‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 138 sur 331 · L. Duchesne · texte numérisé non relu

L. Duchesne

ETHIOPIE

sidait le vice-roi abyssin, sous la protection d'une garnison éthiopienne. Au temps où nous sommes, et dans ces contrées, la propagation du cliristianisme allait de pair avec celle de l'alliance romaine: elle était sûrement favorisée par les représentants du négus Al Amâma. L'intervention de celui-ci n'avait pas été étrangère à la fondation de la colonie chrétienne du Nedjràn. S'étant pris de querelle avec le roi des Homérites, il lui déclara la guerre, le battit, le tua et ravagea son royaume. Cela fait, il se convertit et exclut du pouvoir la dynastie vaincue au profit d'une autre famille princière; mais un membre de la dynastie déchue, nommé Dhou-Nowas, juif de religion, comme ses ancêtres, profita de la mort du vice-roi éthiopien en résidence à Safar et de la difficulté des communications entre le pays des Homérites (Himyar) et le littoral abyssin, à cause de la saison d'hiver, pour s'emparer de vive force de Safar, dont il massacra la garnison et le clergé et dont il changea l'église en synagogue. Il semble qu'Ai Amàma avait alors disparu et Kaleb Elesbaas lui avait succédé.

Ce négus se sentait bravé, il prépara sa revanche; la chronologie de ces événements est mal connue; ni lu date de la révolte de Dhou-Xowas, ni celle de l'expédition préparée par Al Amàma ne sont certaines. Ce qui n'est pas douteux, c'est la persécution exercée par Dhou-Nowas. La colonie chrétienne et éthiopienne de Safar fut anéantie. Au Xedjrân, les fidèles n'avaient aucune origine ni affinité éthiopiennes et peut-être cette circonstance leur valut-elle un moment de répit, mais les juifs mêlés à eux leur prodiguèrent les avanies '. En 523, Dhou-Xowas vint mettre le siège devant Xedjrân, dont il redoutait une entente et une alliance avec le négus d'Axoum. Le siège traîna en longueur. Dhou-Xowas proposa une capitulation avantageuse, qui fut acceptée; il entra dans la ville et, violant sa parole, fit massacrer tous les chrétiens qui se refusèrent à l'apostasie. Les suppUces firent périr plus de quatre mille personnes; l'église fut brûlée. Ces atrocités nous sont connues parce que Dhou- Xowas s'en vanta par une lettre adressée à l'émir de Hira, Al Moundhir. En même temps que cette lettre arrivait chez l'émir, celui-ci recevait des envoyés de l'empereur Justin, le prêtre Abramos, fils d'Euphrasios, et l'évêque Serge de Resapha, avec divers autres personnages ecclésiastiques et laïques, au nombre desquels était le chef des monophysites de l'empire perse, Siméon, évêque de Beth-Arscham. Ce dernier transmit tout ce qu'il venait d'apprendre, dès son retour à Hira, dans une lettre adressée à son homo-

' Jacques de Sarug, lettre aux chrétiens de Nedjrân, dans ZcHschrifl der morgenl. Gesellschall, t. xxxi, p. 402. — 'Cette lettre a été publiée par J. S. Assémani, Bibliotheca orientaux dcmenlino-uatîcana, in-fol., Romœ, 1719, 1. 1, p. 364, d'après la Chronique de pseudo-Donis Tcllinahrô empruntée ù Vllisloire de Jean d'Asie. On la trouve aussi dans la compilation syriaque de ['Histoire de Zacharic de Mltylène et, d'après cette source, dans A. Mai, Script, veter. nova coll., t. m, p. 235, et dans Land, Anecdota syriaca, t. lu, p. 235. Le texte de Assémani a été réimprimé par Michaelîs, dans sa Chrcstomathia; celui de A. Mai, piu* Zingerlé, également dans sa Chrcstomatîa ; de même Knoes, Chrestomathia syriaca, in-12, Gollingcn, 1807, p. 37-54, d'après un manuscrit de la liibl. nat., n. 234. Le texte primitif de la lettre a été retrouvé par J. Guidi dans un ms. <lu Musée Borj^ia et dans deux mss du Musée Britannique, et publié : La Icltera di .Simeone, vescovo di Beilli Arscliain ■■opra i marliri Omcrili, dans Memorie délia reale Accad. dei Lincei, 1881 ; réimprimé dans P. Bedjan, .Ida martyrum et sanetorum, in-S». Paris, 1891, 1. 1, p. 372-397, avec les variantes du ms. Sachau n. 222, Une version éthiopienne, dans F. M. Estcvcs Pereiru, Ilisloria dos martircs de Nagran Versào ethiniiica, in-8°, Lisboa, 1899, d'après les mss. du Musée Britannique, n. €49 orient., et de la Bibl. nat., n. 59. L'authenticité de cette lettre a été mise en question par

I nymc Siméon, abbé de Gabula, localité syrienne peu ' éloignée de Chalcis.

1 Dans cette lettre, l'évêque dcBeit-Arschani rapporte que, le 20 janvier 524, il avait rejoint M Moundhir à i Ramla et aussitôt après prenait connaissance de la 1 lettre de Dhou-Nowas à ^loundhir. Siméon priait son ami de porter sa lettre à la connaissance du patriarche 1 d'Alexandrie, afin que celui-ci presse le roi d'Axoum ; d'intervenir par les armes; qu'on la notifie également ; aux évêques d'Anlioche, de Tarse, de Césarée de Cappadoce, d'Édesse, leur recommandant de commémorer les martyrs et de prier pour les survivants. 11 ; demande aussi que l'on s'assure des chefs de la com- ' munauté juive de Tibériade, et qu'on leur signifie qu'eux et leurs coreUgionnaires seront rendus responsables des persécutions infligées aux chrétiens homérites -.

Outre la lettre de Siméon, un auteur anonyme, probablement Serge de Resapha, un des envoyés venus près d'Al Moundhir, rédigea un récit connu sous le nom de Marlyrium Arcthœ, conservé en grec '. Le texte original de la lettre de Siméon confirme les conjectures du P. E. Carpentier sur l'âge et la composition de cette pièce. La première partie a été écrite en syriaque, traduite ensuite en grec et, à la version grecque, on ajouta le récit de l'expédition de Kaleb- Elesbaas, avec des détails précis, d'une authenticité évidente, fournis sans doute par quelque marchand ou marin grec d'Adoulis, qui aura suivi l'expédition '. Un dernier chapitre est consacré aux mesures réparatrices prises par Kaleb-Elesbaas, à l'investiture du vice-roi Abramos et à la mort du pieux négus d'Axoum.

Il existe deux autres documents syriaques sur les persécutions des chrétiens homérites. C'est d'abord la lettre de Jacques de Sarug qui se rapporte à la première persécution de Dhou Xowas, qui prit fin en 519, après la fuite de celui-ci '. Ensuite c'est une hymne de Jean Psaltès, abbé du couvent de Jean bar Aphlonia ou de Kennesré, lequel vivait dans la première moitié du VI' siècle «.

Siméon était un ardent mcnophysite, Serge ne l'était probablement guère moins que lui; la lettre de l'un et le récit de l'autre rendaient hommage à dos corehgionnaires. Serge ou son continuateur a évidemment pris plaisir à raconter le châtiment des persécuteurs et l'expédition victorieuse du négus Elesbaas ". Procope, de ce côté, ne se fait pas faute de nous instruire que ■ Ellesth<Eos, roi des Éthiopiens, très fervent chrétien, ayant appris que les Homérites, de l'autre

Blau, dans Zcitschrifl der dents, morgenl, Gesells,, t. xxin, p. 560; Praetorius, ibid., t. xxiv, p. 624; Mordtmann, ibid., t. XXV, p. 260; t. XXXI, p. 66; Guidi, loc, cit.; J. Hnlévj-, Les sources relatives à la persécution des chrétiens dans le Nedjran, dans Revue des éludes juives, 1889, t. xvui, p. 16- 42, 1C1-17S, chcrclie A rejeter la culpabilité du massacre des juifs sur les ariens; L. Ûuchesne, dans môme revue 1900, t. XX, p. 220 sq., montre que les textes de l'rocopc, Jacques de Sarug, Jean d'Asie et Siméon imputent le nmssacrc aux Juifs; le ms. syr. 234 de la lîibl. nat.. fol. 2li6 r'.dit: » un roi juif régnait sur le pays des Homérites. > llnlèvy et Duchcsnc admettent le car.ictére apocryphe de la lettre tle Siméon, composée ù la lin du règne de Jusiinicn; Hubcns Duval n'y contredit p.as, J.iitt-r. \iiriaiiuc, 189'.), p. 151. \'oir en outre Analccla boïlandiauu, 1891, t. x, p. 58-59. 479; 1894, t. xni, p. 109-170 ; 1899. t. xvni. p. 431 ; lieime critique, 1900, p. 483. — ' Boissonnaile, .\nccdota grivca, t. v, p. 1 ; .lc(a sanct,, oct. t. x, p. 721. — • Nôldeke, Geschlchle der Perser,,.aus Tabari, in-S", Leydcn, 1879, p. 188. — • Sclirœter, dans Zcitschrift der dents, inorgcntandi.tche Gesellscha/I, t. x.xxi, p. 360. — • Ibid., \>. 400. On trouvera une traduction du Marlyrium Arcth:v et de Lettre de Siméon, dim» H. Lccicrcq, Les martyrs, in-12, Paris, 1905, t. iv, p. 15ii- 1.S9. — ' G. Sclilnmbergcr, dans lievuc numismatique, 188l>, pi. MX, n. 1.

KTHIOl'Il-:

cùlé de la nier, qui étaient alors les uns juifs, les autres attachés à leur ancienne religion », furent vaincus, leur roi tué et remplacé par un roi homérite chrétien, Esimphœos; après quoi le roi Elesbaas retourna dans son pays. A quelque temps de là, les Iloméritcs se révoltèrent contre le roi qu'on vcn.ait de leur imposer; ils étaient conduits par un Abyssin chrétien, Abramos, autrefois esclave chez un négociant romain d'Adoulis. Kaleb-Elesbaas envoya, pour réprimer l'insurrection, une armée commandée par Théophaae Arethas (Arydt), lequel fut trahi et tué par ses soldats, qui passèrent à Abramos: une deuxième armée envoyée pour le venger fut mise en pièces. Après la mort de Kaleb-Elesbeas, Abramos consentit à reconnaître la suzeraineté des Éthiopiens. Ces conllits toujours renaissants entre Axoum et Himyar semblèrent à l'empereur byzantin pouvoir être mis à profit par lui-même. Des ambassadeurs furent envoyés, sans grand résultat, senible-t-il. Justinien avait même des vues moins pacifiques. Il avait jeté les yeux sur un certain Caïs, brouillé avec Esimphœos, dont il voulait faire un phylarque des Arabes de Kinda et Maad. Une fois installé, Caïs devait s'entendre avec les Homérites pour faire la guerre ,iux Perses. Rien de tout cela n'aboutit. Caïs, installé phylarque, fut bientôt déplacé et envoyé en Palestine. Les légendes arabes du viii° et du ixi? siècle rapportent qu'Abramos fit construire une église magnifique à Sana, locaUté qui avait supplanté Safar dans la situation de capitale. Après Abramos, ses deux fils Yaksoum et Masrouq se succédèrent sur le trône homérite. Mais les gens d'Himyar étaient excédés de leurs maîtres, ils appelèrent ou favorisèrent une expédition venue de la Perse vers l'année 570- et qui les en débarrassa '. Un roi national, Saïf, fut établi et tut massacré. Chosroès I''' envoya massacrer les habitants et resta gouverneur du pays. Ces gouverneurs persans furent Wahriz, Zîu, Binegàn, Cliore. Chosrau et Bàdh.în. contemporains de Mahomet. Ils tolérèrent la chrétienté du Nedjràn, encore assez vivace pour résister à la propagande musulmane. L'égUse de Sana avait pour évêque Koss ibn-Saïda, que Mahomet entendit prêcher -. En 62S, le gouverneur Bâdhân se convertit à l'islamisme; peu après, le khalife Omar chassa du pays ceux des Xedjranites qui refusèrent de se faire musulmans. Ils s'acheminèrent vers le bas Euphrate, à Koufa, oi'i le katholicos Timothée l" (778-820) leur donna un évêque.

XI. Épigbapiuk. — Deséiiitaphcs assez nombreuses, en grec ou en copte, se rencontrent en divers points de ce pays, depuis Talmis, dans l'ancien Dodécaschène, jusqu'à Wadî-Gazal, locahté située un peu en aval de la quatrième cataracte, près de l'antique Napata. Elles sont du vu' ou du vm" siècle. Une inscription de provenance incertaine est, dit-on, du i\" ou du v= siècle, mais c'est peu vraisemblable. La plupart, suivant un usage qui rappelle l'ancienne coutume égyptienne d'ensevelir les morts avec un exemplaire du rituel funéraire, contiennent des extraits de la liturgie funèbre, suivant le rite de Constantinople. Après l'invasion arabe, nous trouvons encore une inscription grecque-chrétienne, en 693, en Basse- Egypte, à Damaiiliour; tandis qu'en Haute-Egypte,

' Nôldekc, op. cil., p. 220, 201, 31!t-3.">l. — - Caussiu de Perceval, Histoire des Arabes avant l'islamisme, 1. 1, p. 159. — 'Gau, An(i(jui(«sdeIaiVuhic,Stuttgart,1821,pI. iv, n.3,T; Corp. inscr. graic., t. iv, n. 8951; G. Lefeb\Te, Recueil des inscriptions grecques-chrétiennes d'Egypte, in-lol., le Caire, 1907, p. 1 IG, n. r>18. — ' Th. Young, On greek ms. on papyrus tuid sepulciiral inscriptions from Nubia, dans The Archœologia, 1831, t. xix, p. 157, pi. ix, n. 2; H. R. Hall, Coplic and greck texts o/ thc Christian period from oslracn, stelœ, etc., in the British Muséum, in-4», London, 1905, n. 14, n. G,

et surtout à Philœ et [en Nubie, les inscriptions postérieures à 640 sont nombreuses. Le christianisme s'y défendit avec plus d'énergie que parmi les populations égyptiennes. L'inscription la plus récente est de 1157, elle n'est pas bien éloignée de nos parages puisqu'elle vient d'Assouan.

Les deux inscriptions du roi Silco et du roi Eirpanome nous ont suffisamment retenu, il n'y a plus à y revenir. La première nous ramène à Talmis (— Kélabshéh), où nous rencontrons quelques autres textes épigraphiques. C'est d'abord, sur un mur du temple qui reçut l'inscription de Silco, un grafflte ' : -f îycj ziSaa ev.Xt, rrîTpo Trp

ce qu'il faut lire probablement : eyo) eiSov zy.yXr^r^'.v.'! TltTpoç TrpECTpUTEpoç OU irpoôSpo;.

LTnc stèle en grès, incomplète à droite, provenant de Talmis et conservée au Musée Britannique, haute de 0 m. 20, nous donne ce texte ^ :

-Tï) TO'j 0(Eo)'j SjEazo] sOVTo; î^ulv] ■z'xc, Tt y.al vE[xp] o'jç e/pï)oaTû 5 Y] naxapta aiS . Eoaa TtXei to\j

I PtOU TOUTO £V (/.l

j VI Ttaxuv lE IV

I 8i(xTitûV0(;)t 0 Geoç avy. <

; 10 -uoTj -T'/jv ij/u

aXTjVaiç ay.

cdV aixr,v

ligne 3 : te ; I. 4, le lapicide" a oublié un mol, jrpovoia ou çiXocvOpcùîria; 1. 6, teae'. : 1. 7, lire toutou; 1. 9, Bç; 1. 10, avaTiaucr/;.

« C'est par (la providence) de Dieu, maître des vivants et des morts, que la bienheureuse Aideosa a atteint la fm de cette vie, mois de Pachons 15, indiction dixième. Dieu la fasse reposer dans les habitations des saints. »

Une autre stèle de même provenance, également conservée au Musée Britannique (n. 602), mesure 0 m. 25 de hauteur et doit se lire ^ :

-r EvGot zaTaxE'.

TE o;i.O(>capiot; axxEvSapTTE eteXeuwOïj .') |iri(vi) yoiax t<; ivS • a ava — aucov au[Tolv o ÔEOÇ EIÇ xoX', TTOv appaaa

ligne 4, lire £TEXcw6rp I. ô, [i; le G, ivSiXTiovoç ; I, 8, Ôç: 1. 8-9, Ure xoXttov.

I- Ici repose le bienheureux (ou feu) Akkendarpos. Il a consommé (sa vie), mois de Choiak 16, indiclion première. Dieu, fais-le reposer dans le sein d'-A-braliam.

Deux inscriptions copiées dans les carrières, derrière le temple, et une autre sur une stèle en grès du Musée Britannique (n. 824), h.autc de 0 m. 12, ofTrent

pl. xi; Corp. inscr. gra'c, t. iv, n. 9112; E. Le Hlaiit. Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, in-12, Paris, 1869, p. 81; E. Révillout, Les prières pour les morts dans l'épigraphie égyptienne, dans Bévue égyptotoqique, 1885, t. iv, p. 29. n. 40; G. Lefcbvrc. op. cit., p. 116. n. 021. Cette stèle est le n. 822 de la coll. du Mus. Brit. — - Corp. inscr. grœc, t. iv, p. 9130; H. R. Hall, op. cit., p. 10, pl. ix; E. Le Riant, op. cil., p. 81; E. RèWIlout. op. cti., p. 24, n. 30, peu exact, transcrit le nom : Akkenadros (sic); G. Lefcbvrc, op. cit., p. 117, n. 022.

ETHIOPIE

une formule identique : u-sp (xv/;[i.-/;ç zxi ovaTza'Jsetoç... et le repos clans le sein d'Abraham, ou bien la formule : ouSt;; aOavaTOç, « personne n'est immortel • », dont le paganisme philosophique s'arrange d'ailleurs de la présence du E et de acO-

Trois stèles ayant fait partie du cabinet du comte de Mountnor, et dont la trace est aujourd'hui perdue, offrent des formules presque identiques (\oii Diclionn., t.i, col. 1570)=:

+ £v0a xaTay.r,—/; o [xaxapioç a(3paati ïtîXeOOe t'jS iT TjvSex ■ i'( a 6ç avaTiaucov tTjV '^U'/ov to'j SouXou cou EV xoXttiç appaa[i. xai icraax xat taxcoP ava-auaov Et axuvY)'j r;'j

f Ci'gît le bienheureux Abraliam. 11 a consommé sa vie, Tjbi 18, indiction treizième. Dieu, fais reposer l'âme de (ton) ser\iteur dans le sein d'Abraham, etc. » De même pour le bienheureux Samsou et la bienheureuse Thisauria.

Une dernière stèle de grès, incomplète à la partie supérieure, haute pour ce qui reste de 0 m. 18 et conservée au Musée Britannique (n. 823), donne une formule un peu plus développée et que, en suppléant les parties manquantes mais certaines, on peut traduire ainsi : « C'est par la pro\idence de Dieu sur les \-ivants et sur les morts que le bienheureux Menas a atteint la fin de sa vie, mois de Phamenoth 3, indiction quatorzième. Seigneur Jésus-Christ, fais reposer l'àme de ton serviteur dans le lieu de lumière et de rafraîchissement, dans le sein d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Amen ". »

[tY] TOU 0£O'J 8e<j [— Oi^ov-roç ^cov [tï; te y.u

NeK(po'Jç) T[e"aei]BIOY 5 eXPHCATO O MA KAPIOC MHNA

0AivieNcoo r

INû('.XT'.(o-;oç)IAKCJ?'.)e if';oo)Y XPICTC 10 [ajNAnAYCON THN

YYXH TOY AOYAO

('-> i(OY EN TOO <J>CùTIN

|oj £|N TCO ANAYYZel'-l

|ElN |xo>.-oi?J ABPAAM 15 [xai lootaz xai iax&)[î ajir,-;]

Ces formules se répètent indéfiniment dans l'épigraphie funéraire nubienne et n'admettent presque d'autres variations que le nom du défunt et la date du décès '.

Une stèle de Paras, incomplète de la partie supricurc et à droite, donne une formule un peu difTcrente ^ :

-f xaTa Tçj -70U TTaVTOxpa

Topoç Oeo'j aiAETaOEfTolvaTifo)

çaoïv |ev] -V. -fr, Eii/Eio

' Saycc, dans Revue des études grecques, 1,S94, t. vu. p. 296; Young, op. cil., p. 1.57, pi. x. n. 7; H. R. Hall, op. cit., p. 13, pi. XI, n. 824; Corp. inser. r/nfc, t. iv, n. 9117; E. Révillout, op. cil., ISS.ï, t. iv, p. 27, n. .tG; G. Lcfeljvrc, op. cit.. p. 116, n. 619, 620; p. 118, n. 027. — = Youns, op. cit., p. 157, pi. i\,n. 3;pl. x,n. 5;Corp. inscr. grœc.,t.\\, n. !>n:5. 9114, 9115; E. Révillout, op. cit., p. 24, n. 32; p. 25, n. 33, 34; G. Lcfebvre. op. cit., n. 623, 624, 625. — ' Yoima, op. cit., p. 157, pi. .\, n. C; Jlall. op. cit., p. 13, pi. XI, n. 823; Corp. inscr. grœc. t. iv. n. 9116; E. Révillout, op. cit., p. 30, n. 42; G. Leiebvre, op. cil., p. IIS, n. 626. — • Stèle en grès, 0 m. 17 sur (i m. 13, A l'École française d'Alhéncs, provenant de Psclchis (Daltkpli) (?). CI. G. I.cfebvrc, dans Bull, de corrcsp. hcll,, 1902, t. xxvi, p. 4.54; Recueil des inscr. grecq. chrét., p. 119, n. 020. — • Entrée au N'eues Muséum, Berlin. Lepsius. Dcnknuiter (lUs ^Egyptcn und /Elliiupien, in-l", Berlin, 1819-1800, t. nm, p. 6, pi. xcix.

a-£A(£]UCTEl a— ECTT/; TC0|V EI/TX'J]

5 6a TToXuCTTEvaxTfov Ixaxwvl [t;] [laxapia ïr.tjo'jç -ri T/)!; £T:'.oti)CTx[ou<r/;ç tt.ç] oySoT;; TOU a6['jp xupiE ttoX'jeXeeI 10 )Tr,ç 0/'J/[r,c

lau[

]a.u-rr, toi. £v[ sa-i oStoç a[ur/;ç œva) !xapr/;TOç va[ 15 — Xii'JT"r,cfT(oa[

ligne 3, le dernier mot doit se lire sans doute cs~ix^io = oTot/EÏov : èv TÎj yri OTOiys'ïov à:T£XEÙCTEi (Millet); 1. 4 : a:T£X'jI6/;) (Kirchlioff); 1. 6 : le nom propre e-st certainement corrompu: pour le restituer, il faut tenir compte de la barre abréviative qui surmonte les quatre dernières lettres (Lcfebvre) : 1. 9, xe, dans la lacune entre 9 et 10, supposer le mot : ÉXér)CTov.

« C'est par le décret immuable de Dieu que tu t'en iras, élément, dans la terre, que la bienheureuse Jésous...'? a dit adieu aux maux déplorables de cette vie, à l'aurore du 8 du mois d'Athyr... Seigneur miséricordieux, fais reposer l'àme de ta servante... sa vie irréprochable fut de cinquante et un ans... ■

Une série d'inscriptions conserve, nous l'avons dit, dilTérentes formules de la liturgie funéraire des grecs. Nous avons déjà utilisé et discuté une de celles de Colasucia (voir Diclionn., t. i, col. 1529), dont nous avons comparé le texte à celui de VEuchologion ' ;

o Osoç Tov — v£U[i.xT<ov x(at) -OLrrr,^

aapxoç 0 tov OavaTOv xa'.Tap-'Y;

aaç xai tov aS"/;v — a6a(r/;ç x(ai) "oj

r,v TO'J xoafio'j /apiaa|J.Evoç 5 ava-aucov tt,v <!j'y/ry T-r|V(...] —

CTI.V cfo'j £v [ JxoXttocti. a|î[paxl|x

XXI taax [x(a01 'iax[to^] ev tco omtivov

EV TOJTTto '/Xov EV TtoTT (O avay'j

-(ù EVT aTTESpa oSrjVttiaç xai ava 10 [jtapTLTMV — ap a-jTO'j — apa^^ÔEv

Ti Xoyoj Epyov -q xxtï hr^MO'.

ïv aviç açEç oç ayaÔcov xai ç'.

XavÔpcoTTOç XXI cTjvxMprjaov oti ou

X oux Ttv av6po)-cov ojç X^t^oz-ol'. xai. 15 'Jfi^'^ a[j.apT'.<j£ cj'j "l'ap [jiovoç

o 6eoç 7TaoT,c; ajjLapTiOti; extoç 'j-a

pX^,ç 8t(xai)oCTuv/; xx!. t, Sr,XEOouvYj

au yap 01 ava7rau(rr,ç t/^v 8 8ouX(7jv) a(ou)

Ta|X7;p E-ïa(xo7;ou) TTxy&jpxç Oûtt 20 Taoo/cov y-0 Traywpxç

XXl avXOTXOlV XX'. co'. tt.v 8o

Çav avx|jiE-o(i£v t<o TTXTpt (xat) tco

uiw x(xi) TO) ayixto ttveuixxti vjv x(xi) xeï;

n. 337; Corp. inscr. graec, t. iv, u. 9119, omet les six dernières lignes; E. Révillout, op. cit., 1885, t. iv, p. 3(1. n. 43; Wcissbrodt, V'pncicymiss der Vorlesungen ain Uùniglichcn Lyceum Ilosianum :u Braunsberg, im Winler-Scniester 1905-1906, in-4», Braunsberg, 1905, p. 22, n. 23; G. I.cfebvro. Recueil, p. 120. n. 634. — • Vidua, Inscriptinnes nnHipiir a eomite Carulo Vidua in Turcico itincre collcctn-, in-S". l'aris, 1826, pi. -xx, n. 1 ; Wcissbro<lt, Vcrseic/mi.ss. p. 5, n. 2; p. 9. p. 22; Lctronnc, .4nu(!;.se critique du recueil d'inscriptions de M. le cninle de Vidua, in-8'>, Paris, 1828, p. 14 = ihuvres choisies, 3' série, p. 203; Corp. inscr. ijrwe., t. iv, n. 9121; Regio Museo di Tnrino. in- 4°. Torino. 1882-1888. t. n, p. :n2, n. 7142; E. I.e liliuit. /-'diJc sur les sarcopimgcs cliretirns antiques de la ville d'Arles, in-l". l'aris, 1878, Inlrod.. p. XXIII ; K. IU\ilIiiut, ilans Revue éggplologique, lS,s:,, t. IV, p. 19, n. 2j; Loclorcq. au mot .\Mr. dans y>ic/i(imi.. 1. 1, col. 1529; cf. col. 2; G. l.clcl)vrr. Recueil, p. 121, n. 630.

IlTIIKiI'I

£'.; roi; otjva; a; tco wvojv 'Ja 25 TOI t,-:tj T/yi; : Ccoy,ç £:n t/,? vr,? ■r,^spa. 0 ■• avaTra'jaov çap (jj,oijOi,) : 'S : a-o [xafTU(pco)v ; 'j6 :

1. 1 : 6ç, TTXxtcov; x/ (de mciiic partout); 1. 13 : çiXavo;; 1. 1-1 : avwv: 1. 16: 6ç; 1. 17 : S'.Tocî'Jvt) : 1. 18 :

r/-,v So'JÀç; 1. 22 : Tif^i: 1. 23 : ûw; -"vt; 1. 27 : jjiapTU. 1. 5-(> : il faut supposer : tt,v SoùXr.v oou Iv zoXttoiç... ;

I. 10-11 : Ta Trpa/ÔévTa Xôycù: le lapicidc avait d'abord écrit Xoyav, qu'il a corrigé eu Xoyw: 1. 14 : l)cut-èlre faul-il lire zouiotiv au lieu de y.ou-/t7tv; 1. 22 : lire àvaf/.éXTiojxc'^ ; 1. 24 : le sigle final est évidemment qO, amen.

La grosre question est celle de la date; G. Lefebvre, .1 la suite d'un examen minutieux de l'original, a constaté l'existence certaine d'un Y, entre WIAPTY et 0, sous le double point; cet Y semble avoir été

ajouté après coup, de la manière suivante WIAPTY : 0-

Y La date est donc celle que proposait le perspicace I.etronne, soit 409 des Martyrs, qui équivaut à 692 de notre ère.

■ Dieu des esprits et de toute chair, toi qui détruis la mort et foules aux pieds le tombeau, toi qui donnes

la vie du monde, fais reposer ta servante l'âme

dans le sein d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, dans le lieu de la lumière, de la gloire et du rafraîchissement . Il est parti d'ici comme un guide et tout ce qu'il a fait est sans péché selon la volonté. Jésus! rois miréricordieux, toi qui es bon! toi qui aimes l'iiumanitc, pardonne! puisqu'il n'y a pas d'homme qui vive et ne pdchc pas! Toi seul, ô Dieu, tu es en dehors de toute faute, car tu es la justice même. Donne le repos à ta servante, l'âme de Tamer, évoque de Pachora, et, par la bonté de Dieu, à celles de tous les chrétiens de Pachora et la résurrection. Et à toi nous offrirons nos dons. Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, dans tous les siècles des siècles. Amen. Sa vie sur la terre fut de quatre-vingt-quatorze ans, soixante-dix jours. 11 s'est reposé le 4 de Pharmouthi, l'an 409 des Martyrs. »

On peut rapprocher des formules analogues et empruntées à la même source liturgique sur des inscriptions d'Assouan ^, de Colasucia ^ de Dongola ' et sur plusieurs autres inscriptions nubiennes dont la provenance précise n'est pas connue '. En particulier, le début : '1 Dieu des esprits et de toute chair, toi qui détruis la mort et foules aux pieds le trépas, toi qui as accordé la vie au monde... » se retrouve maintes fois ^ Xous avons déjà étudié ces inscriptions à réminiscences liturgiques (voir Dictionn., 1. 1, col. 1531-1537); aussi, malgré leur longueur inaccoutumée, ces textes nous apportent peu de chose d'utile. A Dongola nous rencontrons un M&PI [avov] APX(t)IVIANA(pi.Tr;V) « cl un MAPKOC APXI. .-.■?) •; parmi les inscriptions nubiennes de provcr.ance incertaine, un nCTPOC AIAK(ovoç) •; un MAPINOY nPCCBY- TÊPOY K(ai) NOMIKOY '. D'après Du Cange, le vojitjtôç serait quelque ohcsc comme le rnbriciste officiel, le rédacteur de Idrdo diocésain, ou encore un maître de chapelle. Sur des inscriptions d'époque

' G. Lefebvre, Recueil, p. 103, n. 504 — = Ibid:, p. 120, n. 635. — ' Ibid., p. 122, n. 641, 642. — ' Ibid., n. 645. 646, «47, 650, 656, 657, 658, 659, 664, 665, 666, 667. — ' Ibid., Ji. 635,636, 641, 642, 645, 646, 647, 664, 666, 667. — « Ibid.,

II, (Hl- — ' Ibid.. n. 64:î. — • Ibid.. n. 64 i\— ' Ibid., n. 651. — " Ibid., n. 664. — " Ibid., n. 665. — '= Ibid., n. 651. — " Ibid., n. 658. — " E. MiUer, Inscriptions grecques décou- J>erles en Egypte, dans la lieime archéologique, 1883, t. i, p. 203 (copie de G. Maspèro); W. E. Ci'uni,Cop(i'c monu-

tardivo nous rencontrons TTATTA TOCCINF " et ICOV enAPXOY NOBAÀ ", éparque des Nobadcs; son num abrégé ïu>u semble devoir se lire '£to(aNf«o)u, il mourut en 1007.

Une mention de la \icrge : -rov zuptou ViUoiv xai 1! -nr;i; Beotozo'j ■ ava-xocoj...'-; une invocation de début " :

- lYxe lAeoc

AY'THC THN YYXHN

ce qu'on doit hre : ir,<jou '/pioTî iXsoç ( = cX£o; et comprendre, sans doute : èXé/jcrov) r/;v <]>uy/i]-j etc. « Jésus-Christ, aie pitié d'elle... t., une invocation à la sainte Trinité " :

- Èv c.vô|jiaT'. |to-] ■j — aTpôç y.y.i ~o\ù\ 'jtoû y.y.1 TùO à'ào'j |tc-] vc'JfiXTOç, y.'jçi'.z, [i]- 'y vi-x'joov Tf.v v'-''/''i"

V -rfi So'jXy; ao'j 6îoS- OTV) ~rfi (xazapiotç èXér^aoy aù-rîjç xarà -b [xi- ■'X ëXetoi; aou, 6 Ocôç,

1 0 zal y.iL-à. tô — XtjBoi; tcô-

vvixTipfiov (jou èJiX-

l'iov TÔ àvoaiov aù-rî;-

z, y.aX £Xé'f,aov a-j-rîjç

à~o Tciv yzipSiV (JOU, x 15 7.1 OT'laov aÙTr,? èx Se-

^ixç oou èr.i ôpôvo Six- ■'

aicocjùvriÇ xal ttoSioo

V aÙT^ç, è-"i ilSaSoi; àvaTraùoEcoç. èx-

20 Tiiri-firi iy xuptco, à(j.r,v. XpiCTTOÛ (xapîa ycvva, à(ir)v. f, TrpÔTT, •J) 7)fx.épa àîToÔâvo-

V T^v ccj—rfi oajjiev- 2j (û6 là viiiépa y' èttî t

àç ^ Tjjiépaç xarà nz-

X'/)V/5 xç' eiv/Èv ÈpïjVY) q6.

I. 7-13 : début du ps. l. Miserere mci. a'jzr^q au lieu de (xoû; 1. 11 : tcôv olxTipfxôJv; 1. 12 : tô àvôjjioiov, «le péché »:1. 15 : UrexTÎaov; 1. 16 : hre 6p6wj;l. 17etlS: lire TcÔTiaov et uSxtoç; 1. 23 : hre aTToGavcôv avec une faute d'accord; 1. 27 : peut-être Etv(ai) èv sîpïivr].

« .\u nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Seigneurl laisse reposer l'âme de ta servante la bienheureuse Théodète; prends pitié d'elle suivant ta grande miséricorde, ô Dieu, et selon la multitude de tes commisérations, efface les injustices et prends pitié d'elle avec tes mains et abreuve-la avec l'eau du repos. Elle s'est endormie dans le Seigneur. .\men. Marie, mère du Christ. Amen. Le premier jour de sa mort, le 11 de Phaménôt, le 3' jour des 7 [jours (de la semaine)], le 26= du mois lunaire. En paix. .\men. •

Provenance inconnue, calcaire blanc, 0 m. 47 de liant, sur 0 m. 245 de large.

Malgré l'absence de tout indice chronologique, il est intéressant de relever sur un rocher, à un quart d'heure de Primis parva, aujourd'hui Ibrini, un graffile

ments, in-l". Caire, 1901, p. 91, n. 8397 (incomplètement); E. Rc\illout, Les prières pour les moris dans Vépigraphie égijplienne, dans Bévue fguptologiqitc. 1885, t. iv, P- 10; note 5; G. Lefebvre, Inscriptions chrétiennes du Musée du Caire, dans liuttctin de l'Institut français d'archéologie orientale au Caire, 1903, t. m, p. 77. n. 19; H. I.cclcrcq, dans Dictionn., t. i, col. 1693-1694: G. Lefeb>Tc. Recueil, des inscripl. gr.-chràl. d'Ugyptc, p. 218, n. 663; Musée Ju Caire n. .s:î07.

623 ETHIOPIE — ETIENNE -MARTYRE ET SEPULTURE DE SAINT; 62

qui ajoute un nom à une liste épiscopale inconnue ' :

erCO XAHA[

IKOAAOY

eniCKconoY

- MHTPOnOYA[oTOj nAXCOMIOY Sur le même rocher, on lit encore : c7o> ijcaptav-: et syco TiauXou -.

A Semneh, dans le temple, quelques grafTites - ;

1) Koxv/;; a8av(jio'j

2) vx.A v'-xcùXotco;

3) |j,T.yaï;X

4) avxi.TO: .'"

- Cl»

« Jean, Athanase, Nicolas, Nicolas, Michel, Agaitos (diacre?). »

AEssaboua,une inscription peinte dans une niche d'un temple égyptien, autour d'une figure de saint Pierre :

n Anoc

e , , ,, TAOY

et nimbé tenant "^ une clef

A Méroc (= Assour), sur les pyramides, CaiUaud dit qu'a on trouve deux fois le nom de Gabriel, ceux de Michel, accompagné de la date du 14 de Méchir. Jésus-Christ. Israël, plusieurs nonv. d'évêques, un autre nom de Michel, etc. ■■.

Page 1