‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 27 sur 331 · ÉPINAL (MANUSCRIT D") — ÉPINGLE · texte numérisé non relu

ÉPINAL (MANUSCRIT D") — ÉPINGLE

Ainricus hune librum scribere abba rogavit, anno III regni Childirici régis. Quicunque legeril, obsecro ut pro ipso et obœdientiam implentibus orare dignelur.

Ruinart ' et Mabillon ' ont liésité sur la lecture du premier mot : ...yjcus, écrit Ruinart; ...ncus, écrit Mabillon; J. Matter est moins embarrassé, il écrit Clodovicus *; Michelant ne l'est pas du tout, car il omet le mot litigieux, que Léopold Delisle lit : Ainricus. Cette souscription est mérovingienne, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'observation des c allongés des mots quicunque et Childerici, et dans la liaison de la lettre e avec les lettres r, c et n, dans les mots scribere, obsecro, obœdientiam et implentibus. L'authenticité de cette souscription est à l'abri du soupçon*.

L'abbé Henri (?) a fait copier le li\Te en la troisième année du règne de Ciiildéric. Il peut s'agir de Childéric II, en 662, ou de Childéric III, en 744. Mabillon et Delisle se rangent à cette dernière date, mais Delisle fait observer que, « dans l'état actuel de nos connaissances, il serait difficile de donner des raisons péremptoires en faveur de l'une ou de l'autre date. Mais, que le manuscrit soit de l'année 662 ou de l'année 744, il n'en doit pas moins être cité comme un des exemples les plus autlientiques et les plus curieux de l'écriture mérovingienne à la fin du \ti« ou au commencement du xm' siècle '. » Nous avons ici un nouvel exemple de l'usage adopté à l'époque où ce livre fut transcrit, de recourir à plusieurs scribes auxquels on confiait un certain nombre de caliiers °. On obtenait un résultat peu flatteur, un même volume présentait une grande variété d'écritures, depuis l'onciale jusqu'à la cursive; en outre, il fallait raccorder les cahiers et, pour cela, surcharger certaines pages tandis que d'autres restaient à moitié blanches '. On ne peut que mettre au compte d'une époque mal civilisée ces méthodes trop rudimentaires ; il semble qu'avec un peu de soin, il n'eût pas été impossible d'appareiller des équipes de scribes sachant tracer des caractères peu dissemblables, particulièrement pour l'onciale et la semi-onciale, qui réduisent au minimum l'individualisme de la main. De tout ceci on ne se préoccupait nullement.

Le contenu du manuscrit d'Épinal, analysé par L. Delisle, ne se rapporte pas à nos études.

H. Leclercq.

ËPINES (Couronnement d')- l^^ns une crypte du cimetière de Prétextât, deux parois ont été décorées de fresques vers la moitié du n" siècle. Chaque paroi avait quatre scènes, mais sur les huit sujets quatre seulement sont conservés et certains d'entre eux ne le sont qu'en partie. Parmi les sujets représentés nous avons déjà fait connaître la Vierge à l'enfant (voir Dictionn., t. n, pi. hors texte, au mol Catacombes ('Art des;; nous mentionnons aussi, d'une façon particulière, le couronnement d'épines. Cette représentation est unique en son genre dans l'ancien art chrétien. Au centre, le Christ, debout, vêtu du palliura et non de la chlamyde de pourpre dont parle l'Évangile; deux soldats en tunique et chlamyde se tiennent à sa droite; un

^IterlilleraTiuminAlsat. et Lotharing., dans Œuvres poslliumes de Mabillon et de Ruinart, t. in, p. 469. — 'Annales ordinis sancii Benedicii, t. ii, p. 200; B. Hauréau, Gallia clirisliana, t. xv, col. 537. — ' J. Matter, Voyage littéraire en Alsace par dom Ruinart, in-8<>, Strasbourg, 1829, p. 119. — ' L. Delisle, Notice, p. 5 et pi. iv, en bas, fac-similé de la signature. — ' Ibid., p. 6. — ' Voir Dictionn., t. iv, au mot ÉCBrruRE, col. 2014; cf. L. Delisle, \otice sur un manuscrit mérovingien contenant des fragments d'Eugyppius, ia-fol., Paris, 1875. — ' Ainsi, la moitié de la dernière paj;e du cahier xxvn (fol. 195 V) est restée en blanc; la portion écrite se termine par la syllabe nia, commencement du mot maxime, dont les deux dernières syllabes lime sont en tête de la première page du cahier xxvni (fol. 196). — ' Bol-

de ces soldats tient un bâton à la main, l'autre un roseau, dont il frappe la tête du Sauveur, ainsi qu'il est dit dans l'Évangile : (milites) percutiebanl capal ejus arundine. On voit la trace d'un oiseau perché sur un arbre (fig. 4141, hors texte).

H. Leclercq.

ÉPINGLE. Cet objet de toilette féminine ne concerne l'archéologie chrétienne que par les trouvailles faites dans les catacombes et dans les cimetières. Il est vraisemblable que les artisans qui fabriquaient des épingles pour soutenir la coiffure songèrent à flatter leur clientèle chrétienne en ciselant des sujets destinés à lui être agréables. Pour se faire quelque idée de l'infinie variété des motifs, autant vaudrait entreprendre le classement et la description des épingles en usage chez nos contemporaines. Une élégance et un goût exquis rivalisaient avec une technique habile; les métaux précieux, l'ivoire, l'os, les minéraux étaient mis à contribution. Boldetti a fait connaître quatre épingles trouvées dans les catacombes' (fig. 4142, n. 5, 6, 7, 8). M. Greppo possédait un objet de ce genre spécialement intéressant par cette inscription tracée sur trois faces de l'épingle, qui est hexagonale ' (fig. 4142, n. 4) :

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