ESPRIT (LE SAINT
ESQUELINES
conservée au musée Kircher, porte celte formule ' : nPCûTO C
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Primus in sanclo spiritu Dci beic jacel. FirmiUa soror in memoriam.
L'acclamation vivas in Spirilu Sancto se lit sur une épitaphe du cimetière de Calliste, aujourd'hui, au Latran ' :
CAR KYRIACO
FIL DVLCISSIMO
VIBAS (l)N SPIRITO SÂN(c(o)
L'inscription du cubicule élevé à sa sœur par Sévère, diacre du pape Marcellin, à la limite du m" et du iv siècle, s'exprime ainsi ' :
Quique animant rapuil Spirilu Sancto suo.
Enfin à Bordeaux une épitaphe connue, que nous avons déjà donnée (voirDi'cdonn.. t . i, col. 259, fig. 53)' : CPAV AIMA AVCILIA PASCASIA AIVTIT SPIRTVS S
\Hi]c paii[s]at i[n p]a[ce] Aucilia Pascasia, aiutil (= adjulet) Spir(i)lus S(anclus).
H. Leclercq.
ESQUELINES. A peu de distance de Tournai, en Belgique, le village d'Esquelines conserve une église digne d'attention. Aucune architecture, des pierres d'inégale grosseur, non taillées, appareillées au hasard, point d'ornements. L'édifice (fig. 4197) mesure 79 mètres carrés de surlace et se compose d'une nef de 10 mètres de longueur sur 6 de largeur, dun chœur de 3 m. 75 sur 4 m. 10 de largeur et d'une niche absidale de 3 mètres de largeur sur 2 m. 50 de profondeur. Le plan (fig. 419S) se compose donc de deux rectangles terminés par une demi-lune, distincts à l'extérieur ainsi qu'à l'intérieur et de hauteurs différentes. La façade est un simple mur à pignon avec une porte d'entrée à linteau, des plus modestes. La nef n'était éclairée que par six barbacanes hautes de 0 m. 90 et larges de 0 m. 25. Sur les parois existent de larges arcatures plein-cintre prises dans l'épaisseur de la muraille, et au-dessus desquelles s'ou\Tent les très étroites fenêtres en forme de meurtrières ébrasées à l'intérieur. Le chœur n'avait point de fenêtres; une porte à linteau avait été pratiquée dans le mur du sud. .\u fond de l'abside voûtée en cul-de-four, s'ouvTe une fenêtre de 1 m. 10 de haut sur 0 m. 60 de largeur; à droite, une petite piscine sans aucun ornement et, au fond, une niche dans laquelle se voyait le siège de l'officiant.
Plus tard, à différentes époques, on perça des fenêtres de dnnensions différentes, dont les entourages sont garnis en briques ordinaires. L'ogive qui sépare la nef du sanctuaire est moderne par rapport au reste de l'édifice : elle est en pierres de taille appareillées envoussoirs.Lanef est couverte parun plafond de bois. Le sanctuaire, dont le niveau est relevé, est voûté en berceau, en briques, ainsi que le cul-de-four de l'abside.
' Marchi, Monumenli délia arte crisl. prim., 1841, t. i, p. 198; Perret, Les catac. de Rome, t. v, pi. i, n. 29. — = De Rossi, Roma soUerranea, t. n, pi. XLi-XLn, n. 20. — ' De Rossi, Inscripl. christ., 1. 1, p. cxv. — • Voir la bibliographie dans Diclionn., t. n, col. 1070, note 4. — ' Ch.
.\ l'extrémité de la nef sont deux autels de chaque côté de la baie, il n'y a pas lieu de s'y arrêter. L'autel primitif se trouve au centre de l'hémicycle, il est en briques avec deux caveaux superposés; la pierre d'autel lut, au x\tii^ siècle, repoussée vers le sanctuaire et porta désormais à faux sur des supports de bois. L'abside, regardée comme superflue, fut masquée par une toile brossée d'un mauvais badigeon et servit de débarras; on ne prit même pas la peine de retirer de sa niche l'antique fauteuil de l'officiant.
Les matériaux sont grossiers: pierres, briques, cailloux, tuileaux, et dans un des angles, à l'est, une grande tuile entière, pareille à celles qui ont été dé-
4198. — Plan de l'église d'Esquelines.
D'après Bull, de la Soc. hist. de Tournai, t. n, p. 150.
terrées sur la place de Tournai, en 1821, et qui entouraient des urnes en forme de sarcophage.
Cette petite éghse rurale a été heureusement préservée du vandalisme restaurateur. Si on peut passer légèrement sur la tradition locale qui fait prêcher saint Éleuthère dans cette chapelle, il n'en reste pas moins que la disposition de l'autel indique la présence de corps saints et un culte local très antique. Esquelines n'est distant de Blandain que de deux kilomètres et nous savons qu'il y avait à Blandain t beaucoup de corps de martyrs •. On ne peut dire avec certitude à quelle date remonte cette humble bâtisse, on ne risque guère de se tromper en la faisant remonter entre le \T et le vm' siècle '.
H. Leclercq.
Peeters, Rapport sur l'église d'Esquelines, dans Bulletin de la Société historique et littéraire de Tournai, 1S51, t. n, p. 17-19; voir p. 32-34, 49; Dr. Ren.ird, L'église d'Esquelines, p. 151-152; B. C. Dumortier, dans mcme re\-ue, p. 152-153.