EROS
La règle érémitiquf n'était pas le rouleau compresseur imaginé depuis; elle respectait les individualités et admettait un genre de vie multiforme dans l'unité de l'attacliement au Christ. La largeur des prescriptions laissait chacun libre de se porter vers l'objet de son attrait personnel quant à la mesure de solitude, de prière, de pénitence. La réclusion absolue de Jean de Lycopolis est une exception, presque une excentricité. Beaucoup de moines habitaient une cellule isolée, d'autres s'associaient à deux ou à trois. A Nitrie, un groupe de moines s'assemblait dans l'église deux fois la semaine pour la prière commune, puis se séparait. Ceux-ci méritaient-ils le nom d'anachorètes et le portaient-ils en réalité? On en peut douter. Leur vie comportait une proximité d'habitation qui semble avoir marqué précisément la séparation entre le concept cénobitique et le concept érémitique. Point n'est besoin de s'éloigner pour toujours, mais il faut s'éloigner à honnête distance. L'excentricité de Macaire d'Alexandrie l'entraîne un jour à quitter le désert des Cellules pour aller vivre, nu comme la main, si.K mois durant, parmi les marais, d'où il revient après cette excursion, mordu, à tel point hideux, boursouflé, défiguré, méconnaissable, qu'on ne le reconnaît plus qu'à sa voix. Voici un anachorète; il est clair que, pendant sa villégiature de six mois, le saint pénitent n'aura vu âme qui vive et aura vécu de feuillage et de racines.
Les stylites et les dendrites ne sont pas des ermites, car leur installation paraît généralement voisine d'une agglomération.
L'histoire de l'érémitisme reste et restera longtemps à écrire. Elle se composera peut-être un jour d'un catalogue de noms propres et, en regard de quelquesuns d'entre eux, une anecdote, quelques historiettes. Peut-être ne faut-il accorder à celles-ci qu'une con fiance très restreinte. Les rares monuments que nous connaissions sur des ermites sont quatre inscriptions d'Egypte mentionnant le titre d'anachorète comme la profession du défunt.
Cheik Abadéh, nécropole antique d'Antinoë, 1903, conservé au musée du Caire; calcaire, haut., 0 m. 03; larg., Oni.30 ' :
0 H OW&k'^mi
OOIBAMM CÛNANAXCÙ PeTHC;; MeNOC'^^
©HP // K riNA/,44^^^
'ExOtJXT)-
6v) ô |j.axdc-
pioç à[3|îà
cov àva;(cj-
PSTYIÇ-^
[jtsvôç 'A- 6'))p V.'-
•(' lvS(lXTlCdVO!;).
Aklimîn (?), musée d'Alexandrie, salle 1 (ancien n. 191), stèle rectangulaire qui semble avoir été sciée sur les côtés. Calcaire, haut., 0 m. 23 sur 0 m. 28 " :
TOU (iaxap[to'j]
[a|7i;a na(Xi.v[6tou]
[a)vax(cop7]Tou) ePioiIoev]
.5 [etJcOV t(E CT£X£[CO0Ï)]
][j. q <j3afJ.Ev[a)6
Herment, musée d'Alexandrie, salle 1 (ancien. 315). Stèle incomplète à gauche. A gauche du texte, une
* G. Lefcbvre, Inscriptions d^réiiennes du musée du Caire, dans BuU. de l'Instit. Iranç. d'arcliéol. orientale, 1903, t. ni. p. 79, n. 25; G. Lefebvre, Recueil des inscript, grecques chrétiennes d'Egypte, 1907, n. 198. — ' Botti, dans Bessarione, 1899-1900, t. iv, p. 440, n. 11; G. Lefebvre, Recueil. n. 340. — ' Gayet, Mémoires de la mission archéol., 1889,
Dicr. d'arch. cHnÉT.
croix inscrite dans une couronne. Calcaire : 0 m. 34
]Spw;
sJtsXsut
ay. |xai tijjl- 5 oO|£oq aSs (X<poç?) ]£7T£i7 ev ipivï)
Herment (?), musée du Caire, n. 8514. Stèle à fronton triangulaire; dans le tympan, deux branches de feuillage; au-dessous, un panneau carreau occupé par une croix inscrite dans une couronne. Grès ; 0 m. 69 x Om.29*: a:ia Euxa[pi]o; ava}(Mp7)Tï]i;
H. Leclercq.