‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 280 sur 423 · REGIS · texte numérisé non relu

REGIS

Hic requiesciint in pace bonememorii 1res filii domini Paraioris de filio quondam domini Sapaudi; id est ; Justus, Matrona et Dulciorella, qui vixerunl : Juslus, annos XXX; Matrona, annos XX; Dubciorella, annos VIII. Paix sur Israël! Obierunt anno sceuhd i Domini Egicani régis.

Au début, le chandelier à sept branches, dans le corps de l'épitaphe, linéiques particularités telles que bonememorius, condam. La filiation des défunts est mentionnée ici et rien n'indique qui a fait élever l'épl-

1 l e Blant, Inscript., u. liii. — ■ E. Le lîlant. Inscript.,

523, 612. — ■ Muratori, Novus thésaurus, p. 181>9,.n. 3. —

'Boldetti, Osservazioni, p. ~<i:>. — s Le Blant, Nouveau

I n. 216. — 6 Perret, Les catacombes de Rome, t. v.

taphe, mais il n'est guère douteux que ce soit Parator lui-même, puisque les trois défunts, ses enfants, sont m irts dans le courant d'une même année, peut-être à quelques jours de distance. Le roi Egica, nommé sur cette inscription, fut le successeur d'Erwige et monta sur le trône en GS7; notre inscription de Narbonne est donc de l'année G88 I0. Les noms des membres de cette famille juive n'offrent rien qui permette de les distinguer, aucun souvenir biblique ne s'y rattache.

Des noms bibliques sont devenus si complètement chrétiens dès l'origine du christianisme qu'ils ont été adoptés et portés par les fidèles sans aucun souvenir de leur antique consonnance judaïque comme Miriam ou Jccob devenus Maria et Jacobus, ainsi que tant d'autres.

IX. Les noms d'humilité. ■ — L'onomastique chrétienne est aujourd'hui presque exclusivement hagiographique. Le paganisme ne comptait pas de saints, il n'avait qu'un petit nombre de demi-dieux et sa dévotion à leur égard était fort modérée. Dès lors, il mettait dans le choix des prénoms une variété qui nous paraît un peu déconcertante, bien que la tradition s'en soit conservée jusqu'à nos jours. L'énigme que nous offrent les noms japonais, chinois, hindous, persans, etc, recouvre le plus souvent un vocable gracieux ou symbolique, mais la dernière tentative faite en Occident, de substituer, végétaux, minéraux, outils et le reste a suffisamment ridiculisé le calendrier républicain pour qu'il soit superflu d'insister. Les païens n'avaient pas notre exclusivisme et ils aimaient à parer leur vie d'idées riantes. Des enfants sont dénommés Pielas, Probitav, Mquilas, Dignilas et leurs dérivés; d'autres reçoivent des appellations plus riantes : Melile, Hedove, Lepos, Eros, Amor, Suavis, Amœnus, Amabilis, Jucundus, Charisitts, Elegans, Cale, Prepon, ou bien des vocables de bon augure : Abascantus, Profulurus, Forlunalus, Félicitas, Eulyches. Les noms d'amitié recherchent les diminutifs : Calella, Porcella, Felicula et ne s'arrêtent pas aux animaux, les fleurs sont mise à contribution : Viola, Hyacinthus et aussi les pierres précieuses : Cinnamus, Amomus, Nardus, Unio, Gemmula, Sardonyx, Amethystus, Smaragdus, Beryllus. Il s'en faut de beaucoup que les fidèles aient proscrit et fait disparaître tous ces noms, puisque certains sont parvenus jusqu'à nous comme Violette ou Hyacinthe. Toutefois les fidèles n'adoptèrent pas toute l'onomastique de leur temps, loin de là. Aux noms gracieux et à ceux qui évoquaient l'idée de plaisir, de richesse, d'éclat, ils préférèrent des appellations ridicules ou abjectes. Etait-ce un sentiment d'humilité? était-ce bravade? L'un et l'autre peut-être. Edmond Le Blant croit devoir faire remonter ces appellations à l'époque des persécutions, lorsque les chrétiens étaient l'objet d'une haine folle et d'accusations déraisonnables. Il n'était pas d'invective, pas d'épithètes dont ne parussent dignes ces « ennemis du genre humain ». Eux, qui donnaient leur vie pour une croyance à tel point méconnue et maudite, pensaient que c'était la moindre des choses et comme une revanche anticipée de se parer de ces noms outrageants. De même qu'ils se proclamaient chrétiens, ils se faisaient gloire de tout ce qu'on leur reprochait. Cet état d'esprit est fréquent parmi les peuples persécutés. Au x\t. les protestants tenaient à honneur le nom de gueux, au xviil les Vendéens n'eussent pour rien au inonde renoncé à leur titre de brigands. L'humilité à de ces détours subtils qui ressemblent à l'orgueil à s'y méprendre, mais l'orgueil de ceux qui risquent

pi. mil — : Nicolai, Delhi basilica de San Paolo, 1815, p. 130. — 'Le Ulant, inscript. ,n. 557. — • Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 9897. — l0 Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au VIII' siècle, n. 621.

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