‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 133 sur 331 · ETA IN · texte numérisé non relu

ETA IN

vase, comme rtcipient. Galien recommande de mettre les antidotes dans des vases de verre, de corne, d'argent ou d'étain '. Pline en fait usage pour des onguents, des pastilles '; Scribonius Largus, Plinius Valerianus. Columelle prescrivent l'usage de l'étaiii. cjui ne produit pas de vert-de-gris pendant la cuisson '. De la théorie on passait à la pratique, puisqu'on a découvert à Belricourt, dans l'Artois, une marmite qui devait être celle des légionnaires en campagne. « C'est un petit plat en étain dont le fond se relève au milieu en bosse circulaire. Ce plat a deux protubérances ovo'ides placées près l'une de l'autre, portant crochets, et qui semblent avoir servi à le suspendre à la ceinture ou à quelqu'un des vêtements d'un guerrier '. » Cet objet serait du iv« siècle. Ajoutons à cette marmite des boutons d'étain unis découverts à Vézelise (iMeurthe) S et un petit plat décoré trouve dans l'Artois, au pied d'un cada\Te enterré debout. Il est semblable au.v patènes de calice, large de Om. 14, avec renflement circulaire au milieu, et les côtés sont légèrement rabattus; il contenait un style à écrire «.

L'étain est un métal sain et peu résistant à la durée des siècles; le plomb au contraire est malsain, mais il a résisté au temps et beaucoup de spécimens en sont parvenus jusqu'à nous. Tandis que l'étain servait à contenir la nourriture et les remèdes et à confectionner les objets usuels, le plomb avait presque toujours un usage funéraire '. Les textes sont presque les seuls témoins que nous puissions invoquer au sujet de l'étain, à cause du peu de résistance du métal. Au contraire, l'iiistoire du plomb peut s'écrire sur les monuments mcmfs qui remplissent les musées. Le plomb servmt à fabriquer des jouets d'enfants, et l'étain aussi, mais plus rarement. Au xvm« siècle, Olivieri décou\Tit à Pesaro, dans un tombeau, tout un laraire d'enfant, larario puérile *. Il y avait trois statuettes : une Vénus, une Minerve, un César à cheval : en outre, un trépied, un candélabre, un préfériculc. une aiguière, six petits bassins à anse, trois patères, trois plats ovales, le tout en étain fin, très délicatement travaillé et très mince.

Il serait bien possible que les figurines composant l'arche de Xoé que nous avons déjà fait connaître (voir Diciionn., t. i, col. 2726-2732, fig. 926, 927), et pour laquelle il est question de métal sans autre indication, fussent en étain. A l'époque chrétienne, l'étain était, en effet, d'un usage très répandu. Dans les fouilles d'Akhmîn (voir ce mot), on a rencontré, parmi les tombes qui s'échelonnent entre le ni« et le vni" siècle, des jouets, des symboles, des bijoux de plomb ou d'étain, déposés avec le défunt comme un hommage et une attestation de sa croyance. Nous avons déjà figuré une statuette de Lazare au tombeau (fig. 260), un coq en élain (fig. 3294)-; parfois c'est une rondelle cruciforme ou bien une ancre (fig. 4204) ''.

Les Gaulois exploitaient des mines d'étain au centre de la France. On sait que l'étain se présente plus communément n l'étal d'oxy'de, c'est-à-dire sous la forme de petits résidus noirâtres, qui ne rappellent aucune substance métallique ">. Il a donc fallu une science profonde de la minéralogie pour le dé-

' Medicorum gra'conim opéra quiv exslani, 1S27, t. .\iv, p. on. — » Pline, Hi.it. nat., XXIX, 10; XXX. 12; XXX, 10. — » CoUimellc, De re ruitka, 1845, 1. Xll, f>. 224- 22.Ï. — ' A. Terninck, L'Artois souterrain, in-8°, Arras, 1S,S0, t. ni, p. 78, tombes gallo-romaines. — ' HottiiiK. Tombuaix antiques décoiiwrls en ISO'J. isii et 1S16, ù \'ézrlise (Mevrihe), dans l\lém. de la Soc. nul. des antiq. de France, 1821, I. ni, p. 4.'>0. — • Essai sur l'industrie gallo-romaine en AIrelmlie, in-8°, Arras, 1874. p. Hj. — ' Cochet, Des sépultures romaines et des sépultures tnèrouinqiennes, diins liulliliu monumental, t. xix, p. 1112. - — ' Olivit-ri, Dille liffline Prsaj'esi edi un larario puérile Irovuto in Pc^iro, p. 1 0 ;

couvrir, pour calculer ses gisements el les mettre en

valeur. En outre, les peuples du centre de la France

découvrirent l'étamage et c'est encore sur les mêmes

territoires qu'il se pratique aujourd'hui. L'avaient-ils

inventé, nous l'ignorons. L'ne opinion \Taisemblable

fait venir l'clamage de l'Orient. Quoi qu'il en soit.

les fibules étamées que contiennent les cimetières

< des tribus venues en Occident, au moment de l'inva-

; sion des barbares, indiquent que l'étamage était

i connu des peuples germaniques. Les fouilles de Kertcli

montrent, au miUeu de la collection provenant de

j cette nécropole et conservée au musée de l'Ermitage

I de Pétrograd, un grand nombre de fibules élaraées.

I dorées et argentées, semblables à celles qui se rencon-

î trent dans les lombes franques.

I Les tribus qui, au ra" siècle, fabriquaient ces

j fibules continuèrent deu.x siècles plus tard, lorsqu'elles

se trouvèrent établies sur le sol de la Gaule, et toul

porte à croire que des fouilles futures permettront di-

Page 1