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DEPOS-NONI- ■ ■ EVSEBIA ET EYPA ■ ■ ■
Roldetti ' a visité ce cimetière et vit un arcosolium dont la voûte était en tuiles couvertes de chaux, avec un double listel en guise de corniche et aux deux côtés de l'arc étaient peints les apôtres avec leurs noms ■
PETRVS PAVLVS
De l'ancienne basilique il reste une épitaphe du ■\iii«-ix« siècle, sur travertin, rappelant les travaux <le l'évèque Etienne au tombeau du martyr :
t STEPHANVS VATES TIBI MAR
TVR EVTICII SPECLATAE MARMORIS DVO Dl '
FERIA, voir fètes.
FERIANA. A cinq kilomètres environ du fameux cliéne de Feriana, dans la direction de l'ouest (Tunisie, près de la frontière algérienne), on trouve une église chrétienne offrant une disposition intéressante (fig. 4342). Orientée de l'est à l'ouest avec l'entrée à l'est, cette petite église montre encore des murs bâtis en gros appareil jusqu'à la naissance de la voûte. On y relève l'emploi des parpaings jetés au milieu des blocs mal équarris; ce sont deux ou trois pierres plates mesurant environ 2 mètres en longueur et 0 m. 20 d'épaisseur. Les voûtes sont en pierres brutes de petit volume noyées dans une sorte de mortier.
L'entrée n'a guère plus de 1 m. 50 de largeur. Elle
' S. Grégoire, Dialogi. 1. III. c. xxxvni. P. L.. t. Lxxvii, col. .316. — ' Boldetti. Osservazioni sopra i cintileri dei cristiani, 1720 p. 5SS. — ' Germano di San Stanislao, S. Euti-io di Ferenio e il suo santuarin. in-S°, Romîi ;
était fermée par une porte dont il demeure quelques indices; c'est à gauche, à 1 m. 60 de hauteur du sol une cavité circulaire dans laquelle devait venir se loger le verrou de fenneture tandis qu'à droite, à une hauteur de 2 m. 25, une pierre qui surplombe présente une cavité verticale qui devait recevoir l'extrémité supérieure du pivot en fer ou en bois, autour duquel tournait la porte qui n'avait donc qu'un seul battant. .
L'église comporte trois parties bien distinctes entre elles. Ce sont :
1° Un couloir long de 6 pas, l.irge de 2 m. 50, voûté et terminé par un arceau.
2° Un appartement carré limité sur chaque face par un arceau semblable; chaque côté mesure 3 m. 50
4342. — Église aux environs de Feriana.
D'après Bulletin du comité des travaux historiques^
1892, pi. x\-m.
environ. A droite et à gauche, à 1 m. 30 au-dessus du sol actuel, s'ouvre une fenêtre rectangulaire. La voûte sur arêtes présente sa croisée au centre de l'appartement.
S» Trichore absidale avec voûte en cul-de-four (voir t. I, col. 183 sq.). La voûte du fond est en partie effondrée et remplie de broussailles. Il semble néanmoins que cette abside se prolongeait par une absidiole de petites dimensions. Dans les absides de droite et de gauche se voient des fenêtres analogues à celles de l'appartement carré. Chaque abside mesure environ 1 m. 50 de profondeur.
La largeur totale de l'église est de 16 à 18 pas. Les murs latéraux laissent voir encore à la naissance des voûtes des cavités de forme quadrangulaire qui
Memorie arclieologiche e critiche sopra gli atti ed il cimitero di S. Eutizio di Ferento, Roma, 1S8G: M. Armellini, OU antichi cimiteri cristiani di Roma et d'Italia, in-8°, Roma. 1893, p. 647-B51.
FERIANA
FERMENTUM
ont pu contenir les extrémités des solives. Dans l'abside 1 du fond, les cavités sont plus nombreuses, elles re- \iennent accouplées par deu.x tout autour de l'abside, à la distance de 1 m. environ. « C'est selon toute apparence une petite église de l'époque chrétienne peut-être byzantine '.■-
H. Leclercq.
FERMENTUM et SANCTA. 1»Le /^i;iîJ/£.v TUif. Le fermenlam était une portion du pain consacré à la messe épiscopale, que l'on envoyait le dimanche aux prêtres des titres ou paroisses urbaines pour être joint à leur propre consécration. C'est un peu avant la fraction, après le baiser de paix et le Pax Domini, que ce fragment de l'hostie était réservé et mis de côté pour être ensuite envoyé. C'était un symbole de l'unité de l'Église locale et en particulier de l'union étroite de tout le clergé dans la célébration du mystère eucharistique.
Dans la notice sur saint Melchiade. (311-314). le Liber Poniificalis dit : Hic jecit, ut oblationes consecratse per ecclesias ex consecralu episcopi dirigerentur. quod declaratur jermentum -. Et à propos de Siricc. (384-399) : Hic constituit, ut nullus presbyter missas celebraret per omnem hebdomadam, nisi consecratum loci designati suscipcret declaratunx, quod nominatur fermentum'. Innocent I" dans sa lettre à Decentius explique ainsi cet usage : De fermenta vero, quod die dominica per titulos mittimus, superflue nos consulere voluistis, cum omnes ecclesise vestree intra civitatem sinl constitutœ, quaram presbyteri, quia die ipsa propter plebem sibi créditant nobiscum convenire non possunt, idcirco fermentum a nobis confectum per acolythos accipiunt, ut se a nostra communione, maxime illa die, non judicent separatos. Quod per parochias {extra urbem conslitutas) fieri debere non puto : quia nec longe porlanda sunl sacramenta, nec nos per cemeteria dioersa constituas presbyteris destinomus, et presbyteri eorum conflciendorum jus habent alque licentiam *. »
La notice de saint ZéphjTin (203-221) donnerait à cet usage une plus haute antiquité, mais le texte n'est pas absolument clair et selon Mgr Duchesne ne peut s'appliquer au jermentum. Voici ce texte : Zepherinus... fecit constitulum de ecclesia et patenas vitreas ante sacerdotes in ecclesia et ministres supportantes donec episcopus missas celebraret, ante se sacerdotes adstantes, sic missœ celebrarentur, excepta quod jus episcopi interest tantum, clerus sustineret omnibus pressentes, ex ea consecratione de manu episcopi jam coronam consecratam acciperet presbiler tradendam populo '. » Cette partie du pain consacré est présentée au peuple; il ne s'agit donc pas du fermentum porté au clergé des autres paroisses.
Mabillon cite encore ce texte des gloses anciennes sur les décrétales des papes conservées dans le monastère de saint Emmcran : de fermenta quod dicit (Innocentius I) mas est Romanis, ut de missa quœ cantatur in Cœna Domini, et in sabbalo sancto, et in die sancto Paschœ, et in Pentecosten, et in \utaU Domini die sancto pertotum annum servatur, et ubicumque per stationes, si ipse Papa ad missam priesens non fuerit,
de ipsa missa mittitur in calicem, cum dicit : paxdomixi SlT SEilPER TOBISCUM. Et hoc dicitur fermentum. Tamen sabbalo sancto Paschœ nullus presbyter per ecclesias baptismales neminem communicul, untcquam, mittatur de ipsa sancta, quam obtulit Dominas yapa '.
Voici comment le rite est décrit dans l'appendice (\iii^-ix« siècle) de l'Orrfo romanus primus : Quando dici débet : PsxiiOMlxi siT semfep. roniscuM, deporlatis a subdiacono oblationario particula fermenti quod ab apostolieo consecratum est, et datur nrchidiacona : ille vero porrigil episcopo. At ille consignando tribus ricibus et dicendo : PJ.X BOillsi SlT SEMPBR roBISClil, mittit in calicem... Episcopi qui civitatibus priesidenl, ut summus pontifex ita omnia peragunt '. »
L'Ordo de saint Amand publié par Mgr Duchesne et qui représente une recension du premier ordo, écrite en Gaule au ^^JI'= siècle, décrit la cérémonie en termes analogues, mais substitue au fermentum, le terme sancta ce qui est une erreur. Les sancta sont le fragment consacré à une messe précédente qui est apporté au commencement de la messe et mis dans le calice au Pax Domini. La même confusion se retrouve dans la description de la cérémonie du samedi saint '.
Quand les grecs attaquèrent les latins sur l'usage des azjmes, ils ne manquèrent pas de rappeler les textes que nous venons de citer pour prouver que les latins à cette époque usaient aussi de pain fermenté pour l'eucharistie. Pour se tirer d'embarras, leurs adversaires répondaient que par fermentum, il fallait entendre non pas l'eucharistie, mais des eulogies '. Mais Mabillon et Bona étalent trop au courant des usages liturgiques anciens pour admettre cette interprétation. C'est bien de l'eucharistie qu'il s'agit ici '". Sirmond admet bien que le fermentum désigne l'eucharistie, mais selon lui le terme ne prouve pas que le pain consacré fut fermenté ". Voir .Azymes.
Quoi que l'on pense de ce dernier point, on ne peut douter un instant que ce fermentum ne fut un fragment du pain consacré. Les ordinvs romani nous décrivent la cérémonie tout au long et elle n'aurait plus de sens, s'il ne s'agissait ici de l'eucharistie. « L'Église romaine, remarque très bien Mgr Duchesne, attachait beaucoup d'importance à ce que les rites de la communion continssent une expression très claire et très vive de l'unité ecclésiastique. C'est à cela que se rattache l'usage du fermentum, du pain consacré envoyé de la messe épiscopale aux prêtres chargésde consacrer dans les tituli; c'est encore cette sigi>ilication qui se retrouve dans le rite des sonda du fragment consacré à la messe précédente, qui est apporté au commencement de la messe et mis dans le calice au Pax Domini. C'est partout, dans toutes les églises de Home, c'est toujours, dans toutes les assemblées liturgiques, celle d'aujourd'hui comme celle d'hier, le même sacrifice, la même eucharistie, la même communion. De même, afin de bien marquer que le pain rompu et distribué en dehors de l'autel est le même qui a été consacré à l'autel, on en laisse un fragment sur la table sainte '- .»
Un rite analogue s'observait encore à Borne, le
' Toutain. Fouilles et explorations à Tabarka et aux environs, dans le Bull, arcli. du Comité des Irav. hisl., 1892. p. 176, pi. xvin. — ' Liber ponliftcalis, éd. Duchesne, t. i, p. 169. — ' Op. cit.. t. I, p. 216.— 'P. L., t. XX. col. 556, 557. — ' Liber pontiflcalis, t. i. p. 139. — • Jlir Cerman. Jescript., p. 65. Analecta, t. iv, p. 60. — " Atchley, Ordo Homanus primus, p. 146, 148. — ' Voici le premier passage : e( dum diieril (episcopus) PAX hOUlNI SlT SEUPEH TODISCi'Jit, lenet subdiaconus de sancta cum corporaie ad cornu altaris quod ponti/ei consecravil, et accipit eam diaconus et tradit eam episcopo aut presbitero, etc. Et viiici le second : Ipsa nocle, omnex presbiteri eardinalc.% non ibi stant, scd uniisquisque per lituittm suuni facit niista et
hahet linnliam sedere in sede et dieere CLORIA IN EXCEL- SIS DEC lit Iransmiltil unusquisque prcshiter mansionarium de titulo suo ad ecclesiam Saloaloris, et expectant ibi iisqae dam Irangilur sancta, habentes secum rorporn/cs. El ucnit obtalionarius subdiaconus el dal tis de sancta quod ponti/ex coiisecravit el recipiunl ea in corporales, et revcrlitur unusquisque ad titulum suum et tradit sonda presbitero. Et de ipsa facit crucemsupercalicem el punit inco et dicil-Dominus uobifcuni. • Origims du culte dirélien, p. 470 et 478. — • Anselm. cp. llavclb. Uial. I. m, c. xni. — '" Mnbillon, De <iz|/mo, c. x; liona. lier, lilurg, 1. 1, c. xxiii, n. 10-17. — " De uzymo pane. — "Originesdu culte cbreiirn, p. 18S, ISO. Cf. I.iber pnntifieatis, t. i, p. 169. n. 4.
FERMENTUM