XVII. Recensions de la relation du prêtre Lucien
XVIII. Recensions A et B. XIX. Textes grecs. XX. Version syriaque. XXI. Récit de Lucien. XXII. Première vision. XXIII. Deuxième vision. XXIV. Troisième vision. XXV. Vision de Megcthios. XXVI. Uécouvertc des reliques. XXVII. Envoi de reliques XXVIII. Date de la lettre de Lucien. XXIX. Dispersion des reliques. XXX. Translation du corps à Sion. XXXI. Trois centres de culte. XXXII. Rien jusqu'en 41.'). XXXIH. Basilique au nord dès l'année 438. XXXIV. Vie de Pierre l'Ibère. XXXV. Pseudo- Basile de Séleucic. XXXVI. Théodose. XXXVII. Pscudo-Antonin de Plaisance. XXXVIII. Le Breviarium. XXXIX. Passion de LX martyrs. XL. Arculfe. .\I.I. Bèdc. XLII. Willibald. XI.III. Le Commemoratoriiim de casis Dei. XL IV. Le moine
pi. xc.ix, n. 512, 543, 545; Corp. inscr. ynec., f. IV, n. 8950 b, 8950 c; G. Lcfcbvrc, Recueil, n. 637, 638. 639. — • Cnlllaud. Vouagc à Mfroé fait pendant les années ISI9-1812, In-S''. Paris, 1826, 1828, t. m, p. 373; G. I.clolivrc, Recueil, ii. 611.
ETIENNE (MARTYRE ET SÉIMLTIRE DE SAINT
Bernard. XLV. Albert d'Aix. XLVI. Higoumùnc Daniel. XLVII. Séowulf. XLVIII. Ruine. XLIX. .\nonyme. L. Jean de Wiirzbourg. LI. Chanson do Charlcmagnc. LIT. Anonvnie. LUI. Plans de .lérusalem. LIV. Bulle. LV. Plan. LVI. Ernoul. LVII. WiUebrand et Thietmar. lA'III. Pèlerins. LIX. Burchard. LX. Conclusion. LXI. Fouilles en 1882. LXII. En 1S83. LXIII. En 18.«5. LXIV. En 1887. LXV. Tradition de l'est. I.XVI. Baoul de Cacn. LXVII. Pliocas. LXVIII. Perdiccas. LXIX. Ricoldo. I.XX. Marino Sanuto. LXXI. Ouaresmius. LXXII. Denis Possot. LXXIII. Inscription de Bersabée. LXXIS'. Discussion. LXXV. Conclusion.
I. Élection d'Etienne. — On vote très peu en Orient, pays d'arbitraire en haut, de servilité en bas; in Grèce, au contraire, la convocation du peuple et sa consultation officielle sont Iréquentes. L'institution du rouage électif dans la communauté de Jérusalem constituait une nouveauté remarquable; c'était un premier recul infligé à l'élément judaïque, que l'obligation d'admettre un procédé étranger et par conséquent suspect à ses yeux, comme c'était un premier succès obtenu par l'clcmcnt hellénique que l'adoption d'une méthode différente de celles en honneur chez les judaïsants. Le christianisme naissant, loin de se confiner parmi ces derniers, recrutait partout ses adeptes ; ainsi se développaient rapidement deux partis ferv-ents dans la foi, sans y rien sacrifier de leurs opinions. De là des chicanes et des oppositions, vite envenimées jusqu'aux incorrections el aux revendications acerbes. <■ En ce temps-là, nou.s apprennent les Actes, il s'éleva un murmure de.s Juifs hellénistes contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient méprisées dans la dispensation de ce qui se donnait chaque jour '. » On entrevoit la nature du conflit : chaque jour, une distribution confiée à des chrétiens judaïsants aboutit à frustrer leurs frères d'origine ou de culture hellénique d'une partie de ce qui leur revient de droit. Ce désordre aura pu se prolonger quelque temps, mais les hellénistes, fatigués de jouer le rôle de dupes, se sont comptés, ont fait valoir leur grief et déteiTniné un mouvement d'opinion assez vif pour imposer l'intervention des apôtres. Ceux-ci, ayant l'intelligence de leur rôle spirituel, refusent de s'assujettir en personne à la surveillance des distributions : afin toutefois d'en garantir l'impartialité, ils autorisent la création d'un corps d'auxiliaires temporels et acceptent que la désignation des titulaires soit faite par voie d'élection. D'après l'indice fourni par l'onomastique des nouveaux élus = appelés à remplacer l'ancienne administration, les deux partis adverses furent représentés par sept diacres, parmi lesquels tous étaient juifs de naissance, sauf un prosélyte; rien ne permet d'induire qu'ils fussent hellénistes, mais le premier élu et le plus signalé, Etienne, l'était certainement.
II. Succès et scandale de s.\ prédication. — Choisis pour veiller aux distributions, ces élus ne furent pas seulement des administrateurs, puisque, peu de temps après l'imposition des mains à eux faite par les apôtres ', nous voyons Etienne se livrer à la prédication ', Philippe conférer le sacrement de
' .\ct., VI, 1. — ' Etienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, Nicolas. — ' Act.,vi,5. — * Act., vi, 10. — '.\ct.,vi,5C. — «Act., VI, S. — ' .\ct., VI, 9. — «Le Talraud de Jérusalem , Megilîa, fol. 73 rf, porte ce nombre *i quatre cent quatre-vingts; on n'est malheureusement pas en mesure de contrôler ces chiffres ; cf. M. Scliwal), Le Talmiul de Jérusalem, in-8°, Paris, 1883, t. vi, p. 235 sq. — » II semble quece soit le cas pour.\ct.,vi,9 : les affrancliis. qui sont d'origine romaine, paraissent appartenir à la même synagogue que ceux de Cyrène et ceux d'.\Icxandrie. Une autre fraction est formée par ceux de Cilicie et d'.^sie. — '" E. Schurcr, Gescli. d. Jnd.,
baptême '. « Etienne, nous dit-on, étant plein de grâce et de force, faisait de grands prodiges et de grands miracles parmi le peuple ' :, et le succès de sa prédication fut tel que, peu de temps après, tout l'effort de la controverse se concentra sur lui. Ce fut une véritable coalition. « On vnt s'élever contre lui quelques habitués de la synogogue, des affranchis, des CyTénéens, des Alexandrins, Ciliciens et Asiates, controversant avec Etienne, et ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'esprit par qui il parlait'. Jérusalem possédait un grand nombre de synagogues ", dans lesquelles les gens d'origine Israélite venus de Syrie. d'Asie Mineure, d'Egypte ou de Cyrène se réunissaient d'autant plus facilement qu'ils habitaient, dans la ville sainte, des quartiers distincts dans lesquels ils formaient des agglomérations à peu près isolées. Des liens créés par la communauté de vues ou d'origine rapprochaient ji.irfois deux ou plusieurs svTiagogues '. Etienne \-it se soulever contre lui les afiranchis, c'est-à-dire les Juifs de Rome emmenés en captivité par Pompée et rendus à la liberté, ou leurs descendants ". Ceux de Cyrène et ceux d'Alexandrie, ceux de Cilicie et ceux il'Asie faisaient cause commune avec les premiers. Quelle pouvait être la cause de ce soulèvement?
III. L'universalité de la rédemption. — Etienne était un novateur qui, le prem.ier probablement, et avant saint Paul lui-même, posa la question vilalf pour l'avenir de l'Église chrétienne de l'universalité de la rédemption par Jésus-Christ. Dès que le mouvement de conversions eut fait agréger à la communauté de Jérusalem un contingent d'hellénistes et de prosélytes, une question se posa, celle de la conduite à tenir à l'égard des gentils qui solliciteraient leur admission. Les apôtres eurent alors à envisager ce problème : i' L'Église resterait-elle une secte juive, la forme la plus parfaite, il est vrai, du mosaisnie, mais exclusivement réservée à la nationalité juive et à ceux qui adopteraient celte nationalité? ou bien s'ouvrirait elle sans restriction aux gentils, ayant, selon les intentions du divin Maître, le caractère absolument nouveau de religion universelle, dans laquelle s'efTacent les pratiques locales, temporaires, nationales, qui l'auraient à jamais retenue dans le monde juif " ? Retardée longtemps, la solution de ce problème soulèvera à quelques années de l'époque où nous sommes un conflit délicat et de vives discussions; peut-être les eût-on évitées si Etienne eût vécu. Avec une perspicacité et une vigueur méritoires, Etienne se déclarait avant tout le monde, semble-t-il, l'adversaire des rites mosaïques imposés aux gentils. Lui disparu, l'Éghse de Jérusalem, ■ déviant de son esprit primitif '- », s'attacha à maintenir les formes judaïques comme faisant partie essentielle du christianisme. Par sa doctrine universaliste, Etienne avait choqué sans doute bien des fidèles, mais même des Juifs qui. tout en demeurant attachés à la synagogue, ne s'interdisaient pas d'observer le mouvement et de discuter les opinions de la secte chrétienne, opinions d'autant plus passionnantes pour eux que le problème que se posaient les fidèles existait aussi au sein du judaïsme ". Il existait, non parmi les Pharisiens ", mais parmi les Hellénistes, plus conciliants, ce qui les engageait à peu
2' cdit., t. v /), ]). 359. II n'y a pa^lieu de s'arrfter à l'explication qui faisait des .\;êef Tivwv,les Juifs de Libertum, dans l'Afrique proconsulaire. La communauté juive de Pome. formée en grande partie d'affranchis, était habituellcmenl ainsi désignée. — " J. Thomas, L'Église et les judaïsants à l'âge apostolique, dans Mélanges d'histoire et de litléralure religieuse. in-12,Paris,1899,p. 6. — '= C. Fouard, Sainf Paul. Ses missions,'m-12. Paris, 1894, p. G9. - " J.M.Ljignmgc, Saint Etienne ri son sanctuaire à Jérusalem, in-S», Paris, ISOl, p. l-l. — " Parmi ceux-ciledouten'était même pas soulevé; les gentils n'avaient pas de place à espérer dans la religion du vTal Dieu.
ETIENNE (MARTYRE ET SEPILTURE DE SAINT
<le cliose. Ils voulaient bien admettre les gentils an royaume de Dieu, mais à condition de les incorporer à Israël; encore devaient-ils y conserver une position inférieure à celle des fils de la race. Les enfants d'Abraham étaient les seuls purs, les seuls agréables à Dieu. Tout ce que les païens convertis pouvaient espérer, c'était une participation à ces faveurs réservées: en aucun cas, on ne pouvait supposer que la loi fût abrogée, ou que le temple pût cesser d'être le seul lieu du culte légitime dû au vrai Dieu '. On juge facilement, dès lors, quel révolutionnaire redoutable Etienne dut être aux yeux de ce parli, avec quelle ardeur il lut contredit et combattu.
IV. Abolition du jvdmsme. — On reprochait à Etienne de dire que le Temple serait remplacé et la loi de Moïse changée: or « le Temple était à la fois la tète et le cœur de la nation : c'était le centre spirituel et profane, non seulement des Juifs de la Palestine, mais de tous les fidèles répandus en Asie, en Egypte, à Athènes et à Rome, ardents prosélytes que le retour des grandes solennités ramenait périodiquement à Jérusalem. Là se rencontraient la vie religieuse et civile, le mouvement des affaires et des idées, la politique et l'ccole, la liturgie et le commerce -. » Et tout cela devait disparaître I Une telle perspective, ou jilutôt une telle menace était sacrilège au jugement «les fanatiques et même au jugement des esprits les plus droits et les plus ouverts. Un de ceux-ci, et qui se montrait parmi les plus acharnés, suffirait à faire juger de l'impression produite et du scandale causé, c'était l'apôtre saint Paul '\
"V. Accomplissement des prophéties. — Le crime insupportable d'Etienne ne consistait pas à avoir tort, mais à avoir raison. Pour ces contradicteurs, instruits, autant cjue lui-même, dans la science des Livres saints, la menace présente n'était que l'écho des prophéties qui annonçaient clairement que le Temple ne serait pas toujours l'unique heu des sacrifices. « Du lever du soleil à son coucher, avait annoncé Malachie, mon nom est grand parmi les gentils, et en tous lieux on offre l'encens en mon nom et un pur sacrifice de fai'inc, car mon nom est grand parmi les nations *. » Isaïe avait déclaré que les païens « en ce jour » seraient associés plutôt qu'incorporés à Israël pour jouir de la rédemption. Égj'ptiens et Assyriens, ces deux types des puissances ennemies de Dieu, devaient être mis au même rang que le peuple élu dans les témoignages de la miséricorde divine : < En ce jour, Israël fera troisième avec l'Egypte et .\ssur; béni soit mon peuple d'Egypte, Assur œuvre de mes mains, et mon héritage Israël ". » Les Écritures déposaient donc en faveur d'Élienne; aussi ses contradicteurs « ne pouvaient résister à la sagesse et à l'Espril en qui il parlait». En lisant son apologie, nous jiouvons deviner quelque chose de ses prédications victorieuses. Il leur disait, sans doute, que leur rôle était plus considérable qu'ils ne le soupçonnaient eux-mêmes, mais qu'il fallait pour le remplir renoncer à tout exclusivisme, à tout privilège. Pareil renoncement cnta-
' J. Laginngc, op. cil., p. 14. — = M. de Yogiié, l.c Temple de Jfriisa/cni, in loi., Paris, 18G4. p. .58. — ° Paul, bien qu'ayant passé, dit-on, par l'école de Gamaliel le Vieux, homme libéra], éclairé, assez disposé à tout écouter, sinon à tout dire, n'y avait guère puisé l'esprit (Je modération. Il ne s'en cache pos plus tard, disant de lui-même: itpos/.oîtTov iv -iti 'l(i\.6ai<i[joi •JrÈp îto"/.).Oj; i-jvr,'/ •.y.KÙTa; èv toi -févei (lo-J, iteptaoor^pw; ;r."/,(i)Tri; •jTtip/m/ Tiir/ ita-pcziTiv nou rapïôôffroiv. Gai., i, 1t. Dans cette atmosphère brûlante de .Jérusalem, Paul arriva à un degré extrême de f.nnatismc ; c'est par là qu'il nijus apparaît rcprèsentatil d'une partie de la société conteiuporainc dans l'épisode d'f^licnnc. Paul se trouva tout iialurellcuicnt engagé dans le jeune parti pliurisicu, rigoriste et intransigeant, qui, sous prètcvtc <l'att.nclienient au passé national, se laissait ciitiaincr au.\ derniers excès. —
mail la base du judaïsnic même, fondé sur la scicclion et la distinction: c'était donc l'existence du judaïsme qui se trouvait menacée et par un discoureur irréfutable. Comme il arrive souvent en pareil cas, les controversisles vaincus, ne pouvant confondre l'argumentation, prirent le parti de supprimer l'argtimentateur.
VI. Juridiction du sanhédrin. — Perturbateur sacrilège, niant les privilèges d'Israël, mettant ses destinées en question, Etienne relevait dès lors d'un tribunal judiciaire et théocratique; le sanhédrin, sous la présidence du grand-jMêtre, remplissait ces conditions ". Cependant le sanhédrin n'était qu'un simple tribunal; « mais lorsque l'esprit public donne sa confiance à un grand corps judiciaire, il le pousse à sortir de son domaine propre pour envahir les fonctions publiques. La royauté précaire d'Archélaiis a>ant disparu, le gouvernement, à vrai dire, était romain, mais le sanhédrin devint le foyer de toutes les aspirations à l'indépendance, et le peuple ne lui marchandait pas sa confiance '. » Dès l'instant où la perte d'Etienne fut résolue, on n'eut pas beaucoup à se préoccuper de trouver des juges synipatliiques aux accusateurs. Comme la plupart des assemblées, le sanhédrin subissait vraisemblablement l'influence de son président : à l'époque de la mort d'Etienne, le nom de ce président ne nous est pas connu, aussi est-ce à tort qu'on a prononcé le nom de Gamaliel. Le récit de l'invention des reliques d'Etienne nous montrera Gamaliel sous un jour bien dilïérent de celui sous lequel le Talmud nous le présente, en contradiction d'ailleurs avec l'Écriture et Flavius Josèphe •. Gamaliel faisait partie du sanhédrin, il y jouissait d'une grande influence": nous ne pouvons rien dire de plus '".
VII. Son ABUS DE POUVOIR. — Comment le sanhédrin fut-il saisi de l'affaire d'Etienne? Dans cette affaire, avons-nous dit, « ce sont les pharisiens qui remuent le peuple, les docteurs et les anciens. Les sadducéens paraissent avoir pris peu d'intérêt à cette allairc dans le début. Imbus d'idées étrangères, ils n'auraient pas diï être hostiles à Etienne, défenseur des hellénistes. Mais ils formaient une sorte de parti conservateur matérialiste, ennemi de tout mouvement d'idées qui pouvait menacer sa situation politique. D'ailleurs, ils étaient rudes en justice, toujours prêts à sévir, surtout quand il s'agissait des disciples du Christ. Grâce il la sympathie des pharisiens, à la pression populaire, à la dureté des prêtres et des scribes, les menem'S étaient siirs de trouver dans ce tribunal si divisé une majorité décidée à voter la peine de mort. Mais en avait-elle le droit, et ne fallait-il pas compter avec la puissance romaine qui s'était réservé le droit de glaive"? N'avait-on pas vu la rage des ennemis de Jésus impuissante aie frapper tant que le gouverneur romain avait opposé son veto "? »Pom- frapper lit ienne, rien de semblable ne s'est passé: l'autorité juive est seule en cause, l'administration romaine ne se laisse entrevoir ni pour seconder l'action répressive du sanhédrin, ni pour l'enlravcr, ni pour l'empêcher.
• Mal., T, 11. — ■• Is., XIX, 1. — ' 1"I. Josèphe, .IndV,. ;ui/., I. XX, c. .\; C'on/r. Appion., II, 21. — " .1. Lagiange, <i;i. cit., p. 23. — • Ihid., p. 24. — "Il s'en servit pour cnipôchcr la condamnation des apôtres. .\ct.. v, :i4-:!!). — '"(^aïphe tut déposé par Lucius Vitcllius, l'an 30, peu de temps après la disgrâce de Pilatc. Anliq. jud., 1. XVIII. c. iv, n. 3; il eut pour successeur .lonatlian, lits do Ilunan. et :> .lou:ittmn succéda son frère Tliéophilc. .4n(ii7. /i»/.. I. XVIII, e. v, n. 3; celui-ci se maintint jus(|u'cn l'an ILi. Nous siivuus que Lucius Vilollius vint :\ Jérusalem pour Iii [élc de Piiqucs de l'an 30; il fut reçu avec transports, et ccpeudnnt il 6tu le pontirical à Caiphr pour le donner ù .hmatliau. No serait-ce (las poui' avoir convoqué le sanhédi-in. sans l'aveu du {.-rocuratcur. dans l'alTaire fri'Uienne (pii comportait une cjueslion de vie et de mort. - " .1. I.agrauge. o;i. i il., p. 20.
ETIENNE (MARTYRE ET SEIMLTUHE DE SAINT
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D'où vient et comment s'explique cet clïaccnicnt d'un pouvoir si jaloux d'ordinaire de s'affirmer et qui n'avait qu'un mot à dire, un gcsle à faire, pour réduire toute cette efîcrvescenee sous l'ordre légal? L'histoire de la province de Judée nous permet de répondre à cette question.
VIII. Situation politique de la Judée. ■ — La situation politique de l'empire était alors assez troublée et l'étal de la province de Judée ne l'était guère moins. Devant la difficulté d'établir la chronologie certaine des événements qui marquèrent les premières années du christianisme, nous ne pouvons décider si. au temps de la mort d'Etienne, Ponce- Pilale était encore procurateur de Judée ou si la disgrâce l'avait déjà frappé. Quoi qu'il en soit, à supposer qu'il détînt encore le pouvoir, son autorité était alors purement nominale. Ce qui est plus vraisemblable, le voici. En l'an 35, Ponce-Pilate, s'étant rendu odieux ])ar de féroces répressions, d'autre part, s'étant déconsidéré par de malencontreuses concessions, reçut de Lucius Vitellius, proconsul de Syrie, l'ordre d'aller se justifier devant le tribunal de Tibère. Pilate fut remplacé par Marcellus '. Les pouvoirs restreints dont celui-ci disposait ne lui permettaient pas de maintenir par une politique vigoureuse le protectorat de Rome contre les empiétements du sanhédrin, toujours alerte à profiter des circonstances pour ressaisir une parcelle quelconque de la puissance dont il avait été dépossédé, toujours prêt à violer la défense de « faire mourir personne ^». Or, on savait le proconsul de Syrie bien disposé; de plus, il était loin; cette modération et cet élolgnement persuadèrent aux ambitieux que le moment était propice pour tenter quelque entreprise; les Juifs eurent un instant l'illusion de la liberté. Nous croyons donc que c'est peu après la disgrâce de Pilate qu'il faut placer le jugement d'Etienne : on était en l'an 35 ou en l'an 3(5, le jour est inconnu '.