San Pedro de Nave (Zamora). — Voir plus bas
22. Camarzana de Tera (Zamora). — Plan, pavement de mosaïque, modifications considérables subies dans la suite.
23. Jativa, cathédrale (Valencia). — Des fouilles dans l'église San Félix ont amené la découverte de murs formant un quadrilatère de 7 mètres sur 5 m. 80; un pavement de 0 m. 15 d'épaisseur '.
11 reste des vestiges d'architecture carolingienne
' V. lamperez, op. cil., 1. 1, p. 142-113.
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comme le chancel sculpté de Santianes de Pravia (Oviedo), les chapiteaux de Cristo de la Luz et de San Sébastian à Tolède; quelques églises ont gardé jusqu'au xji« siècle l'aspect d'édifices carolingiens. San Miguel de Naranjo, petit édifice en croix équilalérale. dont l'allure générale rappelle Germigny-les-Prés, pourrait réellement être très ancien, et l'on cite à tort ou à raison, comme œu\Tes des ix" et x' siècles, San Miguel de Linio, San Maria de Lebena, San Pedro de Nane, San Miguel de Tarrasa. Cette dernière a
provinciale d'Espagne, dixième du règne de son père Chindasvinthe, troisième de son propre règne. PRECVRSOR DNI MARTIR BABTISTA lOHANNES POSSIDE CONSTRVCTAM IN ETERNO MVNERE SEDEM QVAM DEVOTVS ECO REX RECCESVINTVS AMATOR NOMINIS IPSE TVI PROPRIO DE lURE DICAVI TERTIO POST DECM RECNI COMES INCLITVS ANNO SEXCENTVM DECIES ERA NONACESIMA NOVEM
Priecursor Domini. martyr, Baplisla Johannes, pos-
— Net ut abside df l'église de San Juan de Biinos, vues de l'inlérieiir. D'après Lamperez y Romea, op. cit., t. i, p. 1 IS, ns. .'>".
tous les caractères du xn« siècle; quant à Santa Maria de Naranjo et à San Cristina de Lena près d'Oviedo, remarquables par leur plan et par leur curieuse ornementation stylisée et traitée en méplat, fort analogue aussi à celle de Germigny-les-Prés, il faut les attribuer à l'époque romane '.
1. .San Jaan de Bat'ios. — • Voir Didionn., t. n, col. 191-198, fig. 12Ô1-1255. En GGl ' fut dédiée cette basilique au martyr Jcan-Bapllste, précurseur du Sauveur, en témoignage élernel de la dévotion du roi Reccsvinthe, qui l'a construite et dotée à ses dépens, sur son territoire, l'an 699 do l'ère
• C. Enlart, L'architecture clirélicnne en Occident, dans A. Michel, Histoire de l'art. VM)h, t. i, p. 122.
side constnicliim in a:terno niuiiere sedein, qiiam del'otus ego rex Reccesvinthus, amalor nominis ipse lui, proprio de jure dieavi, tertio post decimiim regni cornes inclytus anno sexcies centum eni nunagesima novem.
Le plan actuel modifie gravement le plan primitif. Celui-ci n'était pas un plan basilical, i"! abside carrée, mais un plan crucial à trois absides. IJes deux absides latérales on a conservé les fondations, qui. ainsi qu'on peut le voir sur la reconstitution, étaient séparées. Il en fut ainsi jusqu'au xV siècle. Celte petite église comportait un baptistère, dont on a retrouvé un des tuyaux d'adduction de l'eau situé dans l'abside de gauche.
Sur l'entrée so trouvait peut-être une inscription à laquelle aurait appartenu un fragment retrouvé tout
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auprès et tracé en caractères semblables à ceux du titre dédicatoire; on y lisait ces mots :
IN NOMINE DOnT N\ ÏHElxpï'l
Nous donnons ici le plan de l'église actuelle, comparé à celui qu'ont fait connaître les fouilles de 1898, et le plan restauré (fig. 4171); une vue générale de l'édifice (fig. 4172); une vue de l'abside (flg. 4173); la nef et l'abside vues de l'intérieur (fig. 4174); la nef latérale (fig. 4175).
J. Agapito y Revilla, La basilica uisigoda de San
visigoda, dans Hisloria gênerai de Espana, in-S», Madrid, 1897, t. ii, p. 43-03 : Apendices al reinado de Recesvinto. 1° El lemplo de San Juan Bautista en Eanos. — F. Fita y Colomé, Inscripciones visigodas y suevicas de Duenas, Barws de Cerralo, Vairaon, Banos de Baude y San Pedro de Rocas, dans Boletin de la Real Academia de la hisloria, 1902, t. xli. — A. Marignan, Les premières églises chrétiennes en Espagne, dans Le moyen âge, 1902, 2' série, t. vi, p. 69-97. - V. Lamperez, Hisloria de la arquileclura cristiana espanola en la edad média segun el esludio de los elemenlos y los
4175, — N'ef latérale de San Juan de Bancs. D'après Lamperez y Romea.op. ci(., t. i, p. 148, fig. 58.
Baulista en Banos de Cerralo, in-S", Valladolid, 1902. — Amador de los Rios, Los monumentos arquiteclônicos de Espana publicados a expensas del Eslado, in-fol., Madrid, t. i. - - Juan de Dios de la Rada y Delgado, Basilica de San Juan Baulista fundada por Recesvinto, que se conserva en la villa de Bafios de Cerralo 6 de Rio Pisuerga. provincia de Palencia, dans Musco espanol de antiguedades, in-fol., Madrid, 1873, t. I, p. 561-572. — Informe de la Comisiôn de monumentos de Palencia, 1896. — J. de la Rada y Delgado et J. Catalina y Garcia, Informe para la dcclaracion de Monumento nacional, 1897. — Aur. Fern. Guerra y Orbe, Hisloria de Espana, desde la invasion de los pueblos germanicos hasta la ruina de la monarquia
DICT. d'aRCH. CHRÉT
monumentos, in-4", Madrid, 1908, t. I, p. 23, fig. 1"; p. 119, fig. 32; p. 145-149, fig. 53-58. — Inoccncio Redondo, Iglesias primitivas de Asturias. in-8", Oviedo. 1904. — J. Puig, A. de Falguera, J. Goday, L'arquilectura romanica a Catalunya, in-8'', Barcelona, 1909, t. I, p. 360, fig. 410, 411. — T. Rodriguez, Basilica de San Juan de Bai'ws de Cerrato (Palencia). dans Atli del II congresso internazionale di archcologia cristiana, in-S», Ronia, 1902, p. 283-289. — Simon y Nieto, Brève noticia de la basilica visigoda de San Juan Baulista in Banos (Palencia), dans même recueil, p. 277-283.
2 .San Rumân de Hornija. ■ — Détruite au xvin' siècle ; il subsiste des débris dans la construction moderne
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et cette inscription disparue, probablement détruite ; HIC SVNT RELIQVIAE NVMERO SAN CTORVM SANCTI ROMANI MONA CHI SANCTI MARTINI EPiSCOPI SAN CTAE MARINAE ViRGINIS SANCTI PE 5 TRI APOSTOLI SANCTI lOANNIS BA PTISTAE SANCTI ACISCLI ET ALIO RVM NVMERO SANCTORVM Le monastère de San Roniân de Hornija aurait été fondé en 646 par saint Fructueux avec le concours du roi Chindaswinthe.
3. Ségobrige ou Cabeza del Griego. — Ces ruines sont mentionnées dès le xvi« siècle par Ambrosio de Morales, dans sa Crônica; mais personne n'y fit attention et. en 17G0, des gens de Sselices les découvrirent! On fit quelque chose qui porta le nom de fouilles sous
t^înm-
q^ApA
4176. — l'ian de la basilique de Ségobrige.
D'après Lainperez y Romea, op. cit., 1. 1, p. 151,
flg. 60 et 61.
le patronage de l'Académie et la direction de José Cornide, qui en fit l'objet d'une publication en 1793. Puis nouvel oubli; l'évêquc de Cuença (1858-1874) se chargeait de l'entretenir sous prétexte d'y porter remède, si bien qu'en 1889. le P. Fita et J. la Rada y Delgado trouvèrent des moellons au ras du sol; les lombes des évoques wisigolhs vues jadis par Cornide avaient disparu; en 1905. la ruine était irrémédiable.
11 y avait là une basiliciue à trois nefs, en forme de tdu, terminée par une abside formant le fer à cheval. Les trois nefs étaient divisées par deux rangées de piliers (fig. 4176); nous avons le plan de Cornide, qui reste le document le plus clair. Ce fut Cornide qui signala les tombes d'évêques. Nous avons déjà signalé celles de Sofrone et de Nigrinus (voir col .442).
,1. A. Fernandcz, Noticia de Cabeza del Griego, ms., 1790. — Fr. X. de Santiago Palomares, Dibujus de las antiguedadcs de Cabeza del Griego, ms. — J. Cornide, Antiguedades de Cabeza de Griego, dans Memorias de la real Academia de la bisloria, 1799, t. iii, p. 177 sq. - J.-C. de Moya, Excavaciunes de Cabeza del Griego. 1792, ms. — J. de la Rada y Delgado et l-'. Fita, Exeursiones arqueolôgicas à las ruinas de Cabeza de Griego, dans Boletin, 1889, t. xv. — J. Allendc Salazar, Excursion a Cuenea y Uclès. dans
Boletin de la Soc. espanola de exeursiones. 1905. — ^■. Lamperez, op. cit., t. i, p. 150-152, fig. 59, 60.
4. Santa Comba de Baude. — Peut-être y a-t-il quelque vanité locale dans la réclamation présentée en faveur d'un style suévo-galicien, antérieur au style wisigothique; mais ce mot de style, appliqué à ces magots informes de construction, est lui-même impropre. Après la conversion du roi Mir, des églises ont dû être élevées, entre autres San Martin de Orense, que Grégoire de Tours qualifie d'œuvre merveilleuse, et la basilique de Lugo. que visita Alphonse le Chaste, en 832.
La petite égHse de Santa Comba de Baude est-elle un vestige de ce temps? Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'elle est construite sur plan crucial, orientée exactement et pourvue d'une abside rectangulaire. La construction est en pierres d'assez grand appareil, posées par lits réguliers. L'arc en 1er à cheval de l'abside est porté par quatre colonnes de marbre tirées des thermes romains de Baude.
Quelle que soit l'époque à laquelle cet te chapelle a été élevée, l'influence byzantine y semble prépondérante.
A. Vasquez Nuiiez, La arquitectura eristiana en la provincia de Orense durante et période mediœval, in-S", Orense, 1894. — A. Lopez Ferreiro, Historia de la santa Iglesia de Santiago, in-S", Santiago, 1898. — M. Sales y Ferré, La iglesia de Baude. dans Boletin de la Comisiôn provincial de monumentos de Orense, num. 14. — J. Villaamil y Castro, Iglesias gallegas, in-8'', Madrid, 1904.^ — V.Lamperez, op. cil. ,l.i,p. 153- 156, fig. 62-65.
5. San Pedro de Nave. — Cette égUse était généralement tenue pour une construction mozarabe du x= siècle; une étude récente a prétendu la t-aire remonter à l'époque wisigothique. Le plan est un rectangle additionné d'une abside carrée, par-dessus lequel on semble avoir posé un plan crucial, ce qui donne à l'église, sur trois côtés, un appendice ayant l'aspect d'une abside. Ni ce plan, ni l'étude de la construction et des sculptures ne permettent, croyonsnous, de soutenir l'attribution wisigothique.
Monumentos arquilectonicos de Espaùa, planches. — J. M. Quadrado. Valladolid. Pulencia. y Zamora. dans Espana, sus monumentos y sus artcs. Su naturaleza e historia, Barcelone, 1885. — E. Serrano Fatigati. Relieves de los capileles, dans Boletin de la Sociedad espanola de exeursiones, 1900. — M. Gomez Moreno, San Pedro de Nave, iglesia visigoda, dans Boletin de la Sociedad Castellana de exeursiones, mai 1906. — V. Lamperez, op. cit., p. 157-161, fig. 66-69.
6. San Miguel de Tarrasa. — C'est une construction du XII» siècle.
J. Riafio, Informe para la declaraciàn de Monumento nacional de San Miguel de Tarrasa, dans Boletin de la real Academia de bellas artes de San Fernando, 1896. — F. Torrcs Amat, Egara (Tarrasa) y su monasterio de San Bufo, dans Boletin de la real Academia de la historia, 1898, t. xxin. — J. Puig y Cadafalch, Las Iglesias de Tarrasia, dans Arquitectura y construcciàn, Barcelona, 1900; Historia général del arte : Arquitectura, Barcelone, 1901, t. n, p. 639; L'arquitectura romanica a Catalunya, 1909, t. i, i). 311-340, fig. 351-383, frontispice. — V. Lamperez, Notas sobre algunos monumentos de la arquitectura eristiana espal'wla, Madrid, 1901; Historia de la arquitectura, t. i, p. 162-164, fig. 70-74.
7. Crypte de Palencia. ■ — Sous le chœur de la cathédrale se trouve une crypte appelée comnmnénicnt cucva de San Antolin. C'est un long couloir d'environ vingt-cinq à trente mètres, qui se compose d'une nef de 6 mètres environ de largeur, souteiuie par trois arcs et terminée par une abside circulaire ouverte dans son milieu et donnant accès à un corridor de dix mètres de largeur. C'est un travail d'époque
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W'isigothique et de technique byzantine, du vn" siècle environ (flg. 4177).
J. Agapito y Revilla, La cripla de la catedral de Pakncia, dans Boletin de la Sociedad Castcllana de excursiones. octobre 1905. — F. Simon y Nieto. Dos iglesids sublcrrûneas, dans Boletin de la Sociedad espanola de excursiones, avril 1906. — V. Lamperez,
tracé dans le sol de ce que furent ces monastères, c'est assurément ce qu'on en peut dire de plus élogieux. XI. ÉpiGBAPHiE. ■ — Les marbres écrits paraissent en Espagne bien longtemps après que les documents historiques y signalent la présence des fidèles. On n'y rencontre aucune inscription contemporaine des évoques Basilide et Martial, pas même du concile
4177. — Plan et coupe de la crypte de Palencla. D'après Lamperez y Roraea, op. cit., t. i, p. 166, fig.
Ilistoria de la arqiiitcctura, t. i, p. 165-1G7, fig. 75-77.
8. Chapelle de Burguillos. — Il ne subsiste que les fondations, découvertes en 1898. L'ensemble est des plus simples : ce sont trois rectangles, dont l'un, le principal, qui aura dû servir pour le culte, compte 1 1 mètres sur 8 m. 50. Un vestibule ou atrium servait (le baptistère et on y a rencontré une cuve à quatre lobes. Le pavement, en carreaux de terre cuite qui portent des caractères sans suite. Une croix de cuivre a été trouvée portant cette inscription : « Offerte par Etienne à l'église de Sainte-Croix de Zanises. » Un enclos attenant à la chapelle renfermait un cimetière (fig. 4178).
.M. Ranion Martinez, Basilica delsiglo vu en Burguillos. dans Boletin de la real Academia de la historia, 1898, t. xxn. — V. Lamperez, op. c;7., 1. 1, p. 170-171, fig. 79.
9. Monastères. — Dès le vi« siècle et même plus tôt, l'Espagne a compté des monastères. A la fin du iv" siècle, l'abbesse Etheria, en Galice, avait groupé autour d'elle un certain nombre de nonnes. Au vi= siècle, le concile de Tarragone (516) interdit aux moines de sortir de leurs monastères. Des chroniques plus ou moins sûres nous font connaître les monastères : El .\sanio (Huesca), fondé en 506 par saint Victorien; El Servistano (Valencia), par Donat en 550; Biclar, fondé par l'abbé Jean sous le règne de Léovigilde. .\près la conversion de Reccarède, les monastères se nnilliplicnt, ce sont : El AgUense, a Tolède;la Santas Masas, à Saragosse;El Paonense, à Cadix; San Roman de Hornija (Toro); Samos, en Galicie. De ceux-ci et de beaucoup d'autres, il reste un nom ou moins encore. Au reste, il ne faudrait pas s'imaginer ces monastères wisigoths ou suèves bien différents de ce qu'étaient, vers la même époque, les monastères mérovingiens, c'est-à-dire des abris destinés à ne durer qu'un temps. Pas plus en Espagne qu'en Gaule et en Italie, les moines n'avaient encore été piqués de l'idée d'abriter leur pauvreté dans les somptueux monuments mis à la mode par ce qu'on est convenu de nommer la réforme clunisienne. Qu'il ne subsiste rien, ni un pan de muraille, ni un bloc sculpté, ni un
d'Elvire. C'est seulement en 381 que s'ouvre la série des monuments épigraphiques à date certaine. .\ l'exception d'une tabula patronatus du iv« siècle ', on ne relève parmi les marbres ces légendes ou ces symboles d'un type délaissé de bonne heure et dont la rencontre équivaut presque à une mention chronologique. Rien d'équivalent en Espagne aux marbres
Chapelle
j \ Cimetière
Atrium
4178. — Plan de la chapelle de Burguillos. D'après Lamperez y Romea, op. cit., t. i, p. 170, fig. 79.
antiques d'Aubagne, de Marseille et de Maguelone. .\ cette date de 381, le pays est à la veille d'être envahi; bientôt l'invasion est un fait accompli et l'Espagne devient une sorte de champ clos où se mesurent les barbares ariens. Cependant le témoignage des inscriptions nous prouve que la foi catholique demeure intacte et courageuse chez ceux qui la possèdent. Parmi les séries épigraphiques latines, celle de
' R. Ilucbner, Inscript. Hispcuiiic chrislianiv, in-t", Bero. Uni, 1S71, II. Ii7.
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l'Espagne est une des plus signalées par ses affirmations religieuses. Le clergé est demeuré gardien du troupeau et son dévouement est célébré par saint Augustin : « Quelques évêques, dit-il, ont quitté l'Espagne, alors qu'une partie de leurs ouailles s'était enfuie, avait péri sous le fer de l'ennemi, dans les misères des sièges ou s'était vue dispersée par la captivité. Mais un bien plus grand nombre de saints pasteurs, bravant l'immensité des périls, sont restés pour le soutien de ceux qui demeuraient. Quelque peu du peuple de Dieu qui ne se soit pas éloigné, notre ministère lui est si nécessaire, qu'il n'en doit point être privé; devant les dangers qui nous menacent, nous n'avons plus qu'à dire au Seigneur : Sois notre protecteur et notre rempart '. » L'invasion musulmane produit des résultats différents. Tandis qu'à la longue Hispano-Romains, Suèves, Wisigoths ont fmi par se réconcilier dans une foi commune, chrétiens et musulmans demeurent irréconciliables. De 812 à 844, les capitulaires, les chartes nous montrent le Midi de la France accueillant les fidèles espagnols qui désertent le sol natal -. Cette migration a commencé — les marbres en sont témoins
— dès le début de la conquête; à partir de 711, les inscriptions chrétiennes jusqu'alors si nombreuses en Lusitanie, en Bétique, se font soudain rares et disparaissent. Depuis cette date jusqu'en 913, les temps s'écoulent
— deux siècles — sans qu'on y relève d'autres textes de forme épigraphique que trois légendes composées parAlvaret parCj'prien, et qui furent sans doute gravées sur des tombes chrétiennes de Cordoue ^ Le phénomène n'a rien de nouveau : en 410, l'invasion d'Alaric arrête brusquement à Rome la série des inscriptions catacombales; vers le même temps, l'invasion des Francs produit le même résultat dans l'Église de Trêves *. La Galice montagneuse et les Asturies alors presque impénétrables gardent ce qui demeure de l'Espagne romaine et wisigothique, la portion saine et .confiante dans les destinées futures de la race et de la patrie. Au ix", au x« siècle, les inscriptions, presque disparues dans le reste de la contrée, se montrent en grand nombre dans le nord-ouest, si pauvre jusqu'alors en légendes lapidaires.
L'ensemble de l'épigraphie d'Espagne comprend entre cinq et six cents monuments, dont un assez grand nombre ne sont connus que par des copies manuscrites. Le premier qui ait songé et travaillé à un recueil des inscriptions chrétiennes d'Espagne, est P. Sobreyra, dont les notes sont conservées à la bibliothèque de l'Académie de l'histoire de Madrid, 21, 114 : Colcccion de inscripciones desde el ai'w 537 hasta el 1633. Après lui, Francesco Masdeu prétendit explorer cette source dans le tome ix" de son Historia crilica de Espanii y de la cullura cspanola, obra compuesla y publicada, Madrid, 1789; il y apporta la même négligence qu'à ses autres travaux, mais comme il avait reçu communication de copies fidèles qu'il a utilisées, son ouvrage doit encore être tenu en considération. En 18(J5, Aureliano Guerra y Orbe annonça, dans El arte en Espana, t. iv, p. 49 sq., le dessein de rassembler les inscriptions chrétiennes du pays; les troubles politiques mirent obstacle à son projet; en 1871, Emile Huebncr, au cours de la préparation du tome u» du Corpus inscriplionum latinarum, réserva les inscriptions chrétiennes pour une publication séparée, qui parut sous le titre de Inscriptioncs Hispaniœ chrislianm, adjecta est tabula geograpbica, in-4"',
' S. Aui;ustin, Epist., ccx.xvni, ad Ilonoratiim, n. 1, .5.
— * S. Baluze, Capitularia regum Frattcorum, t. i, col. 499, 569; t. II, col. 26 (années 812, 816, 814); dom Vaisscllf, Histoire générale de Languedoc, t. i, p. 517, 535, 538; Preuves, p. 72, 77, 84 (ann. 838, 843,844); Euloge.iîpisJ., ni. ad Willesindum, n. 1 ; IJu Canne, (Uossar., au mot Aprisiones. — " II. Flore/., ICspai\a sagruda.l. xi, p. 527. — ' De
BerUn, 1871, et à laquelle vint s'adjoindre, en 1900, un Inscriplionum Hispaniœ chrislianarum Supplementum, d'égale importance, dans lequel étaient recueillies des additions difficilement accessibles et mises à profit les corrections suggérées depuis la principale pubhcation. Le recueil de Huebner admet des inscriptions d'une époque plus tardive que celle à laquelle s'arrêtent nos recherches, il descend jusqu'en l'année 1083, de notre ère; de plus, il réunit des inscriptions d'une fausseté manifeste de la fabrique de Roman de la Higuera et ses imitateurs ^, chez lesquels les historiens espagnols, plus candides que de raison, se sont longtemps appro\'isionnés de textes historiques bien et dûment frelatés.
Les grandes divisions pohtiques du pays : Lusitanie, Bétique, Tarragonaise, Asturies et Galice, offrent des groupes épigraphiques, non pas tranchés, mais assez faciles à distinguer néanmoins, d'abord par leur nombre, ensuite par l'emploi de diverses formules. Les communications étaient difficiles et les rapports espacés entre ces provinces, dont les indigènes se montraient, alors comme depuis, peu accessibles aux étrangers et presque complètement inintelligents de tout ce qui n'était pas leurs méthodes personnelles. La proportion des inscriptions chrétiennes dans ces différentes provinces répond à peu près à celle des inscriptions païennes dans ces mêmes provinces.
La grande majorité des inscriptions chrétiennes appartient à l'épigraphie funéraire, environ dans la proportion des trois quarts. Néanmoins les dédicaces d'édifices ou de mobilier liturgiques sont représentées de manière suffisante à ce qu'on en puisse tirer parti. Les symboles sont en petit nombre et ne nous apportent aucune nouveauté remarquable. Une des caractéristiques de l'épigraphie espagnole est le soin avec lequel elle est datée d'une ère dont le début est postérieur de trente-huit années au début de l'ère chrétienne et sur lequel nous avons déjà donné les explications indispensables. Voir Dictionnaire, t. v, col. 371-372 : Ère. L'onosmastique olïre un mélange de noms romains, grecs, bibliques el gothiques.
1° Édifices liturgiques. — Nous avons dit que les vestiges de l'art monumental appliqué aux édifices du culte chrétien sont rares et d'une importance relative. Heureusement quelques inscriptions nous font connaître l'existence de certains édifices aujourd'hui disparus. De ce nombre une des plus importantes est celle qui témoigne que, dix mois après son avènement, le roi Reccarède lit profession publique de pratiquer le catholicisme. J.-B. Ferez, évèque de Ségovie, retrouva dans les dernières années du XVI" siècle, une inscription qu'il fit placer dans le cloître de la cathédrale de Tolède, où l'humidité a endommagé toute la partie de droite, au point de lu rendre presque ilUsible • :
+ IN NOMINE DNI CONSECRA TA ECLESIA SCTE MARIE IN CATOtICO DIE PRIDIE IDVS APRILIS ANNO FELI 5 CITER PRIMO REGNI DNI
NOSTRI GLORIOSISSIMI FL RECCAREDI REGIS ERA DCCXXV
In nomine D(omi)ni consecrata eclesia s(an)cte Marie in catolico die pridie idus aprilis anno féliciter
Rossi, Inscript, clirist. urb. Borna; t. I, p. 250; K. Le Blant. Inscripl. clirét. de la Gaule, t. I, préface, p. XLV sq.; E. I,f Blant, Journal des savants, 1873, p. 312-324, 355-304. — • Sur ce groupe de malfaiteurs, cf. .J. Godoy Alcanlaru, lllsloria de los falsos cronicones, ln-8°, Madrid, 18U8. — • E. Iluchncr, op.ci'f., n. 155; F. Fita, dans Hnlelin de la Acadcmia, 1892. t. x.xi, p. 12; Monumcntos aniuiUrlonicos de Iùsfiaf)a,ti\sc.Tttt.
primo regni dfomjini nostri gloriosissimi Fl(avii) Reccaredi régis era 625; ce qui nous donne, pour la dédicace de la cathédrale de Tolède, le dimanche 13 avril 587. — La Higuera, Nasarre et Florez ont corrigé die pridie en die primo.
A quelques années de là, un autre monument rappelait la fin des misères subies par les catholiques espagnols durant la persécution arienne; c'est la légende dédicatoire de trois églises élevées en l'honneur de la sainte Trinité par un fidèle qui les fit construire de ses deniers et par les mains de ses seuls serviteurs. C'est là un trait historique bien significatif des temps et des lieux. Paul Orose ' rapporte un fait analogue : deux nobles espagnols, Didimius et Verinianus . plurimo tempore, servulos tanlum suos ex propriis prsediis colligentes advernaculis alentes sumplibus, défendent leur sol natal contre les barbares. Ici, la présence du nom de Reccarède ' et la mention.
lyris li]n locum Naliuola a s(an)c(l)o Paulo Accilano
ponl(i)l(i)c(e) d(ie) an(no).... d(omi)ni nfojs-
(lr)i gl(oriosi) Witlirici reg(is) er(a) DCX'V.
Item consacrala est eclesia(m) s(an)c(t)i Johann(is) [Bab\tiste.
Hem consacrala est eclesia s(an)c(ti)i Vincenlii martyris Valentin(i) a s(an)c(l)o Lilliolo Accitano ponl(i)l(i)c(e) x.l kal(endas) febr(uarias) an(no) VIII gl(oriosi) d(omi)ni Reccaredi reg(is) er(a) DCXXXII.
Hec s(an)c(l)a tria tabernacula in gloriam trinitalis indivise cohoperantib ( as ) s(an)c(t)is œdificata sunt ab inl(ustri) Gadiliulvat....] cam operarios vernolos et sumptu proprio.
Ugne 2: Y final serait un signe de ponctuation; ligne 4 : espace blanc poixr compléter la date; ligne 6 : une main moderne a tenté, sans y réussir, de substituer ces mots : sci Johanni martyris. /e; ligne 10 : le dernier
41/9. — Inscription d'Eugenia.
D'après Huebner, Inscrip. latin. Hisp. clirist. , Supplem., 1900, p. 22, n. 333.
exceptionnelle sur les marbres, de la sainte Trinité, objet constant d'ardents conflits à peine apaisés, concourent à faire de cette dédicace un monument de la liberté religieuse recou\Tée. L'inscription est conservée à Grenade, depuis le x\T siècle, sur le mur de l'église paroissiale de San(a .A/ar/a, dans l'Alhambra^:
NE Dl NSÎ mv XPÎ CONSACRATA EST CLESIA SCI STEFANI PRIMI MARTYRIS Y N LOCVM NATIVOLA A SCO PAVLO ACCITANO
[PONTFC
D AN DNI NSI CL VVITTIRICI REGS
ER DCXi-V ITEM CONSACRATA EST ECLESIA SCI lOHANN BABTISTE
ITEM CONSACRATA EST ECLESIA SCI VINCENTII MARTYRIS VALENTIN A SCO LILLIOLO ACCI-
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