I. L'œuvre des Le nom de fossoyeurs
correspond assez mal au titre de fossor que nous rencontrons dans les catacombes. Tour être tout a fait exact, il faudrait rassembler dans une même idée, la notion de fossoyeur, de terrassier, de mineur, et même d'ingénieur. La corporation des fossores, comme nous dirions aujourd'hui le syndical des travailleurs souterrains , avait a sa chaîne uncentreprise considérable, celle du percement des galerics.de leur entretien, nie leur décoration, peut-être), de la vente des parcelles, toculi et eubiculi. Il est clair que nous nous trouvons ici en présence d'une corporation importante, par le nombre de ses membres et par le nombre des affaires qui passaient entre ses mains. Lorsqu'on étudie les iv. souterrains, on s'aperçoit bien vite que les excavateurs n'avançaient pas au hasard de la fantaisie ou des besoins du moment. Ils procédaient a des [orages, étudiaient la nature du sol, son degré de résistance, le développement possible d'une installation, la possibilité des niveaux superposés, etc. Nous ne savons a peu prés rien de tout ce côté administratif, sinon ce que les faits et quelques inscriptions permettent d'induire, car les tcxles. sont deplorablement silencieux au ujel des kopiatm ou fossores. Comment ont-ils débuté. comment dure et quand ont ils l'un? Autant de questions sans réponses. Il est clair que lorsque l'idée de creuser un hypogée, d'y déposer une ou eurs tombes, d'y accéder par une galerie, est venue aux premiers fidèles de Home, ils ont recouru a la main-d'œuvre païenne, la seule qu'ils eussent
sous la main. Puis ils ont dû. peu a peu, organiser des équipes, acquérir certaines notions, adopter certaines régies ou certains usages, affecter d. a des
quartiers ou a des régions, aussi on peut avancer que la corporation des /assures est, une des moins connues et des moins étudiées. D'ailleurs il n'y eut pas d'inhumations souterraines qu'a Rome, il y en eut a N'aples. et ailleurs (voir Catacombes); dans tous ces lieux ncore plus complètement ignorants île ce qui concerne la corporation et ses membres. -t pas que ceux-ci aient affecté de se ]
n. Ilv. XIII. 1 1 1 . r. I. 1 , S. Nil. n,,
■■dit. Suarez, Roma:. 1873, p. 670; la Blbl.Barl
p.25sq.etla Vatlcane 9126, p. 68 sq. conservent on
ouvrage Inédit du même Suarez, Defouoribut, laborantlbus,
etc. — Sarcophage conservé dans la cour de la maison
. IracceU, a Rome; la cuve sert de réservoir et l'hu-
ignorer. Les /,,.«*, ,n-< se sont plu a être représentés dans les catacombes, au travail, le pic a la main, attaquant le roc qui surplombe. Ils étaient ici chez eux et on peut croire qu'ils comptaient parmi eux des
décorateurs qui se chargeaient île peintures a fresques En effet, Us représentations de /assores sont fréquentes sur les parois des galeries et des cubicules, mais rien ne rappelle leur souvenir sur les monuments qui n'étaient pas a leur disposition, par exemple les sarcophages sculptés. Il est a remarquer que les représentations de /assures ne nous les montrent jamais ou vrant des tombeaux et faisant, y proprement parler l'office de • fossoyeurs ., mais le pic ou Vascia à la main, taillant des galeries et des cubicules, tantôt taillant, tantôt façonnant. L'attitude même qu'on leur donne est intéressante à noter. Nous y pouvons voir de quelle far. m ils ont procède, s'ouvrant un chemin avec leur pie a travers les couches du sol, tantôt au-dessus de leur tète, tantôt à leur hauteur. Dans aucun cas nous ne les voyons représentés dans une attitude familière aux mineurs, c'est-à-dire couches sur le dos. Parfois, ils sont représentes au repos, le pic ou la pioche sur l'épaule. Il est à remarquer que les images des /assores ne se rencontrent pas dès l'origine. Dans la première aria du cimetière de Calliste, qui remonte à la lin du u« et au début du nr sièi le] on ne les voit représentes nulle part. La où on peut les mieux juger, lorsqu'ils sont ligures debout, le picsur l'épaule, en tenue de travail, la tunique serrée a la taille ils ne se distinguent pas des autres ouvriers du même temps. Parfois ils laissent retomber la tunique ou bien, ils tiennent a la main la petite lampe sans la quelle ils ne pouvaient s'aventurer dans les couloirs. Il faut songer que ces travailleurs ont perforé des kilomètres de galeries, des centaines de cubicules creuse un nombre de tombes qui n'est pas inférieur à six millions, bien que ce chiffre ne soit qu'une approximation ; bien plus, qu'ils ont déblaye un cube gigantesque de matériaux, l'ont transporte à distance, puis, lors d'une persécution ou pour des raisons de solidité! ont comble certaines de ces galeries qu'ils avaient
creusées, et on comprend alors COmbien fut respectable le rôle de ces humbles qui furent vraiment les laborantes,
xo-'.cjvte;, xomtxTai par excellen
II. Li. nom DEfOSSORBa. — on nerencontri appellation spécialement réservée aux fossores avant le IV siècle, mais le nom ilc\.nl rtlc. pjus ancien, S'il ne l'est pas autant que la fonction qu'il désignait, un ad met généralement fétymol0giedu mot xo mât tjç corn me venant de i-ô -■>'> nomôaQoù, a laborcmdo, Godefroy préfère la faire venir de iizb To0xoireroû,.a planclu ou bien i-.h t?,; x.o -•-/.: avec le sens de ouïes pn si laborem. A toutes ces balivernes. — sotliglieze dit rondement .LIS. De Rossi, il faut et suflit d'opposer une inscription inédite vue par Marini au cime tiere Ostrien uns. Vatic. 9087, fol. 3526) dans laquelle ut mention d'un certain Debcslus montanarius qui laboravit fier totum eimiterium au rv" ou au debut du \ siècle :
DEBESTVS MONTANARIVS QVI LABORAVIT PER OMNIVM CLIMITERUMMERITVS FECIT
Cette inscription devint ainsi le meilleur rnmineii taire d'une inscription grecque gravie : sur le devant
midité .' inii par détruire le texte, m. us d avait été Iranscrlt dans des manuscrits du ki léclc, pai tlcullèrement par Piètre Sablnus, qui le \ d m >i>>nm Ctnctorum posi Mtneroam
lois. Mann i'. A l$S,tol. I .'.:'.:( Jus. l.V.ISS.tol. lOSfr.Vatic.
Ottob. ■"! '■. fol. 103) i ■ B. De Rossi, Roma
i. m. p .vu : Kaibel, Inscript, ira c. Stcil.,n. 8111,
FOSSOYEURS
JIMiS
d'un sarcophage d'apparence païenne, représentant des autels et des sacrifices :
AONTINCO KOTTIACAN Tl IC TAYTA
ta xoûpia ene
5 rPAYCN XPYCHC H CYNBIOC AY TOY
Aovyivcp xoTiiâaavTi îç TaÛTa Ta /copia i~ Éypa'yEv XpùaTjç •») oûv6ioç aÙTOÙ.
« A Longin, qui a travaillé parmi ces lieux. Chrysès femme a écrit (cette épitaphej. » Kaibel pense avoir lu à la première ligne 0 • K ■ qui n'a pas plus de signification religieuse que le D • M • S • Quant au mot /copia on le trouve employé dans l'édit de 313 pour désigner oixiai xal /copia, les lieux à restituer aux fidèles. Cette inscription semble appartenir au me siècle.
Le mot xotckxty); passa de la langue grecque dans la langue latine, mais ce ne fut probablement pas beaucoup avant le milieu du ive siècle puisque nous lisons dans un texte législatif de l'année 360 : copiatas recens usus instituit nuncupari 1. Il devait du moins en être ainsi en Italie puisque cette loi de ConsUnt est adressée au préfet du prétoire. Une autre loi du même prince accepta Romas en 357, fait de même mention de ceux qui copialœ appellantur 2. Une des plus anciennes inscriptions qui contient la mention de ce mot, est un fragment tracé sur un couvercle de sarcophage, haut. 0,268, larg. 0,28, en marbre grec et d'origine inconnue, qui fait partie de la collection du Campo santo tedesco à Rome. On voit Jonas couché sous le cucurbite et les traces de la mention xôTrtdnqç à la ligne 2 3 :