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FRANCE
d'autant plus digne d'attention que nous avons dit combien fut large à certaines époques le mouvement d'immigration syrienne en Gaule et l'importance prise par les colonies d'Orientaux (voir Colonies). Autre singularité. La Gaule et principalement les environs d'Arles étaient tout remplis du souvenir des épisodes bibliques que reproduisaient les sarcophages. Adam et Eve, Daniel, Jouas, Moyse, sont fort bons à figurer en sculpture, mais on ne leur fait aucun accueil dans les familles. Le symbolisme dont on était déjà assez friand mettait sous ces noms, une figure, un souvenir évangéliques, et malgré cette recommandation, les fidèles ne les prisaient point. En Gaule, aussi bien qu'en Italie, les noms adoptés par les chrétiens ne sont presque jamais ceux des patriarches, des saintes femmes qui furent la gloire d'Israël. Les plus répandus sont : Susanna qui se rencontre une dizaine de fois '; Marlha, deux fois 2; Jacoba, une fois3; Revitta pour Rebecca, une fois4, Lazard, une fois 5; Samson, une fois '. Et Edmond Le Blant observe que peut-être faudrait-il réduire à rien cette liste si nous savions l'origine de ces défunts; origine exotique peut-être. Voici, en effet, deux chrétiens qui ont porté des noms bibliques, une Susanna entre autres, et son épitaphe nous apprend qu'elle était originaire de provincia Syria ": l'autre est un nommé Abraham dont l'épitaphe fut composé par Sidoine Apollinaire' qui nous apprend que ce saint homme était oriental : nalus ad Euphraten ". Il ne serait donc pas impossible que d'autres porteurs de ces noms bibliques fussent étrangers •< la Gaule.
Les inscriptions juives sont rares sur notre sol et nous aurons occasion de les étudier, mais nous pouvons dire déjà qu'elles ne nous donnent qu'une maigre moisson de noms bibliques. Par une coutume qui s'est perpétuée, les Israélites ont substitué souvent aux appellations, dont la forme eût accusé leur religion, des noms empruntés aux nations chez lesquelles ils vivaient. Parfois ces noms voilent pour les étrangers un vocable hébraïque qu'ils traduisent ou rappellent d'une façon conventionnelle que les initiés saisissent 9. C'est ainsi que dans une inscription de Smyrne, le nom de Salomon est dissimule sous la forme 'Eipv)V07coi6?. Sur le marbre que nous allons transcrire E. Renan inclinait à voir dans Dulciorella l'équivalent de Noemi
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IN PACE BENEMEMORI