‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 22 sur 423 · SES V · texte numérisé non relu

SES V

Ou en lin à Rome :... une ancilla Christi (voir ce mot l qualifiée: Amicabilis, lui, lis. in omnibus bona,prui

les Francs, nous trouvons l'emploi de fidetis assez fréquemment pour nous retenir.

Dans le traité d'Andelot de 587, nous lisons ceci : Leudes j'ZZi qui domno Guntheramno... sacramenta primilus prœbuerunt... similiter quicquid anlefati

Au dire de Grégoire de Tours, Leudastc. comte de . axant passé, après la mort de Charibert, du côté de Chilpéric, les fidèles de Sigebert, dans les Étals duquel cette cité fut comprise, s'emparèrent de toutes ses richesses Injustement amassées •; de plus nous lisons dans le même auteur que le roi Chilpéric, ayant convoqué les hommes de la condition la plus élevée parmi les Francs et les autres fidei le mariage de sa fille •. Plus loin, il parle encoi fidèles de Chilpéric et de ceux de itran '".

l'ar cette désignation^Grégoire vise lous les fidelis, non seulement ceux qurvivent à la cour, niais ceux qui sont disséminés dans le royaume. Cependant, dans une série de documents, il n'est pas douteux que fidèles s'entend des courtisans. En 694, Sigebert écrit a l'évêque Didier de Cahors qu'il a appris par plusieurs de ses fidèles : a pluribus ,1 (pour i l i fidelibus noslris ". Dans la formule de Marculfe, indiquant la composition du plaid royal '-, on voit que. après avoir désigné, comme siégeant dans ce tribunal, le !

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I ir.7. — Inscription <iu musée du I.atran D'après De Rossi, Inscript, chrisltame, t. i, p. 140, n. 315.

reges ecclesiis aut fidelibus suis contulerint... slabiliter conservatur. - Et quicquid unicuique fidelium in utriusque regno per legem et /ustitiam redhibetur. nullum ei prœjudicium parialur1. 1 ans ce texte. fidèles est identique a I, udes. Dans l'édit de Childebert, de 595, nous lisons : Pari condilione convenit ut si centena posita in vesligia in alia centena, aut quos (leg. quis) fidelium nostrorum ipsum vestigium miserit... '. Ici fidèles est identique à leudes et à optimales. Dans l'édit de Clotaire II de H15, nous lisons : cum pontiflcibus vel tam magnis viris optimattbus nul fidelibus noslris '. Ici, on oppose les

aux dignitaires laïques et nous

■ il-, fidèles identifié avec optimales, terme qui

s'applique fréquemment aux antrustions. Dans un autre passa me édit, fidehs est placé près de

leudes ou de leodes : ei qum unus de fidelibus ne leodibus, suam fidem servando domino légitima '; mais la conjonctive marque peut-être une opposition plutôt qu'une assimilation.

'Cannât, dans Bull, arenéot. du Comité, 1900, p. i wwii; Gaucklur. ds recueil, 1901, p. 128-129; Héron

dp VUletoste, duns même recueil, 1906, p. ccxxxx — ' Rumlsche Quartatschri/t, 1910, p. 121. — ' Gauckler. A'oïes d'épiarafiliie latine (Tunisie), dans Bull, du Comité, 1901, p. 121, u. 3; A. I.. Delattre. !■■: formule fidelis m pace wr les ipitaphes chréttenni dt < arthage, dans Rtoue de r Afrique chrétienne, 1880, t. iv, p, lm:.. ■ Pardessus, Dtplomata, cliarlu-, t. i, p, 159. - Pai

évèques, les optimats, les abbés, les référendaires, le rédacteur termine l'énumération par ces mots : vel reliquis quam pluris noslris fidelibus. Cetti mule a servi à dresser la notice d'un plaid tenu, en 693, par Clovis III ». Dans un plaid de 697, les ex pressions ci-dessus sont remplacées par vel cunctis fedilibus (pour fidelibus) ". Une autre notice de plaid, de 695, porte : Cum nos... compendium, m / noslro una cum noslris fedelebus resederemu

Frédégaire n'emploie guère le mol de fidèles, tandis qu'il prodigue ceux de leudes ou procercs. Il lait usage de fidèles pour désigner les âmes damnées de Chindaswinthe, le wisigoth qui s'empara du trône d'Iispagne et fit périr tous ceux qu'il redoutait, partageant les biens des victimes suis fidelibus; il l'emploie aussi pour désigner les hommes attachés au roi Sigebert et qui le suivirent dans sa camp contre Hadulphe, duc de Thuringe (en 640) ". Le Le terme fidèles a le même sens chez le continuateur de Frédégaire, qui en 732, dit qu'après la pacification,

Diplomate, charte, t. r. p. 17::. ■ Pardessus, '•/'• dt., t. i. i>. 197. Pardessus, op. cit., 1. 1. p. 196. noire de Tours. Htst. Francor., I. V, c. \i.iv. * Ibid.,

I. VI.c.xiv, :'' Un, t.. i. \ il. c. vu. \m\. "Pardi op. cil., t.I,p. 82. "Rozli ie. Recueil, t. u, p. 536, n. 442

Pardessus, op. ai., t. u, p. 229. " Pardessus, op. cit., t. u. i>. 241, 2i.t. ' Pardessus, "/'• cil., t. n, p.

Dnfcon, c i.xwn-i.wwii. edii. Ru p. 65:i.

FIDELIS

Charles-Martel livra la ville de Lyon à ses fidèles ' : pace patrata, Lugdunum Galliae suis fidelibus tradidit. Le terme prend peut-être une signification plus restreinte dans un passage où il est parlé des Francs et des comtes fidèles du roi, qui, en 766, restèrent à Bourges avec la reine, pendant que Pépin poursuivait Waifer avec ses optimats et le reste de ses troupes a.

Ce qui prouve que fidelis n'est pas l'équivalent de l'antrustion 3, c'est que, d'après la formule d'admission à l'antrustionat, le personnage qui vient au palais jurer la trustis est qualifié par le roi fidelis nostcr '; il l'était donc avant d'être admis au rang des antrustions.

Au vme siècle, on trouve fidèles employé avec une signification un peu différente. Le premier capitulaire de Charlemagne, de 769, porte que, lorsqu'il sera annoncé que des prières ont lieu pour le roi ou pour ses fidèles pro rege vcl pro fidelibus suis, nul ne devra négliger d'en faire 6. On lit dans le Decretale precum de 779, le passage suivant : Ut unusquisque episcopus très missas et tria psalteria cantet, unum pro domno rege, alterum pro exercitu Francorum, lertium pro prœsenli Iribulalione'. Le pro fidelibus de 769 exprime peut-être la même chose que le pro exercitu Francorum du Decretale. Telle est du moins l'opinion de Baluze ' et de Deloche; bien crue ce dernier observe que telle n'est pas généralement la signification de fidèles à cette époque et dans le siècle suivant. Le capitulaire de 769 lui-même, l'emploie dans son titre premier ', en un sens général, qui embrasse toutes les catégories de personnes libres liées au roi : antrustions ou convives, détenteurs de bénéfices, officiers employés au palais ou dans les provinces, pueri antrusliones. Romains ou lites attachés au service personnel du prince.

A partir du règne de Charlemagne, fidèles devient d'un emploi tout à fait fréquent et presque exclusif pour désigner ceux qui, laïques ou ecclésiastiques, sont unis au souverain par un engagement spécial. Mais dans un premier cas, il s'agit des fidèles résidant à la cour, auxquels viennent se joindre quelques dignitaires de l'extérieur; dans un deuxième cas, le roi s'adresse à tous les fidèles du royaume en quelque lieu qu'ils séjournent. Pour le premier cas, on peut citer la conslitulio de scholis de 788, édictée una cum fidelibus nostris s; un capitulaire de 812 dans lequel on lit : Yolumus ut homines fidelium nostrorum, quos nobiscum ad servilium nostrum domi resernare jussimus in exercitum ire non compellanlur ". Les fidèles de qui relevaient ces hommes étaient très probablement employés eux-mêmes ou du moins résidaient au palais. C'est au groupe des fidèles réunis au palais que font allusion : 1° ce passage de la lettre de Louis le Pieux, de 828, destinée à être lue au peuple : Visum nobis fuit prsesem placitum cum aliquibus ex fidelibus nostris habere... et plus bas : Nosse volumus sollertiam veslram quod in isto prœsenti placito cum fidelibus nostris consideravimus "; 2° le capitulaire de 829 ". Yolumus ut subfidejussoribus ad nostrum placitum veniant ut ibi cum fidelibus nostris consideremus quid de lalibus faciendum sil '".

Voici des exemples de l'emploi de fidèles pour exprimer tous les fidèles du royaume. Charlemagne,

1 Contin. Frédeg.. Chron.. c. r.ix, p. 675. — ; Ibid., c. cxxxn, p. 900. — J Ce qu'avait soutenu Naudet, Mémoire sur l'état des personnes, dans Mérn. de VAcad. des insrr.. t. vin, p. 417, 449, 507. — ' Marculfe, Formules, I. I, n. 18, édit. Rozière. 1. 1, n. 8. — 5 Baluze, Capitularia regum Francorum, t. I, col. 192, tit. xm. — • Baluze, op. cit., 1. 1, col. 199. — ' Ibid.. t. n. col. 1235. — * Ibid., t. I, col. 189,

— 'Baluze, Capitularia. 1. 1, col. 201. — '"Ibid., t. i.col. 492.

— " Ibid.. t. i, col. G58, 659. — » Ibid., t. i, col. 667. —

interdisant aux ecclésiastiques, par son premier capitulaire de l'an 769, de porter une armure et de combattre, dit que c'est d'après l'exhortation de tous les fidèles et surtout des évêques, et suivant le conseil des autres prêtres : Horlalu omnium fidelium nostrorum, et maxime episcoporum ac reliquorum consultu ". Dans le Prœceptum de scholis grœcis et latinis, de 804, l'empereur s'adresse omnibus sanctœ Dei Ecclesiœ fidelibus nostris prœsentibus scilicel et fuluris u. On rencontre des exemples semblables dans les capitulaires de Louis le Pieux et de Charles le Chauve de 815, 816, 826, 828, 844 ls.

La condamnation à la perte du bénéfice prononcée, par le titre xx du 2e capitulaire de 813, contre celui des fidèles du roi qui n'a pas assisté ou secouru un de ses pairs dans un combat 16, s'applique évidemment à tous les fidèles du royaume. Il en est de même : 1° de la recommandation aux fidèles de rester en paix et d'accord les uns avec les autres ", écrite dans un capitulaire de Charlemagne à date incertaine; 2° de l'invitation faite, par un capitulaire de 823, aux évêques et aux comtes, de vivre d'accord ensemble et avec les autres fidèles 18 ; 3° de l'ordre donné par le même capitulaire de faire transcrire, pour les évêques, abbés, comtes et aliis fidelibus nostris, les capitulaires établis, dans le présent et dans le passé, avec l'avis des fidèles du roi, consultu nostrorum fidelium ls (dans ce dernier passage, c'est le cercle restreint des fidèles présents à la cour); 4" de la condamnation prononcée par un capitulaire de 826 contre tout homme qui aurait fait rapine dans le royaume ou ravi par force un objet quelconque à un des fidèles du roi ou à son homme, cuiquam nostri fideli ejusque homini ■".

On a dit, en parlant des diptyques (voir ce mot), l'ancienne coutume de tracer des listes de noms sur des cahiers ou des feuillets de parchemin qu'on déposait sur l'autel pendant le sacrifice eucharistique. C'était là une grande dévotion parmi les fidèles et il nous en est demeuré des monuments, notamment le feuillet de parclftmin, primitivement renfermé peut-être dans un diptyque d'ivoire et qui contenait une liste des bienfaiteurs de Saint-Maximin de Trêves au milieu du xe siècle ". Une autre façon adoptée par les fidèles d'obtenir une quasi-présence sur l'autel était d'y tracer leurs noms comme nous voyons sur les autels de Ham, de Minerve, les colonnes de Bielle (voir Graffites). Quand ils ne pouvaient atteindre l'autel, des fidèles se contentaient en traçant leurs noms sur des sacramentaires, des évangéliaires. A l'origine, ces noms étaient récités par le célébrant comme nous pouvons le lire dans le Liber de divinis officiis (voir Dictionn., au mot Alcuin) : Usus fuit antiquorum, sicut etiam usque hodie Romana agit ecclesia ut statim recilurentur ex diptychis, id est tabulis, nomina defunclorum ■"-. Mais cet usage entraînait des longueurs, provoquait des jalousies, on y renonça et tous les fidèles se trouvèrent englobés dans une formule générale. Un sacramentaire de l'abbaye de Lorsch contient une formule quorum nomina super sanclum allare tuum scripta adesse videntur :3; dans un manuscrit de Paris, du xie siècle, nous lisons ** : Oratio intérim dum sanclus canitur. Suscipe sancta Trinitas, Deus, in veneralione nominis tui et honore

" Ibid.. t. i. p. 189. — " Ibid., 1. 1, col. 417. — ,s Ibid.. 1. 1, col. 550. 570. 650, 653; t. n, col. 2, 29. — l6 Ibid.. t. i. col. 510. — " Ibid., t. i, col. 529. — "> Ibid.. 1. 1, col. 636. — '■ Ibid., t. i, col. 640. — 20 Ibid., t. i, col. 647. — '■' Diptychon Leodiense ex consulari factum episcopale el in illud eommentarius R. P. Alex. Wilthemius, in-fol., Leodii, 1659. — " Liber de diuinis officiis, P. I... t. ci, col. 1264. — ■ Ms. Vatic. Palat., n. 495, loi. 254 v°. — "Bibl. nat., lat. 12051, fol. 3.

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