‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 3 sur 423 · MACNVM DOLOREM MARTYRES SANCTI IN MENTE HA VITE MARIA · texte numérisé non relu

MACNVM DOLOREM MARTYRES SANCTI IN MENTE HA VITE MARIA

Aurélia Maria mourut à l'âge de seize ans, cinq mois et dix-neuf jours. Son père Aurelien Ire(née), un vétéran, et sa mère Sextilia avaient fiancé leur enfant vingt-cinq jours auparavant à Aurelius Damatus Mais la mort fut la plus prompte et la jeune fille. paella, mourut vierge, virgini, encore que fiancée, sponsala. Dès lors les parents seuls devaient lui élever un tombeau, mais ils voulurent y rappeler le souvenir de ces fiançailles si vite brisées et du gendre choisi. Voici, semble-t-il, l'explication la plus naturelle. Elle était au reste donnée par Forcellini-De Vit, qui ne connaît pas d'autre exemple de sponsala et l'explique par ces mots : quse sponsalia fecit.

A Rome et chez les Germains, une cérémonie précédait le mariage, les sponsalia ou fiançailles. En Gaule, où après l'entrée des barbares, les deux législations coexistèrent, on vit se maintenir deux sortes de fiançailles : les romaines et les germaniques. On trouve la mention des premières dans les formula: Andecavenses 2; les formula; salicse Lindenbrogianie 3 mentionnent le contrat de fiançailles.

Libellum dolis. — Dulcissima alque amanlissima sponsa mea nomine illa ego in Dei nomine ille. Igitur dum lalilcr apud pares vel parenlibus nostris utrisque partibus conplacuit alque convenu, ut ego tibi solido et denario secundum legem Salicam sponsare deberem; quod ila et feci. Similiter conplacuit nobis alque convenu, ut de rébus proprielatis meœ tibi aliqaid in dolis tilulum condonare deberem; quod ila et feci. Idcirco per hanc cartolam, libellum dotis, sive per fistucam alque per andelangum dono tibi et donalum in perpeluo esse volo, id est in pago illo, in loco nuncupante illo, super fluvio illo, hoc est mansos lanlos cum hominibus * ibidem commanentibus vel aspicientibus his nominibus illos vel illas, cum terris, tam cultis quam cl incultis, silvis, campis, pratis, pascuis, aquis, aquarumve dccursibus, mobile et immobilibus, presidiis, peculiis, pecoribus, vineis, farinariis, vel quicquid in ipso loco mea videtur esse possessio vel dominalio rem in exquisitam 6, totum et ad intcgrum, sicul superius dixi, dono, Irado tibi utque Iransfirmo. Insnper eliam dono tibi in pecoribus.

1 Dictionn.. 1. 1, col. 2069 et note 4 ; Marchi, I thistrazione d'une lapide cristiana Aquilejese, per le nnzze, in-4°. Udine. 1846; de Rossi . Roma sotterranea, t. n. p. 19, note 2; J. Wilpert. Die àttehristiiehen Inschriften Aquilejas, dans Ephemeris Salonitanu . 1894. p. 56 sq.; Corp. inscr. lat., t. v, n. 1036; ïl. Majonica, Epigraphisches ans Aquileia, in-S°, Gôrz, 1885. p. 14; E. Diehl, Lateinische christliche Inschriften, dans Kleine Texte de II. Lietzmann, Easc. 26-28, Bonn, 1908, p. 124; O. Marucchi, Epigrafia cristiana, Milano, 1910. n. 112a; R. Aigrain, Manuel d'èpigraphie chrétienne, In-12, Paris. 1912; Inscriptions latines, p. 05. n. 161. Il faut lire i v et non vr siècle. - Rozière, Recueil, 1. 1. p. 276, n.227;Zeumer, .Form.ander., n. 40. — Len. 7dansZeumer, p. 271 ; «liins Rozière n. 228. — 'Non pas» hommes,» mais individus, personnes. — * Non pas ■ inculte, ' mais «hors d'enquête, c'est-à-dire ma propriété et chose non douteuse et certaine. — e .M. Thevenin, Textes relatifs aux institutions prunes et publiques aux époques mérovingiennes et carolin-

id est inter boves et waccas, inler porcos et vervices capita tanla; dono siquidem tibi in fabricaluris, id est inler auro vel argenlo solidos tantos valenle; in ta vero ralione, ul hec omnia superius nominata, quandoquidem dies nuptiarum eveneril, et nos Deus insimul coniunxerit, tu dulcissima sponsa mea nomine illa, ab ipso die hoc habeas, leneas alque possedeas, vel quicquid exinde facere volueris, liberam hac firmissimam in omnibus habeas polestale. Et si quis deinceps conlra hanc cartolam, libellum dotis, quod fiendum esse non credo, venire aul eam temerare prœsumpserit, si se exinde non correxcrit, illum, qui ab inicio masculum et feminem condidil, conlra se ullorem senlial, et insuper cm litem intulcrit auro uncias tanlas, argenlo libras lantas coactus exsolval, et quod repetit nullatenus evindicare prsevaleat, sed prsesens hsec episiola tam a me quam ab hœredibus meis defensata omni tempore firma et slabilis permaneat, slipulatione inlerposita, diuturno tempore maneat inconvulsa. Aclum 6.

Cette distinction entre coutumes franques et coutumes romaines ne tarda pas à disparaître parce que les fiançailles comme le mariage devinrent surtout un acte religieux. Ce nouveau caractère ne parvint pas toutefois à abolir le caractère plus ancien. Fiançailles, dans le droit franc, évoquait l'idée de convention préliminaire relative au prix d'achat et aux libéralités qu'entraîne le mariage *. Les fiançailles étaient un acte privé que rien n'interdisait de rendre public, mais qui, même dans ce cas, ne réclamait pas l'intervention de la justice. « C'était par le contrat de fiançailles que le possesseur de la poteslas s'obligeait à transférer au mari la puissance moyennant une somme d'argent payée par celui-ci et appelée wilhum. A l'origine, le paiement du wilhum, sorte de wergeld, était effectif et rendait le contrat obligatoire. Auparavant, il y avait eu simple échange des consentements, lequel ne suffisait pas à former un contrat dans le droit franc : il fallait qu'il y eût fides facta ou res preslila. Mais pour le contrat de fiançailles comme pour les autres, comme aussi pour le mariage, on se relâcha peu à peu de l'application rigoureuse du principe, sans y renoncer complètement. Ainsi le prix du mundium devint purement symbolique et fut» fixé par la loi salique à un sou et un denier. De même, le contrat de fiançailles put être conclu suivant les formes des autres contrats, notamment au moyen de la fides facta ou d'une prestation fictive. Les fictions consistaient dans le don et la prise d'un brin de paille. de la lesluca ou d'un autre objet symbolique, comme le gant, le bâton, un morceau d'étoffe, telles étaient aussi les formes que prenaient les fiançailles 8. Ces anciennes formalités se maintinrent surtout en Allemagne jusqu'au moyen âge, en subissant des transformations insignifiantes et sans importance juridique . En France, ces formes ont persisté à travers des siècles 10 et même jusqu'au x\ie siècle u. »

giennes, in-S°, Paris, 1887, p. 50,n.42. — 7 Cela ressemblait trait pour trait à la signature du contrat dans nos usages modernes. — 8 Voyez, sur les formes des fiançailles d'une veuve lombarde, Thevenin, op. cit., p. 4, n. 56; et pour les fiançailles avec gage, ibid., p. 56, n. 48. — ' Cf. Sohm. Dos Recht der Eheschliessung aus den deutschen und canonischen Recht geschichtlich entivickelt, in-8°, Weimar, 1875; Schult, Verlobung und Trauung zugleich als Kritik von Sohm, Leipzig, 1876; Sohm, Trauung und Verlobung, Weimar, 1876; Scheurt, 7>ie Entivicklung der Kirchlichcn Eheschlies anqsrechts, Eriangen, 1877. — l0 E. du Méril. Sur les formes du mariage en France au moyen âge, in-S°, Paris, 1877. — " E. Glasson, Histoire du droit et des institutions de la France. in-8°, Paris, 1889, t. m, p. 8-9. J'ai eu le regret de ne pouvoir me procurer Th. Baudon, Une bague de fiançailles mérovingienne, dans Bulletin de la des études historiques et scientifiques de l'Oise, 1904, t. iv. p. .;;;- H); 2 pi.

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