‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 296 sur 423 · A TERRA AD MARTYRES · texte numérisé non relu

A TERRA AD MARTYRES

iNTER SANCTIS ■

léguant par testament la liberté à des esclaves :

HIC RELIQVIT LEVERTO PVERO NOMINE MANNONE PRO REDEMTIONEM ANIMAE SVAE'

RELIQVIT LIBERTVS ID EST

SCVPILIONE

GERONTIVM

BALDAREDVM

LEVVERA

OROVELDA ILDELONE8

Les temps s'avançaient et l'un ne pouvait trop se jiàtcr d'amasser par les bonnes œuvres les seuls trésors impérissables " :

MISERE AD CAELOS QVAS SEQVERETVR OPES

car chacun le redisait alors, la fin de ce monde était prochaine "' :

EXPECTANTQVE DIEM NVNC DOMINI PROPERAM.

XXIX. Destin des inscriptions. -- Edmond Le Bianl terminait en 1869, son Manuel d' épigraphie chri tienne d'après les marbres de la Gaule par les observations suivantes : Raphaël, dit-il, écrivait à Léon X : « Les œuvres des anciens qui seraient aujourd'hui plus précieuses que jamais, ont été anéanties, brûlées par la rage farouche, la violence des ennemis. Mais pourquoi nous plaindre des Vandales, des Goths et des autres barbares? Ceux-là mêmes qui devaient défendre Rome dans ses tristes restes se sont acharnés à la détruire. ( >n a fait de la chaux avec les statues, les débris des ornements antiques ". C'est là aussi l'histoire de nos inscriptions chrétiennes

Que sont devenues celles qu'écrivaient les poètes Constantius et Secundinus pour une basilique de Lyon, les épitaphes de saint Gésaire, de saint .lust. de Syagrius et de tanl d'autres, la légende murale où se lisait l'histoire de saint Élie étreignant le païen venu pour violer sa tombe, celle de tous les saints lieux (pie visitait la piété de nos pères? A peine on sait, on devine l'existence de ces textes disparus dès le moyen âge.

En vain Peiresc, Boissard, Gruter, Scaliger, ont fait connaître le prix des marbres antiques; leurs travaux, leurs leçons n'ont pu préserver tant de précieux monuments.

Qu'a-t-on fait des épitaphes chrétiennes du faubourg Saint- Victor, de celles des Aliscamps dont on ne pos-

i i . Blant, Inscript., n. < > 1 r» . 'Nouveau recueil. n. 198.- Inscript., n. 22. ' Ibid., n. 419. — 6Ibid., a. 58. — "i&id., n. 541. - ' Ibid. . n. 37 I. — 8I6id., n.379. — » Ibid., n. 218. " Ibid.. n. 331. — " Francesconi,

Congetlura che una lettera, creduta </<( Baldessar Castiglione, sia diRaffaello d'Urbino, in-8», Firenze, 1799, p. 51-52; ef. Gruycr, Raphaël et l'antiquité, t. i, p. 437. - '- Bruno

sède pas même des copies; des marines épigraphiques vus à la Gayole et à Aubagne par l'eiresc, à Briord par De Vesle ; à Trêves par Wiltheim : à Arles par Bonnemant, Dumont et Fabre;à Bordeaux par Venuti: à Lyon par Spon, Menestrier, Colonia; à Vienne par Duboys et Chorier? De longues années se sont écoulées depuis que ces hommes ne sont plus, je le sais. Mais les inscriptions copiées par les savants de nos jours. Millin. Artaud. Saint-Vincent, les a-t-on mieux gardées? Garde-t-on mieux celles qui se découvrent a celle heure? A Toulouse, un gisement d' épitaphes de fidèles a été brutalement détruit par ceux qui l'avaient rencontré18. A Vienne, quand les fouilles du chemin de fer ont exhumé toute une nécropole chrétienne, des inscriptions ont été brisées, rejetées dans le terrassement; (on a fait de njÊme à Neuvicq-sous- Montguyon). Deux hommes dévoués à la science, A. Allmer et Girard ont, à grand'peine, sauvé quelques débris de toutes ces richesses. La perte des épitaphes n'est pas la seule à déplorer. La nécropole était un important sujet d'étude. Soigneusement explorées, nos provinces du Nord ont rendu au jour un nombre considérable d'armes, de vases, de bijoux des temps mérovingiens. Par malheur, les inscriptions y s. ml ■ rares, et ces monuments peuvent seuls fixer l'âge précis des objets retrouvés dans les tombes. On avait découvert à Vienne des marbres à marques chronologiques; il eut fallu chercher curieusement les fragments de poteries, de métaux ensevelis autrefois avec les morts. C'eussent été autant de types certains, et leur comparaison eut assigné des dates aux nombreux restes des premiers siècles épars sur notre sol. Une destruction brutale a rendu vains les enseignements de l' épigraphie.

On était là. du reste, il faut le dire en pays de mauvaise tradition. En 1731, à Saint-Irénée de Lyon, des ouvriers, pratiquant une tranchée pour poser des conduits, découvrirent un cimetière qui fournit à la lois des marbres funéraires païens et chrétiens. « On aperçoit, dit un témoin de la fouille 13, plusieurs autres tombeaux engagés à droite et à gauche du canal, mais on ne les suivait pas pour ne pas faire de trop grands écarts; on se contentait de tirer ce qui se trouvait dans le chemin tracé pour la conduite des eaux. Tout fut donc volontairement abandonné, et pourtant la plus grande partie des marbres découverts par hasard, dans cette fouille si féconde, portaient des mentions chronologiques, et parmi eux se trouvait la première de nos inscriptions chrétiennes datées.

De vieux monuments ont été délaissés ou voués à de vils usages. Des épitaphes, dont l'une couvrait la tombe d'un évêque, ont été mutilées, puis employées à broyer les couleurs ". Un marine daté, qui atteste l'ancienneté du culte de saint Agnès en Gaule, a servi de table aux ouvriers d'une ferme; on y retrouve a peine quelques mots ,s. A Lyon, Edm. LeBlanl trouva deux épitaphes placées dans un dallage, dans les marches l'un escalier de jardin '" ; l'une d'elles est des plus connues et des plus antiques. A Aosle, deux inscriptions célèbres encastrées dans la façade de l'église, ont disparu sousunrecrépissage 1T. A la Terrasse, une autre est perdue au milieu des matériaux d'un mur18. A Briord, deux pierres inscrites servent de banc à une habitation, de seuil à une cave ".

Lorsque manquent les originaux, des copies nous restent parfois, niais quoi qu'en ait dit Muraton.

Dusan, dairs tienne archéologique du midi de lu France, 1. 1, p. s.",. — "Bibl. liai., mss, franc, papiers de Falconnet, Discours prononcé <t l'Académie de Lyon pur M. /,., et Journal de Trévoux, 1731, art. xclt, p. 1608 à n>22. — " E. Le Blant, Inscript., n. 527, 707. — '- Ibid.. n. 610.

Tbid., n. 20 n. 11. '■ Ibid., n. 394, 396. " Ibid., n. 169, " Ibid., n. 374, :'.s.

1 l; \NCK

elles peuvent rarement le- remplacer. On le voit aux différences extrêmes des transcriptions taites d'après

mes marbres, au peu de ressemblance des anciennes copies avec les monuments retrouvés. Néan-

ceux «lui ont conservé ces débris, ont rendu ser-

■ncore qu'ils n'y aient pas apporté toute l'application désirable. Trop souvent ils ont interprété au lieu do copier et rejeté 'les lébris qu'il jugeaient inu-

: dont nous eussions tiré parti.

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