FONDATIONS
FONDS DE COUPES
Adalgude fondèrent à Limeux une abbaye dont leur fille Berthe fut abbesse, où fut élevée leur autre fille Marie, destinée à succéder à sa sœur lorsque celle-ci viendrait à mourir !.
Autre motif de fondation : s'assurer une sépulture dans un lieu saint. C'est dans ce but que Childebert Ier aurait fait de grandes largesses à l'abbaye de Saint- Vincent de Paris dans le diplôme que nous avons cité plus haut -. De même, Léotherie fit son héritière l'abbaye de Saint-Pierre de Sens 3.
Aux concessions qu'on faisait aux églises on attachait d'ordinaire des obligations: on exigeait surtout des prières. Thierry IV confirma les privilèges accordés à l'abbaye de Saint-Denis à condition qu'on y célébrerait la laits perennis ', institution qui. au dire d'un diplôme de Clovis II, aurait remonte au règne de Dagobert Ier 5. Pallade d'Auxerre, de l'aveu de Dagobert, fondait une abbaye de filles sous cette condition : Ut singulis diebus très missse celebrarenlur, absque reliquo officio sanclarum horarum et diwnali missa, et quinta feria singulis hebdomadibus cum litaniis et crucibus ad Sancti Slephani ecclesiam omnis congregaiio ventât, ac missee ibi celebrentur pro rege et ejus stirpe et pro episcopis Aulissiodorensibus 6.
Une autre condition que posaient volontiers les fondateurs, c'était que leur nom fût inscrit sur le livre de vie. Cet usage, au dire de Du Cange, s'était introduit, vers le vie siècle. Bertran, dans son testament :, qui est du début du vu» siècle, prie que son nom soit écrit dans le livre de vie d'une église à laquelle il fait des legs. On en lit autant dans les chartes de Theodetrude, d'Amalfrid, de Réolus 8 . Ce liber vita> était le martyrologe conservé dans les églises, à la fin duquel on écrivait les noms des bienfaiteurs.
H. Leclercq.
FONDS DE COUPES. — I. Chronologie.
II. Destination. III. Sujets. IV. Essai de classe ment : 1° sujets bibliques; 2° le Christ et les saints; 3° sujets et devises variés; 4° inscriptions; 5° divinités païennes; 6° sujets de genre profane; 7°portraits masculins: 8° poitrails féminins; 9° portraits d'époux et de familles; lu0 animaux; 11° judaïsme. V. Bibliographe.
I. Chroxologik. — - Les verres à fond d'or forment une des originalités les plus attrayantes et une des séries les plus complètes de l'art chrétien. Le procède de fabrication est si simple qu'il est presque superflu de le décrire. Entre deux minces lamelles de verre translucide, soudées au four, on a insère au préalable une feuille d'or découpée de manière à offrir un sujet symbolique et une inscription. Parfois l'or a revu des ombres légères ou bien un rehaut de vives couleurs, ou bien encore une des deux lamelles rapprochées est de verre sombre afin de servir à relever l'éclat de l'or. L'époque à laquelle
1 Pardessus, Diplomata chartse, 1843. n. cc.ccxi.n.
— lbid.. n. clxiii. Ibid., n. ccccxxxn. — ' Ibid., n. dxxvii. Ibid., a. cccxxji. — ' Ibid.. n. cccxxm.
— ' Ibid.. n. ccxxx. — ■ Ibid., n. ccxlt. ccccrv, ccccvi.
— *Buonarotti, Osservazioni sopra aïeuni frammcnti di
mtjchi di vetro ornali di figure trouali nei cimileri di Borna, in-4°, Flrenze, 1716, prei.,p. xn-xv. — "Bianchini. Demonstratio historiœ ecclesiasticte quadripartite, in-fol., Romse, 1743, 1. i. part. 2. p. 308. — "H. Garrucci, Vetri ornati di figure m ><rn trouali nei cimiteri dei cristiani primilii'i di Roma, in-fol. ,Roma, 1857, préf.. p. ix-x. — J Ibid., pi. xxxii. ii. 1. où nu lit : amachi. — lJ Ibid., pi. vu. n. 16; pl. xiii. n. I ; pi. wiii. n 1 . 7 ; pi. \ xv. n. 3. — "Délier., Garrucci, op. cit., pl. xxvin. n. 5; Severus, pl. xxix, n. 5; Pompeianus, pl. \xix. n. 1 ; Orfitus, pi. xx\. n. 1 : Rufmiis. pl. xxx. n. 6 ; pl. xxxi. n. 1 ;Amacftius, pl. x\\ii.n.4; Sabinus, pl. xxxix.ii..">. "S.Jérôme, Epitaphium Morcelles ad
on fait remonter ces produits varie de façon assez notable. Buonarotti les juge contemporains en majeure partie des Gordiens, de Philippe et de Valérien 9, mais, de toutes façons, antérieurs à Dioclétien; Bianchini Ul admet cette chronologie que R. Garrucci, pour de bonnes raisons, déclare insoutenable «.
Si la paléographie des inscriptions tracées sur les fonds de coupe nous apprend peu de chose sur leur compte, l'orthographe est plus intéressante et plus instructive : / remplace ph et l'aspirée est omise après les consonnes c et 1,'et toujours devant les voyelles », ce qui est d'usage courant au IVe siècle, de même que l'échange de i et de : dans le nom de Jésus (ZESVS) a. In autre indice qui favorise l'adoption de cette date, c'est l'onomastique de la plupart des personnages 14;un siècle auparavant, les noms nobles étaient moins nombreux et l'humilité des fidèles se plaisait encore à les dissimuler. Le vêtement, lœna ou pœnula, est également celui des gens de qualité et l'abandon des pendants d'oreilles est une des coquetteries des mondaines de ce temps 15.
Les plus anciens verres à fond d'or ne paraissent pas remonter avant le me siècle et cette industrie a diï obtenir son plus grand développement entre les années 250 et 350. Il est très difficile de dire d'un exemplaire, considéré indépendamment de la série, s'il appartient au début, au milieu ou à la fin de cette période pendant laquelle la technique des ouvrages et le choix des sujets ont peu varié. A ce point de vue, la série presque entière se rattache à l'art chrétien préconstantinien. A la période de déclin, vers la seconde moitié du ive siècle, appartiennent quelques disques de grandes dimensions.
Les verres à fond d'or sont communément désignés sous le nom de vetri cimiteriali, parce que les cimetières souterrains des environs de Rome en ont fourni la principale récolte, ce qui s'explique par la coïncidence existant entre l'époque du développemeiil de ces cimetières et celle de la vogue des verres dorés. On a pu constater l'absence complète de ces verres dans toutes les galeries de la catacombe de Calliste. creusées et occupées avant le milieu du nie siècle; même observation dans les cimetières de Prétextât, de Domitille et de Priscille, on trouvera plusieurs fois, dans l'essai de classement, la mention de trouvailles dans ces différents cimetières, il s'agit donc d'ambulacres et de cubicules datant au moins de l'an 250. et pour la catacombe de Calliste on devra se rappeler l'imprécision de ce vocable chez les anciens topographes des catacombes. La chronologie de l'ensemble de la série est donc, senible-t-il, bien établie, f n des plus anciens exemplaires, un de ceux qui ont précédé la vogue, a été trouvé dans une galerie du cimetière de Calliste creusée pendant la première moitié «lu nr siècle; il porte, tracés en belle calligraphie, les mots Potila propina1* (lig. 1516). La fabrication aura dû cesser vers l'an 410.
Principiamvirginem.P. L.,t. xxn, col. 1088; Geniilitassolet... aurilms perforatisrubri maris pretiotissima grana suspendere;
et saint Avit de Vienne, Poema de laude uirg., vs. 41 sq.. loue sa sœur Puscina de ne pas s'être fait percer les oreilles. S. A\it. Œuvres complètes, édit. Ul. Chevalier. in-S". Lyon. 1890, p. 93. — " De Rossi. Bullettino di archeologia crisliana, 186 I. p. X2. pl. i. n. 4; Roma sotterranea, t. n. p. 254. pl. xi. m. n. I: t.jn. p. 602. voir notre numéro 358. La chronologie que nous avons adoptée se trouve confirmée parles verres trouvés <l:ms les cimetières des voies Appienne. Labicane, Nomentanc, Salaire, où ils se rencontrent principalement dans les galeries creusées aux epoquesdeDiocletien.de Constantin, et plus tard. Sur la voie Salaire nouvelle, même confirmation par la rencontre de cinq verres trouvés parmi soixante-dix inscriptions dont le style, ci le formulaire se placent entre 2.">" et 350. Cf. A. Bosio, Roma sotterranea, p. 505-509; De lïossi. Roma sotterranea, t. m, p. 602.
FONDS DE cOUPES
11. Destination. Dans la plupart des cas le fond dos verres est seul décore; cependant on connait quelques exemplaires pour lesquels la décoration avance jusque sur les rebords. A la vérité, ceux-ci ont le plus souvent disparu, parce que le fond, collé au plâtre des luculi, pouvait seul échapper aux mille chances de fracture qui survenaient dans des galeries obscures et étroites le long des parois desquelles se trouvaient des objets si fragiles1. Pour les yerres anépigraphes, peu Importait qu'on les collât à l'endroit cm a l'envers, la tratislucidite permettait toujours d'apercevoir le symbole représenté. Certains fonds sont si complètement détachés de leurs bonis qu'on ne saurait dire à quelle variété de verre ils appartiennent, tasse, coupe, verre a boire ordinaire.
Boldetti pense que c'étaient parfois les calices dans lesquels on consacrait le sang du Christ '. Rôstell en fait des coupes servant a la communion fidèles3. Conjectures I Ces opinions peuvent être
POT I TA PROPINA
4516. — Verre à tond d'or.
D'après De liossi, Ronia sotterranea. t. n, pi. xlui, n. I.
assurément soutenues, mais il importe au préalable
persuadé que l'industrie des verres a rond d'or sortit 'i' ateliers païens, peut d'un atelier
juif, avant de se monopoliser d'une certaine manière dans l'industrie chrétienne. Parmi ceux qui oui été ortés des catacombes, on relève de nombreux emprunts a la mythologie. Achille et Deidamie ', les ix d'Hercule*, Hercule e( Minerve", la toilette de Vénus*, Pluton et Sérapis *, Cérès '
( luelques verres portent des s\mi".ir, juifs : chandelier à ;epl branches ". arche
d'alliance, armoires servant a la conservation des
rouleaux de la thorn. etc. Il esl que la desti-
nation primitive des verres ainsi décorés n'avait
: apport :i :i i il ie, el le mieux esl encore
1 Voir Dicltonn., t. i. col. i> ni la tasse d
sens vertical de Rosal, Bullettino, 1873, i>. 20; Garruccl, .s/'.rm. pi. 202, "■ l- Boldetti, 0 rerpfl font, n. 89.
1 Ftoettell, Ronu Kalakomben und deren Allerthumer, dans Bunsen, Beschrelbung dtr Stadt Rom, in-s . Berlin, I
' Cariai i i. Vtlrl, pi. XXXV, n.
■ Ibid.,
pi. xxxv, n. 6. • Ibld., pi. ww . n. x. ' Ibld., pi. xxxvi, n.3. I '•>•/.. pi. xxxvi, n. 4. ' Ibld., pi. \\\i\.n. 4.
Ibid ,pl. m .n. :,. 'Md.,pl. s . il 1-8. II. Vopel,
DU allehrUttlehai GoIdgUUer, ln-8°, Prelbui
Jozzl, \<iri clmltertail, m s1. Borna, r
Velrl, pi. wwu.n. i-ii. ' /in./., pi. wmii. n. i . 2
de supposer que si les chrétiens en firent parfois usage pour recueillir el boire le vin eucharisique,
ce ne fut jamais leur destination générale ni exclusive; ils en ont eu d'autres, plus profanes, en attendant qu'on les utilisât comme signaux de reconnaissance sur les tombes où, parmi tant de loculi a peu près semblables, la petite tache dorée se distinguai:
ment.
I II. Sujets. — Les sujets chrétiens sont nombreux et varies. Il est malaise de les décrire, plus malaise de les distinguer d'après une description et dans un classement. Garrucci leur avait consacre une publication luxueuse, uù chaque pièce était à la fois figurée el décrite. Le commentaire, moins sobre qu'érudit demeure un des plus utiles travaux consacrés série archéologique. Le Corpus ainsi formé par Garucci pourrait naturellement, recevoir aujourd'hui quelques accroissements. Dans ce nombre, il faut taire la pari aux sujets de « genre » qui peuvent être aussi bien païens que chrétiens; scènes champêtres, animaux sauvages ou domestiques, chasse au cerf, combats de coqs '-, métiers, tels que changeur, marchand de vins, armateur ", tailleur ", mu cochers lf\ bestiaires ", boxeurs avec leur Iani I
Une des séries les plus largement représentées est celle qui montre deux époux seul, L" ou bien accompagnes de leurs enfants au nombre d'un J" ou de deux "; une seule fois on rencontre un ménage chrétien avant jusqu'à trois enfants . une seule fois aussi quatre enfant. :. jamais au delà Cette série offre peu de variété, mais la série suivante rachète ampli ment celle monotonie; celle-ci nous montre de petits tableaux de famille : une mère, sa petite-fille et la bonne '; un enfant montrant le sein maternel découvert qui l'a nourri-'; un enfant apprenant à lire entre ses parents ••, La collection du British ■ n est particulièrement riche en fonds de coupes a devises nuptiales, dans le genre de-celle-ci : ".
POMPEIANE THEODORA VIVATIS (in) )^ On peut se demander toutefois si ces verres étaient
donnés a l'occasion du mariage, OU bien si on les
réservait pour un anniversaire, ou bien si on figurait
un ou deux enfants par anticipation et en quelque
ère comme « porte-bonheur ». 11 est fort po que le nombre restreint d'enfants doive s'expl par la difficulté de loger un plus grand nombre de petites tètes sur un champ assez droit.
i i sonl les verres offrant les sujets bibliques qui présentent le plus d'importance pour no mais ici surtout nous pouvons voir que les artistes
interprétaient les sujets suivant les dimensions du disque qu'ils avaient a orner; c'est ainsi qu'ils Iront deux mages pour trois, et sépa trois
I leliieux dans la fournaise, d< mêl
i tanlel el les lions sépi I
ili bibliques sont présentés relève de l'arl
inauguré dans les catacombes el de l'art i
plusieurs d'entre eux sonl nouveaux, en effet, el ne se rencontrent ni sur les sculptun ordi-
naires d'inspiration parmi les verriers, ni sut
Ibld., pi. \\\is. n. 6. Ibid., pi. vwiv. n. i : ,
n. 1, 2. I bid., pi. xxxrv, n. 2, 4. ' ibld., pi. xxxiv,
Ibld., pi. xxxrv, d. 7. s. • lln.t.. pi. xxvi, n. 11, 12; pi. wwu.n. I, 2, 3, i. S, 6, 7, pi. «un. u. I, 2, .;. i. ;,. 6; pi. \\i\. n, i. J.. 3; pi. xxxi, n. 3; pi. kxi, n. 5; pi. xxx, n. 3, 4, 5, 6; pi. xxxi.n. 2; pi. xxxn.n. 2. t Ibld., pi. \\i\. n. 4;pl. xxx.n. 1,2. ' lbld.,pl. xxxi, n. I. ' Ibld., pi. x\vn. n. ' . pi. XXXI, a 1.
■ Ibld., pi. \\\ii. n. I. Ibld., pi. wvii
1 1 i laiton, i atalogut irruccl, i elrl, pi
n, i. Shtrla, pi. 198, n. I ; Vopel, Die allchrlill glâstr, p. 1 1 8).
FONDS DE COUPES
fresques, ce sont, par exemple : Joseph dans la citerne », le supplice d'Isaïe2, Daniel empoisonnant le dragon 3, Josué arrêtant le soleil 4, mais ce ne sont là que des exceptions, ainsi que Suzanne entièrement nue 5.
Les verriers montrent une préférence marquée pour les épisodes de l'Ancien Testament : 1. Adam et Eve; 2. Noé; 3. le sacrifice d'Abraham; 4. Joseph dans la citerne; 5. le Serpent d'airain; 6. Moïse frappant le rocher; 7. retour des explorateurs du pays de Chanaan; 8. martyre d'Isaïe; 9. Josué arrêtant le soleil; 10. vision d'Ezéchiel (la reviviscence des ossements desséchés); 11. Daniel parmi les lions; 12. Daniel empoisonnant le dragon; 13. les trois jeunes Hébreux dans la fournaise; 14. Tobie; 15. Jonas; 16. Suzanne; 17. Job. Les épisodes du Nouveau Testament sont : 1. le Bon Pasteur; 2. les Mages; 3. le miracle de Cana; 4. la multiplication des pains; 5. la guérison du paralytique; 6. la guérison de l'aveugle-né; 7. la résurrection de Lazare; 8. le Christ donnant la loi 6.
Ces compositions se ressentent, ainsi qu'on vient de le dire, de l'influence exercée sur les verriers par la vue des fresques et des sarcophages ou, plus exactement, des cahiers de modèles à l'usage des peintres et des sculpteurs, cahiers qu'eux-mêmes devaient avoir entre les mains. Cette influence n'était cependant pas si impérieuse qu'elle ne laissât à l'originalité des artistes quelque jour pour se produire. En dehors des sujets dont nous ne connaissons pas d'équivalent, hors de la verrerie chrétienne, nous rencontrons plusieurs ouvrages traités avec un réel souci d'indépendance, par exemple : Moïse frappant le rocher. Dans les fresques, nous voyons un adolescent imberbe; dans les sarcophages, un vieillard barbu; les verres nous offrent le Moïse des fresques, mais ils empruntent aux sarcophages la forme du rocher, sauf sur le verre de Cologne, si toutefois ce n'est pas la vision d'Ezéchiel qui s'y trouve représentée, (voir Cologne et Ézéchiel). Plusieurs verres rappellent par leur disposition décorative le disque de Podgoritza (voir Disques) et les plafonds de quelques cubicules des catacombes avec leur médaillon central autour duquel rayonnent les compartiments ornés de sujets bibliques.
Une série non moins curieuse que celle des scènes bibliques est la série hagiographique. Ici nous rencontrons surtout l'influence des mosaïques, par exemple sur un verre qui représente le Christ donnant la loi (voir Diclionn., 1. 1, fig. 200, 239). Un charmant verre doré du musée de Parme nous montre le buste du Christ dans un médaillon central, autour duquel rayonnent les douze apôtres debout ', composition qu'il faut rapprocher de la coupole du baptistère des Orthodoxes à Ravenne; parfois, faute d'espace, on se contente de représenter six apôtres 8.
Parmi les figures de saints, on rencontre la vierge Marie entre saint Pierre et saint Paul ', Marie en orante 10, ou bien ce sont des groupements de saints
» Garrucci, Vefri, pi. in, n. 3. — ! Ibid., pi. i, n. 2. — » Ibid., pi. m, n. 13. — * Ibid., pl.i,n. 2. — s Ibid., pl.m.n. 7. ; — 'Parmi les sujets de l'Ancien Testament, les n. 1. .">, 8, 9 manquent sur les fresques et sur les sarcophages, les n. 7,10, 12, manquent sur les fresques; parmi ceux du Nouveau Testament, le n. 3 est rare sur les sarcophages, le n. 6 rare sur les tresques, le n. 8 révèle l'influence des mosaïques au moins autant que l'influence des fresques. On trouvera d'utiles Indications dans V. Schultze, Archàologisrhr Studien iiber altchristl. Monumenie, iu-s". Wien, 1880, p. 203-211; Die Katakomben, in-S°, Leipzig, 1882, p- 187-198; Archàologie <l. altchr. kunst, in-8°, Muiichen. 1895, p. 306 sq-: Th. Roller, Les catacombes de Rome, in-fol., Paris, 1SS1. I. n, p. 222 sq.; Gcrspach, L'art de lu verrerie, in-8°, Paris, 1885, p- 65 sq.; A. W. Franks,
auxquels préside le Christ' ». Ensuite vient l'importante série des bustes des deux apôtres, saint Pierre et saint Paul '- affrontés, ou bien vus de face et rapprochés", ou enfin isolés». Tantôt les deux figures sont séparées par un symbole; tantôt elles sont affrontées comme dans certaines médailles impériales, ou bien encore les deux profils sont superposés à un légère distance l'une de l'autre, ainsi qu'on le voit sur un fond de coupe du musée Fol à Genève, composé de deux feuilles minces de verre opalin entourées d'un bourrelet de couleur bleu saphir ]6. Les princes des apôtres sont souvent réunis à d'autres saints, mais la fracture des verres ne permet pas toujours de restituer avec certitude les noms de ces derniers. Cette catégorie de verres à fond d'or présente un certain intérêt pour l'histoire du calendrier romain et du culte des saints étrangers. M. H. Vopel a remarqué ingénieusement que les noms qui se rencontrent sur un même verre se trouvent également rapprochés dans le calendrier, par exemple Notre- Seigneur et saint Etienne (décembre); sainte Agnès et saint Vincent (janvier); saint Sixte, saint Laurent, saint Hippolyte, saint Timothée (août).
Les noms des saints relevés sur les fonds de coupes sont ceux de : Agnès, Callistus, Castus, Cyprianus, Damas(us), Dion, Electus, Félix, Florus, Genesius Poltus (= Hippolytus), Jonanes (= Joannes), Judas, Julius, Justus, Laurentius, Lucas, Marcellinus, Maria, Pastor, Paulus, Peregrina, Petrus, Filpus (= Philippus), Protus, Silvanus, Simon, Istefanus ( = Stephanus), Seistus (= Sixtus), Timotheus, T(h)omas, Ursus, Vincentius.
La disposition adoptée diffère peu d'un verre à l'autre, c'est presque toujours un médaillon central avec une suite de bustes ou de figures debout rayonnant à l'entour Parfois une inscription, un portique, complète la décoration. Quand le verre représente une seule sainte ou un seul saint, celui-ci est généralement figuré debout et en pied.
Les verriers chrétiens se sont encore exercés à dessiner le portrait; nous possédons celui d'un personnage nommé Callistus, qui est probablement le pape de ce nom (voirD;'c/i'onn.,t.ii, col. 1658, fig 1922), c'est un ouvrage d'un fini irréprochable; le portrait de Marcellinus, autre pape vraisemblablement, est d'un art moins sûr. Sainte Agnès est interprétée avec grâce et la vierge Marie, ou une sainte portant ce nom est d'une simplicité parfaite.
Quelques verres sont plus curieux encore. « Un disque de petite dimension au milieu duquel est dessinée une cabane de paille ou de roseau, en forme de ruche, a été trouvée à Rome. De l'entrée de la cabane, qui se trouve à gauche, sort jusqu'à mi-corps une brebis couchée. Au sommet du tugurium se dresse une palme ou un bouquet d'épis vers lequel vole une colombe. En légende : KONIAIA KAIACC- TINA TTI E ZHCEC 16. Ces sortes de médaillons, comme ceux qui ornent la patène du Bristish Muséum, étaient quelquefois sertis dans une monture métal-
Early Christian glass. dans Fine arts quart, review, 1865, t. il, p. 378. — 'Garrucci, Velri.pl. xix.n. 4. — " J. E. Weis- Liebersdorf, Christus und Apostelbilder, in-8°, Freiburg, 1902, p. 124, iig. 53; voir sur cette réduction, Dietionn., t. i, fig. 206. — ■' Garrucci, Vetri, pi. ix, n. 6, 7. — 10 Ibid.. pi. ix. n. 8, 9. — n A. Peraté, L'archéologie chrétienne, in-12, Paris, 1S92, p. 355. fig. 245. — 1! Garrucci. Vetri, pi. x. n. 2. 1 ; pi. xi, n. 7; pi. xn, n. 1, 2, 3, 4, 5, 6. 7; pl.xm, n. 1,2, 4; pi. xv, n. 1, 3, 4. — " Ibid., pi. x, n. 6; pi. XI, n. 1, 3, 4, 5, (', ; pi. xiii, n 2. 3: pi xiv, n 6, 8; pi xv, n. 2, 5. — " Ibid.. pi. x,n. 1,3, 5, 7; pi. XIV, n. 3,5,7; J. Ficker, Die Darstellungen der Aposteln der altchr. Kunst. 1887, p. |s-r,0. — "W. Fol, Catalogue du musée Fol, in-8°, Genève, 1S75, p. xi, n. 3. — '" E. Le Blant, dans Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 1SS7, t. xv, p. 212.
1 (»NDS DE COUPES
lique et servaient d'amulettes, de breloque. Sur un de ceux-ci on voit un ange portant des présents. Un bel exemplaire trouvé au cimetière de Domitille portait ce mot : AVS il ONIO il RVM, qui est le nom d'un.' grande famille romaine du i\c siècle ', Mais un verre
4517. — Adam. Médaillon.
D'après Dalton, Catalogue, pi. xxxi.
conservé au musée du Campo sanlo tcdesco à Rome porte ces mots : IVSTINIANVS SEMPER AVGet ceci oblige à admettre que la fabrication des verres dorés s'est continuée jusqu'au vr* siècle 3. Nicéphore. dans son Breviarium, ann. 768. écrit ces mots dans
phile, parle dans sa Schedula diversarum arliiim du t'itrum grœcum qiwd musivum opus décorai ».
De l'étude du catalogue qui va suivre une conclusion semble ressortir. La fabrication des verres dores a eu son siège le plus important à Rome. En elfet, les saints romains sont privilégiés : les princes des apôtres, sainte Agnès, saint Laurent, les noms de Calliste, Marcellin, Damase semblent s'appliquer aux papes qui portèrent ces noms •.
IV. Essai de classement des fonds de coupes. — 1° Sujets bibliques.
1. Adam et Eve. — (Cracovie, musée Czartoryski), Garrucci, Vet., pi. », n. 1; Slor., pi, clxxii, n, Ij Vopel, Goldg., n. 168, Diclionn., 1. 1, col. 2700, fig. 888.
2. Adam et Eve. — (Bibl. Vatic), DIGNitas Ami- CORVM PIE zeses. Garrucci, Vet.,p\.xi, "■ 2; Stor., pi. ci.xxn, n. 2; Vopel, Goldy., n. 1CJ; Diclionn., t. i, col. 2700, fig. 889.
3. Adam? — (Rome?), médaillon. Garrucci, Stor., pi. clxxi, n. 6.
1. Adam? — (British Muséum), médaillon a fond bleu Garrucci, Vet, pi. n. n. :S: Stor., pi. ci.xxii, n. 3. Vopel, Goldg., n. 171; Dalton, Calai, p. 122. n. 61li, pi. xxxi (voir fig. 4517).
5. Adam? — médaillon; est-ce du verre? De f'.ussi, BuVeitino, 18S0. p. 64; Vopel. Goldglaser, n. 172.
4518. — Sacrifice d'Abraham. Fonds de coupe. D'après Bull, di arch. crisl., 1882, pi. vin.
lesquels il est permis de voir une allusion aux verres dorés : to"> i2<oTT,:o; jcal -<~yi à '<</ ottaac Stà i|n]çi Siojv -/p>-Z>t z-/.i XTjpoxorou UXijç elxovo-jfpaiplaç dhréÇuae*. Au x" siècle, Héraclius, auteur du traite De coloribus et artibus Romanorum consacre quelques lignes à ce sujet : /Je fialis auro deeoralis, où on lit ceci : Inr< 1er vitrum dupli-
catum inclusas caute. Cum sollers siepius illud visa lustrassent, super hoc magis et mugis ipse motus, quasdam claro vitro renitentes qusesiui fialas rnilu, quas pinguedine gummi unxi pinceilo. Quo facto imponere coepi ex auro petulas super illas; utque /uere siccato: voluercs homines parilerque leones inscrtpsl ut sensi; quo facto desuper ipsus armai'i vitrum dodo flalu tennatum ignis; vr/ postquam pariter sensere calorem se vitrum palis tennatum jitnxit honesle'). Enfin un siècle plus tard, le moine Théo- If. <li archtol. crtst., 1882, p. 98, pi. vu. n. 2. ' M. AniH-llinj, J l'rln ensilant délia coUextone
•/i Campo Sanlo, dans I: QuartaUchrtft, ls'i^.
t. m. i>. 56. — ' Nieephore, Breviarium, édil I Bonn, is:i7. p. sr,. ■ Héraclius, De coloribus et Romanoram, I. I, c. V, dam A. lli;, Quellenschrtflen fur
DU ' Mil. II. c.ni
6. Èvc. — (Rome?), médaillon. Garrucci, Stor., pi. CLXXI, n. 7; Vopel, Goldg., n. 173.
7. Èvc? — Médaillon. Garrucci. Vet., pi. n, n 1; Stor., pi. C1.XXH, n. 5; Vopel. Goldg., n. I
8. Eve. — (Petrograd Ermitage). A. Darcel. Catalogue de la collection Basilewsky, n. 350; Vopel. Goldg., p. 115.
9 Le serpent tentateur. — (liibl. Vatic. i. médaillon à femd bleu. Garrucci, Vet., pi. n, n. S ; Stor., pi. clxxti, n. I; Vopel, Goldg., n. 175.