‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 303 sur 331 · FERMOIR · texte numérisé non relu

FERMOIR

jeudi saint, à la fin du viii^ siècle, comme en fait foi le fragment d'ordo romanits public par de Rossi ■.

Tous ces rites nous rappellent les conseils de saint Ignace dans ses lettres, où il insiste si fortement sur l'eucharistie, symbole d'union entre l'évèque et ses prêtres : STcouSâoaTe oôv (itâ EÙ/aptaTia /p^a- 6ai y.i<x yàp aàpE toô zupio'j r,[ji.ôjv 'Iï)ao'j XpioToO. x.al £v 7tùT'/)piov eîç evtoaiv toû a'î(xaTOç ct'j-o-j ev Ouaiao- TT|piov «Ijç, eTç ÈTricrxoTTOç, otfia TÛ TrpECTOUTepîw xal 8iax6votç Toîç auvSoùXotç [xou ïva ô Èàv Ti:pàaar]-E zacTa 6eôv 7tpà(jCTr|TE.... M'/jSeIç X"P^Ç ÈTrtci/.OTtou Ti TrpaaoÉTCù Tciv àv»]xôvTcov Eiç Tïjv ÈxxX'/)atav. 'Eixebif] Pe6ata EÙ/apiaria yiYsioGw yj ûtco tÔv ÈTtÎCTXOKOv oùaa 7; & à't aùrôç êTT'.-péiJ;-/) -.

2° Les s^A'cr^. Comme nous venons de le voir le fermentum fut quelquefois confondu avec les sancla. Il existe cependant une différence. On désignait sous ce dernier nom un fragment de l'hostie, ou même une hostie entière, consacrée à une messe précédente et réservée pour la messe suivante, et on la mettait dans le calice au Pax Domini sil semper vobiscum. C'est, avec quelque différence, la cérémonie qui a lieu à la messe des présanctifiés. Les sancla étaient apportés au pontife au moment où il se dirigeait du sacrariuni avec sou cortège vers l'autel pour y commencer le sacrifice. Après le baiser de paix et le Pax Domini, le pape mettait dans le calice ce fragment et procédait à la fraction. Voici comment la cérémonie est décrite dans l'Ordo romanus primas : Et lune duo acolylhi tenantes capsas cum sanctis apertas, et subdiaconus sequens cum ipsis lenens manum suam in ore capsœ ostendit sancla pontiflci vel diacono qui prsscesseril. Tune inclinato capite ponlifex vel diaconus salulat sancla et contemplalur. ut, si jiierit superabundans, prsecipiat ut ponalur in conditorio.... Cum dixerit : fax DOMINI aiT SEMPER VOBISCUM, fuciens crucem tribus vicibus manusua super calicem, millit sancta in eum'... Une autre recension carolingienne donne cette variante : el pertransit ponlifex in caput scholse et in gradu superiore, inclinato capite ad allure, primo adorât sancta, el stat semper inclinatus usque ad versum prophetalem *... Ce rite avait pour but d'afTirmer la continuité du sacrifice eucharistique, comme le fermentum était un symbole de son ubiquité. C'est toujours et partout le même sacrifice, la même eucharistie.

Dans la hturgie gallicane et dans la liturgie orientale ce rite, ou un rite analogue, avait lieu à l'offertoire. Saint Germain (t 576) décrit cette procession dans sa fameuse Expositio missœ. De Sono. Pnecepit Dominus Moysi ut facerel tubas argenteas, quas leuitse clangerent quando offerebalur hoslia, et hoc esse sitjnum per quod intelligeret populus qua bora inferebatur oblalio, et omnes incurvait adorarent Dominum, donec veniret calumna ignis aut nubes, qui bencdiceret sacrificium. Nunc aulem prœcedenlem ad altarium corpus Chrisli non jam lubis irreprwliensibilibus sed spiritualibus vocibus prœclara Chrisli magnolia dulci modulia psallet ecclesia. Corpus vero Domini ideo defertur in turribus, quia monumentum Domini in similitudinem turris fuit scissum in petra, et intus leclum ubi pansavit corpus dominicum, unde surrexit rex gloriœ in triumphum ^ »

C'est à cette procession des sancta de la sacristie à l'autel que fait allusion saint Grégoire de Tours dans cet exemple souvent cité : Nam recolo quod in adolescentia mea geslum audivi. Dies passionis erat Polycarpi martyris magni et in Ricomagensi (Riom) vico civilatis Arvernœ ejus sollemnia celebrabantur. Lecla igitur passione cum reliquis lectionibus, quas canon sacer-

' Inscriptioncs christianae, t. il, p. .'i4. — = Ad Ptiilad, 4;' ad Smyrn., S, etc. — ' Atchley, Ordo romanus pn'nius, p.' 128 et 138. — ' Mabillon, Musaum Italicum, t. il.

dolalis invexil, tempus ad sacrificium offerendum advenu, acceptaque turre diaconus in qua mysterium dominici corporis habebatur, ferre cœpit ad oslium: ingressusque templum ul eani alluri superponerel, elapsa de manu ejus ferebatur in aéra, el sic ad ipsam aram accedens, numquam eam manus diaconi poluit assequi : quod non alla credimus aclum de caena, nisi quia pollatus erat in conscicrdiu '.

Bona, Rerum liturgicarum, t. i, p. 23. — C. F. Atchley, Ordo romanus primus, London, 1905, p. 106 sq. — Ducange, Glossarium medix el infimœ latinitatis, s. h. V. — Mgr Duchesne, Les origines du culte chrétien, p. 166 et 188. — -V. Fortescue, The Mass, Londres, 1914, p. 367 sq. — W. E. Freestone, The sacrament reserved (Alcuin club collections), London. 1917, p. 70 sq. — D. A. Gréa, De l'Église et de sa divine constitution, Paris, 1885, p. 318. — Le Brun, Explication des prières de la messe, Paris, 1726, t. i, p. 570 sq. — Martène, De Ecclesiœ ritibus, Bassani, 1788, t. i, p. 156 sq. — W. Lockton, The Trealment of the remains after Communion, Cambridge, 1920.

Voir Fraction.

F. Cabbol.

1. FERMOIR. L'archéologie chrétienne ne possède pas beaucoup de spécimens de cette sorte de petit loquet dont il est superflu de décrire plus

4343. — Fermoir provenant de Korbous.

D'après Bulletin arcbéologique

du Comilé des travaux historiques, 1909, pi. xLvi.

longuement l'usage, dès l'instant qu'on lui a donné son nom de fermoir. Quelques cofirets d'argent, d'ivoire, de bois ou d'os nous ont été conservés : lorsqu'ils sont intacts, la fermeture n'offre rien qui attire particulièrement l'attention, par exemple, pour la capsclla argenlea africana (Dictionn., t. i. col. 711, fig. 148) ; la châsse de Rimini (Dictionn., t. m, col. 1105, fig. 2697) ; la châsse de Saint-Nazaire â

p. 43 sq. — = P. L., t. Lxxn, col. 92. 93. — 'De gloria niarUjrum, 86, P. L., t. lxxi, col. 781. Cf. Duchesne. op. cif., p. 166, 188, 189.

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