‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 98 sur 331 · CCCC XXX V · texte numérisé non relu

CCCC XXX V

• Ce document, écrit M. R. Gagnât, permet de rectifier le tracé de la frontière de Numidie vers l'ouest. On admettait jusqu'ici que cette frontière, après avoir suivi l'oued Endja, passait entre Cuicul et .Mons et descendait en ligne droite jusqu'au chott Beida (entre l'erdices et Nova Sparsa). Nous voyons maintenant que la région voisine d'Aziz ben Tellis et de Bordj Mamra était comprise dans la Maurétanie, puisqu'on s'y servait pour la supputation des années de l'ère maurétanienne '. »

L'emploi de l'ère de Maurétanie nous amène à une autre observation. Une inscription de Ternaten, localité ayant fait partie de l'ancienne Maurétanie Césarienne, est ainsi libellée ' :

M E M O R I A M ARCELLI RECE^ ?IT AIE MARTI? LV NAXXI-IDV? AVG V?TA8 APCCCCXLI

Memoria MarcelU. Recessil die marlis luna XXI, idiis nuguslas, afnno) pfrovincix CCCCXLI (ou

ccccx'ci).

En 441 de l'ère maurétanienne, soit 480 de l'ère chrétienne, le jour du mois lunaire indiqué ici n'est pas un mardi, mais un mercredi, tandis qu'en 491 (= 530 de notre ère) ce même jour tombe un mardi, le 13 août. D'après cela, il faudrait corriger à la sixième ligne L en c, « mais en 530. la lune, au 13 août, n'avait encore que quatre ou cinq jours, suivant les cycles; en tout cas, son âge réel comportait une dilïéreiice de plus d'un demi-mois av'ec celui qui est indiqué sur la pierre. De là, raison de douter. Si nous revenons à l'année 480, nous constatons que, cette année-là, le 13 août était une lune xxi«, xxn« ou xxiii» dans les cycles. Il y a donc très sensiblement concordance. Comme nous avons à choisir ici entre deux erreurs, il faut prendre la moindre. Que l'on se trompe d'un jour dans la semaine, que l'on prenne un mercredi pour un mardi, c'est ce qui arrive souvent, et à tout le monde. Mais que l'on se trompe de quinze jours dans l'âge de la lune, que l'on marque la pleine pour la nouvelle, ou le dernier quartier à la place du premier, c'est complètement impossible. Il faut donc s'en tenir à l'année 480, provinciœ CCCCXLI. » Les chrétiens du v» siècle n'avaient pas de moyen plus ordinaire d'être fixés sur l'âge de la lune que les premiers traités qui circulaient alors sous le nom de libri

d'arrli. orient., t. il, p. 180-181; .\. Toulottc. Le culte des saints Sébastien, Laurent, Hiiipolyle, etc.. aux V'et Vl' siècles dans les provinces africaines, dans Xuovo bull. di arcb. crist., 1902. p. 200-208. — ' L. Dcniaciîht, dans le Bull, trimestr. de géogr. et d\u-chéol., Oran, 1891, t.xi, p. 412.

ÈRE

3sa

paschales et dont plusieurs nous sont parvenus. Parmi ceux-ci, deux ont été rédigés en Afrique, le plus récent des deux à Carthage en 455; cependant ni l'un ni l'autre ne satisfait aux données de l'inscription. Les deux autres computs, basés, comme les africains, sur le cycle de 84 ans, sont romains; » l'un d'eux fut en usage au iv« siècle et au commencement du v«; il donne au 13 août la lune xxra, comme le deuxième de Carthage; l'autre, dressé à Rome en 447, correspond exactement à notre inscription; il a, au 13 avril, la Pàque avec la lune xvn, ce qui donne pour le 13 août, luna XXI '. La même solution se présente dans le Paschale de Victorinus d'Aquitaine, établi à Rome en 457 '. »

Ainsi notre inscription nous révèle que, pendant une période de temps qui ne va pas au delà de l'année 455, le pape saint Léon I", ayant pris, comme le savons par d'autres documents, la direction des Églises de Maurétanie, y introduisit le comput romain de 447. Une fois établi cet usage pascal dans les provinces alors détachées de la primatie de Carthage et demeurées romaines, il s'y maintint au moins jusqu'à l'année 480.

Les inscriptions supputées d'après l'ère de Maurétanie sont, de beaucoup, les plus nombreuses en Afrique •, bien que ce mode de supputation ne se soit pas introduit dans les provinces de Byzacène, de Proconsulaire et de Numidie, et qu'on rencontre — exceptionnellement, c'est vrai — dans la Maurétanie Césarienne la supputation indictale '. Ces inscriptions s'échelonnent entre les dates extrêmes "238 et 593 et se répartissent de la manière suivante : 238, une; 261, une; 324, deux; 329, 331, 332, 339, 342, 345, 349, 351, toutes à un exemplaire; 352, deux; 360, 365, 371, 377, 383, 3S4, toutes à un seul exemplaire; 390, deux; 394, un '; — au v siècle : 405, quatre exemplaires; 406. un: 408, deux; 414, 415, 418, 419, 422, 429, 430, 433, 434, 440, 442, 444, 448, toutes à un exemplaire; 450, deux; 452, deux; 454, 457, 461, 467, 468, 469, 471, toutes à un seul exemplaire; 474, deux; 475, 480, 483, 491 ', 493, 494, toutes à un seul exemplaire; 495, deux ■; — au \i' siècle : 527, 536, 583, 593; (toutes à un exemplaire. On voit, d'après cette statistique que de nouvelles trouvailles peuvent enrichir chaque année, que l'usage du comput introduit par Léon I"' n'obtint qu'un succès d'estime parmi les fidèles.

Sur l'origine de l'ère de Maurétanie, les conjectures n'ont pas manqué \ On s'accordait à reconnaître que

' L. Duchesne, \ote sur une inacription maurétanienne de l'année 4S0, dans le liull. arcli. du Comi((!,1892, p. 314-316. — = Ibid., p. 315. — • Corp. inscr. lal.A. vm,n. 8630,8634, 8637, 8638. 8639, 8642, 8644, 8648, 8649, 8708, 9271, 9286, 9289, 96'.>3, 9708, 9709, 9713, 971C, 9718, 9731, 9733, 9751, 9752, 9793. 9804, 986(), 9869, 9870. 9871, 9877, 9878, 10927 ; L. Duchesne, dans Bu//, oj-c/i. i/u Comilé, 1892, p. 314 sq. ;G.Boissicr, dons Comptes rendus de l'Aead. des inscr., séance du 12 mal 1889; Fabre, dans Uull. d'Oran, 1900, p. 399-408; R. Gagnât, dans Bull. arch. du Comité, 1895, p. 329; L. Demaeglit et J. Poinssot, dans Bull. trim. des antiq. «/rie, 1882, p. 137, n. 43; p. 206, n. 51 ; p. 207. n. 53; p. 271, n. 123; p. 272, II. 124; 1884, p. 100, n. 345; p. 101, n. 340; Poulie, dans liée, de la Soc. arch. de la prou, de Constantinc, 1890-1891, t. x.xvi, p. 384, n. 79; p. 385. n. 80; p. 400, n. 92; S. Gsell, lions Bull. arch. du Comité, 1899, p. 459, n. 10; K. Gagnât, <Ians même recueil, 1895, p. 328; L. Uemaeght, dans Bull, trim. des antiq. afric, 1884, p. 286, n. 575; p. 290, n. 581 , 582, 583, 584; 1885, p. 3, n. 672; A. HOron de Villefosse, ilans même recueil, 1885, p. 189, n. 901, 902; p. 190, n. 903; I> 191, n. 904; Troupcl, dans le Bull. d'Oran, 1882, 1" série, n. 124; Goyt, dans Recueil de la Soc. arch. de la proo. de Conslanline, 1883, t. xxii, p. 148, n. 38; J. Schmidt, dans Ephcmeris epigraphica, 1884, t. v, p. 485, n. 1056; R. Ga- SUiat, (liins Bull. arch. du Comité, 1895, p, 319; cf. 1892, p. 310, n. 39, 41, 42; p. 307, n. 28; A. Héron de Villefosse,

le point de départ de cette ère provinciale était l'époque où la Maurétanie fut réunie à l'empire romain, mais on différait beaucoup quant à la dale précise de cette incorporation. Pline donne à entendre qu'elle eut lieu immédiatement après la mort de Ptolémée, ce qui la fi.xerait à l'an 40 de Jésus-Christ. Il a raison et une inscription trouvée à Bougie (= Saldse), conservée au musée d'Alger ', donne la date provinciale accompagnée de la mention des consuls :

QVE DEDICATA Vllll KAL-

IANV^RiAS T-SEXTI 0-LAT ER AN O C-C-...0 RVFINO COS-A-P-CLVMI OB CVIVS DEDICATIO NEM SPORTVLAE DATAE SVNT

Suivant les intentions de Marcus Aufidius, fils de Marcus. de la tribu arnienne, honoré d'un cheval public, surnommé Honoratus; de plus, décurion de la colonie; — une statue lui a été dédiée, et, à l'occasion de cette dédicace qui a eu lieu sous les consuls T. Sextus Lateranus et C. C. Rufinus, en l'an 158 de la province, des distributions de vivres ont été faites aux clients de la famille.

En 197 de notre ère furent consuls Appius Claudius Lateranus et Maurius Rufinus. 11 y a des variantes pour les nomina, mais les cognomina sont identiques à ceux de l'inscription. En partant de ce fait, que l'année provinciale 158 répondait à l'an 197 après Jésus-Christ, on est amené à conclure que le point de départ de l'ère maurétanienne est l'an 40, époque du meurtre de Ptolémée. Cette conclusion, contrôlée par d'autres documents épigraphiques, est hors de contestation i'.

D'autres textes épigraphiques sont venus depuis confirmer, s'il en eût été besoin, ce point chronologique ". De tous les monuments épigraphiques portant la mention de l'ère provinciale, il ressort que celle-ci a été généralement notée sous une forme abrégée. On rencontre à peu près également les sigles ANN- PROV, ou bien ANN-PR. ou plus simplement A- P. qui représentent et remplacent les mots anno prnvinciie.

XVI. Ère des Séleuqdes. — L'usage de l'ère de Bostra ne s'étendit pas vers le nord au delà des limites de la Trachonitide: entre ce district et le premier village de la banlieue de Damas, s'étend une plaine déserte qui va rejoindre à l'est le grand désert de Syrie, et qui a constitué de tout temps une limite naturelle entre le pays damasquin et la province

dans Bull, de la Soc. nul. des antiq. de France, 1878. p. 143, 147, 148; P. Gauckler, dans Bull. arch. du Comité, 1892, p. 124, pi. .xv; S. Gsell, d.ins Mélanges d'nreh. et d'hisl., 1895, p. 50, n. 9; p. 51, n. 10; p. 54, n. 17; G. Brocbin. dans Bull. arch. du Comité, 1888, p. 429, pi. xni; R. Gagn:it. dans même recueil, 1889, p. 134c, 1.35 d;L. Duchesne, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1889, p. 94. — « H. Chardon, dans Bull, archéol. du Comité, 1900. p. 144. pi. V ; p. 146. — ' Une épitaplie de Sétit, publiée par S. Gsell. dans Mél. d'arch. et d'hist., 1895, t. xv, p. 50, n. 9, porte cette date incomplète : CGCX... — * Date douteuse. — ' Plus deux épitapbes, Corp. in.scr. tal., t. vmi, n. 9716, 9866, où l'on ne peut reconnaître que le nombre des centaines. — • F. Prévost, .Vole sur la ilitermination de la date de l'ère provinciale d'Afrique, ilnns Reiiue archéologique, 1847- 1848, p. 800-802; A. Uerbriigger, L'ère maurétanienne, dans Bcuue africaine, 1856, t. i, p. 20-26. — • N. 185. — '" C'c.sl après avoir fait cette démonstration cpi'Adr.Berbrugger cul connaissance d'une brochure signi?c Y. Z. et portant à Li main sur la couverture : Auctorc de Buck bollandisia, et aboutissant au même résultat. C'est l'inscription et la brochure dont nous avons parlé au début de ce paragraphe. — " A. Poulie, De l'ère mauritanienne et de l'époque de la division de la Mauritanie Césarienne en deux lirovinces, dans Annuaire de la Soc. archéol. de la prov. de Constantinc, 1862, t. VI, p. 261 (sic, pour 161)-183.

ÈRE

méridionale. Au village de Lebaba (Deir Ali), le premier lieu habité que l'on rencontre lorsqu'on quitte la Trachonitide pour se rendre à Damas et qu'on a traversé le petit désert, il se trouve une inscription intéressante à plus d'un titre, et qui prouve que l'ère des Séleucides y était usitée. Cette inscription constate la construction d'une synagogue des hérétiques marcionitcs, par les soins d'un ancien nommé Paul, et elle est datée de l'année 630 • :

S'Jvay'JT'l Mapxto)vi(îTc5v xci[x(7]ç) AEpàJEûjv Toû y.('jpîo)u x[a]i o(cor^)p(oç) 'r/](<joû) XpifiCTTO'"), TTpovota IlauXou Kpsc7p(uTépo'j, TOÛ 7.x' ÏTO'j;

L'année 630 de cette ère commence le l"'' octobre 31S. Épiphane, qui écrivait dans la seconde moitié du IV" siècle, témoigne de la persistance de la secte des marcionites en Syrie de son temps. 11 est donc clair que l'année 630 ne peut être comptée d'après une ère moins ancienne que celle des Séleucides.

Pour Damas et Émèse, l'usage de l'ère des Séleucides est attesté par les médailles; pour Palniyre, par de nombreuses inscriptions; pour quelques localités moins importantes, telles que Abila de Lysanias, Maloula et les villages de la banlieue de Damas, on peut invoquer le témoignage des inscriptions funéraires païennes, datées des années 509, 512, 555, 572, qu'il serait difficile de rapporter à une autre ère. A Hamali ou Epiphanie, la principale ville de la vallée de l'Oronte, au nord d'Émèse, l'ère qui figure sur les médailles n'est point celle des Séleucides, mais au village de Kéfarbou, situé à deux lieues à l'ouest de Hamah, Waddington a trouvé une inscription chrétienne avec la date 851, et la troisième indictioii, qui se rapporte certainement à l'ère des Séleucides ' ; + "AvïlOsv (i-/ivl*Apr();j.7](Tto'j roû avo>' sto'jç, îvS. y' +

La date correspond au mois de mai 540 de notre ère.

Enfm, à une journée de marche au nord de Hamah, dans les montagnes d'El Barah. dans ce district rempli des plus magnifiques ruines chrétiennes, la seule ère en usage est encore celle des Séleucides.

La seule inscription païenne datée, dans ce district où les monuments sont presque sans exception de l'époque chrétienne, est une inscription funéraire de l'an 498, ce qui établit une forte présomption en faveur de l'ère des Séleucides. Quant aux inscriptions chrétiennes, les dates descendent jusqu'aux années 710, 720, 728, 731, 741 et 877, qui tomberaient toutes longtemps après l'établissement de l'islamisme, si on les rattachait à une ère plus moderne que celle des Séleucides. Or, on ne peut admettre que les monuments d'El Barah et des environs aient été construits à une époque où le christianisme n'était plus la religion dominante; bien au contraire, ces belles ruines attestent à chaque pas la présence d'une population riche et civilisée, dans toute la ferveur du christianisme, élevant des églises magnifiques, des habitations spacieuses, (les tombes monumentales, et y gravant partout le symbole de sa foi, la croix, le monogramme du Christ, et des sentences pieuses tirées de l'Écriture sainte. Tout cela ne pouvait plus avoir lieu après l'invasion musulmane, et l'état même des ruines montre qu'après la conquête ces montagnes furent abandonnées par leurs anciens habitants, et très peu colonisées par les envahisseurs musulmans.

Du reste, il nous sera facile de prouver que l'ère des Séleucides est la seule qui s'applique parfaitement à la triple donnée clvronologique fournie par quel-

' Le Bas et Waddington, n. 255S. — • IbiU.. n. 2630. — • Ibid., n. 26Ô7. — ' Ibid., n. 2664. Ch. Clermont-Ganncau,

ques inscriptions, c'est-à-dire l'année, le jour du mois el l'indiction. Prenons par exemple une inscription gravée au-dessus de l'entrée d'un grand tombeau creusé dans le roc, à Khirbct HJs; elle est datée du vingtième jour de xanthicus de l'année 741, et de la treizième indiction • :

+ 'EtsXiojO'/) xi n,v/)!XÏov stou? '^['■'i''> |ji/)(v6ç) HavStxoû y.' £v8'.[zt]'.covoç ly' +

La 13' indiction commence le 1" septembre 429, l'inscription est donc du mois d'avril 430, car l'ère des Séleucides commence elle-même au 1" octobrede l'année 312 avant Jésus-Christ; ainsi l'année 741 commence au 1" octobre 429. Mais, d'un autre côté, la treizième indiction constantinienne, la seule en usage en Orient, commençant au 1" septembre de la même année et le mois syro-macédonicn de xanthicus correspondant à notre mois d'avril, il y a donc accord complet et la date du tombeau est le 20 avril de l'an 430 de l'ère chrétienne.

L'inscription de Kéfarbou dont nous venons de parler fournit un second exemple également concluant; ici la date est le mois artémisius de l'année 581, et la troisième indiction : l'année 851 des Séleucides commence au l'"' octobre 539 de notre ère, la troisième indiction au 1"' septembre de la même année et le mois artémisius correspond au mois de mai; l'inscription fut donc gravée au mois de mai de l'année 540.

Une troisième inscription copiée à Deir Sanbil conduit au même résultat • :

+ ÊTOUÇ X-y, IvS^lXTlÛVOç) ^' £Tî[X£CT)0e. A'-^ïvîo'j.

L'année 720 des Séleucides commence le 1" octobre 408, et la septième indiction, le l" septembre de la même année.

La date la plus basse rencontrée est le mois de mai de l'an 556 de l'ère chrétienne, soit soixante-cinq ans environ avant l'invasion musulmane.

XVII. BiBLioGRAPmE. — M. Abel, Nouvelles inscriplions grecques de Bersabe'e, dans Revue biblique, 1904, 2' série, t. i, p. 266 sq. — Belley a publié une série de dissertations dans les Mc'moires de lilléralure lires des registres de V Académie royale des inscriptions el belles-lettres, t. xxvi, p. 391 : Dissertation sur les , ères des villes d' Epiphanie de Syrie el de Cilicie; p. 406 : Dissertation sur l'ère de la ville d'Augusta en Cilicie; p. 415 : Dissertation sur l'ère de Scgihopolis, ville de Palestine; p. 429 : Observations sur les médailles de Diospolis el d Éleuthéropolis, en Palestine; p. 440 : Observations sur quelques médailles singulières de la ville de Césarce de Palestine; p. 456 ; Dissertation sur les ères de la ville el de la colonie de Sinope; — t. xxvm, p. 557 : Dissertalionsur l'ère de la villed' Abila en Cclé- .syrie;p.368: Observations sur l'ère de Pclla,de Diumel de Canatha, villes de Célésijric et sur la prétendue ère de Ramatha, ville de Palestine; — t. xxx, p. 262 : Dissertation sur les ères de la ville de RImsos ou Rhosus en Syrie; p. 271 : Observations sur une médaille frappée par Its habitants d'Anlioche, sous le gouvernement de Trajan, père de l'empereur Trajan; p. 287 : Dissertation sur l'ère de Balance en Syrie; p. 294 : Dissertation sur l'ère de Nicopolis en Palestine; p. 307 : Observations sur l'ère et sur les médailles de la ville de Bostrés en Arabie; p. 324 : Disscrl(dion sur l'ère des villes de Germanicopolis el de Néoclaudiopolis en Paphlagonie; — t. xxxn: p. 685 : Dissertation sur l'ère de Césarée du Liban el sur les honneurs divins rendus à Alexandre le Grand; p. 695 , Dissertation sur les ères de la ville de Leucas en Celé- Syrie; p. 707 : Dissertation sur l'ère d'Anazarbc; — t. xxxv, p. 608 : Observations sur les médailles el sur

L'inscription nabatiennc de D'ineir et l'ire des Séleaciiles, diteéredcs Ronuiins, dans Reviiecritiqae.lSSô, t. \t^, p. 8S-'y2.

ERE

l'ère d'Atilioche sur le Sarus, appelée aussi AcUina en Cilicie. — A. Berbrugger, L'ère mauritanienne, dans Revue a/nca/nc, 1856, t.i,p.20-2G, 217, 313. — B.Borgliesi. Œuvres complètes, t. ii : Œuvres numismaliqnes, Paris. lS(H:p.345 -.SulleraBitinicu; p. 435 : Dell' cra E/esina. — Cl. Cardinali, Intorno alV era ispanica cd ai marmi scritli che la ricordano, dans Disserlazioni del l'Acad.Tom. di archcol., t. ix, p. 215-271. — G. Cascioli, La persecuzione di Diocleziano e l'era dei martiri, in-12, Roma, 1903. — C. Cavedoni, L'era dei martiri o sia di Diocleziano illustrata col riscontro dclle anliclie iscrizioni grece del l'Egitto, con un appendice, dans Memoricdi religione, di morale edi lellcrulura. ilodena, 3' série, t. vn, p. 257-301. — Ch. Clerniont-Ganncau, Archeological rescarches in Palestine, iii-S», London, 1896, t. II, p. 419-429; Épitaplies clirétienncs grecques du VI' siècle recueillies à Bersabce et permettant de fi^er avec précision à l'an 199 de notre ère l'ère d'Éleulliéropolis, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions, 1904, p. 54-55. — V. D(e] B[uck]. Explication de deux épigraplies chrétiennes... ou détermination de l'ère de la province de Mauritanie, dans Collection de précis Itistoriques, 1854, p. 477; 1856, p. 81-90,105-111. — J.-B. De Rossi, Inscriptiones christianse urbis Romœ, in-fol., Roma, 1861, 1. 1, p. iv-vn. — F. Fila y Colonie, Indicciones griegas en lapidas visigoticas, dans Bolelin de la Académie de la historia, 1892, t. xxi, p. 5-19. — A. Giry, Manuel de diplomatique, in-8<', Paris, 1894, p. 88-90. — H. Gelzer, Sextus Julius AIricanus und die byzantinische Chrono graphie, 2 vol., Leipzig, 1880- 1885. — R. G(iard), De l'emploi de l'ère chrétienne dans les actes carolingiens, dan> Bibliothèque de l' École des Chartes, 1901, t. xin. p. 715. — G. A. Hanibcrger, De epochœ christianœ ortu et auctore, dans Martini, Thésaurus dissertationum, Iena^, 1088, t. m a, p. 241-303. — J. Heller, Ueber den Vrsprung der sogenaiiten spanischen Aéra, dans Sybcl's Hislorisehe Zeitschrift, 1874, t. xxxi, p. 13-32. — E.Hiibner, Inscriptiones Hispanx christianse. Supplementum in-4"', Berolini, 1900, pref., p. \ii-ix. — Ideler, Jlandbuch der mathematischen und technischen Chronologie, in-S", Berlin, 1825-1826. — B. Krusch, Stadien zur chrisllichen mittelalterlichen Chronologie der S4 jiihrige Ostcrcijclus und seine Quellen, in-S", Leipzig, 1880. — G. Lcfcbvre, Recueil des inscriptions grecqucs-'cliréticnnes (VÉggpte. in-fol. Le Caire, 1907, p. xxiv-.xxv.

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ÉRÉMITISME. La vie érémitique ou anacliorétique comporte, pour celui qui s'y adonne, une séparation complète avec le monde, un isolement absolu. Comme on ne se retire pas au désert pour y écrire ses Mémoires, les ermites sont moins connus par leurs confidences que par la légende, qui s'est emparée d'eux. De celle-ci il est prudent de rabattre beaucoup, au risque de ne plus rien savoir. Ce qui est certain, c'est que l'initiateur de cette vie solitaire et mortifiée fut un Égyptien nommé Paul, qui vivait sous la persécution de Décc. Il eut un grand nombre d'imitateurs; le peu que nous savons de ces hommes d'une trempe exceptionnelle n'enrichit guère le domaine de l'archéologie. L'isolement, l'indigence ne sont guère propices aux œuvres monumentales et les ermites professaient de s'en tenir au-dessous de l'indispensable. Un trou, agrandi ou rétréci, dans un rocher, une llaque d'eau ou bien une source, un coin de terre où poussai t leur maigre ration, c'était assez pour eux, et c'était tout. Rien de tout cela n'a laissé trace. Sans doute on a découvert ou pensé découvrir, dans la Thébaide, la Cappadoce, ailleurs encore, nombre d'excavations pratiquées dans le roc plus ou moins friable. Souvent un détail indi<|ue que l'homme et l'outil y ont eu leur rôle, mais il est tout à fait arbitraire d'imaginer à ces réduits une haute antiquité, alin de répandre sur eux le lustre dos grands noms de fondateurs de ranachoréti.smc. 11 est presque toujours impossible d'identifier ces grottes, ces anfractuosités, qui n'ont pas cessé d'être creusées et habitées jusqu'à des époques très voisines de la notre.

11 est certain que, parmi tant de reclus qui s'enfoncèrent dans la solitude, beaucoup persévérèrent jusqu'à la mort, d'autres furent surpris par elle, mais il semble que, dans la plupart des cas, la vie érémitique lut un exercice spirituel d'une durée limitée, une retraite à l'heure où l'appel de Dieu se faisait entendre à ràmc, retraite plus ou moins prolongée. Saint .\ntoine d'Egypte quitte sa solitude, vient séjourner dans les monastères, pousse même sa pointe jusqu'à .\lexandrie pour y converser avec saint .\thanasc, puis retourne se retremper dans le silence. Saint Hilarion, saint l'akhôme, saint lîenoit débutent à leur rôle d'instituteurs du ccnohitisme jiar une expérience personnelle, de durée variable, de la vie érémitique. Saint Basile a commencé, lui aussi, par une sorte de noviciat aiiachorétiquc. Dans la Vie de saint Benoit, le jeune fugitif nous est montré débusqué, pour ainsi dire, do sa retraite par l'admiration de ses disciples, mais dans sa règle, il prévoit le cas où un rcligicu.v:, après un séjour dans le monastère, retournera vivre en pleine solitude.

EREMITISME

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