Porto. On peut relever comme un indice du culte d'un saint Ariston à Porto et à Ostie, la présence d'un évêque d'Ostie, en 501-502, qui s'appelait Arislus ou Ariston.
Dans le martyrologe hiéronymien, au 15 mai, on lit : Mediolani in Porta Romano où il faut introduire cette correction : Mediolani, in Porta Romana. Felicis Vieloris, d'ailleurs Félix et Victor sont deux martyrs milanais bien connus. Enfin, il n'y a pas à retenir V Hyacintus porté au 26 juillet à Porto par le martyrologe d'Adon.
Porto a donc eu probablement sept martyrs : Eutrope, Zosime, Bonose, Aconce, Herculan, Taurin et Ariston.
III. La communauté chrétienne. — Il n'est pas possible qu'il y ait eu ce nombre de martyrs sans que Porto ait possédé une communauté assez nombreuse, bien qu'il soit difficile de la distinguer de celle d'Ostie. L'épigraphie d'Ostie (voir Dictionn., t. xm, col. 42-53) nous apprend peu de chose sur son compte. J.-B. De Rossi a cru que, à raison du port, cette communauté était plus nombreuse à Porto qu'à Ostie1.
IV. L'hôpital de Pammachius. — En 398, Pammachius, l'ami de saint Jérôme fonda un hôpital destiné aux malades qui débarquaient à Porto 2; nous en avons parlé déjà (voir Dictionn., t. vi, col. 2765, fig. 5755).
V. Saint Hippolyte. — (Voir Dictionn., t. vi, à ce nom, col. 2440-2447).
VI. Liste épiscopale. — 1. Gregorius (314) episcopus de loco qui est in porta Romœ (Mansi, Conc. ampliss. coll., t. il, col. 477).
Romanus? 370? Quoique Cristofori (i, 9), Ughelli (i, 110), Cappelletti (i, 495) et Gams l'assoient sur le siège de Porto, ils n'en donnent aucune preuve et Piazza s le passe sous silence.
2. Donalus. Au ive-ve siècle. Inconnu autrement que pour avoir construit la basilique et le tombeau des martyrs dont l'inscription a été transcrite ci-dessus 4.
3. Anonyme. Au ive-ve siècle. D'après un fragment de marbre, VS EPISCOPV 5..., il aurait fait construire peut-être dans l'atrium d'une basilique une fontaine dont l'emplacement portait une inscription ainsi conçue * :
ATRIVM CVM QVADRIPORTICVM SED ET CO- LVMNAS CVM. . .[...]VS EPISCOPV ... OPIT .. . et cette sentence [qu]\SQ[ue] SITIT VENIAT CVPIENS (AjAVRIRE FLVENTA.
4. Pelrus. 465. Un fragment d'inscription trouvé dans l'église de Saint-Jean-Calybite, à Rome, se raporte à la basilique de Saint-Hippolyte de Porto, détruite par les Vandales, en 455, et reconstruite par l'évêque Pierre ' :
[+VANDALICA RABjies hanc assit martyris aulam [QVAM PETRVS- h]ntistes cultu meliore novata
5. Glyccrius. On lit dans Jordanès : Glycerius apud Ravennam plus preesumplione quam electione Csesar efjcctus (ann. 473) quem anno vix expleto (474) Nepos Marcellini quondam patricii sororis ftlio a regno dei-
1 De Rossi, Bull, di arch. crist., 1866, p. 37-51, 63; 1868, p. 33, 76; 1869, p. 1, 16; 1871, n. 33-43, 81 sq.; 1872, p. 1, 48. — • De Rossi, op. cit., 1866, p. 99-103; H. Grisar, Hist. île Rome et des papes, t. i, p. 42-44. — s Piazza, La gerarchia cardinalizia. Huma, 1703, p. 110. — ' Corp. inscr. lai., t. xiv, n. 1937. — s 76id.,t.xiv: n. 1941. — • JbUI., t. xiv, n. 1912.
ciens in Portti Romano episcopum ordinavit 8. La Chronique du comte Marcellin 9 ajoute : et obiit, ce qui paraît vouloir dire que l'évêque Glycerius mourut sur ce siège; mais Jordanès nous apprend que Nepus imperator détrôné en 475 par Oreste, fugit Dalmalias ibique dejecil (en 480) privatus a regno, ubi jam Glycerius dudum imperator episcopatum Salonilanum habebat. Il semble donc que Glycerius fut d'abord forcé par Népos d'accepter le siège épiscopal de Porto et il ne le conserva que peu de temps, de là il fut embarqué et conduit à Salone où il fut intronisé.