F0SS0YE1 RS
pas obtenu cette distinction. Les lignes tracées pour servir de fond au tableau paraissent vouloir donner l'impression d'une abside, des lignes obliques pourraient vouloir indiquer un escalier. Ne serait-ce |>;is un souvenir d'une excavation qui avait été dirigée par Diogéne. Même en supposant que ce soit l'ombre des pieds que Boldetti a pris pour un compas, tous les outils et instruments qui entourent l'image du défunt montrent assez son importance. Parmi ces instruments, il s'en trouve un en forme de lancette qui a fait écrire à Ed. Le Blant : « un bas-relief chrétien
i nus qui tenaient le marteau du lapicide . J.-B. De Rossi a pu, en se guidant par les seuls types paléographiques des inscriptions déterminer ma fois le cimetière d'où elles provenaient et il en a conclu que des officines de lapicides étaient attai a certains, sinon à tous les cimetières. Le splendide type paléographique qu'on rencontre parmi les plus anciennes inscriptions du cimetière Ostrien sur la voie Nomentane ne se rencontre pas ailleurs.
De même dans une famille d'épitaphes de la fin du de, et du premier quart environ du IV"
Le fossoyeur Dlogcne. D'après Wflpert, Le pltture délie catacombe, p. 180,
où figurent des artistes sculptant le marbre d'un sarcophage prescrite des instruments semblables. Le fossor est-il donc appelé à manier dans les galeries
funèbres, le ciseau du lapicide, a travailler les seules pièces de marbre qu'on y rencontre communément, dire le, dalles dei épitaphes? < es monuments eux-mêmes sembleraient l'attester. Tandis que les deux grands recueils de marbres des catacombes ro
maines, ceux de Bosio el de Boldetti, présentent à peine quelques épitaphes de clercs de l'ordre inférieur, les inscriptions de /ossores s'y tro tivement considérable. N'est-ce point la un enseignement de plus, et ne semblerait il pas que les hommes
dont la tombe recevait plus souvent que celles de leurs supérieurs la légende commémorative, étaient ceux-
■ F'.. Le Blant, Recueil de» liuertpl. rhriï. <!<■ ta Gaule, t. m, p. 198-103. — »G. Mnrc.nl, / Monument! délit
on trouve gravées de façon négligée les sigles N- B- M et v • N • M • abréviations de benemerenli el venemerrnli qui ne se rencontrent pour ainsi dire pa d'autres cimetières, mais seulement parmi les épi taphes d'une famille de fossoresdtee cimetière Ostrien1. Or au septième mille de la voie Nomentanc, au cimetière de saint Alexandre i von- ce mol i dont les gale-
ml pauvres d'i pitaphes sur marbre, une di rares épitaphes porte précisément le si g le v- n ■ M • en caractère! semblable: à ceux des marbres du cimi
Ostrien. Il est clair que ces gens du septième nulle di
la Nomenta onl adresses a leurs voisins. De
même au cimetière de Calllste on a relevé des ini de famille paléographique parmi les galeries les plus
ani lennes >, I l'on il semble permis de croire que cha
nrh thrlMant primttlt e, In- 1- . Homo, 1844. - ' Di I limrti sottertaneai i. n. p, 263.
FOSSOYEURS
que cimetière ou groupe de cimetières était propriétaire d'une officine lapidaire laquelle était vraisemblablement gérée par les fossores de cimetière.
Ce n'était là cependant qu'une particularité, un
4608. — L'ascia.
D'après O. Marucchi, / monumenti, pi. lxxi, n. 17.
détail attaché à la profession. Le vrai fossor était le mineur qui l'ascia à la main raclait les arénaires, les galeries, les cubicules. En tête de l'épitaphe citée déià de Debestus, nous vovons une ascia et nous re-
des Saints-Pierre-et-Marcellin. Le plus souvent on les représente deux à deux ce qui semble bien indiquer le désir de figurer non un tel fossor, mais le fossor en général. Au rva siècle, nous rencontrons cependant deux fossores représentés individuellement Diogène et un autre nommé * :
TROFIMVS FOSRO
Dans la Cappella dei Sacramenti A3 (fig. 1012) au cimetière de Calliste, les fossores sont représentés le pic à la main 2; sur une fresque du cimetière dePierreet-Marcellin, paroi d'entrée du cubicule double, on voit un fossor qui se rend au travail (lre moitié du me siècle), il porte la tunique et les escarpins et son bâton auquel est suspendue la lampe, son sac à provisions, jeté sur l'épaule gauche (fig. 4G10)3. Une autre fresque du même cimetière et de la même date dont il ne subsiste presque plus rien, montre la lampe déjà accrochée. Dans le cubicule XI de la catacombe ad duos lauros, le fossor qui travaille correspond à un camarade qui allume la lampe. Bosio a encore vu ces deux figures intactes, aujourd'hui elles ont en partie disparu 4.
A ces fresques ajoutons une série d'épitaphes d'abord celle de Atieianus, benemcrenti, avec son ascia
4609. — Le fossor Trophimus.
D'après Wilpert, Die Katakomben und ihre allen Kopien, 1891, in-4°, pi iv, n. 2.
trouvons ce même instrument sur les fresques. L'habitude de figurer les fossores au travail a commencé vers la seconde moitié du ne siècle et s'est continuée, jusqu'à l'époque ou les catacombes furent définitivement abandonnées. Nous les trouvons représentés dans la catacombe de Saint-Calliste, de Domitille,
1 Bosio, Borna sotterranea, p. 529; G. Wilpert, Aile Knpien, pi. iv, n. 2. — * De Rossi, Borna sotttrranea, t. n, pi. xvii. — " Wilpert. Le pitture dclle catacombe, pi. 48,
(fig. 1020), probablement un fossor du cimetière de Sainte-Agnès, et Vitalion, alumnus, mort à 21 ans, représenté avec une ascia, une pelle et une cheville (fig. 1019), venant du même cimetière. Au cimetière de Cyriaque d'autres ascia (fig. 1017, 1018) et un personnage qui semble tenir un ascia et une cheville
n. 2, testo. p. 478. — ' Ibid., pi. 48, n. 1, 2, 3; pi. 59. n. 2; pi. 65, n. 3; pi. 103, n. 5; pi. 112, n. 5; pi. 113, n. 3.
I OSSOYEURS
rnlin une pioche. (Voir encore Dictionn., t. i,col fig. 1015, col. 2964, Bg. lulG.)
Une inscription trouvée- en l'année 1900 au cimetière moderne du campo Verano, sur remplacement de l'ancien cimetière de Cyriaque est ainsi conçue ' (fig. (611).
IL / EVRIALVS V H CONPA RAVIIIO CVMSIVI SE VIVO AD MESA BEATI MARTVRIS LAVRENII DES CINDENTIB / INCRIPTAPAR IE DEXTRA DE FOSSORE
wBmvwmmmi cupsivs
DIE III / KALMAIAS FLSIIIICO NE SECVNDO CONSS-
Flfaoius Eurialus nir) h(oneslus) conparaoil lo-
rum sibi se vivo ad me(n)su(m) betili martyris I.aurentii descendenlibfus ) in crypta parle dext(e) ra de
jossore... v (lo)ei ipsius die m kal. maïas l'I
(avio) Slilicone secundo Consule.
Haut. 0m.58, larg. Om.60, épaiss. 0m. 04, lettres passées à la couleur rouge.
Cette inscription est datée de l'année 105 ; elle rappelle que FI. Eurialus, homme de condition (vir honestus), acheta de son vivant une tombe à droite en descendant dans la crypte, près de l'autel de Saint Laurent, le célèbre martyr de la voie Tiburtine. La phrase ad mesa beatis martyris Laurentii équivaut à ces mots ad bealum J.aurentium.
Il est ici question d'un fossor... l"d ipsius ce qui montre bien que les (ossores étaient embrigadés par équipes affectées, aux différents cimetières. Et non seulement nous pouvons tirer de notre texte cette indii ation, mais encore rapprocher ce fossor loei ipsius du TOnOttYLAKI KAI 0OCCOPI que nous avons déjà rencontré. Ce qui est singulier c'est le soin qu'on a pris de marteler à une époque ancienne le nom du /.«x..r. Ceci dans l'éplgraphie officielle était réservé à des cas exceptionnels, comme la mémorise damnalio; il est presque certain que l'adoption d'un procédé tellement infamant doit indiquer que le fossor dont le nom a disparu de la pierre s'était rendu gravement coupable ce qui avait entraine son expulsion du corps dont il avait fait partie. Seule, l'autorité ecclésiastique aura pu ordonner une punition aussi solennelle, qui laisse supposer l'excommunication OU l'apostasie. En l'csce sont les prêtres du litre dont dépendait la catacombe de Cyriaque, -titre des Saintes I'udentienne-et-Praxède -qui auront prescrit le martèlement. Un seul autre exemple d'expulsion officielle du
i de martèlement du nom est connu par une inscription trouvée en 1880 près de l'église des Saints-COme-et-Damien au Forum9 ianuARI A • QVAI • DEcessil....
l'/XIT- ANN XVI • BENemerifa in /JACEDEPOSITAIIIKAi...
d.n.honOniO AVGTVI ad pa/rEM-ET-MATREMLOCVM implum CSA «»J»FOSSORE
cette épitaphe est datée de l'année i<> i el la
dente de 105, il esl donc naturel que c'est le même
ignaié dans les deux inscriptions el il
est remarquable, que dans les deux noms, une seule
es! encore lisible, lOUl au début ri il nom, la
lettre V, ce qui permettrait de supposer le nom VI-
renlius. On en peut induire aussi que cette deuxième inscription provient comme la précédente de la eala-
combe de Cyriaque,
' O Marucehi, Di Ultil têcrlzione rscentemenlr icoprilt OPC - t<ii i la tomba dtl marUri S, Lorenzo dans Nuopo bulUttino di archenl. crltllana, 1900, p. 127-141. ■ I ><■ Itojsl.dans BuUettlnodt nrrivit. crlst., 1888-1889, i 1 m
Une inscription du cimetière de Sainte-Agnes nous montre les noms des deux prêtres titulaires martelés1; ees exemples s,, ni les seul connus dans l'épigraphie de
la hiérarchie chrétienne, il est notable qu'ils COnCei lient deux prêtres et deux /ossores, assurément si ceux-ci n'avaient pas été affiliés régulièrement à la hiérarchie on n'eut pas pris le soin de leur infliger cette peine officielle.
«In serait peut-être encore en droit de compter parmi les fossores anonymes ce Yincenlius qui faisait suivre son épitaphe d'une pelle (fig. 4614, n. 8) le bon et très doux Castorinus qui travaillait au cimetière
1610. - Fossoyeur, avec sa lampe et un sac â provisions. Presque du cimetière de Plerre-et-Marcellin* D'après YYilpert, hepltlurt délie catacombe, pi. ts, n. 2.
de Calliste (fig 1614, n, il» el certainement Félix. tins (flg. PU I, n. 1. 2).
Mais la série la plus intéressante esl celle des (os-
sores qui négocient la vente des touilles. Quelques
unes sont datées, C'est d'abord celle-ci epli porte
une mention chronologique rarement employée, el »- . ■ i culée d'après le pontifical d'un pape de Rome4.
SVB • IVLIO -A
DROFOSSORE
PERCVSS
Sub daim anlistite, le pape- .Iules [« | comparaott ab Alexandro fossore...
■Armelllnl, // clmlten dl s. Agnete, ln-8*. Roma, 1880 p. 322. — ' Dfclion., t. n. Col. 154 ; < >. M arrue In. Bplgrafia crUttana, la-16, Mllano, 1910, p, J'iT. d. 333i Nuooobullet-
lui». 1903, i>. 316.
FOSSOYEURS
Les dates consulaires sont plus nombreuses mais auparavant il faut citer une autre inscription trouvée dans la même galerie de la catacombe de Pierre-et- Marcellin et mentionnant le même /ossor Alexandre ':
RVFINA EMIT SIBI LOCV
BISOMAEOSSORE
ALEXANDRV
En 380, au cimetière de Commodille dans la galerie C2. '
GRATIANO-V-ET-THODOSIO EGO-FL-VICTOR-ME- VI BO CONPARASSE • CVM CON juge mca /OCVM
a LaVR-FOSSOREM
En 420, au cimetière de Commodille, d'où elle fut
Co(n)stat nos émisse Januarium et Britium locum anle domna(m) Emerila(m) a (/Jossoribus Burdonc et Micinum et Musco r[a]tione auri solidum un(um) semes(sem)cons(ulibus)d (ominis) n (ostris) Thaeodosioet4Vale(n)tiniano II. Januarius et Britia payèrent leur tombeau un sou (solidus) d'or et la moitié d'un as.
En 370, au cimetière de Pontien, trois fragments d'un grande plaque de marbre « (fig. 4612).
locum cmPTVM EST AB EPOLYTVM
FOSSORE