H. I.F.CLERCQ
FACTEURS, .\ousavons parlé des courriers (voir ce mot) chargés à la correspondance olïlcielle, il convient de faire une place à la catégorie des facteurs postaux.
Sur un tombeau de la via Pinciana se lisait cette épitaphe païenne * :
N-FRESIDIVSSABBIO
SIBIETLIBERTIS-LIBERTABVS
POSTERISQVE-EORVM
.\u ivf siècle probablement cette plaque se trouva à la convenance d'un chrétien, qui la retourna et fit graver au revers une nouvelle épitaphe qui fut trouvée dans le cimetière à ciel ouvert, voisin de la basilique de Saint-Valentin, au premier mille de la voie Flaminienne :
HIC POSITVS EST MAXIMVS QVI CS VlXn ANNVS PM LXX PRAEPOSITVS DE VIA FLABINIA
LOC FILICESSIMES
Formule et paléograpliie de cette deuxième inscription nous reportent vers la limite où se rencontrent le IV' et le v= siècle. Dans ce même cimetière de Saint- Valentin, une épitaphe de l'année 431 commence de même que celle de Maxime, par la formule : hic positus est '. L'idiotisme Flabinia pour Flaminia n'est pas non plus sans analogies ": sur une inscription d'Ostie on lit communcre pour comburere '.
Le défunt Maximus est qualifié prœpositus sans aucune spécification de l'objet sur lequel il exerçait son autorité; la mention de via Flaminia veut dire qu'il exerçait la surveillance sur le service postal de cette voie. Il n'est pas question ici d'une fonction ecclésiastique, d'une sur\-eillance sur les cimetières de la voie Flaminienue. Les administrateurs et surveillants des cimetières romains de la fin du ive siècle étaient ou bien des fossores (voir Fossoyeurs), qui faisaient le négoce des tombes; en fait, on ne les rencontre guère avant le v' siècle; quant à ceux qui exerçaient la surveillance sur les basiliques et leurs annexes, ils portaient un titre sans ambiguïté : prxpositus basilicœ S. Pétri, S. Pauli, ,S. Laurcnti, de sorte que, si Maximus avait exercé .son autorité à Saint- Valentin, nous lirions prœpositus basilicœ S. Valentini. Il est absolument sans exemple dans les documents .anciens qu'une basilique et le cimetière qui dépendait d'elle fussent désignés sous le nom de la voie sur laquelle ils étaient situés. De plus, l'épitaphe de Maximus parait être antérieure d'un siècle environ à l'époque où nous rencontrons les premiers prœpositi ecclésiastiques. Par contre, dès le IV» siècle on rencontre des prœpositi dans l'administration civile.
La dernière mention des curatores viarum se lit sur une inscription d'Atella, élevée après 315, mais se rapportant au début de la carrière de C. Celius Censorinus, par conséquent à l'époque de Dioctétien et Maximien '. La suppression des curatores viarum fut une des nombreuses réformes qui signalèrent la transformation administrative accomplie sous Diocletieu. Les
archeologica communale, 1S8S, t. xvi.p. 257-263. — = Ile Rossi, Inscripl. clirist. urbis Romœ, 1861, t. i, p. 290, n. 669. — ' Schuchardt, Der VoI<alismus des Vulgarlateins. 1. 1, p. 182; t. III, p. 92-94. — ' Corpus inscriplionum latinarum. t. XVI, n. 850. — * Corpus inscriplionum latinarum., t. x, n. 3732.