‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 286 sur 331 · SS · texte numérisé non relu

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MaruUi a transcrit pro voto; Fea : pro votum solvil; tous deux ont supprimé la barre qui surmonte M. De chaque côté de la tète de la martyre Félicité :

FELICITAS CVLTRIX ROMANARVM

MaruUi écrit : romanorum. Amati, qui ne vit la fresque que fort détériorée, a pu seulement déchiffrer ces lettres ...AEI A. ...M- Garrucci dit avoir lu à la suite, sous la saleté : VO ..SOLVIT. On aurait donc ici l'hommage d'une autre Félicité à son homonyme la martjre : Félicitas cultrix Romanorum votum solvil: mais Rossi n'a jamais pu découvrir la moindre trace de ces deux derniers mots qui, peut-être, n'étaient perceptibles qu'à la seule imagination de Garrucci.

Le nom de la sainte, FELICITAS, fut écrit deux fois près du nimbe, probablement à des époques différentes. L'n proscynème en lettres rouges est ainsi conçu :

SANITA MARTVR MVLTVM PRAESTAS HOBVOTI CEREOR FELICITATES SPERARE INNOCENTES NON DESPERARE.

n faut, pour le début, remplacer sanita par sancta, c'est d'ailleurs ainsi qu'a lu MaruUi et on voit encore les traces du C de forme carrée E. On peut noter au passage l'aspiration de Hob; ensuite au lieu de CER on peut lire GER. Tout le reste a péri. Amati a pris courageusement son parti et passé la difTiculté; Fea a successivement proposé HOBCE RIOREBO, puis il a imaginé HOECERIORE BO. puis encore CERVOEBO enfin CEIVIRBO. U eût été curieux de savoir laqueUe de ces lectures il jugeait la meilleure, Garrucci, que rien n'arrêtait, a fait du hob voli cereor, la lecture ob votum cerecrum. Il est certain que l'auteur du proscinème a voulu faire un calembour sur le nom de la sain te, nom de bon augure, il lui a dit :

Sancta martyr multum prœstas ob voti.... félicitâtes sperare innocentes, non desperare (nos).

En partie sur ce proscynème rouge fut écrit un autre proscynème noir :

CONTVRBATVS MEMORANDA

Ce sont des noms propres, dit le P. Garrucci, et Amati ajoute à conturbatus le signe : dubbioso. De l'autre côté on lit :

IPSA FORTVNA CÔSTET

Piale a remarqué que tout ceci était tracé par une même main et J-.B. De Rossi suggère cette bonne restitution du texte : Conturbat(i)s ipsa fortuna conslet memoranda.

Les noms des sept frères semblent avoir été écrits une fois en rouge et une fois en noir. Des noms rouges, il ne subsiste que ALEXANDER et MARTIALIS; au contraire tous les noms noirs sont conservés. Ruspi et Amati Usent : ALEXSADER Piale: ALEXSADER

Fea: ALEXANDER

l'aquarelle du Vatican : ALESXADER Ruspi et Fea : , lENVARIVS

Piale: GENVARIVS

l'aquarelle du Vatican : lENVARIVS

Par devant la niche existait un petit autel composé de trois morceaux de travertin pour recevoir les offrandes. La construction de l'oratoire de sainte Félicité appartient à une basse époque ; on a fait entrer dans les murs des débris de toute espèce, dans la paroi du fond, tandis que les murs latéraux sont en briques bien appareillées des premiers siècles de l'empire. L'habitation était indépendante des thermes de

Trajan, mais contigué à ces thennes. L'entrée donnant sur la rue avec un vestibule et un pavement en mosaïque orné de deux palmes '. Cette construction a dû servir à des personnages attachés au service des thermes voisins, c'était certainement une maison habitée, une domus. C. Fea a lu et transcrit au bas des inscriptions de la niche, en grandes lettres oblongues, cette inscription :

IVSTINVS DOWlO

Inscription incomplète quand elle a été lue, mais qu'il est intéressant de rapprocher d'une autre inscrij)tion, celle-ci en grec, tracée en caractères cursifs sur la paroi latérale d'une chambre.

AAEZANAPOIO HOTE AOMOC GHN TOA EMnAAIN HN TO AIKAION

Amati, ras. Vatic. 97T6, fol. 6 : Stvaiov; Fea, nis. fol. 212a : Stxaiov; à la ligne 1, 8o(xoç oSe; Pialo, op. cit., p. 153; SoiooSe, Stxaiov. Je ne réussis pas. écrit Rossi, à comprendre le sens de la deuxième ligne, mais l'essentiel c'est ce que nous lisons à la première, surtout si on adopte la leçon er,v d' Amati, au lieu de ôSe de Fea; on Ut alors ceci : Alexandri olim domus erat.

L'oratoire dédié à sainte Félicité et à ses fils se trouvait donc installé dans une habitation qui avait été la propriété d'un certain Alexandre, peut-être le père des martyrs puisque l'un de ceux-ci porte ce même nom d'Alexandre. En 1883, H. Doulcet écrivait ce qui suit : M. De Rossi ne retrouve pas dans tout ceci les caractères d'un oratoire domestique, mais plutôt d'un sanctuaire public destiné à perpétuer quelque réminiscence locale. Dans son tome n des Inscriptiones christianœ de Rome, il se propose de démontrer que l'on conservait là l'habitation de sainte Félicité. Et en 1885, J.-B. De Ro.ssi écrivait : De tout ce qui précède il me vient dans l'esprit cette conjecture que le lieu consacré à la mart\Te avait été habité par eUe. Il est possible, qu'après son interrogatoire, FéUcité ait été, soit seule, soit avec ses lils, soumise à la custodia privata, suivant ce qui se pratiquait à l'égard des honestiores, nous dirions « prisonnière sur parole, » mais avec des gardiens dans sa propre maison. On pourrait en retrouver une allusion dans le clavicularias qui tient sa clef à la main. La Passio dit que Félicité fut privatim adducta devant le préfet urbain et traitée avec rigueur. Quoiqu'il en soit, avant l'installation de l'oratoire, nous avons ici une maison qui était désignée sous le nom de domus .\lexandri et même, après sa transformation en oratoire, on lui conservait ce titre de domus dans l'inscription deJustinus.

Le grafnie grec qui parle de la S6(xo; était tracé sur l'enduit primitif de la paroi latérale antérieurement à l'aménagement en oratoire chrétien. On avait tracé aussi un calendrier avec les bustes des sept divinités qui président aux jours de la semaine et les signes du zodiaque, avec la série des jours du mois. Ce calendrier n'a pas tardé à périr complètement, mais MaruUi (p. 5), Piale (p. 100), De Romanis (p. U, 21) et Ruspi en oi\t pris la copie. C'était un calendrier à l'usage privé et domestique du lieu et il pouvait aussi bien être utilisé par des païens que par des chrétiens; il ne concernait que l'usage civil et astronomique. Sur deux colonnes on voyait trente cliiffres et trente et un trous, en sorte qu'on pouvait marquer le quantième du mois. Il est à remarquer <iuc le Cancer et le Capricorne ont pour initiale un K au lieu d'un C, ce (|ui indique une réminiscence grec(|ue.

* Ant. de lïoninnis, /.*■ tcntif de Tito, Home. 181i2, p. 12.

FÉLICITÉ iPASSION ET CIMETIÈRE DE)

Sur ce même enduit on lit le grafRte :

ACHILLIS VIVAS

et différents noms :

CASSIDI, — IVIAXI,

■SAECVLARI

au-dessous on peut encore lire ces mots : IN DE, serait-ce in Deo? Si cette dernière acclamation était certaine, elle permettrait de conclure au christianisme de cet ensemble de grafTites antérieurs à l'aménagement en oratoire. Mais de cet ensemble de faits, on peut induire avec quelque vraisemblance que c'était une domus occupée par des chrétiens.

Il reste à comparer cette fresque avec celle du cœmelerium Maximi et à chercher à éclaircir réciproquement leur âge. Pardessus le deuxième enduit qui recouvre les parois latérales de l'oratoire, des symboles avaient été figurés mais qui ont péri depuis la découverte de 1812 sans qu'on eut pris soin d'en faire de copies, nous savons seulement que ces symboles offraient de la ressemblance avec ceux qu'on voit dans les catacombes, c'étaient Daniel entre les lions, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, le Christ donnant la loi entre saint Pierre et saint Paul, ce qui, d'après ces indications reporterait vers le v« siècle environ.

IX. Comparaison des deux fresques. — Une comparaison entre la fresque de l'oratoire sur l'Esquilin et la fresque de la catacombe de la voie Salaire permet d'apercevoir plusieurs points qui semblent procéder d'une inspiration commune. C'est d'abord le buste du Sauveur dans les nues, vêtu d'un pallium très ample et dont l'extrémité semble soulevée par le vent. Cette dernière particularité ne s'observe pas sur les images du Sauveur représenté en buste tels que nous les ont conservés : le disque d'ivoire du musée du Vatican, les mosaïques de Sainte-Sabine, de l'arc de Placidie à Saint-Paul, de l'abside du Latran, de la chapelle de Saint-Venance, de l'oratoire de saint Zenon à Sainte-Praxède. On ne connaît qu'un seul exemple qui puisse être rapproché, c'est une des mosaïques de la basilique libérienne, exécutées sous le pontificat de Sixte IIl (432-444).

Sur la fresque de l'oratoire, le Sauveur tient dans ses mains la couronne destinée à sainte Félicité, tandis cjue sur la fresque de la catacombe charpje martyr, et Félicité elle-même portait sa couronne figurée audessus de l'auréole, ainsi que nous le voyons pour MARTIA/i's. A l'oratoire. Félicité seule à la tête nimbée, à la catacombe tous les huit ont le nimbe. Dans les deux fresques les noms sont écrits sans la mention entière ou abrégée de sanclus.

A l'oratoire la série commence à droite du spectateur par ZENVARIVS, ALEXSANDER, VITALIS, FE- LIX ; FILIPVS, MARTIALIS, SILIANVS. Nous lisons liien dans la Passio qu'après avoir interrogé Félicité, le préfet vocavit primum filium cjus nomine Januarium, et VEpilome de locis sanctis martyrum nous apprend que Jamiarins fuit de scptem ftliis Felicitalis maior ticlu. Après cela l'accord entre la Passio et la fresque cesse, car Silvanus, qui est le quatrième dans la Passio devient le troisième dans la fresque; et tout le reste des deux séries n'offre aucune concordance. Peut-être le peintre, au lieu de s'inspirer des indications contenues dans la Passio s'est-il de préférence inspiré de la tradition lopographicjue. Philippe et Félix ensevelis ensemble in Priscillœ et à la sépulture desquels on célébrait la prima missa ad aquilonem, sont rapprochés et occupent les deux côtés de leur mère. Martial, Vital et Alexandre ensevelis i"n Jordanorum et sur la tombe desquels on célébrait la aecunda missa sont de même répartis des deux côtés ■de la mère: mais en second lieu; Silvain et Janvier

occupent les extrémités, or Silvain, enseveli avec sa mère, n'avait que la troisième station liturgique et Janvier était inhumé sur la voie Appicnne.

A la crypte, il n'y a pas de classement à rechercher, puisque nous n'avons pas tous les noms. Cependant Januarius occupe une extrémité. Philippe n'est certainement plus groupé avec Félix, puisqu'il est placé entre Félicité et Martial, Silvain est à côté de sa mère. A l'Esquilin on lisait SILIANVS (peut-être SILLA- NVS), à la crjqDle on n'a que la lettre S.

L'antériorité de la fresque de l'Esquilin ne peut faire de doute. Le style n'en serait pas une preuve certaine, car le dessin de Ruspi a pu améliorer les lignes; mois les monogrammes du Christ, la lanoue des proscynèmes, l'absence de nimbe pour les sept frères martyrs, le type iconographique du Sauveur sont des indications qui, rapprochées et complétées les uns par les autres invitent à faire remonter cette fresque au v» siècle ou aux premières années du siècle suivant.

La fresque du cimetière est manifestement assez postérieure, mais elle met le sigle SCS devant les noms des martyrs, ce qui est un indice d'antiquité. Dans les peintures des catacombes de la dernière période des restaurations entreprises dans ces souterrains, on ne manque guère de faire usage de ce sigle. Cependant nous savons que la crjpte ad sanclam Felicitalem a été l'objet de successives restaurations, il serait donc possible que la fresque se rapporte à l'une de celles-ci. Le Liber pontificalis mentionne trois principales, sous les pontificats de Boniface I"' (418- 422), de Symmaque (498-514), d'Hadrien I" (772-795). 11 est hors de question qu'il ne s'agit pas de la restauration de Boniface, beaucoup trop ancienne pour le style de la fresque. Nous avons une preuve que la seconde restauration eut bien lieu, par la découverte dans les ruines des murs de la crypte ou de l'édifice supérieur d'une brique portant une estampille contemporaine du règne de Théodoric. Mais il semble bien difficile de voir dans ces personnages anguleu.x et roides un ouvrage du vi« siècle. Il suffît de comparer avec le cimetière de Generosa, décoré au \i-\ti» siècle pour s'en convaincre. Reste la restauration sous le pontificat d'Hadrien; mais ici c'est le contraire, et l'on ne peignait plus ainsi à Rome à la fin du vm" siècle. Il reste donc à admettre que cette fresque fait partie d'une décoration peut être isolée et qui, en tout cas, n'a pas été mentionnée dans le Liber pontificalis. La fresque de la crypte paraît un ouvrage de la fin du vu'" ou au début du vm« siècle.

X. La b.\sii.ique souterraine. — La crypte dans laquelle fut trouvée la fresque la plus récente est construite en tuf alterné avec des briques, au niveau du premier plan du cimetière de Maxime, dont une portion s'est donc trouvée transformée en une petite basilique. On y accède par un escalier, dont les marches mesurent 5 m. 55, contigu à l'ancien escalier qui donnait accès du cimetière à ciel ouvert dans la catacombe, également large, au début, de 5 m. 55 et longue de 13 m. 00. Les parois latérales ont été anciennement creusées et renforcées d'un deuxième mur, probablement afin de soutenir la charge de l'édifice supérieur; ce mur à réduit d'autant la largeur de la basilique et bouché un accès aux galeries du souterrain.

La présence de deux bases de colonnes restées en place au pied de l'escalier et d'une troisième base sur la même ligne, mais a un niveau un peu plus élevé semble indiquer que cette petite basilique était coupée en trois nefs. On a retrouvé beaucoup de débris des transennes de marbre qui entouraient l'autel conmie d'une balustrade. L'autel était isolé, en forme de panillélogrammo, de la longueur d'une

FÉLICITÉ (PASSION ET CIMETIÈRE DE

sépulture d'adulte; il occupe le fond de la basilique, en avant du mur orné de la fresque. L'autel et la paroi du fond ne sont pas disposés symétriquement par rapport à la basilique; ils forment une direction oblique.

Quelles reliques reposaient dans cette crypte? Les anciens martyrologes que nous avons cités parlent d'une station à Sainte-Félicité et son fils Silvanus. Le férial de 354, dit à propos du natale Silani in Maximi que hune Silanum martyruni Xovati(ani) furati sunt. A quelle époque? on ne sait. A quelle époque les reliques furent-elles recouvrées? J.-B. de Rossi conjecturait que c'était sous le pontificat d'Innocent I" (401-407), mais les découvertes de 1885 semblent inviter à avancer cette date. Sous Boniface I" (418- 422), Silvanus était revenu dans le cimetière et reposait avec sa mère ou non loin d'elle. Boniface y fut enterré à son tour et sa tombe attira également les pèlerins. Comment étaient réparties les tombes de Félicité, de Silvanus et de Boniface? Ce que nous lisons à ce sujet dans les Itineraria et dans le Liber pontifiealis semble autoriser des interprétations différentes; mais ce qui paraît certain c'est que la tombe du pape Boniface ne se trouvait pas dans la même église ou dans la même crypte que celles de Félicité et de son fils : On lit dans la notice d'Hadrien I" qu'il y avait plusieurs eeclesiœ sancti Silvani martyris et sancti Boni/atii con/essoris atque ponlificis uno cohœrenles solo mirœ magnitadinis. Cette indication est formelle et éclaire ce que nous disent les topograplies. Celui de Salzbourg avait tout ramené à un seul groupe : juxta viam Salariant ecclcsia est sanctœ Fclieitatis, iibi ipsa jncel eorpore, ibi et Sillanus filiiis ejtis, anus Je septem, est sepultus et Bonifacias papa cum multis sanctis martyribus dormit. Mais l'auteur de cet itinéraire cède toujours à sa préoccupation d'abréger, de grouper sans distinction les tombes et les monuments d'un même cimetière. Guillaume de Malmesbury est plus précis et plus exact aussi quand il distingue basiliea de Felicilulis, ubi quiescit illa et Silamis ftliiis ejas et non longe Bonifatius martyr Cnon, confessor). Le Liber pontifiealis explique ce non longe comme voulant dire une autre ecclesia una cohacrenle solo (cum ecclesia Silvani). C'est pourquoi les abréviations du Liber pontiricalis ont pensé remédier à l'inexactitude de la formule /u,T(a corpus S. Felicitalis en mettant in ciemeterio S. Felicitalis. Enfm l'itinéraire non abrégé de Salzbourg dit avec plus de précision : deinde ventes ad sanctam Felicitatem, ibi illa paasat in ecclesia sarsam et Bonifacias papa et martyr (non, pas martyr) in altero loco et filii cjus (Felicitatis) sub terra deorsum. Ces mots sursum et deorsum dans les Itineraria ne signifient pas un niveau dans la catacombe, mais ce qui est dans le sol et ce qui est sur le sol. Donc le corps de Félicité se trouvait dans Vecclesin sursum. Boniface dans un altero loeo (que le Liber pontifiealis nomme altéra ecclesia) et filii sub terra deorsum {filii ne désigne que le seul Silvanus). La basilique dans laquelle fut trouvée la crypte devait être comme l'hypogée ou la confession souterraine de la basilique sursum. En somme, cette basilique était proprement celle de Silvanus et contenait sa tombe. Au-dessus du sol, s'élevait la basiliea S. Felicitatis et non loin d'elle le mausolée sépulcral ou ecclesia Bonifatii papœ.

Ces édifices sacrés et leurs annexes rattachés au cimetière de Maxime se trouvaient encore debout au temps de Bufalini (jui.vers la moitié du xvi» siècle, les marque dans son plan et à l'une de ces constructions située à gauche de la voie Salaire donne faussement le nom de lemplum Veneris Erycinœ.

Sous le pavement de la basilique souterraine se trouvent aménagées beaucoup de tombes pour les fidèles qui oui obtenu de reposer ad sanclos. Une

seule est encore en partie adhérente au sol; on y lit :

.. dep. pr ... vixit a

\D 10 AVG CONS DYNAMI NN PLM XL

Le consulat de Dynainius et Sifldius (ou Sibidius) prend place en l'année 488.

Beaucoup d'autres fragments trouvés parmi les décombres présentent des textes qui se rapportent à des consulats du v«, du m' et peut-être même de la fin du iv! siècle. Cinq petits morceaux rapprochés semblent mentionner les consuls Modestus et Arintheus, en 372 :

.... MODE (slo et Arintheo Felici TATIS

avec l'indication de la crypte ou de la basilique do Sainte-Félicité. Ces fragments furent trouvés à fleur de terre et appartenaient probablement à une sépulture de la basilique supérieure ou du cimetière à ciel ouvert.

L'inscription de 488 et la plus grande partie des autres fragments, retrouvés parmi les ruines de la crypte, sont postérieurs au pontificat de Boniface I"" et peuvent convenir à un édifice construit par lui, comme cet oratorium dont parle le Liber pontifiealis. Mais voici une épitaphe qui précède de trente ans la construction de cet oratoire. Elle a été trouvée dans l'emplacement d'une tombe près de la première base de colonne à gauche; elle est gravée sur une très grande dalle de marbre, au revers de laquelle on voit quelques caractères.

CONSTANTIA QVE ET BONIFAT ia ElUS QUIA BENE PRO MERITIS VI ge? b AT GRATIA FACTI AD SANCTO rum lo CVM IN PAGE QVIESCIT QVE vixit 5 an N • PIM ■ XXXIII D • DIE V NON as

d N • VALENTINIANO AVG Mil ET N eotorio VC CONSS

La date de l'année 390 est gravée moins profondément, avec des caractères dilïérents des précédents, Constanlia quie et Bonilacia fut inhumée ad sanclorum locum par privilège di\ à ses mérites, pro mcritis, et en reconnaissance d'un fait particulier : eius quia bene pro meritis vi(geb'.'j at gratta facti. Ces phrases sont des emprunts faits ou des réminiscences de poésies funéraires. L'hémistiche 711/0 bene pro mcritis rappelle le quœ bene pro meritis de l'éloge de la martyre Zozime; la formule ad sanctorum locum in pace quiescit est tirée d'une épitaphe en prose. La défunte Constance avait peut-être fait construire la première cet oratoire Le nom de Bonifatia, sa mort trente ans avant l'élection du pape Boniface, qui se relira en ces lieux pour sa sécurité, lors des troubles de son élection, ont fait supposer à .I.-B. De Rossi qu'elle était peut-être la sœur du pape susdit qui a repris ou poul•^uivi l'œuvre ébauchée.

L'expression locus sanctorum fait certainement allusion aux sancti inhumés dans ce lieu même, ou à raison d'un privilège spécial accordé par grAce, gralia facti, une tombe était donnée ù Constanlia quœ cl Bonifatia. .Mais, en 390, ce locus tant apprécié, qu'on eu faisait ainsi l'objet d'un privilège, n'était pus seulement celui de sanctœ Felicitatis, mais sanctorum, d'où on peut conclure qu'à celte date les reliques de Silvanus avaient été rapportées auprès de celles de leur mère. \,' oratorium de Félicité élevé par Boniface 1°' doit être celui que les Itineraria et les autres docu-

FÉLICITÉ (PASSION I-:T CIMETIÈRE UE

mcnts appellent ecdesia et basilica de Felicitalis, élevée au-dessus du sol. En fait, les épitaphes métriques conservées dans la sylloge de Verdun préviennent que la pièce se lit in inlroilu ecclesiœ sanclœ Felicitalis. La construction devait être bien rudimentaire, puisqu' environ un siècle plus tard l'édifice avait besoin d'une restauration : l'auteur de la notice du pape Symmaque l'appelle basilica S. Felicitaiis. L'homélie prononcée par saint Grégoire fut, habita ad populum in basilica S. Felicilatis die natali ejus. Lorsque le pape Hadrien I" entreprit, lui aussi des restaurations, il s'attaqua à tout l'ensemble appelé cœmelcrium S. Felicilatis et, en l'espèce, aux ecclesiœ S. Silvani el S. Bonifatii.

Léon III transfera les reliques de sainte Félicité dans l'église de Sainte- Suzanne. On en avait le témoignage dans une inscription en mosaïque que beaucoup d'anciens voyageurs ont pris soin de transcrire, avant la destruction de la mosaïque, lors de la restauration de l'église, par le cardinal Rusticucci, en 1595 (voir Diclionn., t. n, col. 671-674) :

Dudum hsec béate Susannas marlyris aula coangusto el tetro exislens loco marcueral quse domnus Léo lertius papa <i fundamenlis erigens condens corpus bealse Felicilatis marlyris compte edificans ornabil algue dedicabil.

Sur la porte de l'église, fut tracé plus tard un distique en vers léonins, conservé dans le manuscrit d'inscriptions du célèbre Cyriaque d'Ancône :

SVPER : PORTA : SI ■ SVSANNE :

FELICITATI SVSANNAE HEC MENIA PLAVDVNT NEC NON CABINO : QVORVM SACRA CORPORA CLAVDVNT

Des reliques de Silvanus il n'est plus fait aucune mention : on ignore quand elles furent retirées de la crypte et où elles furent transportées.

XI. Épigraphie. — Outre les inscriptions déjà citées au cours de cette dissertation, il faut encore mentionner les suivantes ' :

Dans la basilique inférieure ou dans la supérieure, car il n'a pas pris soin de nous le dire, Boldetti avait lu celle-ci aujourd'hui perdue :

PETRVS ET PANCARA BOTV PO SVENT MARTVRE FELICITATI

Tout autour de la basilique sont fixées les inscriptions retrouvées; quelques-unes portent des dates consulaires. En partant de la fresque qui a été décrite et en allant de gauche à droite, on les rencontre dans l'ordre suivant :

1° L'inscription déjà citée du loculus à deux places acheté AT SANCTA FELicilalem.

2' En caractères du m" siècle environ : / AVRELIVS / CHRYSOGONVS / / AVRELIAE / FIRMAE / CONIVGI / / DVLCISSIMAE /

3° L'épitaphe d'un maçon, sur laquelle on a figuré une équerre avec le fil à plomb..., gai vixit annos.... : RVFINVS BENE

Q-VI-ANVS SEPTANTAM MARTINIANE IN PACE B VI IDVS

4° Une épitaphe de l'année 346, où furent consuls .\mantius et Albinus :

NVS QVI VIXIT

MENS VII ET e X

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