VETINII • HERMES ET ACTE
PARENTES • FIL • PIISSIMO "^^l^^ ET DVLCISSIMOFECERANT E HERMAIS-SOROR LIB- LIBERTAD- POSTERISQ-
[EORVM
On retrouve ici le nom triple que les chrétiens feront plus tard disparaître, mais l'ancre et les poissons ne laissent place à aucune hésitation sur le christianisme des parents du jeune Eunœtus, mort à l'âge de quinze ans et trois mois.
Une inscription de Marseille 5 se rattache par l'élégance de sa gravure aux plus beaux temps de l'épigraphie. Elle offre le tria nomina, passe sous silence le jour de la mort, mentionne la filiation, indique le nom de celui qui éleva le tombeau. Ces détails bai assignent une date antérieure au plus ancien formulaire chrétien. La présence de l'ancre, celle de l'acclamation le font contemporaine des plus anciens marbres de Rome 6 :
senTRIO VOLVSIANO EVTYCHETIS FILIO O FORTVNATO QVI V igniS PASSI SVNT ■EufoGIA PIENTISSIMIS
REFRIGERET NOS Qui
poTEST
Le mot iynis peut s'autoriser d'autres exemples, tels que VI IGNIS CONSVMPTVM7; VI IGNIS ABSVMPTVM 8, et d'un passage des Récognitions clémentines * : Confugile ergo ad aquas islas; solœ sunl enim qusc possint vim /uturi ignis extinguerc, et on peut citer d'autres textes encore 1°.
L'épigraphie chrétienne prenait donc le contre-pied de l'épigraphie païenne. Une sorte d'anonymat en-
Romic, t. n, part. 1, p. xi-xn ; il l'attribue à l'époque d'Hadrien ou des premiers Antonins, mais n'admet à la dernière ligne que le supplément potest et exclut omnia potest que proposait Le Blant, potest serait encadré par deux ancres ;E. LeBlant, L'épigraphie chrétienne en Gaule, p. 11 ; E. Le Blant, Catalogue des monument* chrétiens du musée de Marseille, 1894, p. 35, n. 1; Penon, Catalogue du musée d'archéologie de Marseille, n. 116. — 7 Orelli, Inscriptionum latinarum selectarum amplissima collectio, in-S°, Turici, 1S2S, n. 11102. — 'Orelli, op. cit., n. 1909. — ° iîerognifiones. 1. VI, c. ix, P. G., t. i.col. 1352. — " Lactance, Dcnwrtibus persecutorum, c. xxj, P. L., t. vu, col. 228; Quod postremo n- 1 idebat, eum per niullum diem décoda Omni cute, vis ignis ad intima viscera penetrasset; Minucius Félix, Octavius, e. wiY, Digeste, !. XXXIX, Ut. n, 1. 5. Code Justinien, 1. II, tit. xxxi, 1. 3, 1. V, lit. xxNvm.
FRANI i
veloppait comme un linceul le fidèle défont Avoir et servi i I hrist, après l'avoir connu, solliciter la prière îles survivants principalement au jour anniversaire du décès, paraissait une identification suflisante pour ces innombrables chrétiens d un prénom, reconnaissante tout au plus à leurs pi parents. Au lieu de se parer des litn.s et dignités que l'ambition, la faveur, ou le mérite avaient procuré, les défui i ivaienl cet anonymat par une désignation aussi vague que [nmtihis Dei, ancilla Dei. .Même les noms de ceux à qui un sentiment de piété avait s faire élever le tombeau e! qui trouvaient une sorte de satisfaction à rapp leur souvenir de celui du défunt, ces noms devaient disparaître.
l'est pas tout, le défunl n'est plus seulement une d'anonymi p ir un prénom, isoli
famille, de ses amis, c'est encore un oisif, sembleraitil, car son épitaphe omet le plus souvent de faire mention de la profession qu'il a exercée. Le nombre des fidèles qui ne se sont pas soumis a cette rè| malheureusement peu élevé, et toute cette modestie
a sans doute droil à l'admiration du moraliste, quant
à l'archéologue il en pense autrement, il ne peut que se dire que les hd, les n'ont guère rendu facile sa leur systématique abstention des indications positives el il esl en droit di ;e
demander à quelle inspirati inteeuxqu
L'immense majorité n'en
■ Ile faisait comme faisaient les autres, comme
on lui disait de faire: si l'usage OU la mode eût voulu
que les épitaphes offrissent une oraison funèbre, un
état-civil et le reste, on ne doit pas douter que les plus
pauvres eux-mên ent soumis à l'usage et à la
mode. Ils eussent fait étalage de leurs titres et de leur parente et des moindres circonstances de leur vie avec l.i même persévérance qu'ils ont su mettre à nous en dérober le secret. Ceux qui savaient a peu près que les épitaphes n'avaient pas toujours étési laconiques et
1 aient un peu de ne pas raconter a la postérité leurs. personnelles, tournaient la difficulté
par quelque poésie, quelque formule pieuse qui leur permettait de solliciter la miséricorde de Dieu el la
prière des fidèles pour celui ou celle qui avait tels ou
tels titres a l'invoquer. Enfin, les auteurs du formulaire
ont pu avoir dans l'esprit les préoccupations qu'on leur prèle, renoncement, modestie, humilité, niais ils oui eu également le désir d'éviter les formules p nés par hostilité, par rivalité, pane qu'elles étaient aes et là-dessus, ils ont raffin raffiné avec
eux el pour eux, et . ; "il ne faut pas oublier
tout à fait, quand on n les origines d'un
quelconque. Il n'y a rien qui ressemble plus a la m.,
mile
L'ab i :hi onoli i un autre
qui permet de reconnaître les inscriptions élue
. Ici encore il n'est pas superflu de dire que
la mention d'un consulat ou d'une année de règne ne
parait un rôle bien important puisqui
qui ont sup il être
plus hum!'1
mentionnaient la dune du
qui prenaient grand soin de rappeler l'i
me. n'étalent ni ni moins orgueilleux que les chrétiens des catade Vaison on de Sivaux qui supprimaienl mention. Partout il faul se rappeler la qui
i,- des rcs i a Iles. A Mur l.i ,! h- marbre
i •■ Riant, In cripl.,n. e/., t. i, pn
p. i ki-lxxii. i formata, in. mu ,
est entaillé, écorché à coups de ciseaux et de pointe pour tracer la formule jugée indispensable, on comprend que le lapicide ail cherche tous [es moyens d'abréger sa besogne ardue Parfois un coup trop fortement asséné fendait la tablette, si le client était de bonne composition on n'en continuait pas moins la gravure sauf à laisser un blanc au milieu d'un mol. Ah! l'épigraphie chrétienne en voyait bien d'autres! Néanmoins, plus on réduisait les chances d'accident. plus le lapicide assurait son gain et cette préoccupa tion n'a pas pu être étrangère à la suppression des ,ns chronologiques.