‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 275 sur 423 · VIA IN PACE · texte numérisé non relu

VIA IN PACE

celle de Sainte-Croix-du-Mont appartient à l'année Ile présente un bon type du style épigraphique de cette époque. Le marbre original est conserve au musée de Bordeaux 3 (fig. 4687).

DEPOSITIO ADELFI- • • • ANORVM N III MENSIVM- • ■ • ET TRIDVO PC DOM NTRI HONORI AVGVSTI 5 SEX »>^uj POSVIT

PATER MAVRVSIVS ET VRSA Mater ?

La dernière période offre l'épigraphie chrétienne définitivement dégagée de tout ce qui caractérisait

l'épigraphie païenne; sauf de très rares exceptions le jour de la mort y ligure toujours: la date de l'année devient fréquente, ou ne rencontre plus le nom du père, ni celui des auteurs du tombeau, la profession sociale a disparu, de même toute indication, de liens us. Au sommet ou bien au commencement de la première ligne la croix, plus rarement le chrisme et un début compliqué dans ce genre : liir requiescit m imre bonce mémorise, in hoc lumulo requiescit bonse

1 Le l*. Lempereur, Dissertations sur les tombeaux antiques qu'on voii a Autan on dans tes environs, p. 17; E, Thomas, Histoire il*' Vancienne citi d'Autun, depuis sa fondation i saint Amateur, ioêque d'Autun, ln-8 , Autun, 1846, ige Uttirairt ligleux bèrn

Congrégation de Saint-Maur (Dom E. MartèneetDo rand), ml, Paris, 1717, i. i, p. 162;Muratori, Nouus tintauru ript., p. mdcccxcvhi, 7 ; umci, l; Hagen-

buch, Eplstolat eptgraphlcm, ln-4°, TigurL 17 17, p. 226; Secchl, Eptgramn ■ tT Augusloduno, ln-8°,

. i i Blant, InscripL, t.i, p. 19, n. 7. i . Le Blant, Inscrtpt., t. i, n. 'S,:,-. F. x. Kraus, Die altchrtstitchen Insehrlfutn der Rhelnlande, p, 86, n. 167. Jouannet, Statistique de la Gironde, in - 1 , Bordeaux, ls.:7.

1 H IX, t. Il, 1" partie, noies j Ils! i lii al i\ .s, p. 375,'pL i : De

i astciiane. Inscriptions du i au .\ tiiele recueillies principalement lions /«■ mldt 'li lu France, dans Mém, •/< h

\ On midi de lu l rance, 1834, i. u, p. ihj; ;o, (lonnaïre

mémorise Nous trouvons des épitaphes de cette époque à lîriord * et a Aost

IN HOC TVMV LO REQVIESCIT BONAE MEMO RIAE VILLIARIC PATER PAVPERO RVM QVI VIXIT ANNVS LXXXVOBI IT IN PACE X CLS FEBS INO OCVA

lu

+ HIC REQVI ESCIT IN PACE BONE MEMO RIAE INGILDVS QVI VIXIT AN NIS llll ET MEN SIBVS OCTO OBIIT IN XPO TERTIO P C PAVUNI IVN V C C

' L'inscription de Viliaric est encastrée dans la construction de l'église de Saint-Laurent-de-Mûre ; celle d'Ingildusest encastrée dans le mur de l'église d'Aoste à la gauche de la porte principale, elle est dati e 537.

Voici encore quelques types de formules qu'il est utile de noter à leurs dates respectives :

439 : Hic iaeet Sanclulus, famulus Dei, anno III cl nxesc ses //// pausal die Mercuri Astorio vc cons. '.

1 17 : Hic jacet Décora Mercurina que vixit annos XX oviit xm kal moins vigeiia l'usée Callpio vc cons. '.

469 : Hic requiescit in puce venerabilis Conlumeliosus qui vixit annos XXXI, d. XI, obiit XV k. febrarias Marciano vv. ce. '.

47 1 : Hic requiescet bonse mémorise speelabilis Expeetolus q. vixit annus L. m. vil cuius dp. est sub die vm kl junias dn. Leone iunre vc ss.* .

488 : Hirequiescit in pace bone mémorise Badaridus vir honeslus qui vix annus I.X oviit xm ka. julias. Dedamio viro claidssini"

491 :In hoc lumulo condilur bonse mémorise Severianus qui religionem devola meule suscepit sic quem anima ad aulhorem Dm remeante terrena membra terris reliquil exactis vilse annis XXXII obiit pridie idus augustas resurgit in xpo dno noslro post consulalo Longini bis et Fausli ".

492 : In hoc lumulo requiescit bone mémorise Ursus qui vixit in pace annus XVI nbiet il non marcias p.c. Anastasi cl Ru fi ov ce. ".

503 ; In hoc tumulo requiescit bone mémorise Ursus qui vixit in paceannus XI. Y, obiit k.jan. pe. Abieni jun. d. con. '3. .

: In hoc lumulo requiescit in pace bone mémorise Julianela trnsiil in annos XXXXY anno nono ■ domni nostri Alarici '*.

51 1 : In hoc tomolum requiescit in pace hune m

rite Simplicius qui vixit annos plus minus XC, obiit

in pace V k novembrisFelice r. c. c. ' .

600 environ : + In Iwc tomolo requiiscit bone memo-

riegiselus qui oiexil in pure plus menus annus

XXXXV et transiet idus kalendas annumquartum re-

</', ptgraphte chrétienne, 1. 1, p. 149;] le i '."-si, InscripL

t.i, p. 224; E. Le Blant, Inscript., t. n, p. 384, n. 591;

pi. 80, n. is:,. - - ' i:. Le niant. InscripL, t. u, p

pi. 45, n. 268, — 'P.Souclet.dans 11 r,1720,

p. 890; Se Maflei, Galliœ antiqutlates

ui-l, Veronse, 1734, p, 94; Bimard de la Bastle, /'

et eplstoue, dans Mural taurus, i. i,

p. 125; Muratorl, (6fd.,p.421,n. 3; Pagi, ad Annal Barontl, t. i\, p. 560; Marini, 1 paplri diplomatie!, p. 340; Pilot, Précis statistique des antiquités dn déparlement -/< 1843, p. 29; i linton, / a U romani, t. Il, p. 206; Sil.il.it. insV Union dauphinoise, 1849 ; I l cBInnt, Inscrtpt., i. n, p. 38, n. 39 I, pi. 17. n. 1:77. — « E, Le Blant, Inscrtpt., n. 667. I i i Blant, /"■■■ rlpl , n.

Blant, InscripL, n. 87. i Le Blant, Nouveau r

• i .. Le Blant, fn n ript., t. il, n. 37 i . l.n, n. 136. ■• Ibtd., t. n. n. 89. "•"'., i. n, D

FRANCE

mim Domini noslri Theodorici Tiges indicciune dudecuma '.

E. Le Blant fait observer que ces quelques types nous montre le développement continuel des formules épigraphiques.

HIC IACET est l'une des plus anciennes que nous rencontrions en Gaule sur les épitaphes à date certaine. C'est d'ailleurs tout simplement un emprunt au style païen. HIC PAVSAT et HIC QVIESCIT figurent sur des épitaphes de Trêves antérieures à l'invasion des Ripuaires. Mais ce début paraît trop simple, on le gonfle, on l'amplifie du mieux que l'on peut : hic requiescit, hic reqaiescit in pace, hic requiescit bonse mémorise, hic requiescit in pace bonse mémorise, in hoc lamulo condilur ou bien requiescit bonse mémorise, in hoc lumulo requiescit in pace bonœ memoria*. En somme, il doit être permis de regretter cette terminologie si vide de vérité et il permis de s'étonner que les chrétiens aient fait porter leur humilité de façon si malencontreuse. Ces gens qui ne sentaient pas le ridicule profond qu'il y a à s'appeler Conlumeliosus et à faire précéder ce nom par l'épithète venerabilis, eussent mieux fait de moins raffiner, de nous apprendre bonnement leur nom, celui de leurs proches, leur profession et les dignités qu'ils avaient briguées. Leur modestie artificielle ne nous édifie guère et la connaissance du passé y perd vraiment beaucoup.

Les inscriptions datées nous permettent de situer d'une manière approximative l'apparition et la disparition de certaines formules : par exemple ;

DEPOSITIO, suivi d'un nom au génitif, apparaît en 334 et en 405 2; RECESSIT de 347 à 489 '; DECESSIT en 3784; OBIIT de 422 à 632 environ5; TRANSIIT.de 466 à 695*.

En 431, 491, les religieuses sont nommées sur nos marbres : DEOSACRATA PVELLA. PVELLA DEO PLACITA '; dans les inscriptions de Trêves dont l'antiquité ne peut être contestée : PVELLA DEI PVELLA, SANCTIMONIALIS 8 En 511 pour la première fois, en 520 et en 524, 540, ces saintes filles reçoivent le noms de RELIGIOSA 9, fréquent dans le texte de Grégoire de Tours, les capitulaires, les lois barbares 10 et qui devait s'implanter dans notre langage.

FAMVLVS DEI, se montre de 449 à 552 ll; l'épithète banale BONAE MEMORIAE de 473 à 689 12; on trouve en Gaule, PLVS MINVS en 511 jusqu'en 643 ou 690"; OBIIT IN CHRISTO formule spéciale aux légendes lapidaires de la Viennoise, paraît de

Les inscriptions portent souvent des marques chronologiques mutilées ou insuffisantes. Telle est, par exemple, la formule indiquant l'année du règne d'un souverain dont le nom n'est pas donnéANNO REGNI SEPTIMO; telle est encore l'indiction exprimée seule, note significative au moment où elle fut gravée, mais aujourd'hui devenue presque sans valeur; tels sont encore la trace incomplète d'un postconsulat, les noms des consuls à nombreux homonymes. 11 faut ne pas se contenter d'énumérer ces vagues données.

Sur nos marbres originaux, après l'année 377, Y abréviation cos pour consul fait place à cons. ; — le premier postconsulat et le titre de dominus nosler appliqués aux empereurs datent de 105; — pas de longue série d'années calculées par un postconsulat avant 496; — le titre vir clarissimus n'apparaît pas avant 4 17 ; — junior ajouté au nom du consul pas avant 17 1 ; et c'est en 447 pour la première fois qu'on relève le nom d'un seul consul

1 E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de Ut Gaule antftérieures nu FUI' siècle, l.u, n. 474. — ' Ibid., 1. 1, n. 42; t.n,n.591;NouD.rec.,n. 277. — ' Inscript. , n. 79,548,595. - ' Ibid., n. 7. — * Ibid., n. 74, 373 n. — 'Ibid, n. 74; 477. ' Ibid., n. 44, 388. — " Ibid., a. 258.250. — ■ Ibid.,

sans la mention de son collègue. Quant aux épitaphes datées simplement de l'indiction, le premier emploi en Gaule de cette supputation, rare jusqu'au vi° et vne siècle, se rencontre en 487 sur ce marbre de Saint- Thomé, dans le Viennoise !i :

NEBVS PARITER ET NOMINc M TERRAMQVE SIMVL S0CI0SQVE reliquit sacERDOTII TENVIT QVI SEDE CORONom INIS ET SEPTEM REVOLVENTIBVS Annis pZeis.'CVNCTA CEMET SVISMET CARV^.^ menSIS SEXTIITERVMPCSYMMACHI V-C- 1NDICTI0NE- ■ •

VI. Age des signes et symboles chrétiens. — Le relevé statistique des symboles peut servir au classement chronologique des épitaphes chrétiennes de la Gaule. L'utilité de ces symboles, tous connus et rencontrés dans d'autres régions de l'Occident se trouve dans l'indication approximative qu'ils nous permettent de donner à l'âge d'un monument non daté.

L'ancre et le poisson se voient sur quelques épitaphes; le poisson se voit encore sur un monument de l'année 474 et sur des épitaphes qui sont probablement postérieures if cette date, mais cette survivance d'un type symbolique ne doit pas nous empêcher de lui assigner généralement une date très ancienne. En Gaule, l'ancre a paru et a disparu de bonne heure, quant au poisson, nous le voyons sur des épitaphes de Cimiez, de Saint-Romain-d'Albon et de Trêves, l'une de l'année 474, la deuxième de 631, la troisième non datée, mais de basse époque.

Les autres signes et symboles apparaissent dans l'odre suivant sur nos inscriptions non datées :

Très antique. Inscript., n. 548a, 5516; voir

533 ; et probablement Nouveau recueil,

n. 455, un emploi de ce symbole vers la

fin du ve siècle.

-3^=^ Très antique, à Aubagne notamment;

mais se rencontre encore de 474 à 631 ;

voir Inscript., n. 631 et 261; Nouveau

recueil, n. 334 et 136.

s» Années 377, 405, 470, 493; Inscript., n. 369 4^ 591. 496, 77; Nouveau recueil, n. 297.

A 00 Années 377, 405, 493, après 499, 525 ou

540, 547; Inscript., n. 369, 591, 77, 565,

Années 378, vers 400, 431, 448, vers 450,

454 ou 525, 473, 488, 493, 510, 518, 526

ou 627, avant 528, 559, 563, 612, 631;

Inscripl., n. 7, 412, 44, 68, 515, 57, 72,

461, 561 ; Nouveau recueil, n. 136.

Vers 400, 431, vers 450, 474, 525 ou 540;

Inscripl., n. 412, 44, 515, 632, 55.

Années 445, 456, 676? 681 ou 682, Inscript.,

n. 617, 609, 91; Nouveau recueil, p. 457. Années 448, 488, 496, après 499, 527,

après 585; Inscript., n. 68, 374a, 498,

Épitaphe d'une femme baptisée par saint

Martin, Inscript., n. 412.

fVers 450, 454 ou 525, 488, 493, 510, 559- 563. Inscript., n. 515, 57, 374a, 69, 61 405a, 461.

Les résultats ainsi obtenus sont analogues à ceux qu'on peut relever sur les marbres romains, avec les différences ordinaires d'écart chronologique, mais dans

n. 387 a, 663, 435, 688 ; et les n. 545, 685 de basse époque. — " Canciani, lièges Barbarorum, t. i, p. 118; t. ni, p. 201, 270, 282; t. iv, p. 66. — " Ibid., n. 65, 667 ; Nouveau recueil, n. 126, 147. — 1! Inscript., n. 72, 621. — " Ibid , n. 437, 586a. — " Ibiil.. n. 106 a, 693. — ,s Ibid., n. 481 a.

I RANl I

me ordre que sur notre sol, sauf une modification insignifiante.

Ces deux symboles sont contemporains, a Home. Ue l'âge apostolique .

Rome

De 298? 323 à 451?

ou 474.

a uni- date

qui se classe

entre 542 i

De 150 à 5S9.

De 375? 107 à 327.

De391à 172..U 139.

Gaule De 378 à 612.

De 377 à 493.

De 377 à 547.

De 4UU environ à 525 ou 540.

De 503 à 680 env

De 44S à une date

postérieure à 585.

De 450 environ à 563.

On a pu remarquer que Rome précède toujours la daule dans l' adoption des formules des symboles lapidaires el h !S abandonne axant elle. C'est ainsi que le poisson, abandonné, oublié, depuis longtemps à

Rome, se retrouve sur les monuments chrétiens de notre pays.

Sur une inscription de la Gaule, entrée par legs au British Muséum, on voit le symbole de croix triple ' :

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