FOUS
FRACTIO PANIS
FOUS. — L'antiquité n'a pas ignoré systématiquement les fous, mais elle leur a témoigné peu d'intérêt. Le législateur romain s'occupe des furiosi, au point de vue de leur capacité civile et de ce qui, dans leur condition, ressort du droit '. Ils doivent, en général, être soignés au domicile de leurs parents: en cas d'impossibilité matérielle, on peut les évacuer sur les prisons où un quartier distinct, et peut-être un régime spécial, leur sera réservé. Mais, on s'étonne de ne pas rencontrer de prescriptions à leur sujet dans les traités des Pères: en outre les historiens ni l'archéologie ne nous font connaître l'existence d'asile à eux destinés. Peut-être, dans certains cas, les considérait-on simplement comme malades et les envoyait-on dans les hôpitaux.
En regard de ces malheureux qu'on doit plaindre, il existe deux catégories qui ont peut-être un titre plus mérité encore à l'épithète de « fous ». Ce sont ceux qui donnant à la parole de l'apôtre : -Vos stutti propler Christum, font le métier de « fous pour le Christ ». Il n'est pas d'excentricités, parfois d'un goût douteux et d'une morale à peine tolérable auxquelles ne se soient livrés sous prétexte d'ascèse et de sanctification ces singuliers personnages toujours restés à l'état d'exception et qui ont principalement obtenu créance et succès en Orient. C'est ainsi qu'on cite une certaine Isidora au ive siècle, un Sérapion et un Bessarion le thaumaturge au ve. un Syméon et un Thomas au vic;un André au xe qui se fera une quasi-célébrité sous le nom d'André Salos ou le fol: la galerie se poursuit jusqu'à nos jours2. Enfin, à un degré encore inférieur, car ceuxci n'ont même pas la folie véritable ou feinte de bonne foi pour excuse, nous rencontrons cette écœurante mascarade qui a obtenu en Occident un long succès au moyen âge3. Évèque, fête, ordre et pape des fous, autant d'incongruités dont nous n'avons, heureusement rien à dire, laissant de grand coeur cette matière aux médiévistes. Nous rappellerons seulement le diptyque que nous avons décrit (Dictionn., t. iv, col. 1142 n. 64) qui servait de couverture à un office des fous, car du cloaque médiéval la liturgie elle-même ne s'est pas tirée sans éclaboussures '.
H. Leci.erco.
FRACTIO PANIS. - I. Fractio panis dans le Nouveau Testament. II. La fractio panis de la Capella greca. III. Le terme frangilur dans les liturgies. IV. La fraction dans les liturgies orientales. V.La fraction dans la liturgie romaine. VI. Prières ou antiennes de fraction dans l'ancienne liturgie romaine. VII. Les termes fractio et infra actionem. VIII. La fraction dans les liturgies gallicane et mozarabe. IX. La fraction dans la liturgie celtique. X. La fraction dans la liturgie ambrosienne. XL Bibliographie.