‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 294 sur 423 · QVI CELEBRARE PARAS ITER HVC OEFLECTE VIATOR · texte numérisé non relu

QVI CELEBRARE PARAS ITER HVC OEFLECTE VIATOR

ce qui est une formule : épigraphique;

rencontre d'analogues dan

- 1 1 1 . l ',.■ . itlon mit Martin

i (a A ee mot .

t. iv, p. 267-268. Burmann, Anltiologla, i i

76 Iti, Inncrlpli

FRANCE. — IV

l'avant-dernier distique, esl Également familière aux compositeurs d'inscriptions :

TV QVOQVE QV1 CAELIS HABITAS MARTINE PRECATOR PRO FORTVNATO FER PIA VERBA DEO

Il est probable que, curieux comme il l'était, For- Lunat avait eu le souci de connaître ce qui se gravait sur le marbre ou s'écrivait en mosaïques dans les basiliques de Rome, c'est ce qui explique certaines rencontres d'expressions qui ne semblent pas pouvoir s'expliquer par de simples coïncidences. Trois pièces consacrées aux basiliques de Tours, d'Auch et de Saintes débutent ainsi ':

EMICAT AVLA DECENS VENERANDO IN CVLMINE DVCTA

OICNA SACERDOTIS BIBIANI TEMPLA CORVSCANT

EMICAT ALTITHRONI CVLTV VENERABILE TEMPLVM

Citons encore ce premier vers d'une autre pièce qui décorait l'oratoire d'Artonne 2 :

QVISQVIS AD HAEC PROPERAS VENERANDI LIMINA TEMPLI

et qui trouve sa réplique dans le début de l'épitaphe du pape Benoît III 3 ;

Quisquis hue propêras Chrislum pro crimine poscens.

Il existait ainsi une sorte de fonds commun où s'approvisionnaient ceux qui tentaient la difficile aventure d'écrire quelques vers. Les idées et les mots, les tours de phrase s'empruntaient avec la pensée qu'on serait copié soi-même. L'église de Primuliacum dans la seconde Aquitaine et celle de Noie en Campanie portaient le même distique :

PAX TIBI SIT QVICVMQVE DEI PENETRALIA CHRISTI PECTORE PACIFICO CANDIOVS INCREOERIS

C'est sur l'archivolte de l'église de Mozac, près de Clermont, qu'un pèlerin de Tours a fait graver deux vers empruntés à deux pièces différentes qu'il avait copiées à Tours * :

INCREDIENS TEMPLVM REFER AD SVBLIMIA VVLTVM INTRATVRI AVLAM VENERANTES LIMINA XPI

On a trouvé à Belcodène, près de Marseille, trois débris d'une inscription carolingienne gravée sur une pierre épaisse où se lisent les mots suivants '* :

■■- ELTEDO MINI QVE DVCIT HVC PROPRE

RATIVIRI:GA PROLVCTV R HIC TRISTIS

QVILAGRI PRECES IANVA TEMPLI + HOCOPVS B PAX EGRE

M. Albanès a reconnu dans ces fragments la reproduction des cinq premiers vers d'une légende murale écrite au vne siècle, par l'évêque saint Eugène, pour une église d'Espagne. L'inscription de Belcodène débutait donc ainsi e :

+ ECCE DOmus doMINI QVE DVCIT adatria cœli cordibus

[affliclis HVC PROPE RATE VIR1 : CAudi'a PRO LVCTV Re/eret Iselusque redibil

[fuderit HIC TRISTIS QVI LACRIninriffo PRECES quahwr in titulis constat hse>

(IANVA TEMPLI

Les compositions métriques de Fortunat furent nvises de môme à contribution. Venantius Fortunatus

> Fortunat, Miscell.,1. [,n. 4,12,1. X,n.6.- - ! Ibid.,\.X, n.5, voir I. I, n. 22, une inscription pour Ravenne. — 'De Rossi, Jnscripl.cftrisf., 1888, t.u,part.l,p.21 1. 'LeBlant, Inscript , i. i,i>- 2:12. ' C. Jullian, Inscriptions delà vallée ilel'tiuveaune;0. Hirschfeld, Corp. inscr. lai., t.xn, n.5791,

■ , , ,i; !.. Le Blant, Nouveau recueil, a. 206-209. —

habendus est inler aucunes primarios lilterulurœ, ut ila dicam epigraphicœ christianœ 7, écrit M. de Rossi, et en effet, une légende gravée au vn« siècle sur une église de Wessex, est formée de morceaux empruntés à deux poésies composées par cet évêque. Dans l'un de nos anciens manuscrits, la première est précédée de ce titre : Item versus inEcelcsia nova Parisius ".

En même temps que des pièces destinées à être peintes ou gravées sur les parois des édifices Fortunat nous paraît avoir écrit des épitaphes métriques".

XXV. Fautes de transcriptions. — De ces fautes on dresserait tout un glossaire: les unes intentionnelles, et ce sont les plus rares, les autres involontaires. Nous savons par une recommandation de Fortunat qu'il se défiait des petites vengeances des lapicides qui, vexés de voir dédaigner leur formulaire, recevaient commande d'un texte tout nouveau. Ils semaient dans ce texte quelques fautes qui naturellement tombaient à la charge du versificateur. Mais le cas le plus fréquent tenait à l'ignorante ou à l'inadvertance des graveurs. Ceux-ci ne comprenaient pas, le plus souvent, ce qu'ils écrivaient ; un mot estropié, un mot oublié, une lettre changée ne les troublaient en aucune manière; |e client était-il satisfait? on l'ignore. Sans doute, les lapicides travaillaient « à la pièce » et savaient qu'on serait toujours obligé de recourir à eux. Nous avons déjà rappelé quelquesunes de leurs bévues; le mot tanto inséré à la place d'un chiffre ou bien cette mention inintelligible transiet idas kalendas novenbras. On en a donné déjà plusieurs exemples.

Mais, ainsi qu'il faut s'y attendre de la part d'ouvriers aussi ignorants, ce sont les textes métriques qui sont maltraités au point de devenir parfois méconnaissables. Nous avons déjà cite ces quatre monuments de Briord où se lisent avec des variantes les mots :

ABSTVTVS PASSIINS DVLCISSEMVS APTVS ABSTVTVS ARGVS DVLCISSIMVS ARTVS

ce qui permet de reconstituer le vers de la façon

suivante ;

Astulus, largus, patiens, dulcissimus, ciptus.

A Briord encore, où il semble que les habitants avaient un goût bien vif pour la poésie, une épitaphe métrique a peu près supportable au singulier a été mise au pluriel et on devine ce qui en est résulté :

QVI FVERVNT INSICNIS MERITIS

VTILITAS EVRVM LAVDANDA NEMIS MIRANDA V0L0NTAS

TRANSIERVNT AD VERAM REMEANS E CORPVRE VITAM

n'est que la déformation de ce qui suit :

Qui fuit insignis meritis...

Ulilitus loudanda nimis miranda voluntas.

Transiil ad veram remeans e corpore vitarn.

On a peine à croire que ceux qui copiaient ou que ceux qui imaginaient ces adaptations pouvaient être encore en état de distinguer les vers de la prose; mais l'habitude devait se transmettre et, au XIe siècle, l'hexamètre d'un éloge funèbre.

Régula quod dut habens vocitamen domnus et abbus

est travesti de la façon suivante :

Régula quod dat Italiens vocitamen domnus Basilius et abba '".

• Eugène de Tolède, Carmina, 1. 1, n. 10; In basilica S. Felicis quee est in Tulanesio, /'. L., t. i.\x\\ il, col. :>02. — ' De Rossi, op. cit., t. n, part. I, p. xi.ix. — " 13ibl. nat.„ ins. lat. 13046, toi. 50, recto. — • V.. Le Blant, L'épigraphie chrétienne en Gaule et dans VAfrique romaine, p. C9. — '• Dclisle, Rouleaux des morts du IX' au XV ïféete, p.62 el 89.

I RANCE

Bien exceptionnelles sonl les transcriptions, on n'ose «lire correctes, ce serait trop demander, nuiis encore reconnaissables. L'inscription de la Gayole nous montre le Seigneur désigné par l'épithéte que Virgile donne à Jupiter : Reclor Olympi '. Une inscription d'Arles épitaphe de l'évêque Hila

ANTISTES 00MINI QVI Paupertalis AMOREM es PRAEPONENS AVRO RAPViT CaelesliA RECNA es HILARIVS CVI PALMA 06ITVS El pidERE XPS es CONTEMNENS FRACILEM TERrenl C0RP0RIS VSVM rj HIC CARNIS SPOLIVM LIQVIT A,/ ASTRA VOLANS es SPREVIT OPES DVM QVAERIT OPES MORTALIA MVToxu es PERPETVIS CAELVM DONIS TERRESTRIBVS EMIT es CEMMA SACERDOTVM PLEBISQVE ORBISQVE MACISTER es RVSTICA QVINETIAM PRO XPO mania SVMENS es SERVILE OBSEQVIVNI non DEDICNATVS ADIRE es 0FF1CI0 VIXIT MINIMVS ET CVLMINE SVMMVS es NEC MIRVM SI POST HAEC MERVIT TVA LIMINA XPE es ANCELICASQVE DOMOS INTRAVIT ET AVREA RECNA es DIVITIAS PARADISE TVAS FLACRANTIA SEMPER es CRAMINA ET HALANTES DIVINIS FLORIBVS HORTOS es SVBIECTASQVE VIDET NVBES ET SIOERA OELI es

Le troisième vers est calqué sur ces nuits de l'épître

aux Philippiens, i. 21 : Mini enim oioere Chrislus est

cl mori lucrum; le dernier hexamètre reproduit celui dans lequel Virgile chante l'apothéose de Daphnis *.

XXVI. Acrostiches. — Nous ne reviendrons pas ici sur les compositions acrostiches dont nous avons donné des exempli en p irlanl de ce mot {Diction., t. i, col. 369 370).

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