‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 170 sur 331 · Munich, lat. 29155 d. Fragments d'un évangile de Jean · texte numérisé non relu

Munich, lat. 29155 d. Fragments d'un évangile de Jean

94. Nancy, Trésor de la cathédrale, 0 m. 305 x 0 m. 22, de 227 feuillets. Évangiles de saint Gauzelin. Un des plus beaux manuscrits qui aient jamais été écrits. Les quatre premières pages forment un cahier à part; elles sont écrites en capitale rustique, en blanc sur pourpre foncé, dans un cadre de couleur pourjire bleuâtre, jaune et rouge, fleuronné aux coins. Fol. 1, autour d'une figure représentant une sorte de colTre, peut-être l'enveloppe d'un livre :

Hic liber est vitœ, hic fons et origo libroruni Unde jluil quicquid q[uisqu]is in orbe sapil.

Fol. 1 v° et 2 : Similitudo hominis in cis, huit distiques. — Fol. 2 v°, le chrisme entre quatre figures paraissant représenter des livres (la lettre L se lit sur celle de droite en haut) :

Quattuor hic rutilant uno de fonte flaenles. Fol. 3 v°, argent sur deux bandes de pourpre : Qualtuor hic rutilant uno de fonte fluenles Matthei, Marci, Lucœ libri alque Johnnnes.

Au milieu, dans un losange or et noir, fleuronné aux coins, f.'^gneau (en or teinté de rouge) avec le nimbe croisé et les instruments de la Passion, entouré d'un cercle d'argent. A l'entour, les figures des quatre animaux. Aux angles, en dehors, les figures des quatre grands prophètes; deux séraphins aux angles de droite et de gauche du losange. Cette peinture est dans le style de la « première bible de Charles le Chauve ». — Fol. 9-12, canons. Les ornements sont dans le style des manuscrits de Tours; fol. 18 v", à l'intérieur d'un cadre vert et pourpre, dans une auréole verte, Matthieu, très petit, assis, et l'ange en haut. Entre les deux :

Hoc Matlheus agens hominem gencraliter implet.

Sur les deux côtés, deux arbres. En haut et en bas, en capitale rustique d'or, cinq vers alexandrins : Malthcus ex sacro lotus spiramine fretus...

.\u milieu de l'argument de saint Marc, on voit un double feuillet pourpré cousu après coup au milieu du cahier. On y lit en blanc les mots : Quattuor faciès uni et quattuor penniv uni, suivis de huit distiques :

Matthei, Marci, I.ucœ sanctique Johannis Nos cogil scema jilura thalia loqui...

Explicuerunt rersus in sanclum evangeliuni Marci féliciter APNAAAQ IOBHN0H...

I.'onciale de l'école de Tours, successivement d'or, d'argent, rouge et noire, apparaît dans les préliminaires des évangiles; la semi-onciale de Tours, très grande et très belle, se voit en or, dans la préface de saint Jérôme, en noir dans l'épître à Carpien qui suit les canons, et dans les arguments des Évangiles.

DICT. d'aRCH. CHRÉT.

I^e texte en minuscule ordinaire de Tours. Pas de divi.sions, les chapitres Sont marqués en marge de la 1'" main. Les sommaires sont les mêmes qu'on voit ordinairement dans les mss de Tours. Ce ms. aurait appartenu à saint Gauzelin, évêque de Toul (922-962); sur le scribe Arnaud, voir S. Berger, p. 249. — A. Digot, Notice sur l'cvangéliaire, le calice et la patène de saint Gozlin, cvêque de Toul, dans Bulletin monumental 1846, t. .XII, p. 507; A. Digot, Notice sur l'évangéliaire, le calice cl la patène de saint Gauzlin, éuêqus de Toul (i 962), dans Bulletin de la Société d'archéologie lorraine, 1851, t. ii, p. 3, fig.; A. Darcel. LWvangéliaire de saint Gauzlin, dans Bulletin monumental, 1875, t. XLi, p. 583; E. Auguin, Monographie de la cathédrale de Nancii, in-4'', Nancy, 1882, p. 284, 309, pi. i, xn-xvi; A. Darcel, Exposition rétrospective de l'art français au Trocadéro, 1890, p. 13 ; S. Berger, op. cit., p. 247-249, 255, 258, 396.

95. Noroy, cathédrale, 0 m. 25 /, 0 m. 20, écrit à pleine page, en minuscule. Ce volume a été l'objet et la victime d'une description en style romantique, par M.E. Muller,d'où il n'y a rien à tirer. D'après les croquis qui accompagnent ce galimatias, c'est un évangéhaire de la fin du ix^ siècle; il s'ouvre par des canons, contient les figures des quatre évangélistes avec leurs symboles. Le début de chaque livre est en majuscule. Le texte des deux généalogies est surmonté de neumes. Le volume a appartenu à l'abbaye de Morienval. Reliure ornée. — E. Muller, Évangéliaire de la cathédrale de Noyon, dans Congrès des Sociétés savantes, 1868, dans Comité archéologique de Noyon 1868, t. m, p. 344-348; 1872, t. iv, p. 309; Evangéliaire de la cathédrale de Noyon, 111-8°, Noyon, 1872; tirage à part du Comité archéologique de Noyon. Comptes rendus et mémoires lus aux séances, 1872, t. iv, p. 309-333 et 8 pi. ; Eni. .Molinier, L' Évangéliaire de l'abbaye de Morienval, conservé à la cathédrale de Noyon, dans Fondation Piot, Monuments et Mémoires 1895, t. ii, p. 215-226, pi. XXVI et xxvii (n'étudie que la couverture); A. Bouillet, L'art religieux et l'exposition rétrospective du Petit Palais en 1900, dans Bulletin monumental, 1901, t. lxv, p. 138; A. Boinet, L'évangéliaire de Morienval à la cathédrale de Noyon, dans Congrès archéologique de France, 1905, t. lxxii, p. 637-650; E. Muller, Quelques remarques sur l'évangéliaire de la cathédrale de Noyon, au point de vue de la paléographie el de la déclamation liturgique, dans Comité archéologique et historique de Noyon. Comptes rendus et mémoires lus aux séances, 1904, t. xix. p. 239-246.

9-3. NVREilBERd. Musée germanique, 27932 (et bibliothèque Picrpont Morgan, appendice I; olim : Libri, 16387). Fragments d' évangéliaire (o/im, Nuremberg, chez la famille de Kress). — [ G. Libri] Catalogue de la partie réservée de la collection Libri, 1862, p. 45; Monuments inédits, ou peu connus, faisant partie du cabinet de Guillaume Libri, 111-4° London, 1862, pi. Lviii (et m); \V. Wattenbach, Bruchslûcl; einer Evangclienhandschrifl des vi Jahrhunderts im germanischen Muséum, dans .\nzeiger fiir Kundc der deutscheii Vorzeit, 1873, p. 301 sq.: B. Dombart, Ueber den Codex Norimbergensis. dans Zeitschrifl fiir wissensehaftliche Théologie, 1 S81 . t. xxiv, p. 455-481, 51 1 sq. ; M. Zucker, Wiichcr Zeit gehôrcn die laleinischen Evangelienfragmente des Germanischen Muséums an? dans Anzeiger fiir Kunde der deutschen Vorzeit, 1882, p. 33-43; W. Wcissbrodt, De codiee Cremifanensi millenario et de fragmentis evangcliorum Vindobonensibus, n. 3S3 (Salisb., 400) Nvrimbergensibus 71. 27932 commcntatio.par^ I.Braunsberg, 1887, p. 4-17; M. Zucker, Fragmente zweier karolingischer Evangeliarien in Niirnberg und Miinchen und der Codex millenarius in Kremsmiinster, dans Repertorium der

ÉVANGÉLIAfRE

KanstwissenschafI, 1892, t. xv, p. 26-36, 434 sq.; [M. R. James], Catalogue of manuscripts and early printed books... now forming porlion of the library of J. Pierpon? jlforffan. Manuscripts, London, 1906, p. 179-184. 97. Œttiage.x. — Wattembach, Sur un évangéliaire ù miniatures d'origine irlandaise dans la biblio-

épais, teint en pourpre de diverses nuances. L'écriture est une belle onciale d'or. Les initiales de chaque section sont placées dans le cadre de la colonne. Lorsque le rejet n'est que d'un mot, à la fin d'une section, il est pris sur la ligne suivante, sans alinéa : la première ligne des sections envoie souvent un rejet

litiiK

U. . iJ'aprcs \. .Micliel, IJ isloirc de l'arl. t. i. Ii(>. 17.S.

théque. princiirc d'Œltingcn-WallersIcin, dans Revue celtique, 1870, 1. 1, p. 27-31.

98. 0.s\\j:(jo (État de New-York). Th. Irwin's library, ICvangéliairc de Hamilton, 2âl. Sur la garde : ■= Douglas et Lyderdale. 1.300. Londini. 1747. • 0 ni. 37 ,: 0 m. 27, à deux colonnes de 30 lignes; hauteur de la colonne : 272 mm., largeur : 70 sans les initiales; entre-deux : 3(i mm., de 144 feuillets, parchemin

sur le blanc de la ligne qui précède. On voit, à la fin des lignes, un trait sur la lettre, pour m et n, et les abréviations ncs, is, tus, tur, ceni; dans le texte, es est marqué par e surmonté à droite d'un s; dans saint Jean, on remarque deux fois l'abréviation prr et deux fois e surmonté d'un trait, pour est. l.'V majuscule est formé à droite d'une hasie qui descend en se recourbant coinnic dans V\ cl. à gauche, il alTccle

EVANGELIAIUE

la courbure rentrante de l'écu allemand; l'U oncial a parfois une forme à peu prés semblable. L'A est formé à gauche d'un trait long, accompagné à l'intérieur d'un crochet; on voit quelques A semilunaires, formés de deux C et non fermés par en haut;

première main, on remarque des s minuscules et un d minuscule. La ponctuation est marquée par un point, placé indifféremment en haut ou en bas de la ligne; on voit aussi le point et virgule, le même signe renversé et trois espèces di- points d'interrogation.

= Évangiles de François II. > D'après Vcntiiri, Sluria deW artc, t. ii, flg. 228.

à la fm d'une Ugne,dans saint Luc, on voit unacursif. L, F et le G sont parfois accompagnés dans saint Luc d'une queue recourbée; dans saint Marc l'E est fermé, tandis qu'il est ouvert dans saint Matthieu; les E fermés continuent dans le reste du manuscrit; mais dans les incipii et les explicit, le scribe revient aux e ouverts. Le B est ouvert par en bas, la queue du P se prolonge parfois en un filament légèrement recourbé. .E est marque par un E cédille. Dans les corrections de la

De tout ce qui précède, il semble résulter que le manuscrit ait été écrit par plusieurs mains et que chaque évangile a été copié à part. Des feuillets ont été coupés avant ou après chaque évangile. Rcglure à la pointe, en creux à la première et à la dernière page de chaque caliier. Titres courants en onciale ou en capitale rustique d'or, au début et à la fin des cahiers, dans S. Matthieu, au premier feuillet de S. Marc et aux sept premiers feuillets de S. Jean. Ni

ÉYANGELIAIRE

Page 1