‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 37 sur 331 · VI RIA CE · texte numérisé non relu

VI RIA CE

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IMVIXIT

Quiriace. — Quamquam nul(l)um ab his sorte et eond(iti)one esse immunem liquida constet, verum id nobis dolori est, quod rari exempli (emina, in qua justilia mirabilis, innocentia singularis, caslitas incomparabilis, obsequenlissima, in omnibus abstinentissima, orbalis Iribus lib(er)is, qui una mecum huic sepulcro prseconia taudis ejusdem indiderunl, immaturis, hymnis sit a nobis ad qaielem pacis translata. Cuique pro ville suse testimonium sancti martyres aput Deum et Chrislum erunt advocati. Quœ vixit mecum inculpabiliter et cum omni suavitalc dulcissime annis IIII, mensibus quinque, diebus duodecim. La suite devait comprendre le total des années, mois et jours de vie, mais le lapicide s'est contenté de ces mots im vixit.

Cette inscription peut être assignée au iv= siècle. On remarquera la belle formule sur les saints intercesseurs : cuique pro vitse suœ testimonium (sic) sancti martyres apud Deum et Chrislum erunt advocati. Voir Dictionn., au mot Ad sanctos.

Le livre l\' des Carmina de Venance Fortunat se compose d'épitaphes; on en compte vingt-huit, comptant entre dix et quarante vers ', sauf l'epitaphium Vililhutœ, qui en compte cent soixante et qui est, comme l'a jugé E. Le Blant, une véritable laudatio funebris que sa longueur ne permet pas de transcrire ici, car l'intérêt de la pièce ne rachèterait pas ses proportions '.

H. Leclercq.

ÉPITRES.— I. Remarques préliminaires. 11. Quelques données anciennes, ii»-vi= siècle. 111. Cérémonial. IV. Les documents, énumération et classement des sources. V. Les séries ou systèmes : 1° mozarabe; 2° gallican; 3° ambrosien; 4° napolitain; 5" romain; 6° fixation dans le Missale romanum. VI. Essai d'explication.

I. Remarques PRÉLi^nNAiRES. — 11 eût été peut-être préférable de présenter conjointement l'étude de l'épître et celle de l'évangile de la messe sous un titre commun, tel que « Leçons de la messe » ou « Lectures bibliques dans la liturgie de la messe ». Pour plusieurs raisons, le sujet a été divisé en deux articles portant les

' De Rossi, Bull, cli urclieol. crisl., 1864, p. 34-35. — ' Fortunat, Opéra, édit. Léo, 1881, p. 78-100; Les Epilaphia d'Ausonc, édit. Schenkl, 1883, p. 72-80, ne relèvent pas

main actuel, d'une seule leçon empruntée le plus souvent aux Èpîtres de saint Paul, plus rarement aux Actes, à l'Apocalypse, aux Èpîtres catholiques; en quelques circonstances seulement : samedis précédant Pâques et la Pentecôte, fériés des quatre-temps, diverses fériés de carême, le missel présente plusieurs leçons tirées de l'Ancien Testament sous le nom commun de lectiones et désignées dans le langage courant sous l'appellation de prophéties. A ce titre, la leçon prophétique lue à la messe appartient à notre sujet et il serait difficile de séparer les èpîtres des prophéties, que l'on trouve réunies dans les systèmes traditionnels.

Pour éviter de donner à cet article une longueur excessive, on s'est borné à ne dire que l'essentiel, surtout pour la période des origines, où il serait facile d'aligner un bon nombre de textes patristiques sans grande utilité. On a cherché surtout à présenter simplement l'état actuel de la question, à énumérer et à classer les documents, lectionnaires ou épistoUers proprement dits, qu'il faudrait étudier pour exécuter sur ce sujet un travail d'ensemble qui n'a pas encore été entrepris. Seul, le système de lectures que nous ont conservé les documents romains les plus anciens sera examiné de plus près que les autres, parce que c'est ce système qui est encore en usage dans la'liturgie de l'Église catholique.

Le sujet ainsi défini a été à peine abordé, jusqu'à nos jours. Les textes principaux ont été édites par Mabillon, Tommasi, Georgi, puis, de nos jours, par Ranke, dom Morin, dom Wilniart. Mais ce sont des documents épars, dont les relations n'ont pas été déterminées avec précision. 11 n'existe qu'un seul Uvre important sur cette matière, celui d'E. Ranke, Das kirchliche Perikopensystem, qui sera fréquemment cité ci-dessous. Mais cet excellent travail devrait être repris et mis à jour à l'aide des publications nouvelles. Cette tâche ne peut être entreprise ici. On trouvera donc dans les pages qui suivent l'exposé des questions et l'inventaire des sources.

II. Quelques données anciennes. — 1° Les premiers siècles. — On se bornera ici à rappeler très brièvement que les premières communautés chrétiennes

de nos études. — » Fortunat, op. cit., p. 95-99, n. xxvi. Cf. I"r. Plessls, Êpitaplies. Textes clioisis ei commentaires, in-8°, Paris, 1905.

EPITRES

conservèrent l'usage juif de lire dans leurs réunions liturgiques les livres de l'Ancien Testament et de les commenter, mais en y ajoutant de très bonne heure de nouveaux textes auxquels on reconnaissait une égale autorité (lTim.,iv, 13; Col.,iv, 16; Apoc, 1,3). Saint Justin dit déjà de façon très explicite : Ac solis ut dicitiir die, omnium sive urbes sive agros incolenlium in eumdem locum fit conventus et commentaria apostolorum aut scripta prophelarum leguntur quoad licet pcr tempus '. Tertullien dit de l'Église romaine : Legem et prophetas cum evangelicis cl apostolicis litteris misccl, indc potat fdem, et des Églises apostoliques : Apud qaas ipsœ authenticse Utlerse eorum recilantur -. On connaît le texte de saint Jérôme : Petrus (evangelium Marci) probavit atque Ecclesiœ legendum sua auctorilate tradidit =. Eusèbe dit que Constantin fit exécuter de magnifiques copies des Livres saints pour l'usage liturgique '. Il n'est pas hors de propos de rappeler aussi d'un mot l'existence de l'ordre distinct de lector à l'époque de Tertullien et même dès le temps de saint Justin '; pendant les persécutions, surtout sous Dioclétien, les perquisitions opérées dans les églises pour saisir les livres utilisés au cours des réunions liturgiques, persecutio codieum tradendorum'; enfin le nom et le crime des traditores, qui livraient aux autorités païennes les Livres sacrés '. Les textes anciens ' montrent bien l'usage des lectures bibUques dans la liturgie, mais ils ne donnent aucune précision sur l'ordonnance de ces lectures. Cette période des origines est fort obscure et d'ailleurs il ne faut pas y chercher l'organisation qui ne se fixera que plus tard, au cours de l'évolution des rites. On peut toutefois regarder comme certain qu'alors on faisait au moins trois lectures,une de l'Ancien et deux du Nouveau Testament : ces trois lectures ont été conservées dans les liturgies ambrosienne, mozarabe et dans l'ancienne gallicane. De très bonne heure, vers le iv« siècle environ, la liturgie romaine les a réduites à deux en supprimant celle de l'Ancien Testament sauf aux fériés des quatre-temps °, comme le montre la survivance des deux pièces de chant : graduel et alléluia. Durant les trois premiers siècles, il est probable que l'évêque indiquait au diacre et au lecteur les passages qu'ils devaient lire et fixait à son gré la durée de ces lectures '°. Quels étaient les passages choisis? Aux grandes tètes du Seigneur : Pâques, Pentecôte, Noël, Epiphanie, on devait naturellement faire entendre les récits des écrits canoniques qui s'y rapportaient le plus directement. Pour les autres jours, dimanches et fériés, on lisait de

' S. Justin, Apol. I. c. lxvii. /'. <:., t.;vi, col. 4.30. — ' Tertullien, De prœscr., c. xxxvi, P. Z.., t. ii, col. 60 et 58. ■ — ' S. Jérôme, De vir. illiistr., c. vni. P. L., t. x.xiii, col. 654 ; cf. Eusébe, H. E., II, 15 : Librum illiim (evangelium Alarei) auctontate sua coniprobassc dicitur (Petrus) ut deinceps in eeclesiis legerelur. P. C. t. x.\, col. 171. — * Eusèbe, Vila Constant., iv, 36-37, P. G., t. xx, col. 1181>; cf. ïhéodoret, H. E., 1, 15, P. G., t. lxxxii, col. 954. \oir Dictionn., aux mots Canons d'Eusèbe et Eisèbe. • — ' Tertullien, De prirser., c. XLI, P. ].., t. n, col. 68; cf. J. H. Sravvley, The early history of titc liturgy, in-S", Cambridge, 1913, p. 34. — ' S. Augustin, Contra Cresc., 1. III. c. .xxvi, P. L., t. xi.ni, col. 510. — 'Voir un exemple dans .\. Ilarnack.Lefcfr den priuatcn Gcbrauch rier hciliyen Scliri/lvii in der atten Kirelie, trad. anglaise de J. H. Wilkinson, Bible rcading in Itw early Chureb, Nc«-York, 1912, p. 82, n. 1. L'étude d'.A. Harnack ne porte que sur la lecture privée de la Hiblc, comme le dit bien le litre allemand de rou\Tage. — ■ Voir entre beaucoup d'autres, S. Ignace, Ad PliilaU., c. v et vni, P. G., t. V, col. 702;./4(/73ioj7n., c. XI, donsFunk, Opéra PP.aposf., ln-8, Tubinga;, 1887, t. i, p. 331; Cnnstit. apost.. 1. Il, c. i.vii, éd. Funk, 1. 1, p. 161 ; Tertullien, ^tpo(o!7., c. .xxxix, P. L., 1. 1, col. 532; De anima, c. ix, P. L., t. u, col. 701. — • Duchesnc, Origines du culte, 5' éd. anglaise. 1919, p 107; cf. Thalhofcr-Elsenhofcr, Handbucli der katlt. lAturg., 2- édit., 1912, t. II, p.G7. — '" Cl. S. Justin, /tpo/. /.c.LXvii, et Contra Tryph., c. cxvm, P. G., t. vi, col. 4.TO et 749.

façon continue (leclio continua) les principaux livres bibliques.

Dans l'Église d'Occident, il faut arriver jusqu'à saint Ambroise et saint Augustin pour saisir les traces d'un système annuel de lectures déterminées : on avait dès lors choisi pour la lectio continua des livres ayant un rapport plus marqué avec chaque période liturgique '^ A Milan (comme à Constantinople) on lisait pendant le carême les livres de Job et de Jonas, au témoignage de saint Ambroise : Audistis librum Job legi qui solemni muncre est decursus et tcmporc... Sequenti die lectus est de more liber Jonx Erat aulem dies quosese Dominus pro nobis dédit quo in ecclesia pœnilentia relaxatur '- = jeudi ou vendredi saint.

En Afrique, on lit la Genèse (et peut-être aussi d'autres livres) : Lectio illa, fratres charissimi, in qua beatus Abraham Isaac filium suum in holocaustum legitur obtalisse, ideo in ordine suo diebus quadragesimœ non recitatur quia, sicut ipsi nostis, in vigiliis Pascbse propter sacramentum dominicœ passionis reseroatur '".

Entre Pâques et la Pentecôte, on lit en Afrique les Actes des apôtres : Actus apostolorum, ille liber canonicus omni anno in ecclesia recitandus. Anniversaria solemnitate posl passionem Domini nostis illum librum recitari ". Ipse liber (Act. apost.) incipit a dominico Paschse, sicut se consuetudo habel Ecclesia; '*.

On lisait donc des livres déterminés à des périodes déterminées de l'année. Mais il ne s'ensuit pas que ces lectures fussent déjà sectionnées en péricopes fixes, dans le sens moderne de ce mot. Les principales fêtes étaient pourvues de lectures propres de l'Évangile, qui interrompaient la lectio continua alors en cours ". L'évêque gardait pourtant encore une grande liberté : In memoria retinentes pollicitationem nostram, congruas etiumex Evangelioetapostolo fccimus recitari lectiones ". Dans une lettre de saint Augustin à Al)-pius de Thagaste ", on voit l'orateur lire les passages fixés pour le jour où il parle, et beaucoup d'autres qu'il choisit ;i son gré. En Afrique on lisait aussi les actes des martyrs le , jour de leur fête ". Dans la même Église et à la même époque, on constate que l'usage n'est pas uniforme. Ainsi saint Augustin commence par ces mots l'un de ses sermons : In omnibus lectionibus quas reeitatas audivimus,si animadvertit caritas vestra primam Icctionem Isaiœ prophetœ (Lvn, 13)... Deinde ascendit apostolica lectio"(llCoT. vn, 1).... Au début d'un autre il dit : Prima lectio quœ nobis hodie recituta est apostoli Jacobi (v, 12), oblata nobis est addissercndum -'. Cependant le

— " L'apostrophe d'Optat de Miléve aux donatistes : Lectiones dominicas incipitis et tractatus ucstros ad nostras injurias explieatis (De sehism. Donat., 1. IV', c. v, P. L., t. XI, col. 1034) est trop peu précise pour qu'on en puisse tirer la preuve de l'existence de lectures propres au dimanche.— "S.Ambroisc,£pi«/. xx,nd.Marce/l.,c. xivet xxv, P. L., éd. 1880, t. XVI, col. 1040 et 1044. relatant des faits qui se sont produits durant les derniers jours du carême.

— " S. Augustin, Sermn vi spurius, olini Lxxi de tempore, P. L., t. xxxix, col. 1749. — " S. Augustin, Tract. VI in Joan., c. xvm, P. /.., t. xx.xv, col. 1433. — "S. Augustin, Serm. cccxv, c. i, P. L., t. xxxviii, col. 1126. — " Voir les preuves dans S. Beisscl, Entsleliung der Pcril<opcn des Rômisclien \lessbuches, Frciburg-iui-Br., 1907, p. 41-42 et voir Dictionn., au mot Évasgili-s. — " S. Augustin. Sermo. cccLXii, P. L,, t. .xxxix, col. 1611. — '* Epist. xxix, P. L., t. xxxiii, col. 114 sq.;cf. Enarr. in psat. CXX.XVIll ci: Psalmum nulùs hrevem paraveramus quem maiidnveramus cantari a lectore; sed tid horam, gimntum lùdctur, perturbatus, nltcrum pro allern legit. Matuimus nos in errore lectoris sequt voluntatem Dei quant nostram in proposito noslro. P. L., t. xxxvii. col. 1784. — " Cf. Beisscl. Entsiehung. p. 45. Concile d'Hippone (393), canon 36 : Liceat eliani tegi passiones martyrum cum anniversarii dies eorum celebrantur, Mansi, Concil. ampliss.coll.. t. ni, col. 924. — ■• Serin. XLV, P. /L..t.xxxvin,col.262. — "Scrm.,c.Lxxx, P. ^..t.xxxvni, col. 966.

EPIÏRES

peuple était déjà si fort attaché à ses usages qu'il n'acceptait pas volontiers l'innovation tentée par saint Augustin, qui voulait faire lire la passion du Sauveur selon les quatre évangélistes et non selon le seul saint Matthieu, comme on le faisait jusqu'alors '.

En somme, tous les textes que l'on pourrait passer en revue s'accordent bien sur le fait d'une lecture de l'Ancien Testament ou du Nouveau Testament précédant celle de l'Evangile; mais ils ne fournissent aucune précision sur la question qui nous occupe : l'origine des péricopes déterminées, attribuées à des dates fixes de l'année ecclésiastique. De plus, les renseignements recueillis çà et là à travers les écrits des Pères doivent être utilisés avec beaucoup de prudence, car il n'est pas toujours possible de déterminer avec certitude si l'on se trouve bien en présence de lectures faites au début de la messe, ou, au contraire, au cours de toute autre réunion liturgique.

2° Les premiers essais. — Les premiers essais de fixation de péricopes propres à des périodes données, au lieu de la ledio continua, apparaissent en Gaule vers le milieu et la fin du v^ siècle.Ce sont les textes bien connus de Sidoine Apollinaire et de Gennade.

Sidoine rapporte que Claudien, frère de Claudien Mamert, évêque de Vienne (vers 450), solenmibus annais paravit quœ quo tempore lecla convenirent -. Gennade, prêtre de Marseille, mort vers 485, dit que Musaeus, Massiliensis ecclesise presbijier, horlalu sancti Venerii (t452) episcopi excerpsil ex sacris Scriptaris lectiones totius anni festivis aptas diebus '.

Ces deux tentatives ne s'étendaient pas à l'année entière, mais seulement aux périodes principales et aux jours de fête. Elles visaient à la fixation et à l'appropriation des lectures qui convenaient le mieux au sens des plus importantes solennités.

On peut ajouter ici VEpisiola sancti Hieronymi missa ad Constantium.

Les liturgistes du moyen âge, Amalaire, Bemon, l'auteur du Micrologue, Honorius d'Autun, ont tous répété que saint Jérôme avait composé un lectionnaire pour toute l'année liturgique, et que ce lectionnaire avait été mis en usage dans l'Église romaine par le pape Damase Cette affirmation repose sur VEpistola Hieronymi ad Constantium, qui se trouve en tête d'un certain nombre de manuscrits du Cornes *. Dès le x\ti« siècle, l'exactitude de ce renseignement a été mise en doute et actuellement l'attribution à saint Jérôme est unanimement rejetée. Qui est donc le véritable auteur? Dom G. Morin a proposé d'abord Victor de Capoue ', puis plus récemment Claudien Mamert '. La lettre serait la préface du lectionnaire dont parle Sidoine Apollinaire dans le texte cité ci-dessus. Mais ce lectionnaire ne nous est point par\enu et on lui a substitué de bonne heure celui qui était venu de Rome au vra= siècle. Ces deux tentatives d'identification demeurent, jusqu'à présent, purement conjecturales.

L'auteur de la lettre constate d'abord que le mot Cornes, couramment employé dans la langue ecclésiastique, désigne deux sortes de livres : les uns sont destinés à l'usage liturgique et varient suivant la pratique

' Scrm.,ccx.xxn, olira cxnv, de tempore, P. L., t. xxxvni, col. 1108. — ■ Epist., 1. IV, XI. P. L., t. lviii. col. 510. — ' De script, eccles., c. lx.xi.k, P. L., t. lviii, col. 1104. — ♦ Publiée pour la première fois par Flaccus Illyricus, Magdebourg, 1540; puis par d'.\chery, Spicil., Paris, 172:i, t. m, p. ;iûl ; Tommasi-Vezzosi, t. v, p. 319; Vallarsi, appendice aux Opéra de S. Jérôme, P. L., t. -xxx, col. 501 ; RanUe, Perikopensystem, appendice I, Berlin, 1S47; Schu. Die 6iblische Lesungen, Trier 1861, p. 116; traduction allemande dans S. Beissel, p. 54-55. Les principaux mss. contenant cette lettre, cités par domMorin, sont : Paris, Hibl. nat., lat. 9<3J; Vatic, OItob. 47S:\atic., lat. 317; Besançon, 1S4. — ' Rcv. bénéd., 1890, t. vu, p. 41G-423. — • Rev. bénéd., 1913, t. XXX, p. 228-231. — ' Le sens général de cette

de chaque Église; les autres sont destinés à l'instruction ou à l'édification des particuliers. A la demande d'un certain Constantius, qu'il appelle à deux reprises « son vénérable frère «, l'auteur a consenti à en composer un de la première espèce. Les péricopes y étaient adaptées aux différentes fêtes de l'année, à partir de la veille de Noël, à l'heure de none : Incipiens ilaque a \ativitate Christi, quod est vm kalendas januarias, in vigiliis ad nonam, per ordinem quem assidue in Ecclesia didiceram, lectiones utriusque Testamenti simplicibus ministravi, porro editionem illam quam ex hebraicis voluminibus in lalinum translatam esse constat, in hune quippe modam quse vel cuiusque prophétise lectio praesenti festivitati congruat, quid apostoli doceant, vel ad eumdcm tilulum quid Evungclii annuntiet authorilas, dudum vertente jam anno per omnes dies jestos Ecclesise, opportune censui omnia secundam tempos esse legenda '.

A cette série de lectures, il a ajouté un recueil de textes de l'Écriture destinés à l'édification des fidèles, spécialement durant la période quadragésimale : sed et nonnulla alia œdificationis causa mulla illicaggregatasunt... Il semble que cette seconde partie de l'ouvrage concorde assez bien avec la description, donnée au début de la lettre, de la seconde catégorie de cornes : pro voluntale studiosi lectoris qui.... toium parvo in corpore adunalum desiderat habere paupertatis necessitale.

La date de composition de cette pièce doit être antérieure de peu au milieu du W siècle, car elle reflète une période où le lectionnaire est déjà d'un usage courant, mais varie encore suivant la coutume de chaque Église, c'est-à-dire une époque antérieure à saint Grégoire; de plus, « la préférence absolue donnée ici à la Vulgate (hiéronymienne) dans une œuvre liturgique ne se conçoit guère, dans le cercle de Rome, avant le milieu du vi« siècle *. j

Le lectionnaire composé par l'auteur n'a pas été conservé, pas plus que le recueil d'exhortations morales. Les documents qui nous en donnent l'image la plus rapprochée sont probablement le lectionnaire de Luxeuil et la liste du Fuldensis.

Nous ne connaissons pas, pour cette époque, de traces plus précises d'un système fixe de péricopes. Les homéUes des Pères ne fournissent pas d'indices très sûrs, pour cette raison que, les fêtes mises à part, on ne sait pas si l'orateur commente tel ou tel texte parce que ce texte faisait partie de la péricope fixe du jour, ou bien parce que la lectio continua le lui faisait alors passer sous les yeux.

De plus, il ne faut pas attacher plus de créance qu'elles n'en méritent aux indications précises de temps et de Ueu qui figurent en tète des homélies : ces indications ont été souvent ajoutées après coup par les copistes et par les éditeurs, qui prenaient pour base de classement leurs propres calendriers. 11 est donc à craindre que certaines de ces attributions tardives, fondées sur la vraisemblance et la probabiUté, soient complètement erronées '.

Ces quelques notes suffiront pour la période des origines, qui n'est pas l'objet propre de cet article. Les conclusions qui paraissent solides se réduisent, croyonsphrase obscure est celui-ci : l'auteur a choisi dans les prophètes, dans les Épîtres apostoliques, dans l'Évangile, les passages qui lui ont paru s'adapter le mieux à chaque fête; ainsi, durant tout le cours de l'année, on fera successivement, à chaque fête de l'Église, des lectures appropriées, chacune en son temps. L'interprétation de ce passade donnée danslaiJeu. bénéd., t. vu, p. 41S et t. xxx, p. 228, ù savoir que, ■ dans le courant de l'année précédente, il (l'auteur) avait déj.l institué un ordre de lectures, ■ ne paraît pas admissible : vertente anno ne peut pas être traduit par : l'année précédente. — ' Dom Morin. Ber. bénéd., 1890, t. vn, p. 419. — " Cf. \V. Caspari, article Perikopen, dans llauck, Realencycl. /ur protest. Tlieul. u. Kirche, 1904, t. XV, p. 137.

nous, à peu de chose : pas d'uniformité entre les Églises du monde occidental ; la ledio continua, destinée à l'instruction des catéchumènes plus encore qu'à l'édification des fidèles, s'étend souvent à deux ou plusieurs livres de l'Ancien Testament ou du Nouveau Testament lus concurremment; on n'a pas de preuve que cette ledio conlinua ait été pratiquée de telle façon que l'Ecriture fût lue tout entière chaque année; — l'influence de certaines périodes et de certaines fêtes met de bonne heure en relief certains livres et certains passages de ces Uvres; — dans la seconde moitié du haut moyen âge, on commence à fixer en nombre de plus en plus grand les péricopes déterminées dont l'agglomération est ensuite constituée en système.

On peut admettre que deux causes ont amené, par une évolution naturelle, la substitution de péricopes à la lectio continua : 1° la disparition progressive de la catégorie des catéchumènes : les lectures qui entraient dans la constitution de l'avant messe et qui étaient destinées à l'instruction des candidats au baptême, ont été modifiées le jour où leur raison d'être a disparu; — 2° le développement du cycle liturgique : à mesure que les grandes périodes de l'année chrétienne, avent, Noël, carême, Pâques, Pentecôte, et les principales fêtes des saints, se dessinaient de plus en plus nettement et prenaient leur plein relief sur l'ensemble du cycle, se produisit automatiquement, pour ainsi dire, la fixation définitive des lectures appropriées à ces anniversaires.

m. CÉRÉMONIAL. — Pendant des siècles, la lecture publique de l'épître fut la fonction propre des lectores, comme l'indique, de nos jours encore, l'admonition du pontife à l'ordinand : Stude igilur verba Dei, vtdelicet lectiones sacras distincte et aperte, ad inteiligenliam et œdificationem fidelium absque onmi mendacio falsitalis proferre '.

Le sacramentaire gélasien présente les deux formules suivantes : Prse/atio lecloris. Eligant te fratres tui, ut sis lector in domo Dei lui : et agnoscas officium tuum ul impleas illud : potens est enim Deus ut augeat libi graliam. Per.

Benedictio lecloris. Domine sancte, Pater onuiipolens, œterne Deus, benedicere digneris hune famulum tuum nomine {illum) in officio lecloris, ut assiduitale leclionum distinctus algue ornatus, curis modalis spiritali devotione resonet ecclesise. Per Dominum '.

On lit dans le missel romain actuel : Si quandogue celebrans cantal missam sine diacono et subdiacono, epistulam cantal in loco consuelo aliquis lector superpelliceo indulus qui in fine non-osculatur manum celebrantis '.

11 est remarquable que saint Isidore de Séville * et Rhaban Maur ' ne comptent point parmi les attributions du sous-diacre la lecture de l'épître, tandis que dans l'Ordo romanus I, dans les actes du concile de Reims en 813 ', le pseudo-Alcuin ', Amalaire ', la lecture de l'épître apparaît au contraire comme la fonction normale et réglementaire du sous-diacre. Mais Amalaire prend soin de noter la réflexion suivante : Miror qua de re sumplus usas in Ecclesia nostra ul subdiaconus freguentissime légat Icclionem ad missam, cum hoc non reperiatur ex minislerio sibi data in consecratione commissum, neque ex litleris canonicis, ncque ex nomine suo. Subdiaconus, ut monstratum est, dicilur quia sub diacono

' Pontiricaleromanum: de ordinalione lecloris. — • Ed. Wilson, Oxford, 1894, p. 147. — • Bitus cclebrandi missiun, lit. VI, n. 8. — * De otTiciis eccles., I. II, c. x, 1'. L., t. lxxxiii, col. 790. ■ — ' De inslilut. cleric, 1. I, c. viii, P. L., t. cvii, col. 303. — • Oin. 4. Mans!, Concil., t. xiv, col. 77. — ' De divinis olfwiis, c. XL, /'. i-.,t. ci, col. 1250. — 'De ecclesiast. o/ficiis, 1. II, c. XI, P. L... t. cv, col. 1085. Cf. liuronlus.. Annales, ann. 1057, n. 22, et Itona, Kcr. liturg., I. II, c. vi, S 3, in-fol., 1753, t. m, p 128. — • Imc. cit., col. 1086. — '" MicroU, c. VIII, P. L., t. < li, col. 982. — " Explicalio diuin. ofpc.c. x.kxviii. — ^' Pationalc, I. IV, c. xvi. — " Vers

est positus. In quibas rébus illi subdilus sit, consecralio eius et canonica institutio monstranl, id est ut in his minislrel diacono quse aguntur circa altaris officia. Nam primœvo lempore diaconus non legcbat Evangelium quod nondum erat scriptum: sed poslquam slatulum est a palribus noslris ut diaconus Icgeret evangelium, staluerunt ul et subdiaconus Icgeret cpislolam sive lectionem '. Au xi« siècle, le Micrologue affirme de même : Solis subdiaconibus inter inferiores gradus roniana aucloritas conccdit ul, sacris vcslibus induti, epistolam legant ad missam; quod tamcn non ex eorum consecratione sed poilus ex ecclesiuslica concessione meruerunl obtinere. Aussi, à défaut de sous-diacre, c'est le prêtre lui-même qui doit lire l'épître, et non pas aliquis nondum ordinalus ".

Au xu= siècle, Beleth formule la même règle : Ne guis epistolam légère priesumat nisi sit hypodiaconus, aul diaconus, aut etiam sacerdos. Melius est enim ut sacerdos If gai, etiam si cantal missam, quam acolythus *'. Durand de Mende répète, au siècle suivant : Cœlerum nullus débet epistolam solenniter in ecclesia légère nisi sit subdiaconus; qui si forte dcfuerit, dicatur a diacono ".

Le rite de la tradition de l'épistolier dans l'ordination du sous-diacre n'apparaît que tardivement au cours du moyen âge " et c'est seulement depuis Innocent III (1198-1216) que le sous-diaconat a pris le rang d'ordre majeur ". Du reste, nous l'avons déjà noté, le missel romain témoigne que la lecture de l'épître n'est pas réser\'ée au sous-diacre à l'exclusion de tout autre clerc, comme l'est le chant de l'évangile au diacre seul.

Dès l'antiquité, le lecteur se plaçait à un endroit déterminé, d'où il était vu et entendu facilement par l'assemblée. Cet endroit est désigné par dilTérents mots dans les textes anciens : pulpitam, suggestus, cxedra, tribunal, ambo, etc. '•. Nous retiendrons ce nom d'ambon, plus communément employé au moyen âge. Jusqu'au milieu du haut moyen âge, on ne trouve aucune réglementation précise sur la position que doit occuper le lecteur de l'épître à l'amboii. « En ce qui concerne l'existence de deux ou même trois ainbons attribués suivant leur élévation à la dignité des lectures qui s'y faisaient, évangile, écrits des apôtres, prophéties, nous n'avons aucun témoignage assuré dans les limites chronologiques de nos recherches "« (jusqu'au v^no-ix' siècle). Il paraît très vraisemblable qu'anciennement le lecteur regardait vers l'assemblée et non vers l'autel ", comme il fut prescrit plus tard. Le cérémonial le plus ancien que nous possédions est VOrdo romanus 1, qui présente probablement l'état des choses à l'époque de saint Grégoire. Voici le texte de cet Urdo concernant la lecture de l'épître : quand le pontife et ses assistants ont achevé dans le Sccrelarium leurs préparatifs et sont prêts à faire leur entrée au clucur, alors subdiaconus regionarius,tenens mappulam pontificis in sinistre bruchio super planelam revolutam, exiens ad regiam ( ■= januam) secrelarii dicil : Schola. Respondet : Adsani. Et ille : Quis psallet? licspondct : Jlle et illc. Et rediens ad pontifieem subdiaconus, porrigil ei mappulam inclinans se ad gcnua illius cl dicens : « Servi domini mei, talis subdiaconus rcgionarius legel aposlolum, et talis de schola cantabit. » Et postea non licet alterum mularc in loco lecloris vcl cantoris '". Puis la messe commence; après le Gloria in excelsis, le pontife dit:Or<;nius, <:( sequilur orale xiw siècle, d'après Le Brun, Brp/ica/inii';, 1. 1, p. 199. — '* D'après Uona, Rer. liturg. 1. II, c. vi. § 3 (t. ni, p. 128, éd. in-Iol., 1753), c'est vers le viii' siècle que la lecture de l'épître commence ù cnlrerdanslcsfoncllousdusous-diacrc. Cf. Marlènc, De antiq. Eecl. rilibus, 1. 1, c. iv, art. 4. n. G, éd. Venise. 1788, 1. 1, p. 135, et Tliallioler-Klsenhofcr, Ilandbueh, t. II, p. 72. — " Cf. doin Leclercq, art. Amiiu.n, Diclionniiirc, t. I. col. 1330. — '• H. Leclercq. I«e. ci(., col. 1339. — '■Tlialliofcr(t.ii,p. 73)anirmelcfaitcoiiiincccrtain,molsn'cii donne pas de preuves. — " Urdo I. n. 7. Mublllon. A/u.«iim Itidicum. t. Il, p. 7, réimprimé dans i^. /.., t. lxxviii,co1. 940.

EPURES

lio; post finilam, sedet; simililer episcopi vel presbyleri sedent. Tune ascendant subdiaconi regionarii ad altare slatiientes se ad dexlram sive ad sinistram allaris. Tune ponli/ex annuil episcopis el presbyteris ut sedeant. Subdiaconus vero qui lecturus est, mox ut videril post ponlificem episcopos et presbytères résidentes, ascendit in ambonem et legit. Postquam legerit, cantor cum canlatorio ascendit et dicil responsam '...

Après VOrdo I, nous pouvons placer VOrdo du manuscrit de Saint-Amand qui représente, d'après Mgr Ducliesne, l'usage liturgique du \in* siècle environ '. Voici les passages correspondants à ceux que nous venons de citer de l'Ordo rom. I : désignation du lecteur : Intérim slat guartus de scola ante pontificem et dicit ad subdiacono regionario : « Talis psallit responsorium et talis alléluia. » ...Dcinde venil subdiaconus suprascriptas ad auriculam pontificis et dicit secrcto : « Talis legit, talis et talis psallit... » (lecture de l'épître). Oracione expleta, sedet ponlifex in scde sua et diaconi stant hinc et inde. Et revertit scola subtus tabula qui est subtus ambone et subdiaconi qui staHlsubtuscancellumpsallunt{= ascendunt) circa altare ex ulraque parte. Et annuit pontijex ut sedeant sacerdoles in presbytcrio. Deinde legitur lectio a subdiacono in ambone, stans in médium de scola aut acoli- Ihus planita et accipit cantorium et psallit in ambone et dicit responsorium ^. Le texte de cette dernière phrase est corrompu; par comparaison avec VOrdo rom. I, Mgr Duchesne estime que plusieurs mots ont été omis entre ambone et stans : il devait être prescrit au cantor d'enlever sa planeta avant de monter à l'ambon '.

En troisième lieu, et représentant probablement l'usage du ix' siècle, VOrdo romanus II nous offre les textes suivants. On y trouve encore la désignation des canlores : Bis ita compositis, invitante ad regiam secretarii prœfalo subdiacono scholam, quartus scholse, qui semper nunciat pontifici de cantoribus..., etc. Post primam autem datam orationem, pontifex sedet versus ad populum et presbyleri cum eo ad nutum ejus, el diaconi stant ante pontificem. Subdiaconi autem ascendunt ad altare statuentes se ad dexteram sive sinistram. Subdiaconus vero qui lecturus est, mox ut videril post pontificem presbyteros résidentes, ascendit in ambonem ut légat, non tamen in superiorem gradum quem solus solet ascendere qui evangelium lecturus est.Postquam legerit, cantor cum cantorio... ascendit, non superius, sed stal in eodem loco ubi et lector, etc. "...

L'Ordo III et l'Ordo VI, que l'on peut dater approximativement, le premier de la fin du ix' siècle et le second de la première moitié du x« siècle ', ne difièrent pas de VOrdo II. VOrdo V, dont la date ne peut être précisée entre le ix« et le xi= siècle, ajoute ce détail : Subdiaconus ilaque, leclione perlecta, genu osculetur episcopi '. Les autres ordines de Mabillon qui traitent des cérémonies de la messe sont de date trop tardive pour que nous en fassions état.

Le Sacramentaire grégorien, à l'époque où nous l'atteignons, ix» siècle, présente cette simple mention : ... poslmodum dicitur oratio; deinde sequitur apostolus '.

A coté de ces ordines, auxquels correspondent de nos jours le Pontificale etle Cœremoniale episcoporum, nous pouvons noter rapidement quelques détails complé-

■ Ordo /, n. 9 et 10. Mabillon, p. 9; P. L., t. Lxxviii, col. 942. — = Duchesne, Origines. 5' éd. anglaise, 1919, p 149. Le texte du nis de Saint-Amand est édité en appendice, p. 43â-4S0. — ' Duchesne, /oc. cit., p. 456 et 458. — ' Z-oc. cil., p. 458, a. 3. — ' Ordo i/, n. 3, 6 et 7. :MabiUon, p. 42 et 44 ; P. L., t. Lxxvm, col. 969 et 971. — • Kôsters, Sludien TU Mabillon's Ord. Bom., iMunster, 1905. — ' Ordo V. n. 7. Mabillon.p. 66; P. L., t. Lx.xviu , col. 987. Même détail dans le Liber miracul. S. Dunslani, n. 19, Acta sancl. O. S. B., sœc. V : citmque perlecta a me fuissetepistola adpedes illius ex more dt'osculajidos accessi, benedictionem petii... — ■ Ed. Wilson, Londres. 191 5. p. 1 — ' De eccles. ojficiis, \. I.c.xetxi.

mcntaires chez les principaux liturgistcs du moyen âge. Au ^^I" siècle, saint Isidore de Séville écrit : Est autme lectio non parva audienlium œdificatio. Unde oportel ut... cum lectio legilur, facto silentio, œque audiatur a cunctis. Sam et si tune supervenial quisque cum lectio celebratur, adoret lantum Deum el prœsignala fronte aurem solicite acconimodet... Ideo et diaconus clara voce silenlium admonet ut... dum lectio pronunciatur . . . ab omnibus audiatur. Pronunciantur autem lectioncs in ChristiEcclesiis de Scripturis sanctis. Constat autem eadem sancta Scriptura ex veteri lege et nova '.

A malaire écrivit vers l'an 830 les quatre livres intitulés De ecclesiasticis officiis; il a connu et il cite VOrdo I. Dans le long chapitre De officio lecloris et cantoris '° il n'ajoute aucune précision au texte de l'Ordo, sauf cette remarque : Quandiu hsec duo celebrantur, id est lectio el prophetia, solemus sedere more antiquorum. Mais dans ses Eclogœ de officio missœ, il commente ainsi le texte de VOrdo II : Christus enim minister fuit... Joannes ncmpe subminister... qui non ascendit ad superiorem gradum quem solus solet ascendere qui Evangelium lecturus est, ut ostendat se subministrum esse quia non est Joannes dignus solvere corrigiam calceamenlorum cujus verba in eo legunlur ^'.

Rémi d'Auxerre (ix« siècle) apporte quelques détails nouveaux : Deinde sequitur lectio apostolica ante evangelium, non causa dignilatis sed ad morem aposlolorum qui ante Dominum ibanl... Incipiente autem subdiacono apostolicam lectionem, verso ordine cerei transferunlur ab oriente in occidentem ut demonstretur per vocem et per prsedicationem aposlolorum totum mundum gratta fidei illuminatum i^...

Raban Maur se contente d'écrire : tune lector legit lectionem canonicam ''. Parlant ensuite des lectures, il reproduit les prescriptions de saint Isidore exigeant que le lecteur soit sensuum ac verborum scientia perornatas, ita ut in distinctionibus sententiarum intelligat ubi finiatur junclura, ubi pendeat adhuc oratio, ubi sententia extrema claudatur >'.

Au même siècle, Walafrid Strabon, puis au xi« Bernon, Pierre Damien, le Micrologue, au xii« Yves de Chartres, Hildebert du Mans, Rupert de Deutz, Pierre le Vénérable, n'apportent aucun éclaircissement concernant proprement le cérémonial. Au xin= siècle, Sicard de Crémone signale la manœuvre des cierges : Quo (episcopo) sedente, cereostala mutentur de locis suis in ordine uniuslinese a primo usque ad altare". 11 remarque aussi : attende quod lectio dicitur a legendo; debel enim legi el non cantari ".

Enfin, chez Durand de Mende, les renseignements deviennent beaucoup plus abondants et plus précis. Voici les principaux détails d'ordre purement rituel que l'on peut recueillir : Oratione finita, dicitur cpistola. Legi débet epislola,secundummagistrumPetrumAnlisiodurensem " indextra parte ecclesise, quia Christus primo venit ad judxos qui dicebantur in dextera esse. Melius tamen fil in medio ecclcsiœ pro eo quod Joannes fuit médius inler apostolos et prophctas. Dicitur quoque epislola in loco injeriori, evangelium in superiori... Sane subdiaconum epistolam Iccturum unus lantum comitatur acolytus... Faciès autem epistolam Icgentis respicere de-

1'. L., t. Lxx.xiu, col. 745. -^"Z)e eccles. officiis, I. III, c. xi, P. L., t. cv, col. 1117-1121. — " Eclogie, de episiola, P. L.. t. cv, col. 1321. — " De celebratione missie et eiiis significatione, formant le chapitre XL du Liber de divinis o/fïciis du pscudo-Alcuin, P. L.. t. ci, col. 1250. — " De institut, clericor., I. I, c. x.xxm. — " Ibid., 1. M, c. Ln, P. L., t. cvii, col. 363 = S. Isidore, De eccles. olficiis. 1. II, c. xi, P. L., t. Lxxxra, col. 791. — " Mitrale. 1. III, c. il. P. L., t. ccxui, col. 101. — '• ibid., c. m, P. L., col. 102. — " Ce Pierre d'Auxerre ne nous est guère comiu que par quelques citations de ses écrits dans les oeu\Tes de Durand. Cf. Hist. liti. de la France, t. xvi, p. 5G1.

EPITRES

bel altare quod Chrisiam significal... Is ve.ro qui privcedit subdiaconum eunlem légère, non vertit faciem ad Icgenlem quia Joannes non ad se audientes sed polius ad Chrislum dirigebat...Epistola nec semper legilur de prophetis nec semper de aposlolis, sed inlerdum sumitur de Veteri Teslamenlo inlerdum de nova... Cum autem dicilur epistola, genua non flectimus; imo sedemus. Mililes lamen slare consueverunl quando epislolœ Pauli legunlur, in honorem ejus quia miles fuit... Prophelias voce inferius dejlexa, evangelium vero ac epistolam vocem cxaltando finimus... Post leclam epistolam subdiaconas cum acolyto ad sacerdotem accedit... in quibusdam ecclesiis osculatur dextram sacerdolis. Adhuc lecta epistola, subdiaconas librum clausum episcopo représentât, ipse vero supra illum manum ponil quam subdiaconas osculatur. Subsequenter episcopus, vel sacerdos, subdiacono benedicit... In missa vero pro defunctis, subdiaconus Iccla epistola non venit ad osculum manas '.

Dans les églises où il y avait deux ambons, on sait que l'ambon placé à droite, en regardant l'autel, était réser\'é à la lecture de l'épîtrc; l'ambon placé à gauche, au chant de l'évangile. Parfois, comme à Saint-Clément de Rome (voir ce mot), un troisième ambon, placé près de celui de l'épitre, moins élevé que lui et tourné vers le peuple, servait à la lecture des prophéties. Quelle fut la raison de ce choix, de l'ambon nord pour l'évangile et de l'ambon sud pour l'épitre? Les textes anciens ne nous l'apprennent pas et les liturgistes symbolistes du moyen âge forgent des explications aussi variées que l'est leur fantaisie. Il semble bien probable qu'il faille attribuer cette distinction des deux ambons à un simple motif de dignité ou de préséance : le diacre chantant l'évangile est plus digne que le sous-diacre lisant l'épitre; il se place donc à la droite du pontife, qui siège au fond de l'abside, face à l'assemblée, et entouré de son presbyterium; le sous-diacre se place à sa gauche ^

Pendant les premiers siècles, au moment où les lectures allaient commencer, un diacre invitait l'assemblée à garder le silence et à écouter avec attention. Ipsi enim (diaconi), dit saint Isidore de Séville, clara voce in modum prœconis admonent cunclos sivc in orando, sive in /lectendo genua, sive in psallendo sivc in lectionibus audiendo', et cette invitation n'était pas superflue, si nous en croyons l'exclamation de saint Ambroise : Quantum laboralur in ecclcsia ut ftat silentium cum lectiones legunlur* ! Nous avons un exemple de ces injonctions au silence dans la liturgie mozarabe : Silcntium jacile ' .' et un autre dans la liturgie romaine : State cum silentio, audientes irdentc! ordonne le diacre avant cha(|ue lecture, dans la cérémonie de l'expositio evangeliorum in aurium aperlione '.

Le titre et les premiers mots de la péricope scripturaire se présentent sous des formes variées, que Durand de Mende détaille en ces termes : Quando lectio vel epistola de libris Moysi vel Salomonis sumitur, nomen eorum reticetur ...Item in epistolis quie sumunlur de prophctis vel de Actibus apostolorum siuc de Apocalypsi, ponitur in principio luvc oralio : » In diebus illis « et in fine dicilur : « ait Dominas omnipotens », eo quod in libris iltis hoc sœpc scriplum invenitar. Eadem etiam ratione dicilur in epistolis Jacobi cl l'elri : » Charissimi » et in epistolis Pauli : « Fratres », et « in Cliristo Jesa Domino nostro ». In epistola autem ad Hebrieos dicunt quidam non

' nationale, I. IV, c. xvict .\vn. — • Sur la relation, dontil ne peut être question dans cet article, entre l'orientation de l'ésîlisc et la position que doivent prendre le diacre et le sousdiacre, voiries Question.i liturgiques de Louvain, l!)ll. t. iv, p.314-.'i20. — 'Deeec(es. offlci'is, I. II, c. vni, P.L.,t. i.xxxiii, col. 780; c(. texte cité ci-dessus :eiini/ccl/o legilur, /acli) silentio... MabiUon, Liturg. qallic, 1. I, c.v. — * In psalm. I, finil., a. 9, P. L., t. XIV, col. 968. édition Gnrnier, 1882. — ' Ubir ordimim mozarabe, éd. Féroliu, p. 2.'!2. — * Saerameulaire gélasicn, éd. Wilson, p. .')0. — ' Ralionalc, 1. IV, c. xvi, r/c

debere apponi « Fratres » eo quod apostolus suspeclus erat Hebrssis; sed mclius est ut apponatur... Porro licet in epistolis qusede Apoc. legunlur dicatur: « Lectio libri Apocalgpsis beati Joannis apostoli, i in quibusdam tamen ecclesiis cl epistolis tacelur illud verbum « beati ' ».

A la fin de la lecture, l'assemblée répond Deo grattas ou Amen. Voir ci-dessus l'article Dec gr.\ti.\s ».

Pendant l'antiquité et une partie du moj-en âge, les fidèles demeuraient debout dans l'église, même durant les lectures. An/e aliquot dies, dit saint Ccsaire au cours d'une homéUe, propler eos qui aut pcdibas dolent aut aliqua corporis inœqualitale laboranl, paterna pietale sollicilus, consilium dedi et quemadmodum supplicavi, ut quando aut passiones prolixœ aut cerle lectiones longiorcs legunlur, qui stare non passant, humililer et cum silentio scdentes attentis auribus audiant quse legunlur '.

IV. Les documents. — 1° Leurs formes successives. — On peut représenter assez fidèlement, sans doute, la succession réelle des faits de la façon suivante : 1. Pendant longtemps on s'est sei-vi, pour les lectures liturgiques, des exemplaires ordinaires de la Bible, en un ou plusieurs volumes. Ces manuscrits portent dans les catalogues du moyen âge le nom de bibliotheca. Ainsi, dans une Uste, rédigée entre 823 et 833, des livres que l'abbé Anscgise procura à la bibliothèque de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle, on lit : bibliothecam optimam continentem Velus et Novum Testamentum '°;et dans un catalogue de Saint-Riquier, daté de 831 : bibliotheca Integra, ubi continentur libri LXXII in uno volumine, bibliotheca dispersa in voluminibus quatuordecim (Becker, p. 24, catal. 11, n"' 1 et 2).

2. Très fréquemment, le Nouveau Testament forme à lui seul un volume distinct, par exemple, dans le catalogue de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Amand au xii« siècle : item Velus et Novum Testamentum, in duobus libris 11. Mais plus fréquemment encore, le Nouveau Testament est divisé lui-même en plusieurs volumes, et on a ainsi le Liber epistolarum Pauli, indépendant et complet. On en possède de nombreux manuscrits depuis le vie siècle. Cette « édition spéciale » du texte des Èpîtres semble disparaître, dans l'usage liturgique, à partir du xi' siècle.

Divers manuscrits de ce recueil des Épîtres portent des indications marginales relatives aux sections ou péricopes liturgiques. Le plus souvent, on devait employer des tables ou indices, analogues aux capilulariu evangeliorum, permettant de repérer dans le texte intégral des Èpîtres les sections alTérentes à chaque jour.

L'Ordo romanus I, n" 28, renvoie explicitement à ce capitulare : Legilur lectio una sicul in capitulare continetur ".

3. Quand le système des péricopes commença à se fixer, on constitua très vite un recueil spécial ne contenant que les péricopes, et non plus le texte complet des livres bibliques. Ce recueil spécialisé portait le nom de lectionarius, lectionarium, epistolare, cornes, liber comitis, liber comicus (sur ces appellations voir ci-dessous).

4. Enfin une dernière transformation résulte de l'apparition du missel plénier, qui réunit en un .seul volume tous les éléments jusqu'alors dispersés en quatre ou cinq volumes (sacramentaire, évangéliaire, épisto-

epistjla, n. 0. — ' Par dom Cabrol, Dictionn., t. iv, col. 6 19- 652. — • Scrm., ccc (al. Homil., xxvi, ex 50 llomiliis) dam l'appendice aux sermons de S. Auj^ustin. P. L., t. xxxi.\, col. 231 9. — "' Ge.'ita abbutum I')iilanelUnsiiim,tians A/oniim. (.'iTHi./ii.v/Dr., .Scn'/il., t. Il, p. 2'.l.'>; reproduit dans (i. becker, Calaloyi biblidlbecanim antiriiii, Liuiin, 188."), p. 13, calnl. 7, n. 1. Nous citerons fréquemment ce répertoire en ubréKé dans notre texte, en indiquantseuicmcntlu page, le numéro du ealaloKueel le numéro du volume.— "Oell5lp,Cn()me( </Mfii<<;iii- .vcnls. t. Il, p. 156, n. 2.">.). — " P. L., t. LXXVIII, col. 950.

EPITRES

lier, antiphonaire, ordn). I.cs péricopes sont dès lors inscrites à leur place dans la liturgie de chaque jour, selon l'ordre de l'année liturgique.

Bien entendu, il serait tout à fait faux de concevoir les phases que nous venons d'esquisser, comme rigoureusement et exactement successives : dans la réalité, elles empiètent largement l'une sur l'autre, et les formes diverses du livre des Êpîtres coexistent un peu partout dans le temps et dans l'espace. Ainsi le missel de Bobbio et le palimpseste du Mont-Cassin ', qui datent de la fin du vh« ou du début du vni<^ siècle, sont déjà des missels pléniers.

2" Leurs diverses appellations. — Le mot cornes, désignant un livre liturgique, se trouve dès le v siècle, dans la charte de donation et de fondation connue sous le nom de charta Cornuliana, datée de l'an 471 : ilem codices : evangelia III I, aposlolum, psalterium et comitem '. Qu'était ce cornes? C'était évidemment un livre liturgique, le contexte l'indique clairement, mais il n'est pas aussi évident que la contexture de ce livre fut des cette époque, analogue, de prés ou de loin, à celle qu'il possède plus tard, au ix« siècle. Car l'auteur de VEpistola Hieronymi ad Constantium laisse entendre que le nom de cornes s'applique à tout recueil de lectures scripturaires destiné aussi bien, semble-t-il, à l'usage privé qu'à l'usage public : Quamquam licenter adsumatur in opère congregatio cœlestium lectionum, et Ipsum opusculum ab ecclesiasticis viris cornes quidem soleat appeltari..., etc. '; le recueil que l'auteur lui-même a composé sous le titre de cornes est bien une sorte de lectionnaire; mais ce mot de contes doit être regardé comme le nom d'un genre sous lequel se classent plusieurs variétés.Or nous ne pouvons pas préciser avec certitude à quelle variété appartenait ce cornes de l'éghse de Cornutum. (Voir Diction., t. ni. col. 881).

Plus tard, le mot cornes est certainement synonyme du mot leclionarium, comme le prouvent, par exemple, le titre de l'ouvrage de Smaragde, Expositio libri comilis, le nom du Cornes auctus a Theolincho et celui du Cornes ab Albino emendalus que l'on trouve classé sous le nom de leclionarius plenarius a supradicto Albino ordinatus dans le catalogue de l'abbaye deSaint-Riquier, daté de l'année 831 (Becker, p. 28, catal. 11, n. 237). Cependant le cornes est cat alogué parfois à part et à côl é du leclionarium; en voici deux exemples : catalogue de la bibliothèque de Fulda au xii" siècle -.MissalesIII; evangelium I ; leclionarium I; genesis... paralipomenon; pastoralis: liber cornes; psalterium... (Becker, p. 266, catal. 128, n. 8); catalogue de la bIbUolhèque de l'abbaye de Marchiennes, xii'-xni'î siècle: lectionarii duo;... liber comilis *. Peut-on déterminer une différence entre ces deux livres? Nous venons de voir qu'au bas moyen âge les deux appellations semblent être utilisées indistinctement. Liber etiam comitis, sive leclionarius, quem S. Hieronymus compaginavit, dit le Micrologue *.

Tommasi n'étabht pas de distinction entre leclionarius, comes et epistolariam : lis enim nominibus appellatum in oelerum monimentis illud volumen invenio,

' Étudié par dom A. Wilmart, dans Revue bénédictine, 1909, t. XXVI, p. 281-300. — ' Le texte, dans Duchesne, Liber pontificalis, t. i, p. c.xLvi, d'après la plus récente édition du P. Briizza faite sur un cartulaire du xii» siècle, présente la forme apostoloriim, qui s'explique sans doute en suppléant le mot actus, sous-entendu. Les anciens éditeurs, depuis Mabillon. ont lu ou, plus probablement, ont corrigé : aposlolum. Cette leçon est préférable ; la première paraît bien insolite. La transcription intégrale de cette charte a été donnée ci-dessus, dans ce Dicliimn., t. m, col. 881 sq. — 'Tommasi-Vezzosi.t. v, p. 319; P. L., t. xxx, col. 501; voir ci-dessus. — ' Delisle, Cabinet des manuscrils de la Bibl. nat., t. II, p. 513, n. 11 et 113. Cet exemple est moins net, parce que les deux genres de livTes sont séparés par un bon nombre d'autres volumes. On peut ajouter un troisième exemple, celui d'un catalogue du ix' siècle de la bibliothèque

Dicr. d'.\rch. chrét.

quod ordine dislribuit lecliones Veleris Noi'ique Testamenti in missae sollemniis qualibet die legendis '. Georgi est du même avis : Proprie vero leclionarius, qui et liber comitis, est liber continens epistolas et lecliones ad missam legendas ', et il cite à ce propos Réginon de Priim, qui nous a conservé le texte der/nv"'"''oépiscopalede la fin du IX» siècle, où il est prescrit à l'évêque de s'assurer que chaque prêtre de son diocèse missalem plenarium [al. psalterium], leclionarium cl antiphonarium habeat. Nam sine his missa perfecte non celebratur '.

Quelques liturgistes modernes, Beissel » et Thalhofer Eisenhofer", par exemple, admettent que le comes pouvait n'être qu'une table, un indiculus, un capitulare epistolarum cl evangeliorum, n'indiquant que les premiers et les derniers mots de chaque péricope. Cette opinion ne paraît pas s'accorder avec les faits. Lecome.ç d'Alcuin, par exemple, dans le ms. de Paris, Bibl. nat., lat. 9452, du vm-ix« siècle, et le liber comicus wisigothique édité par dom Morin, contiennent les textes inextenso. Il est vrai que le comes de Theotinchus et celui de .Murbach, par contre, ne sont bien en efiet que des capitularia ; mais il est fort probable que dans leur état actuel les documents de ce genre ne sont que le résumé, le sommaire de documents antérieurs et complets. D'ailleurs, nous avons sur ce point des indices positifs assez clairs. L'auteur de VEpistola Hieronymi ad Constantium a l'intention, en rédigeant son comes, de répondre aux désirs du sludiosus leclor, qui lotum parvo in corpore adunatum desiderat habere paupertatis necessitate. On ne voit pas comment une simple table de référence à un ouvrage complet pourrait satisfaire ce sludiosus lector.

L'auteur de la préface Hune codicem (placée à la fin du comes d'Alcuin et au début de son supplément) déclare qu'il a reproduit emendate atque dislincte le texte corrigé et publié par Alcuin et il prie les copistes de le transcrire eadem cura et diligentia. Or la revision d'Alcuin a porté sur l'application des règles de la grammaire, de la ponctuation, de la prononciation : ad purum corrigeretur et distinctionibus artis grammaticas pronuntiandi gratta distinguerelur : lia, videlicet, ut et legentibus eiusdem codicis textus iter planum panderet, et audientium auribus nihil inconsonum adferret^K Ce soin de conserverla pureté du texte et ce souci de ne pas choquer les oreilles des auditeurs supposent manifestement que les péricopes sont publiées in extenso. Pareilles préoccupations seraient inintelligibles si le comes n'était qu'une table de références.

Il reste maintenant à préciser le sens du mot leclionarium. Ce mot s'applique à deux livres distincts : le lectionnaire de l'office, contenant les lectures faites à la fin de chaque nocturne (nous n'avons pas à nous en occuper ici), et le lectionnaire de la messe. Quel était le contenu de ce dernier? Nous avons sur ce point des définitions explicites; par exemple dans le catalogue de l'église de Saint-Riquier, daté de l'an 831 : de libris sacrarii qui ministerio altaris deserviunt... lectionarii epistolarum et evangeliorum mixtim et ordinale compositi V

de l'église métropolitaine de Cologne : Jlabct Ermbaldus ad suitm ministerium cuaittjeîiiim, tecliomu'ium... de libris Lanyotfi, libnim Comiti, sacramentontm volumen I. Heckcr, p. 30, catal. 16, n. 9. Quoique ces volumes semblent appartenir à des séries diverses de la même bibliothèque, il n'en reste pas moins que les deux appellations sont employées côte ù côte dans le même catalogue. — ' Microl.. c. xxv, P. /,.. t. CLI, col. 999. Cf. Bona, 1. II, c. vi, § 2, t. m, p. 122.

— " Tommasi-Vezzosi, t. v, préface, p. xxi. — ' De liturg. rom. pont., disscrtalio de libris lilurg., t. Ii, p. clxxjx, — • Kegino Pruniicnsis, De écoles, discipl., I. I, inqiiisilio n. 10, P. L., t. cxxxii.col. 187. — • Entsteliung der Perikopen, p. 33.

— "> Handbuch der kathol. Liturgik, t. i, p. 72. De même .1. Baudot, Lci lectionnaires. Paris, p. 5; A. Fortescue. Tlie mass., 1914, p. 110. — " Tommasi-Vezzosi, t. v, p. 314, ou dom Morin. dans Revue bénédictine, 1912, t. x.xi.x, p. 342.

ÉPITRES

(Becker, p. 28, catal. 11, n»» 212-216); dans le testament d'Eberhard, duc de Frioul, daté de 837 : leclionarium de epislolis et evangeliis cum auro scriptum (Becker, p. 29, catal. 12, n"'27); dans la lettre de l'empereur Frédéric I" (1152-1155) à Robert, abbé de Tegernsee : Audivimas quod boni sintscriptores in clauslroluo el nos valde indigemas libro missali el leclionario. Mandamus ilaqae dilectioni luse af/ectuose rogando... missalem nobis scribi facias el in alio valumine epistolas el evangclia secimdam ordinem clericorum (Becker, p. 207, n" 91); dans la vie du pape Benoît III (855-858) : lexlum scilicelelvoluminis inquoconslanlverse prsedicalionis Pauli, videlicct aposloli, el aliorum aposlolorum epislolœ alque prophelaram ordinabililer conslilatœ lectiones qu.se a subdiaconibas leganlur '... Dans les catalogues anciens, le lectionnaire est inscrit régulièrement à côté du liber sacramentoram ou du missale. En voici quelques exemples : Catalogue de l'abbaye de Staflelsee, en l'an 812 : libri sacramentoram 3, libri leclionarii 2 (Becker, p. 4, catal. 5, n'"8-12); catalogue de Reichenau, en 822 : libri sacramenlorum LVIII, leclionarii XII, anliphonarii X (Becker, p. 9, catal. 6, n<" 166=245); catalogue de Saint-Gall au ix« siècle: sacramentoram libri XXII, insaper II in IIII volaminibas, leclionarii X, andecim volumina plenaria (Becker, p. 35, catal. 1 5, n°' 338-362) ; catalogue de Cologne au i.x'^ siècle : Habel Engilophus cornes sacramcnloram camhclionariol ... (habcl ) Baldericas cpiscopus missale cumlectionario volamen /(Becker, p. 36, catal. 16, n"' 22 et 24); catalogue de Weissenburg au ix= siècle : Habel Erc( mber missale el leclionarium (Becker, p. 37, catal. 1 7, n"» 37-38) ; catalogue de Bobbio au x« siècle : ad spelancam, missalem I, leclionarium I, anliphonariam I (Becker, p. 73, catal. 32, n°» 644-646). Il est donc bien établi que le lectionnaire normal de lamessecontienlin-extenso lesdeux séries depéricopes. Mais à côté de ce recueil commun on relève, dans la simple et sèche nomenclature des catalogues, d'autres appellations, et en particulier celles de deux recueils, correspondants aux deux séries: l'epislolariumet.\'evangeliarum. L'usage de ces dénominations diverses n'a rien de rigide ni de bien précis. Voici quelques exemples de cette variété : catalogue de Saint-Wandrille (entre 787 et 806) : sacramentaria volumina Iria, leclionarium volamen anum, item leclionum euangelii volanicn unum (Becker,p.3,catal.4,n'"'9-13);catalogue de Reichenau (823-838) : liber sacramenlorum Gregorii, unum vol. liber sancli evangclii ad legendum unum; leclionarium unam similiter ad legendum (Becker, p. 17, calai. 8, n"» 40-42); catalogue de Saint-Gall (entre 841 et 872): missales duos, lectiones evangclii admissam,lcclionarium optimum (Becker, p. 53, catal. 23, n"' 1-4); on note à Saint-Gall (entre 854-872) un leclionarium ad basilicam [sine evangeliis], ajoute une main plus récente (Becker, p. 55, catal. 24, n" 28); à côté de ce lectionnaire sans les évangiles on trouve fréquemment le lectionnaire et les évangiles réunis en un seul volume : catalogue de Cologne, IX' siècle : (liabetj Snebrat leclionarium cam evangeliis (Becker, p. 36, catal. 16, n" 28); catalogue de Bénédiclbeuern, x« siècle : // missalia et II leclionarii cam evangel. (Becker, p. 64, catal. 30, n"' 16-19); catalogue de l'abbaye de Lorsch, x« siècle : leclionarium et rvangelium simul in uno codice; item in alio simililer; item in tertio simililer (Becker, p. 82, catal. 37, n"» 9, 10, 11): catalogue de Weissenburg, antérieur à 1043 : cvangelia ordinaria V; evangelia cum epislolis III; epislolares II (Becker, p. 133, catal. 48, n<" 21-30): catalogue de Wessobrunn, xi" siècle : liber cum evangeliis et leclionibus; liber cum evangeliis; liber cum epislolis (Becker, p. 135, catal. 51, n"" 8, 9, 10); catalogue du trésor

• .\nastasc. De i>i(M rom. ponl., Bened. iu,P.L., l cxxvm, col. 1353, n. 573; Duchcsne, Liber pont., t. n, p. I-IV, I. 15. — 'Serai., CLXV (al. vu. De verbis aposloli), P. L., t. xxxvm.

de l'église de Pfiiflers, en 1155 : // leclionarii; II evangeliaria cum uno leclionario (Becker, p. 208, catal. 94, n°" 67-70); catalogue de l'abbaye de Mûri, xn« xiècle : missales libri V...el dao leclionarii anus cum lectionibus habel el evangelia (Becker, p. 251, catal. 122, n°' 44-50), etc. Dans ces volumes qui contiennent un leclionarium cum evangeliis, quelle peut être la constitution exacte de ce lectionnaire"? Si par le mot evangelia il faut entendre seulement les péricopes évangéliques (c'est le titre que porte le lectionnaire actuel de la messe sotonnelle, epislolse et evangelia), alors la section appelée leclionarium ne contient que la première série de lectures (prophéties Ancien Testament, Épîtres, Actes, Apoc); c'est proprement un épistolier. Si par le mot evangelia il faut entendre le texte intégral des Évangiles, alors il est peu vraisemblable que le lectionnaire puisse présenter lui aussi, dans le même volume, le texte intégral des péricopes évangéliques : on est ainsi amené à croire que dans ce cas le lectionnaire est un épistolier et un capitulare evangeliorum.

Ces quelques notes suffisent pour faire apparaître combien il est imprudent et inexact de prétendre donner des définitions précises et exclusives de ces diflérents termes; dans la réalité, ils ont reçu des significations qui ont varié avec le temps et les lieux. On voit aussi combien sont insuffisantes les descriptions de manuscrits de certains catalogues modernes, où on lit par exemple : Paris. Bibl. nat., latin 10449, lectionnaire, XII' siècle; 720^5, lectionnaire, ix" siècle; 12046, lectionnaire, xn' siècle.

Le recueil des Epîtres porte, en outre, deux autres noms au moyen âge: epislolariumet apos/o/iis. La signification du premier, epistolariam ou epislolare ou epistolaris, est plus fixe et délimitée que celle du mot leclionarium : il désigne le recueil contenant la première série de lectures (.ancien et Nouveau Testament). La mention de ce livre est fréquente dans les bibliothèques médiévales, ainsi à Passau, en 903 : plenarium III evangeliorum, epislolare I (Becker, p. 61, catal. 28, n"" 1-5); à Ratisbonne, à la fin du x» siècle : leclionarii 3, epislolares 4 (Becker, p. 127, catal. 42, n"' 36-42); à Weissenburg, avant 1043 : epislolares cum eburno el argento ornali II (Becker, p. 133, catal. 48, n»" 29-30); à Weihenstephan, au xi» siècle : quattuor leclionarii... unas epistolaris (Becker, p. 173, calai. 73, n<" 5-10); à Cluni, au xn«-xm= siècle : unum epislolarium, unum evangclistarium (Delisle, Cabinet, t. n, p. 484, n"" 25 et 26; cf. n° 3); à Saint-Martial de Limoges, au xn«xra« siècle, on trouve les deux formes grammaticales : quatuor epislolarii,... epislolarium (DeUsle, ibid.. p. 502, n» 253, p. 503, n. 343); à Saint-.-\phroside de Béziers, en 1162 : epislole cum evangeliis el epislolare unum (Delisle, ibid., p. 505, n" 2); ù Rouen, au xn« siècle, celle énuméralion : item lextus epislolarum Pauli; quatuor epislolarii ; duo evangelarii; item epislole et evangelia in uno vulumine; lectionarius (Becker, p. 225, catal. 106, n<" 75-86).

Le mot aposlolus a été employé de très bonne heure pour d'^signer si)écialement saint Paul, l'apôtre par excellence. Apostolum audivimus, psalmum audivimus, evangeliam audivimus, dit saint Augustin au début d'un de ses sennons ', et ailleurs : Apostolum audivimus, cum kgerelur, corripienlem '... Apostolum cum legeretur audislis «. On voit déjù que cette expression peut désigner aussi bien la personne même de l'apôtre que la collection de ses épîtres, cl c'est ccrlainement ce second sens que nous trouvons dans le le.xle du second canon du premier concile tenu à Tolède en l'an 400 : Item plaçait ul... evangeliic apostolum non légal (peenilcns) '.

col. 902. — • Serai., CLxxi (al. xviii. De verbis apostoli). ibid., col. 878. — * Serai., CLXXVU (al. xxiv. De verbis aposloli), ibid., col. 909.— • Mansl.op. ci(.,t. m. col. 998-999.

Ce même sens apparaît dans le texte de la vharla Cornutiana, datée de 471, citcJe plus haut, si on admet la leçon aposlolum. On le retrouve en plein xii' siècle, ])ar exemple, dans le catalogue de la bibliothèque de l'abbaye de Prufening, en 1158 : scorsum aposlolum, seorsum canonicas epislolas (Beckcr, p. 209, catal. 95). Mais de bonne heure aussi, lors de la formation des recueils de péricopes, on appliqua ce nom d'aposlolus à l'epistolarium, parce que les épîtres de l'apôtre fournissaient à elles seules la très grande majorité des péricopes du nouveau recueil. Ainsi le VI» Concile de Tolède, en 633, remarque que in quibasdam quoqae Hispaniarum ecclesiis, laudes posl aposlolum decanlanlur, priusquam evangelium pricdicetur '. Hincmar nous a conservé les capilula synodica de l'année 852, où l'on lit ceci : ut unusquisque prcsbyterorum... oralioncs missarum, aposlolum quoque et evangelium bcnc légère possil '. Ce terme estmèmeentré dans la langue officielle de l'Église, puisqu'on le trouve en tête du sacramentaire grégorien: poslmodumdieitar oratio; deinde sequilur aposlo- /us', dans l'Ordo romanus III (n"i) : Subdiaconus autem qui leclurus est, sub cura sua habebit aposlolum et archidiaconus evangelium ', et dans VOrdo I, n° 7, cité plus haut : talis, subdiaconus regionarius legct aposlolum '.

Il ne nous reste qu'un mot à dire de la dernière forme sous laquelle se présente la première série de lectures : c'est l'incorporation de l'épistolier dans le missel plénier, la dissémination des péricopes, chacune à sa place dans l'ensemble des pièces liturgiques propres à chaque jour. Nous avons déj;i noté que cette disposition existe dès le débi t du vm" siècle dans les missels de Bobbio et du Mont-Cassin qui sont, à ce point de vue, des missels pléniers Les catalogues anciens distinguent bien les missales simples, les missales cum leclionario et les missales plenarii, qui sont ainsi décrits : missalia II in quitus evangclia, epislolœ cl gradalia continentur (catalogue de Ratisbonne en 994, Becker, p. 131, catal. 44, n"o J 1 2-1 1 3) ; missales cum epislolis et gradalibus et evangeliis VIII (Weissenburg, xi» siècle, Becker, p, 133, catal. 48, n"» 1-8); liber missalis cum epislolis et evangeliis per tolum annum (Wessobrunn, xi' siècle, Becker, p. 135, catal. 51, n» 4); duo missales cum grad. et seq- et epislolis ac evangeliis adscnplis (Weihenstephan, XI' siècle, Becker, p. 173, catal. 73, n»» 2-3.)

Nous avons ainsi examiné brièvement les différents livres dont on s'est servi au cours des âges pour la lecture dite de l'Épitre, depuis la Bible ordinaire jusqu'au missel plénier, en passant parle, liber cpistolarumPauli, le cornes, le leclionnaire, le capitulaire, l'épistolier, Vapostolus.

V. Les séries ou systèmes de péricopes. — 1» Le système mozarabe. — Le plus ancien témoin de ce système, actuellement connu, est le Liber comicus, édité par dom G. Morin, dans le volume i"' de ses Anecdola Maredsolana, Maredsous, 1893, d'après le manuscrit de Paris, Bibl. nat., nouu. acq. lai. 2777, provenant de l'abbaye de Silos et datant du xi^ siècle». Ce leclionnaire (qui présente le texte in-extenso de chaque péricope épistolaire et évangélique) ne concorde pas avec les autres documents espagnols précédemment connus, en particuUer avec le Missale mi.xlum du cardinal Ximé-

'Conc.To/ef. 7 V.can. 12, Mansi, op. cil., t. x, col. 622. — = Capit.synod., 1, 1 , P. L., t. cxxv, col. 773. Cf. Du Gange, au mot Apostolus. — ' Édit. Wilson, p. 1. — 'P. L., t. Lxxvni, col. 978. Tommasl (éd. Vezzosi, t. v, prîef., p. xxi) précise bien que Vapostolus, c'est l'épistolier, c'est-à-dire le livre contenant la première série de lectures; il n'est pas synonyme du leclionnaire ou cornes, qui contenait les deux séries : Volunl aliqiii eumdem comilem siue leclionarium et aposlolum vocatum /uisse quod majori ex parle lecUones in missoE sacro fréquentes ex epislolis apostoîorum et prœsertim D. Pauli sint decerplœ. Verum ita statuentibiis niillus aiL^enlior, ratus aposioluni apud veteres laisse libruni eus solum

nés, et on a pu dire qu'il révèle une liturgie jusqu'alors ignorée (dom Morin, Prœfatio, p. \i). Le missel de Ximénès compte six dimanches de l'avent, le Comicus en compte cinq; pour la période du carême, le missel et jjourvu d'ollices pour le mercredi et le vendredi seulement, dans le Comicus chaque jour de la semaine a ses lectures jiropres, sauf le mardi et le jeudi des trois premières semaines; le missel compte huit dimanches après l'Epiphanie et huit après la Pentecôte, le Comicus ne connaît pas ces deux séries, mais en revanche il se termine par une série de vingt-quatre dominicis quolidianis, qui seraient probablement plus nombreux si le manuscrit n'était pas incomplet, et qui atteindraient le nombre de trente-deux, que l'on trouve dans un certain nombre d'autres mss. mozarabes; les péricopes du missel et du Comicus sont rarement identiques; le sanctoral est beaucoup plus développé dans le missel que dans le Comicus, lequel ne contient qu'un très petit nombre de têtes de saints, pas même celle de saint Martin, pourtant si répandue dans tout l'occident; de plus, les fêtes qui leur sont communes ne sont pas toujours célébrées à la même date : ainsi la fête des saints Innocents est placée après celle de saint Jean dans le missel, et après l'Epiphanie dans le Comicus, la décollation de saint Jean-Baptiste est inscrite au 29 août dans le missel, tandis qr'elle figure en septembre après la fête de saint Cyprien dans le Comicus.

L'usage que représente le Liber comicus est vraisemblablement celui de la province de Tolède, à l'époque de saint lldephonse, qui en fut l'évêque de G57 à 667 : la discipline des catéchumènes y est celle de l'antiquité; en carême le jeûne n'est pas encore étendu au samedi; il n'y est fait aucune allusion à saint Jacques.

On y retrouve, de façon constante, les trois séries de lectures qui existèrent aux origines de toutes les liturgies, ou dans leur source commune : la série Ancien Testament, ou prophétique; la série Nouveau Testament, Actes, Épîtres, Apoc; la série évangélique. Sur ce point, le rite mozarabe est en étroit accord avec l'anibrosien, le gallican et le romain ancien.

Dans l'analyse qui suit du Liber comicus, les titres reproduisent exactement ceux de l'édition de dom Morin; puis à la référence biblique on s'est borné à ajouter seulement les quelques mots du début de la péricope nécessaires et sufTisants pour permettre des comparaisons rapides et faciles. Pour la même raison, on a numéroté en chiffres arabes toute la série des titres :

Le système de lectures du missel de Ximénès ne sera pas examiné ici, car ce missel, reconstitué et publié en l'année 1500, contient, à côté de purs éléments espagnols, de nombreuses inlerijolations d origine étrangère, surtout gallicane et romaine. D'ailleurs, depuis la publication en 1912 du Liber mozaiabirus sacramentorum par dom M. Férctin, nous possédons des sources plus anciennes et qu'aucune influence exotique n'a contaminées, dans un certain nombre de mss. liturgiques mozarabes apparentés de très près au Comicus de Silos. A la suite du Comicus, nous donnerons l'analyse succincte de ces mss. au point de vue qui nous occupe ici, c'est-à-dire au point de vue des deux pre-

lectiones complectenlem qiiie ex apostoîorum et Pauli prœcipue epislolis canonicis desumuntur. Cette restriction aux seules épitres de saint Paul est excessive. .\ux exemples cités cidessus, Tolède, Hincmar, les Ordines, on peut ajouter le témoignage du Liber comicus mozarabe : à l'ofrice intitulé : in Cena Domini per titulos, après la leçon prophétique, on lit cette référence : Rcqiiire aposlolum in cena Domini ad matutiniim. karissimi. Or la péricope ainsi désignée est un passage de la première épître de saint Pierre. Liber comicus éd. Morin, p. 158 et 144. — > P. L., t. Lxxvm, col. 940. — • Sur cette édition, voir dom M. FéroUn, dans le Mois bibliographique, 1893, t. i, p. 11-14.

EPITRES

mières séries de leçons, d'après les descriptions de dom Férotin.

Inqpit Liber CouncuM de toto orculo anni.

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