Contra fudices maie agenles
Is., V, 8-25 :V£e qui conjungitis donuimaddomum. Tout ce document mérite d'être examiné de près, puisqu'il est authentiquement et purement romain. Parmi les nombreuses observations que l'on pourrait rele\er, notons celle-ci : on saisit un ordre très net dans la distribution des épitres : depuis Pâques jusqu'à la fètc des apôtres Pierre et Paul, on lit les épitres catholiques; puis pendant les cinq dimanches post apostolorum, des sections de l'cpitre aux Romains (Akuin, 133- 137;cf.ci-dessous"\Vui'zbourg,215-219,etMurbach,112-
114, 114', 115); pour les cinq dimanches posi S. Luurenlii, des sections des éiiîtres aux Corinthiens et aux Calâtes (Aie, 147-151; Wurz., 222, 225, 228; Murb., 127, 128); pour le dimanche du T^ mois et les six dimanches post S. Angeli, des sections des épîties aux Éphésiens, PhiUppicns et Colossiens (Aie 1 52, 1 62-167; Wurz., 221-227; Murb.. 131, 140, 141, 142, 145, 146); pendant toute la sem.aine de la Pentecôte, les Actes (Aie, 107-115; Wurz., 105-113: Murb., 90-96). On voit que les épîtres pauliniennes se succèdent dans l'ordre liabituel : Rom., Cor., Gai., Eph., Phil., Col.
Alcuin subdi\ise la longue série des dimanches après la Pentecôte en sections secondaires : post opostolorum, post S. Laurentii, posl S. Angeli, selon la tradition romaine et contrairement à l'usage gallican, qui numérotait ces dimanches de 1 à 24 '.
Le sanctoral du cornes d' .Alcuin n'est autre que le sanctoral romain du ve-vi» siècle, conserve par S. Grégoire dans son missel réformé à la fin du vie siècle. On n'y relève que quelques fêtes d'institution plus récente : Its fêtes de S. Silvcstre et de S. Martin, propres au missel grégorien (c'est-à-dire absentes du gélasien et établies par S. Grégoire); celles de l'Annonciation et de la Nativité de N.-D., introduites dans le missel grégorien au vn«-viii= siècle; la décollation de S. Jean- Bapt. et la Toussaint, introduites au vuii^-ix» siècle ^ Nous avons vu que le cornes d* .Alcuin nous est parvenu, dans le ms de Paris 9452 (et dans quelques autres qui doivent être peu nombreux), augmenté d'un supplément, lequel est précédé d'une préface anonyme. L'auteur de cette préface Hune codicem déclare que la revision du lectionnaire qui précède a été exécutée par Alcuin, sur l'ordre de Charlemagne; cette revision a eu pour but, non seulement la correction des fautes nombreuses contre la grammaire et l'orthograplie qui défiguraient les exemplaires du cornes jusqu'alors en circulation, mais aussi la conformité des lectures avec le sacramentaire de saint Grégoire; lui-même, l'auteur anonyme, assure qu'il a pris sa copie du cornes corrigé sur l'exemplaire même d'Alcuin; or il a remarque •dans l'œuvre d'Alcuin certaines lacunes, particulièrement in vigiliis Pasclix vel in [eriis atque in aliis quibusque ecclesiastieis ofjiciis; il a donc cru devoir y ajouter un supplément, dont il laisse l'usage à la discrétion du lecteur.
L'auteur de cette pièce doit être probablement identillé avec l'abbé llclisachar, chancelier et conlident de Louis le Débonnaire jusqu'en 819 =. Dom Morin a fait <'onnaître une rédaction nouvelle de la préface Hune ccdicem dans un ms. de Freising, le Clni 6424, du x<^ siècle, dans lequel le supplément d'IIélisachar se trouve déjà fondu avec l'œuvre d'Alcuin '.
2. Le missel du Mont-Cassin. — Les fragments de missel conscnés dans les feuillets palimpsestes dums. 371 du Mont-Cassin ont été récemment lus en entier et étudiés par dom A. Wilmart '. Au point de vue palcographique, la date approximative de leur transcription doit être placée aux environs de l'an 700. Les données liturgiques internes permettent de conclure que « ce missel représente l'état de la liturgie romaine et grégorienne pendant la seconde moitié du vu'' siècle, un demisiècle environ après saint Grégoire » (D. Wilmart, loc. cit., p. 298). Nous ne devons nous occuper ici que des lectures. Kn voici la liste et la comparaison avec le cornes d'Alcuin : octave de Pâques = Alcuin, n. 84 à 90; Ascension = Aie., 105 (le fragment porte seulement : lec. acluu. oplor., le texte de la pèricope est perdu, iTiais sa teneur n'est i>as douteuse); Pentecôte = Aie.,
' Cf. E. Bishop, dans Journal o/ thcotogical sliidies, 190.'?, t. IV. p. 423.— ' Cf. dom Wilmnrt, dons liev. hMàit., 1913. I. .\xx, p. C4-07. — 'Dom Morin. dans/Jci». hénid., 1912, l. XXIX, p. 345. — • Ibid.. p. :M1-:<4.S. — » Hev. btnfd.. J'JOO, t. XXVI, p. 281-300. — • Han» la Utv. hincd., l'.nO,
108; S. Michel = Aie, 160; 1", 3«, 5', 6" dimanche-i après S. Michel = Aie, 162, 164, 166, 167. Puis vient le commun des saints :
pour un apôtre, Eccli., xxxi, 8-11 = Aie, 204, pour
un martyr; pour plusieurs apôtres, Eph., n, 19-22: jam lion eslis
hospites; pour un martyr, Sap., x, 10-12 : justum dcduxil; pour un confesseur, Eccli., XLiv-v : ecce sacerdos magnas; pour les vierges. Il Cor., x, 17-xi, 2 : 7111 gloriatur ; pro lempore helli, Is., xxxvii, 1-8; i.dsponsas benedicendas, ICor., vi, 15-20 = Alcuin, 192 A la messe in pascha annolina, l'épitre est omise; c'est peut-être parce qu'on reprenait ce jour-là l'épître même de Pâques, I Cor., v, 7-8.
3" Le comes de Wurzbourg. — En 1910, dom G. Morin a ))ublié sous ce titre : « le plus ancien comes ou lectionnaire de l'église romaine ' » le texte du lectionnaire complet (épîtres et évangiles) d'un manuscrit appartenant à l'université de Wurzbourg, le codex Mp. th.,lol. 'S2, et datant du vm"^ siècle. Le grand intérêt de ce document vient de ce qu'il représente, comme le cornes d'Alcuin, la liturgie romaine telle qu'elle devait être dans le ( ourant du vn* siècle. Il est donc, lui aussi, un témoin (|ui permet d'approcher d'assez près l'époque même de saint Grégoire. En d'autres termes, nous avons là un lectionnaire grégorien, ancien (par opposition aux autres textes grégoriens caroUngiens). On trouvera cidessous la comparaison aussi concise que possible ' de la série des épîtres (c'est-à-dire des lectures Ancien et .Nouveau Testament) de Wurzbourg avec le cornes d' .Alcuin.
W 1, i;i nat. Dni, ad sca Maria = A 1.
— 2, ad sca Maria = A 3.
— 3, ad sca Anastasia; cf. A 13.
— ti ad sca Anast. = A supp. 2.
— 7 ad scm Pctruni = A supp. 1.
— 10, no/. S. Johan.cvang., Sap., x, 10 14; cf. .A 170.
— 11, nat. S. Johan. evang., Eph., i, 3-8; cf. .A 174.
— 14 = AlO.
— 15, in nat. ubi supra, Hebr., xni, 0-10; cf. A 21.
— 16, 171 nat. sacerdot. quor. supra; cf. .A 11.
— 17, in nat. quorum supra, Eccli., xxxi, 8-11 ; cf. A 27.
— 18, in Theoph. = A 13.
— 20, post Theoph. = .A 15.
— 21, alia p. Theoph.; cf. A 9.
— 25, nat- ubi supra, Sap., x, 17-20; cf. A 143. - 26, Dom J p. nat Dni; cf. A 12.
27 Dom II p. naL Dni, Col. i, 25-28 = -A supp. 3.
— 28, D. m p. nat. Dni; cl. A 16.
— 29 /V — ; cf. A 17.
— 30, nat. Agn. et Agathx = A 24.
— 31, nat. scar. supra, Eccli., xxiv 11-20 = .A 26.
— 32, 710/. ubi supra, Eccli, u, 1-12; cf. -A 139.
— 33, nat. scar supra, Eccli., u, 13-17; cf. -A 172.
— 42, Fer. Jy mcnsis primi,U.\od. = \ 37, /" leçon seulement.
I. XXVII, p. 41-74. — ' W... = A... veut dire que diins les deux docununts la même lecture est prescrite pour In mfnic circnnsinnco. W.... cf. .A... veut dire que In iiiénie lecture se retrouve dnns les deux dociimciils, ninis pour des circonstnnccs dilTorenles.
i: PITRES
— 43, Fer. V ad sca M<iri<i. 111 Reg. = A 37, 2= leçon.
— 50. item alia itnde sup. à 53 = A 41 ;i 44.
— 98 et 99, Dom. V etVI posl od- Pascb.: cf. .\ 122 cl
123, Dom. III et IV p. Pent.
— 100, Dom. Vil p. oct. Pasc: cf. A. supp. 18.
— 101, Dom. VIII p. Oct. P.: cf. A supp. 36.
— 102 — IX — ; cf. A supp. 21.
— 114Dom. in. nat scor. = A 141.
— 115, item tindf supra; cf. .\ 117.
— 116 à 123 = A 118 à 120, moins 120 e. Dun.
— 124, iibi supra; cf. A 121.
— 125, in nat. scor; cf. A 96.
— 126, nat. scor. Johann, et Pauli, Rom. viii, 2S; cf. .\
— 127, unde supra; cf. .\ 97.
— 134, nat. apos. Philip, et Jacobi. (.\ 95), Eph., iv,