‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 206 sur 423 · FILIA SVA FECIT VENE MATRI · texte numérisé non relu

FILIA SVA FECIT VENE MATRI

enfin au cimetière de Saint-Hermès5 :

CERVNTIVS QVI VIXIT ANNOS XXV REMISIT AMVMNV NONINE BENIG NV QVI FECIT CORPORI BENE

Gerontius qui vixit annos XXV reliqu.il alumnum minime Benignum qui fecil corpori bene.

On est, sans doute, d'après cela, fondé à admettre qu'à Home et à Cartilage, et en général dans les égli-

4606. — Le fossoyeur Diogène.

D'après Boldetti, Osservazioni. p. 60.

ses chrétiennes des trois premiers siècles, le soin de la sépulture était si relevé qu'il était volontaire et qu'on n'avait pas besoin de recourir à la main d'œuvre payée; les clercs s'y distinguaient particulièrement. Lorsqu' après la paix de 313, tant de choses furent modifiées, les catacombes furent progressivement délaissées, mais les fossores en furent à peine moins honorés. L'anonyme de septem gradibus ecelesiiv imprimé parmi les écrits de saint Jérôme, s'exprime ainsi à leur sujet : laies fossarios esse ecclesiœ convenu, qualis Tobias prophela fuit : ejus fidei,e.ius sanctilalis ejusseienlix atque virtulis. Et l'auteur déjà cité du Chronicon palatinum dit que le Christ a en quelque façon consacré le grade de fossor, en se rendant au tombeau de Lazare : Chrislus in se consacrando ecclesiam, gradus ejus singulos consecravit.... fossarius fait quando Lazarum de monumenlo evocavit. Dans le traité de

'De Rossi, dans Bu//. arj/ieo!.nnpoMano,lS57, septembre, p. 14. — ! Oderici, Dissertationcs, in-4, Romîe, 1785, p. 43. — J Lupi, Dissertazioni, in-4°, Faenza, 1785, 1. 1. p. 174. — * Boldetti, Osseruazioni 1720, p. 390;Gori, Inscript, in Elritriœ urbibus, in-4°, Florent ia-, 1727. t. n, p. 74, n. 41. — s De

septem gradibus, adressé à un évèque, on trouve une vive insistance au sujet du traitement dont les fossores doivent être l'objet de la part des prêtres, que surtout on ne les considère pas comme des mercenaires ou des esclaves, qu'on ne les compare pas aux laïques, car ils sont clercs et reconnus tels par l'évèque ipse (episcopus) ordinal sacerdotes... ipse fossarios. Au même titre que les autres clercs, ils doivent, en cas de besoin, recevoir les secours pécuniaires de l'Église à laquelle ils appartiennent, mais comme ce point n'a pas été toujours observé, l'auteur s'émeut : eget... fossarius. moriuntur famé qui alios sepelire mandanlur; poscuntmisericordiam, qui misereri aliis sunt prœcepli.

Les fossores recevaient donc de l'Église la rétribution indispensable à leurs besoins journaliers et à ceux de leur famille : sumptus necessarios de laboribus juslis, lisons-nous dans une autre occasion, mais ces paroles ne trouvent pas ici leur explication. Aucune précision n'est possible sur ce point en l'absence de tout texte.

V. Monuments figurés. — Le procès-verbal de tra dition de l'Église de Cirta, dont nous avons parlé plus haut, met en scène six fossores et plus particulièrement deux d'entre eux : induclis et adplicitis Victore Samsurici et Salurnino fossoribus. On les interroge sur leur état et ils répondent, l'un fossor. l'autre artifex. Il se trouvait donc parmi les fossores des « artisans ». Une équipe de fossores devait avoir à sa tête un mensor ce que nous appelons en France un «contremaître », c'est-à-dire l'homme qui possède une demiconnaissance technique, qui sait lire un plan, faire usage du niveau, du compas, tracer une ligne, calculer ; un d'eux dont l'inscription est orné d'une bêche est qualifié: ARCITECTI * (voir fig. 4612). C'est un de ces contremaîtres que nous avons dans une fresque célèbre que Boldetti fit connaître pour la première fois dans un croquis plus fidèle que ceux qu'il consacrait aux autres fresques, les restes de cette peinture se voient encore à la catacombe de Domitille7. Cette peinture ornait la lunette d'une niche à sarcophage. Le dessin de Boldetti demeurait fort oublié dans le volume in-folio, quand l'illustration de la Fabiola de Wiseman conféra soudain à Diogène, le fossor, la célébrité. Ce qui subsiste de l'original est bien peu de chose, et il est fâcheux d'avoir à ajouter que la destruction partielle de ce monument est due à d'Agincourt qui entreprit de détacher l'enduit de la paroi. Diogène est représenté avec le pic sur l'épaule droite, il tient de la main gauche un bâton à l'extrémité duquel était fixée la lampe; sur l'épaule droite.il a jeté un sac dont le dessinateur de Boldetti a fait une pelle. Ce sac c'était tout simplement le petit bagage de la journée: pain, fromage, sel et boisson, car on ne remontait pas des galeries pour déjeuner. A droite de Diogène, on voit une sorte de construction à abside et, de chaque côté, les instruments de la profession : un marteau, une houe et un pic. Dans la copie de Boldetti, on voit un compas, mais G. Wilpert soutient que c'est une illusion produite par l'ombre des pieds s. Boldetti avait pu lire l'inscription :

DIOCENESFOSSORINPACEDEPOSITVSe OCTABVKALENDASOCTOBRIS

Le sarcophage a disparu, mais l'inhumation dans ces sarcophages était rare dans les catacombes et il est facile de supposer qu'un simple artisan n'aurait

Rossi, Bullettina, 1 873, p. 134. — * De Rossi, Inscript. christ., t. i, p. 308, n.706, en 441. — 'Boldetti, Osservazioni, p. 60. — ■ De Rossi, linma sottirranca, t. m, p. 539; E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. il, p. 192; Wilpert , l e pitlurc délie catacombe, p. 478.

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