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Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie

ENCAUSTIQUE. En ce qui concerne l'encaustique dans l'art chrétien, le sujet est vite épuisé. L'hérétique Hermogène peignait à l'encaustique et Tertullien ' le déclare « deux fois faussaire : par le caulerium et par le style. » Émeric David, qui ne se piquait pas d'exactitude, avance qu'une partie des peintures des catacombes fut exécutée à l'encaustique ^ et cette assertion a eu du moins l'utilité de provoquer un démenti formel. J.-B. De Rossi a affirmé ne connaître aucune peinture à l'encaustique dans lés cimetières chrétiens; la technique est celle de la fresque, terminée parfois par la détrempe ^ Afin d'éviter les malentendus, il est utile d'écarter le soi-disant portrait de la Vierge Marie à l'encaustique par un prétendu saint Luc et que mentionnent une Vie anonyme de cet évangéliste ainsi que Théophane, cités par Du Gange *. C'est pure légende '.

Eusèbe décrit un grand tableau à l'encaustique représentant Constantin qui précipite dans les flots de la mer un dragon, symbole de la ruine des ennemis de l'Église '. Le moine Épiphane mentionne à Sinope, dans le Pont, une peinture à la cire exécutée sur marbre et représentant saint André '.

Un curieux passage de saint Jean Chrysostome parle des portraits peints à l'encaustique (zr-'i/oTo: -•oï-',) et d'autres témoignages postérieurs attestent que cette technique, employée en Égjpte pour la représentation des figures, était en vogue à Byzance, au W siècle, et plus tard encore, pour les peintures sacrées. Le musée de Kief possède des icônes, provenant du Sinaï et datant vraisemblablement du W siècle; l'une d'elles représente deux bustes de saints, où l'on a cru reconnaître à tort Constantin et sainte Hélène, et l'autre,

' Tertullien, Adv. Hermogencn, P. L., t. il, col. 221 ; Caylus, Mémoiresurlapeiniureàl'enciiuslique,m-S',Genève,l'î65. — ' Émeric David, Histoire de la peinture au moyen âge, in-12, Paris, 1S63, p. 97. — ' H. Gros et Ch. Henry, L'encaustique et les autres procédés de peinture chez les anciens. Historique et technique, in-S", Paris, 1S84, p. 59, note 6. — 'Du Gange, Glossarium mediœ et infunœ grœcitatis, In-fol., Lugduni, 10S8, col. 648. — ' D. M. Manni, Dell'errore chi persiste di aliribuirsilepitturealsanloevangclista.Lezione,m-4'',FiTenze, 1766; le même, Del vero pittore Luca santo e del tempo del siio fiorire. Lezionc, in-4'', Firenze, 1764; A. Milochau, La Vierge de saint Luc à Sainte-Marie-Majeure, in-S", Paris, 1862;Berthier, La Vierge achiropite des saints Domenico e DicT. d'arch. curét.

l'effigie des saints Serge et Bacchus que domine le médaillon du Christ (fig. 4062).

Le Fayoum a possédé une école florissante de peintres à l'encaustique dont les œuvres se distinguent par une intense observation des caractères et des particularités du visage. A en juger parce qui nous en reste, il ne semble pas que cette école de peinture naturaliste se soit essayée à d'autres ou\Tages que le portrait, en sorte que leur art appelle un rapprochement avec celui desmosaïstes deThabraka; c'estde l'art industriel et il est possible que beaucoup des portraits peints sur une mince planchette aient simplement été destinés à la confectiond'une momiequelconque.Demèmequ'un grand nombre de gens se précautionnaient de se faire bâtir ou creuser une tombe, ils faisaient rédiger et graver leur épitaphe en laissant vacante la date de la mort, mais les survivants négligèrent de remplir cette indication. Dans le Fayoum, où la mode voulait qu'on recouvrît le visage du mort d'un masque ou d'un portrait fait d'après lui-même en son vivant, il a dû y avoir des « laissés pour compte »; des ateliers, pour une raison ou une autre, ont gardé les portraits, ils font aujourd'hui l'ornement des musées '.

H. LECLERCy.

ENCENS. — 1. Etymologie. Définition. Lieu d'origine. IL L'encens dans les religions non chrétiennes et dans le culte juif. IIL L'encens dans le culte clirétien primitif. IV. L'encens dans les rites funéraires. V. L'encens dans la Uturgie en Orient. VI. L'encens dans la hlurgie en Occident. VII. Emplois extra-liturgiques de l'encens.

I. Etymologie. Définition. Lieu d'origine. — Encens vient de deux mots hébreux, lebônàh et ketô- Sisto, à Rome, dans Revue de l'art chrétien, 1894, p. 483-494 ; 1895, p. 42-57 ; La madone de saint Luc, notice et explication symbolique, in-16, Paris, 1861; H. -J. Bolton, The madona 0/ St. Luke. The story o/ a portrait, in-16, London, 1895; Les madones de saint Luc, dans Revue de l'art chrétien, 1878, t. vm, p. 241-244; enfin une Relacion (en vers). El medico pictur San Lucas, 10-4°, Valencia, 1760. — ' Voir Dictionn., t. ni, col. 2644. — ' Epiphanii monachi édita et inedita, édit. Dressel, Lipsise, 1843, p. 47. — • Voir Dictionn., au mot Egypte. G1. E. Gayet, Les chrétiens d'Antinoé (momies ornées de portraits du défunt du ir au iv" siècle), dans Transactions for the tliird international Congress for Uie history o/ refiaions, Oxford, 1908, t. H, p. 301-303.

ENCENS

reth, de sens différents, mais dont le second devint ensuite presque synonyme du premier. Les Septante traduisent lebônàh par Xîpavoç et Xipavcoxôç, la Vulgate par thus ', le latin du moyen âge par oUbaniun. Les Septante traduisent kelôrelh généralement par 6u(JLia(jLa ou 9u[/.iâtiaTa, la Vulgate par thymiama, incensum, et à tort par thus.

L'encens est une gomme-résine obtenue par incision du tronc de divers arbres de la région subtropicale. Il répand une odeur balsamique lorsqu'on le brûle. Les arbres qui fournissent l'encens sont du genre Boswellia, de la famille des Térébinthacées-Burséracées. Cette résine est le vrai encens, mais dès l'antiquité on l'a mélangée à d'autres ingrédients, bois, feuilles, fleurs, etc.

D'après l'Écriture, c'est d'Orient, du pa>s de Saba.

et d'assurer ainsi aux morts l'immortalité. Puis, quand les morts furent déifiés, l'olïrande de l'encens devint un acte d'hommage dont la fumée, agréable aux dieux, emportait aux cieux l'àme des morts et les prières des vivants '.

1" L'encens en Egypte. — Probablement la plus ancienne référence à l'emploi de l'encens dans le culte religieux se trouve dans l'inscription de Sancbkara, un roi de la XI« dynastie (vers 2500 avant J.-C), qui envoya une expédition dans le pays de Puni pour en rapporter de l'encens.

Les Égjptiens offraient l'encens seul ou avec d'autres otirandes. a) Seul : la composition de l'encens était minutieusement fixée. Chaque ingrédient avait sa propriété magique. On l'offrait à tous les dieux, souvent en quantilé considérable. Ramscs II aurait

4062. — Icônes des saints Serge et Bacclius. D'après Ch. Diehl, Manuel d'ixrl byzantin, p. 213, fig

que venait l'encens =. Le pays de Saba et l'Hadraniant (littoral du golfe Arabique) étaient renommés dans l'antiquité comme le pays de l'encens '. Cependant si les Sabéens monopolisaient la vente de l'encens, leur pays était loin de suffire à la production de la quantité requise. Le vrai pays d'origine est le pays des Somalis '.

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