III. Vicit leo de tribu Juda, radix David
Sic tamen quando hoc episcopus dicit. aui alias sacerdos qui interfuerit, manu crucem facit contra occidentem : el paululum inler capitulum panselur. Statim tamen cum ille explicuerit, diaconus cum clericis inponit recitando hos cxorcismos : suivent trois pages in-quarto, l'exorcisme terminé par une oraison '.
Parmi ces anciens rituels nous trouvons dans celui
•1247. - Ivoire provinant d'une reliun . D'après Gaxette archéologique, 1884, t. ix, pi. 6
de l'abbaye de Jumièges, conservé ù la bibliothèque de Rouen, et qui paraît remonter jusqu'.'i l'époque de l'abbé Thierry (101 1-1 028), un grand nombre d'oraisons applicables aux circonstances les plus habituelles de la vie : contre la foudre, pour se faire la barbe, pour bénir les lieux monastiques, les vêtements sacerdotaux et, au milieu de ces prières d'un usage courant, il s'en
Autre emploi dans le Missel de Stowe, èdlt. Warren. The llturgii and ritual o/ the Celtic Cluireh, 1881. p. 207 : per hnr signum cruris quod tu, diabule, niinqunm (ainlehis) designare. — ' M. Fèrotin, Le J.iber ordinum en usage dansl'Église wisigolhlqiic et mozarabe d'Espagne du V nu XI' siMe. In-t, Paris, 1904, dans .Mnnumenla Ecelesine liiurgica, t. v, p. 74-80.
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EXORCISME. EXORCISTE
trouve une pour l'exorcisme des vases découverts dans les constructions antiques ' :
Oralio saper vasa in loco anliquo reperla. Omnipolens sempilerne Deus, iiisere te ofpciis nostris cl hiec {hoc) vascula (...um) arte fabricala (...iim) genlilium,sublimilalis lux polenlia ila emundare digneris, ul. omni inunundilia depulsa, sini (si/) fidelibus luis lempore pacis atqac Iranquillilalis ulendu (...um). Per Chrislum...
Vn manuscrit du fonds Libri conservé à la Laurentienne de Florence (n. 188), fol. 47-48, renferme des remartpjes sur les croyances supertitieuses auxquelles donnaient lieu les sujets gravés sur les pierres antiques, et à la suite la prière à réciter pour exorciser ces gemmes précieuses du caractère païen dont elles étaient pénétrées '.
Les monuments figurés nous offrent quelques représentations d'exorcistes. Le sacramentaire d'Autun (voir Dicl., t. i, au mot Autun, col. 3204, pi. hors texte), nous montre au fol. 1 V une peinture représentant les ordres majeurs et les ordres mineurs ^. Dans le compartiment supérieur, un évèque,im prêtre et un diacre; dans le compartiment inférieur, cinq clercs dont le titre est indiqué par des inscriptiens en lettres d'or : Osliarius, leclor, exorcisia, acholilus, subdiaconus.
Deux plaques d'ivoire conservées au Musée du Louvre nous ont probablement conservé la représentation d'une ordination d'exorciste *. Ces deux plaques proviennent d'une reliure S mais elles ont pu, à l'origine, faire partie d'une suite de tablettes d'une destination différente. Chaque plaque est divisée en deux compartiments superposés de forme rectangulaire. Sur la première plaque, aucune difficulté d'interprétation ; c'est d'abord David dictant ses psaumes, c'est ensuite le même roi les exécutant en compagnie de musiciens dont la Bible nous a conservé les noms. Les sujets représentés surla deuxièmeplaque(fig.4247) semblent, comme sur la tablette précédente, se faire suite. Tous les personnages portent le costume ecclésiastique et on procède dans le compartiment supérieur à l'ordination d'un exorciste, dans le compartiment inférieur à l'ordination d'un lecteur. Le texte du sacramentaire dit grégorien va venir à notre aide. Nous y lisons ceci :
Ordinalio lecloris. — Leclor cum ordinatur, facial de illo verbum episcopus ad plebem, indicans ejus fidem ac vitam algue ingenium; post hœc, speclanle plèbe, tradal et codicem de quo leclurus sH, dicens : Accipe et esta verbi Dei relalor, etc.
Ordinalio exorcistœ. ■ — Exorcisia cum ordinatur accipiat de manu episcopi libellum in quo scripli sunl exorcismi, dicenle sibi episcopo : Accipe et habelo poleslalem impo'nendi manum super energumenum sive baptizatum sive calechumenum '.
Rien, dans le costume, ne s'oppose à ce que l'on voie un évêque dans le personnage assis, barbu et chauve, tenant un livre dans le compartiment inférieur, remettant un rouleau dans le compartiment supérieur. Ce personnage est revêtu de la chasuble '.
' -V. Le Prévost, Sur ïa collection de v<ises antiques trouvé.^ en mars 1830, à BertlioiwiUe, arrondissement de Bernay, dans Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 1833, t. VI, p. 77. — = L. Delisle, \otice sur des manuscrits du fonds Libri conserves à la Laurentienne, dans Notices cl extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 1886, t. XX.XII, p. 48. — ' L. DcIisle, Le sacramentaire d'Autun. dans Gazette arcliéoloyique, 1884, t. ix. p. 157, pi. 20. — * E. Molinier, Deux [itaques d'iooire au Musée du Louvre, dans Gazette archéologique, 1884, t. ix, p. 38-42. — ' Inventaire du musée royal, 1816, n. 370, 371 ; hauteur de chacune des plaques, 0 m. 168; largeur, 0 m. 081.— * P. L., t. Lxxvm, col. 218-2111. Le 7' canon du pscudo 1V= concile de Carthage
Les miniatures qui accompagnent certains sacramentaires fournissent un moyen de comparaison. Le pontifical de la bibliothèque de la Minerve, à Rome, pontifical qui date du i.\« siècle", nous offre les deux mêmes scènes représentées d'une façon presque identique : Exorcislis Iradil episcopus libellum (fig. 4248).
L'âge de ces tablettes d'ivoire est malaisé à déterminer. Dans la plaque qui concerne David, certains détails de costume dénotent une persistance évidente de l'art et des usages de l'antiquité. Ces observations peuvent être faites avec autant de minutie sur la plaque des deux ordinations : le style du pupitre à écrire et des feuillages qui décorent le siège épiscopal se ressent encore de l'art antique '. L'examen du costume ecclésiastique ne peut fournir aucun renseignement précis. On ne peut donc assigner un âge à ces ivoires qu'en se basant sur leur style, c'est dire que cette détermination ne peut être qu'approximalive.Plusieurs traitscaractéristiques ;la fixité étonnante du regard, l'allongement des extrémités, se retrouvent sur des sculptures en ivoire du \i' siècle. FI ne faut pas songer à voir dans ces tablettes un ouvrage carolingien, encore moins un ouvrage méro\ingien ; quant à déterminer s'il s'agit d'un produit byzantin
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4248. — Pontifical de la bibliothèque de la Minerve. D'après Gazette archéolog., 1884, p. 39.
et de quel atelier il est sorti, il n'en saurait être question.
Dans l'usage primitif, celui qui pratique l'exorcisme est qualifié exorciste: c'est une fonction, ce n'est pas un titre, encore moins une dignité ecclésiastique. Jusque vers le milieu du ni^ siècle, tout fidèle peut, avec plus ou moins de succès, s'adonner à l'exorcisme. « Qu'on amène une personne certainement tourmentée par le démon, dit TertuUien. Sur l'ordre qui lui en sera intimé par un chrétien quelconque, cet esprit se proclamera démon ". > .ailleurs, il admoneste les fidèles : t Le chrétien vendeur d'encens, comment, en passant par les temples païens, conspuera-t-il les autels fumants'? Comment leur lancera-t-il un souffle de mépris et s'éloignera, après les avoir alimentés? Avec quelle confiance exorcisera-t-illesclients dont sa boutique se fait la pourvoyeuse'? Que s'il réussit, lui, à chasser le démon, qu'il n'en fasse pas honneur à sa foi : ce sera plutôt une faveur facilement obtenue de celui qu'il rassasie quotidiennement ". •
s'exprime ainsi : - Quiuid un exorciste est ordonné, l'évêquc, en lui remettant le formulaire écrit, lui dit : Accipe et commenda mentoriœ et habe potestatem imponendi manus super energumenos. sive baptizatos, sive catechumenos. i — 'Voir Dictionn., t. in, au mot Chasuble. — • Sèroux d'.\gincourt. Histoire de la décadence de l'art. Peintures, pi. xxxvn, .xx.xvin. — ' L'encadrement des tablettes, bien que dérivant de l'aciuithe antitiue, ne peut guère nous fournir d'indication, rarement les feuillages sont aussi maigres, aussi bien dans les ivoires byzantins que dans les ivoires fabriqués en Occident. — "■ TertuUien, .4poto!;e(icum, c. x.xm, P. L., t. I, col. 410. — "TertuUien, De idololatria, c. xi, P. L., 1. I, col. 7'.il.
EXORCISME, EXORCISTE
On s'explique, dès lors, sans trop de peines, les railleries mordantes de Lucien à l'égard des exorcistes ', et Ja défiance que leur porte un autre ennemi des fidèles, le jurisconsulte Ulpien, qui semble les désigner, parmi plusieurs autres, dans une loi du Digesie où il distingue, au point de vue du salaire, les véritables médecins de ces vils charlatans, qui prétendent. dit-il, guérir par des imprécations et des charmes : Medicos lortassis quis accipiel eliam eos, qui alicujiis partis corporis, vel cerli doloris sanitalem pollicentur: ut pula si aaricularias.si fislalœ, vel denlium; non tamcn si incantavit, si imprecalus est, si, ut vulgari verbo impostorum utar, exorcizavlt. Non sunt ista medicinœ gênera, tametsi sint qui hos sibi profuisse cum predicatione adfirment".
C'est en s'appuyant sur ce texte et quelques autres qu'un historien fourvojé parmi les communautés chrétiennes imagina la possession démoniaque comme une maladie régnante, une loUe d'un genre spécial qui régnait dans le monde romain et hellénique vers les premiers siècles de notre ère. Le christianisme l'aurait d'abord envenimée, puis, inquiet de l'extension prise par le mal et des troubles profonds qu'il entraînait.
4249. Inscription à Carthage.
Communiquée par le P. Delattre.
il l'aurait guérie par une suggestion plus merveilleuse que la maladie'. On s'étonnera peut-être un jour que de semblables fariboles aient été prises au sérieux, recueillies, commentées comme des oracles. Ainsi lancé, M. Harnack racontait, sans rire, scmble-t-il. qu'au moment historique (I) où les évèques et les prêtres, se constituant en hiérarchie fermée, accaparèrent la direction de la communauté, les lecteurs, qui auraient pu être les maitres (?), se sont vus réduits au rang de fonclioimaircs inférieurs. L'exorciste, aussi ancien que le lecteur, fut ravalé comme lui au niveau des ordres nouveau-nés qui ne furent guère qu'une imitation servile des bas offices exercés dans les liturgies païennes*. Esist wahr nichl! En réalité, les exorcistes, n'entrèrent dans la hiérarchie ni avant, pendant ou après le moment historique — une trouvaille — pui:.-
'Epigr., édit. Rcislie, t. ni, p. 681. — 'Diyeste, 1. I, n. .T. De exiraordinariis cognilionibus; cf. Mazocchi, In velus marmoreum sanctœ Seapolilume Ecclesiœ kalendarium commen(anii.s,ln-4'>, Neapoli, 17.'i4,p. 488, 489; E. ISIanchard. Sur /os «.Torcismcs niiigiqurs (des païens, dans Mémoires de lilléraliire tirés des registres de l'Acad. roy. des inscr. tl belles-lettres, 1734-1737,1. xii. p. 4'J. — 'A. liarnaclc. Meitieiiiixclies ans dcr alteslen liircltengescliiclite, 1892. — ' .\. llarnack, L'cber den Vrsprung des Leetorats und der anderen niederen Weilien, 1886. — ' .Ida sanct., 22 octobre. — * Dom P. Constant, Episl. runmn. ponli/., p. 150; P. 1..,
que, vers l'an 250, il n'existait aucune idée de distinction entre clercs et laïques relativement aux exorcistes qui étaient les premiers venus, des incultes, mais enrichis du charisme. S'il fallait ajouter foi à un document longtemps dédaigné, la Vita Abercii, mais que la découverte de l'inscription célèbre a singulièrement réhabilité, cet évêque d'Asie aurait été le héros d'un épisode dans lequel il rempUt personnellement l'office d'exorciste, ayant été appelé à Rome pour exorciser la fille de l'empereur Marc-Aurèle ''. A défaut de moyens de contrôle, il faut se contenter de personnages moins éclatants. Au temps du pape Corneille, l'Église de Rome comptait des exorcistes, des lecteurs et des portiers, formant, au total, cinquante-deux individus '.
Sous Dioclétien, en 302, nous trouvons un exorciste martjT, Pierre, dont le nom et le culte furent associés
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4250. Inscription de Cômc.
D'après Monneret de Villard, Iscrizioni cristiane
delta provincia di Como, 1912, p. 57,n. 35.
à celui du prêtre MarcelUn '. Une fresque de la catacombe de Pontien le représente avec saint MarceUin et saint Pollion '.
Les recueils épigraphiques contiennent un certain nombre d'inscriptions. Oderici et Cardinali avaient réuni le texte de toutes celles connues de leur temps »; ce nombre s'est fort accru depuis. Sur une dalle mince trouvée au cimetière de Calliste 'o :