‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 4 sur 423 · FIANÇAILLES — FIBULE · texte numérisé non relu

FIANÇAILLES — FIBULE

Les fiançailles à Rome étaient facultatives, mais celui qui se dérobait à l'engagement pris restituait les arrhes au double. Dans le droit franc, les fiançailles étaient obligatoires et la promesse échangée entraînait en cas de rupture de graves pénalités, encore aggravées au ix« siècle sous l'influence de l'Église. Les arrhes n'étaient pas un moyen de se dédire, c'était une preuve des fiançailles destinée à en témoigner le cas échéant '. Quant aux réjouissances qui accompagnaient les fiançailles elles ne dépassaient pas l'importance d'une simple ri-union de famille. Ce jour-là, la fiancée parée i éléments de fête portait une sorte de couronne faite de feuilles d'or et d'une bandelette d'or. Le fiancé offrait un anneau et une paire de pantoufles et les jeunes gens échangeaient leur premier baiser. Voici les fiançailles du jeune Léobard : Sed cum ad Xegilimam pervenisset setatem, cogenlibus, juxta consuetudinem humunam parenlibus, ut urrani puellœ, quasi uxorem acceptants darel, impellitur... Denique dato sponsse anulo, porregil osculum, prœbet calciamentum, célébrât sponsaliœ diem /estant ■. La prestation des arrhes était chose essentielle et constituai! le contrat. ■ Les arrhes étaient le moyen naturel de rendre obligatoire la convention non encore réalisée; celui qui les avait reçues ne pouvait plus se dédire, et les parties étaient liées *. • Dans tout ceci, chez les Germains, h consentement de la jeune fille n'était pas nécessaire, à tout le moins son silence résigné était pris pour une acceptation : qui ne dit mot consent. Mais sous l'influence de l'Lglise le rôle de la jeune fille ne cessa de grandir, on lit ces détails dans la vie de sainte Berthe : Postquam vero beata Berlha ad oclavum decimum pervertit annunt, fuma ejus longe lateque in Gallia percrebuil, ut nulli talis œlalis puelhe mquanda puturetur. Tune Sigi/ridus consanguineus régis Clodooei, vir strenuissimus, comporta fama ejus, assumptis secum suorum mililum turmis. atque procerum Gallise consttputus copia, Ritjobertum comitem adiit, bonitatem ipsius obnixe /lagilans, qualinus sibi non denegarel filiam suam dileclam Bertham legitimo jure disponsandam, ut que adoplivum ftlium in cunctis spopondit se obediturum. Cunctum etiam légitimant ordinem doits, ut tex Francorum conlinet, promisil se fideliler dalum; insuper quidquid consanguineorum res secundum morem rite expelercnl, voluniarie largilurfm '. Souvent on stipulait a la charge du père et a celle du fiancé, en cas de rupture, une clause pénale très élevée. Voici Audarchius a qui la femme d'Ursus, en l'absence de son mari, avait fiancé sa fille et reçu les arrhes. Quand Audarchius se présente pour la célébrai ion du mariage, l'rsus était de retour, refuse tout et dit a Audarchius : ■ Je ne le connais ] -ii- m'as rien donné. Neque le novi unde sis, neque aliquid de rébus luis habeo ; mais Audarchius s'adresse au roi et en rapporte un diplôme royal qui reconnaît qu'ayant donne des arrhes, il a droit au mariai

Les lois barbares Frappent de pénalités très ri^ou reuses ceux qui se rétractent sans motif légitime ', la fiancée doit s'en tenir pour ollensée parce que dépréciée, quant ;i elle, on ne sail si elle peut se dérober sans rieuses. Ceci explique comment les

fiançailles créaient des droils et des devoirs analogue!

v qui naissaient du mariage, Le Qancé In était puni comme s'il avait violé la loi du mari L'enlèvement d'une fiancée n'était pas moins onéreux que celui d'une femme mariée, il fallait acquitter une

1 Grégoire de Tours. Bill. Francor., I. IV, c. xi.wi; I. IX. c xxxu. l. X. c. xw; Vtta s. Auilnbertm, dam Bouquet, Becuetl, t. m, p, 450; Pardessus, Dtphanata, t. i. p, 160, n. 2oo, lugemeat des évêquea de 590. — ■ Grégoire de . Vlta Patrum, c. x.\. -- Euneln, Éluda sur lis contrait dm ten <'r»if français, in-s', Paris, iss.:.

i'- 13. ' Bouquet, Recueil, t. m, p. (ili'j; Grégoire de

composil ion au père ou au parent qui avait le mttndium et au futur époux '; même si la fiancée y avait senti, il fallait encore acquitter une composition*.

probablement au fiancé.

Sous l'influence du droit romain, les Francs prirent l'habitude de rédiger des libelli dotis que la loi des Hipuaires appelle instrumenta tabularum sea charlarum et dont la destination était de constater les conventions matrimoniales et surtout les avantages que le mari consentait à la femme. Certaines formules semblent à la vérité voir dans Yinstrumuttum dotale une condition du mariage 10. aucune loi ne confirme celte indication. Les instrumenta dotalia ollraicnt un autre avantage, ils servaient de preuve du mariage et empêchait de le confondre avec un simple concubinage. C'est ce que veut dire le concile d'Arles de 524 : nullum sine dote fiât conjugium nec sine publicis nupliis quisquam habere pra santal. La formule 52 de l'appendice de Marculfe semble insinuer qu'en l'absence d'instrumentum dotale il ne peut y avoir de mariage, mais il n'a en vue que de faire hériter des enfants nalurales, Dés de l'union avec une femme ingénue sans qu'on ait rédigé en temps opportun le libellant dotis. C'est cette négligence qui est visée et réparée.

H. Leclercq.

FIBULE. — I. Antiquité et usage. 11. Origine et ramifications. 111. Symboles religieux. IV. Centres de fabrication. V. Fibules gréco-latines. VI. Fibules impériales. VII. Fibules cruciformes. VIII. Fibules aquiliformes. IX. Fibules ornithomorphes. X. Fibules apiformes. XI. Fibules zoomorphes. XII. Fibules alamaniques. XIII. Fibules burgondes. XIV. Fibules wisigothiques. XV. Fibules franques. XVI. Fibules saxonnes. XVII. Fibules longobardes. XVIII. Fibules runiques. XIX. Fibules pseudo couflques. XX. Fibules quadrilobées. XXI. Fibules mémoriales. XXII. Fibules à devises. XXIII. Fibules à monogrammes. XXIV. Fibules à symboles. XXV. Fibules circulaires et polygonales. XXVI. Fibules iconiques.XXVIJ. Fibules bractéates. XXVIII. Fibules a umbos. XXIX. Fibules carrées. XXX. Fibules ansées ■' crochet de

m. -lé. XXXI. Fibules digitées ou rayonnantes. XXXII. Fibules variées. XXX III. Bibliographie

[. Antiquité El usage. La fibule est ce <pic nous nommons couramment broche, agrafe, boucle, fermoir, épingle. A l'époque de Tacite, les Germains faisaient usage d'une épine pour agrafer leur manteau : des chevilles de bois, des alênes taillées dans l'os ou la corne rendaient un service analogue. La branche métallique marque un progrès; l'idée de la replier,

ib- la tendre au moyen du ressort, sont des p

ultérieurs. En Italie, en Grèce, en Orient, l'usage de la fibule est beaucoup plus ancien, on les fabrique en or et en argent, on les décore de ciselures; c'est un objet de luxe. Elles deviennent si fréquentes, qu'Aurélien est obligé de permettre aux simples soldats, qui n'avaient que la fibule d'argent, de faire usage de

fibules d'or. 11 \ a, dès lors, des fibules en or massif, d'autres en argent doré. Dans la biographie de Claude le Gothique, il est question d'une fibule en or avec

un ardillon de cuivre. I. époque impériale amené le

développement d'un bijou qu'on orne de pierres précieuses, encore que cel e pour elï<

Vopiscus accuse Carinus d'en avoir fait u raconte que Galllen fui le p e faire voir dans

Tours, Vlut l'alrtim. c. \vi. xx. — * Jlist. Francr.. I. IV. c. xi vu. - - • Loi sallque, tit. i x : loi des Bavarois, lit. vu,

loi des Alamans, lit. lvui. — ' Loi des Lui lit. lxî loi des Wislgoths, I. III, lit. iv,n rlc, c. 179 211 que, lit. xi\. n. l

sallque, tlt. xiv, n. 14 La toi :

FIBULE

Rome avec une chlamyde de pourpre et des fibules d'or rehaussées de pierreries; avant lui, les empereurs se montraient toujours en toge, vêtement qui ne comportait pas de fibule.

Les vêtements pourvus de fibules s'appelaient (pallia) fibulala, ou (saga) fibulatoria. Il en est fait mention dans l'édit de Dioelétien. On s'offrait en présent des fibules plus ou moins riches, comme de nos jours on s'offre une broche, une épingle de cravate; c'étaient des bijoux, des joyaux. Sous Alexandre-Sévère, on rencontre à Corinthe un fonctionnaire préposé aux fibules impériales : PRAEPOSITVS A FIBLIS. A l'époque du bas empire, la fibule est un attribut essentiel du pouvoir suprême. Théodose, Justinien ne manquent pas de s'en parer sur les monuments. Procope décrit le vêtement d'un roi d'Arménie avec une fibule d'or d'où pendaient trois pierres* précieuses attachées au bout d'un fil d'or. Corippus fait porter à Justin des fibules d'or avec chaînettes ornées de pierreries. « Une chlamyde de pourpre, posée sur les épaules de César, enveloppe sa personne. Les deux bouts sont assujettis par l'épingle d'une fibule arquée dont les chaînettes étincellent de pierres précieuses, fruit de la victoire remportée sur les Goths. » On sait le nom spécial d'une fibule de ce temps, qui ressemblait à une corne d'abondance, le xopvocrx67tiov et on on a cru la reconnaître sur le personnage placé devant Théodose, dans le grand disque d'Almendralejo. Une autre fibule, très grande et très longue, munie d'un appendice plat et dentelé qui monte presque jusqu'à l'oreille, se voit sur plusieurs monuments du ve siècle, par exemple sur le diptyque de Monza.

Au iue et au ive siècle, la forme romaine dominante dans le nord est la fibule à arbalète avec arc très convexe, appendice droit et allongé, très petite plaque d'arrêt, souvent remplacée par une gorge à la partie inférieure du pied. L'arc est parfois ciselé, orné d'incrustations diverses, d'émail niellé ou de dorure. Dans le sud, on trouve la fibule cruciforme à charnière; le fil en spirale a été remplacé par une tige dont la décoration seule rappelle quelquefois l'origine. Ce type appelé : romain provincial, se retrouve dans la libule en or du tombeau de Childéric. Une autre tonne, déjà barbare, est la fibule à tête demi-circulaire, carrée ou ogivale avec large pied en forme de parallélogramme ou de trapèze, uni à la tête par un col étroit formant l'arc.

Les fibules romaines et byzantines, confectionnées en or avec des pierres précieuses ne nous sont pas parvenues en grand nombre. On peut y ajouter quelques figurations sur des mosaïques, des ivoires. Parfois un débris antique a pris place dans une fibule de fabrication barbare, une fibule de Charnay est ornée «l'un camée. Une très précieuse fibule byzantine découverte à Attalens (Fribourg) offre l'adoration des mages, accompagnés par un ange. On lit en exergue : KE BOHOI, Seigneur, aide! ive ou ve siècle. Trouvée dans une tombe d'enfant1 (fig. 4452, n. 5).

II. Origines et ramifications. — Peu de sujets archéologiques semblent mieux faits pour inspirer la prudence que celui des fibules. Il fut un temps, pas très éloigné de nous, où tout cela était mérovingien, en bloc. « Pendant longtemps, en Russie, écrivait M. de Baye, en 1890, on a nommé ces objets mérovingiens... Ces antiquités peuvent être qualifiées de barbares, par rapprochement avec leurs similaires d'Occident. Cependant, un savant russe m'écrivait

1 M. Besson, La fibule à" Attalens, dans Revue Cbarlemagne, 1911, t. i, p. 185. pi. XXX, 1912, t. n, p. 43-16. —

Mémoires de la Soc. nat. des antiq. de France, 1890. p. 361. — * J. de Baye, Fibules barbares de l'Ukraine dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1908, t. LXVXIl

récemment : J'aspire au moment où vous pourrez dire tout bonnement les Goths et non plus les barbares.... actuellement la dénomination d'antiquités gothiques semble prévaloir sur celle d'antiquités du style mérovingien 2. »

L'art des Goths de Crimée ne semble pas s'être étendu au nord au delà de l'Ukraine ou Petite-Russie. On n'a pas rencontré dans cette région d'Ukraine des nécropoles de l'époque des invasions barbares, mais seulement de nombreux bijoux mis au jour fortuitement, notamment des fibules, qui doivent compter parmi les plus anciennes de celles attribuabies aux Goths. Elles sont composées de deux parties plates réunies par un anse. Derrière la partie supérieure se trouvait le ressort enroulé sur des tiges terminées par des boutons formant saillie. Le revers de la partie inférieure recevait l'extrémité de l'épingle. La catégorie de ces fibules pas ou peu ornées est représentée en Ukraine. Ces fibules, abondantes en Crimée, en Hongrie, sont relativement rares dans l'Europe occidentale. Il existe aussi un type de broche caractérisé par les rayons faisant corps avec la partie supérieure semi-circulaire. L'épingle est unie par une charnière qui remplace le ressort. Ce type est fréquent en Ukraine, de même que dans les tombes franco-mérovingiennes. Il existe aussi un type plus spécial. Le sommet de la fibule, généralement triangulaire, s'orne de deux têtes d'animaux plus ou moins grossièrement représentés. C'est sans doute une forme de transition; on en rencontre d'assez nombreux exemplaires en Ukraine. Il existe aussi une variété de fibules tout à fait localisée en Ukraine et dont ce pays semble avoir le monopole. Les deux parties de ces broches sont ajourées et réunies non seulement par une anse mais, en outre, par deux bandes plates. Ces bijoux paraissent constituer une série d'âge plus récent que les précédents; ils en dérivent et forment une variété nouvelle rencontrée uniquement dans les régions baignées par le Dnieper 3.

Il semble que dès maintenant ce titre de « gothique, » dont la précision ne paraîtra peut-être pas longtemps suffisante, est adopté pour désigner ce qu'on nommait la fibule à rayons. Elle a été introduite en Bourgogne par les Francs. De récentes recherches conduites par MM. Salomon Reinach, Odobosco et de Baye, inclinent à faire admettre que la disposition des tètes d'oiseaux sur le pourtour semi-circulaire de ces fibules serait due à une représentation particulière des cervidés dans la Scythie ou Russie méridionale. Les bois de ces quadrupèdes, très développés, présentaient des ramifications recourbées les unes sur les autres, offrant plus ou moins la forme d'une série de têtes d'oiseaux. Peu a peu le dessin ou tracé primitif se déforma, la vraie tète d'oiseau apparut et les Goths l'importèrent ensuite dans toute l'Europe.

Voici donc les Goths nantis, en attendant peutêtre une dépossession. Les Goths étaient trop voisins de Byzance, trop curieux de tout ce qui s'y faisait pour qu'il soit possible d'affirmer qu'ils ne se sont pas inspirés des modes byzantines. La décoration de la ceinture était un usage asiatique adopté à Byzance. Au vi« siècle, Constantin Porphyrogénète attribue la ceinture de pourpre semée de pierreries au prince du Sénat. La fibule byzantine n'était pas cette chose massive et si souvent disgracieuse jusqu'à l'horreur que confectionnent les Goths, les Burgondes et autres barbares. Au lieu d'une plaque massive, pourvue d'une

p. 192; voir aussi, sur des fibules trouvées entre Vendel et Motschlna, aux environs de KertscU, J. de Baye, Fibules gothiques de la Collection Massonneau en Crimée, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France. 1910, t. i.sx, p. ms-109.

l MM LE

boucle et d'un ardillon, c'est un joyau d'or sertissant une pierre précieuse d'où pendent trois hyacinthes suspendues à des chainettes d'or. Justinien envoie une libulc de ce type au roi dis Lazes, et nous envoyons plusieurs sur les mosaïques qui le représentent et sur le bouclier d'Almendralejo. La mosaïque de Saint Vital de Ravenne nous montre une fibule, composée d'un cabochon central entouré de perles, souvenir de l'orfèvrerie sassanide. a laquelle les Goths eus mêmes ont pu faire des emprunts.

Il y a, en effet, par delà ces suppositions, ces rapprochements et ces conjectures, une question que les libules permettront un jour de reprendre et de préciser jusque dans le détail. Ce qui est curieux, c'est que l'archéologie a abordé le problème des bijoux barbares par urn- extrémité, son point d'arrivée et l'a jugé résolu en lui donnant ce nom de style mérovingien qui, après quelques années, parut inexact. Dès lors, il fallut à coup de trouvailles, de descriptions et d'inventaires, parcourir en sens inverse le chemin parcouru déjà par les peuples barbares el semé de cimetières et de tombes, de camps et de débris qui jalonnaient leur marche et en indiquaient les étapes. Apres une période tout empirique, au cours de laquelle on se borna à décrire un peu sommairement les trouvailles, en les attribuant partout à l'archéologie nationale qualiliée sur place de mérovingienne, de franke, d'anglo-saxonne ou de burgondc, selon que c'était le sol de la France, de l'Angleterre, de la Suisse ou de la Belgique qui recelait ces trésors, après cette période qu'il fallait traverser, mais dont il fallait sortir, on s'aperçut de certaines ressemblances entre les objets trouvés à des distances considérables les unes des autres, on rapprocha les exemplaires, on entrevit des types, des séries et des familles et on pensa faire un pas fort audacieux en assignant le bassin du Rhin comme lieu d'origine commune d'où avait rayonné l'art barbare sur l'Occident.

Un pas plus audacieux encore fut accompli en 1876, quand les archéologues hongrois lirent connaître les résultats d'une série de découvertes en étroite relation avec beaucoup de monuments dispersés en Occident. On ne put des lors se refuser à constater la ressemblance générale des trouvailles faites en Hongrie d'objets attribuantes aux Goths et aux Gépides avec couvertes des nécropoles (rankes burgondes et îhiques. I.a Hongrie se désignait dès lors comme une des étapes de l'art barbare, et à vrai dire, l'ancienne Pannonie et la Transylvanie reprenaient seulement leur rang historique dans le développement général de l'art. La Transylvanie et la Roumanie (jadis la i avaient VU BU début de notre ère des passages

de peuples qui délaissèrent, en s'éloignant, des débris

qu'on a rencontrés également en Pannonie. Ces débris d'orfèvrerie, représentés surtout par des fibules, présentent un cachet facilement reconnaisablc et forment un groupe bien localisé sur la rive gauche du Danube, en Hongrie, en Roumanie, et dans la Russie méridionale. La période .1 laquelle ils appartiennent a reçu, pour de bonnes raisons, le nom de période Si gothique. contemporaine en Dacie, écrit

M. de Baye, du séjour îles Wisigoths dans ce pays. Les trésors célèbres de Pétrossa et de Szl Somiyo, i"oir ne citer que deux exemples. m,iiI des preuves indiscutable; de travail artistique

date, en Russie, de la suprématie des Goths, leur division en deux grandes nations. - Les archéoétaient arrivés 1 quand ils s'aperçurent

qu'il fallait marcher encore, s avancer beaucoup plus loin vers l'Orient pour y rencontrer le berceau de D'intuition on pouvait

s'attendre a le rencontrer dan que leur

proverbiale richesse minière et lapidaire dé

comme le lieu d'origine d'un art dont l'or, l'argent et les pierres précieuses forment les éléments constitutifs. En effet, la Crimée, les côtes septentrionales de la mer Noire ou de la mer d'Azov et même certaines régions du Caucase ont donné des antiquités d'une analogie si frappante avec celles trouvées dans les tombes frankesde la Gaule que, les archéologues russes, pris au dépourvu par ces types nouveaux sur leur sol, leur donnèrent, un peu au hasard le nom d'antiquités de style mérovingien, dont ils ne tardèrent pas a sentir l'impropri.

11 est douteux toutefois qu'on se tienne pour satisfait de la terminologie actuellement en faveur; elle sert momentanément, on n'en peut dire plus. Mais selon toute probabilité, cet art a pris naissance chez les Scythes, nation passablement vagabonde. Adopté par les nations gothiques - qui déjà représentent quelque chose d'un peu plus stable, — il se propagea par leur influence et à leur exemple dans toute l'Europe depuis No votcherkask, en Russie, jusqu'à Pétrossa en Roumanie, de la à Kolocza en Hongrie, à Saint- Maurice en Suisse, à Monza en I.ombardie, à Ravenne dans la Romagne, à Charnay en Rourgogne, à Ponan en Champagne, à Tournai dans la Belgique, a Envermeu en Normandie, dans le Kent en Angleterre, à Gourdon en Aquitaine, à Uuarrazar et à Oviédo en ne et jusque dans plusieurs localités germaniques et Scandinaves. Tout cela n'est que le rayonnement d'un foyer oriental. Et. par Orient, il ne faut pas entendre la Scythie et l'Oural, il faut regarder par delà, lui effet, on est bien obligé de reconnaître, avec E. Molinier, que les grilfons. les guépards, les lions, qui figurent dans tant île ces monuments, ont une origine asiatique bien prononcée; que si, à mesure qu'on s'avance vers l'Occident, ces types primordiaux dégénèrent et se stylisent de plus en plus, néanmoins l'origine première du style demeure franchement orientale. Ce serait donc commettre une erreur que d'adopter, pour la désignation de toute cette orfèvrerie le terme de gothique. »

A mesure que la migration s'éloigne de son point de départ et se rapproche de nos contrées, nous voyons se modifier le caractère primitif. L'art luxueux possible dans le voisinage des mines de l'Oural et de la Perse, s'appauvrit, perd une partie de sa richesse, mais non de son éclat. C'est que les matières premières devenant plus rares, l'or massii employé dans les campements barbares à profusion lorsqu'ils se trouvaient près de l'Oural, de la mer d'Azov et encore sur les rives du Danube, n'était plus désormais employi qu'en feuillets de plus en plus minces appliqués sur une couche de mastic ou sur une plaquette de bronze. Alors les cloisons deviennent plus frêles, les parties visibles sont seules en or. Aux grenats, aux turquoises, on substitue le verre rouge dont on fait un usage constant et dont on avive l'éclat en plaçant par-dessous des paillons. A la profusion succède la parcimonie; les tables de grenat ont moins d'épaisseur, leurs dimensions sont moins grandes. Seuls les grands chefs. un Childéric, un Recceswlnthe, peuvent encore la somptuosité. I s'estiment

heureux de posséder non plus une parure complète mais une simple libulc. A Apahida.en Transylvanie.

on a rencontre une fibule en or et une agrafe île ceinture en or et grenats semblables à celles du loi royal de Tournai

Ce n'est pas une simple conjecture qui nous fait regarder ainsi du cote de l'Orient. Le mu Wiesbaden possède un bijou dont l'imporl

le sujet qui nous occupe, ne saurait èti.

Oitié de plaque de ceinturon ayant I

blement appartenu a un prince de la dyna

neb 1 e bijOU est en or till. BVCC lali

FIBL I I

cinthe rouge fonce; il a été trouvé à Wolfsheim (près

Mavence) en 1870 '. Au revers, une inscription établit son origine perse (flg. 1352). C'est le nom d'Arlachshater (Artaxerxès) tracé en écriture pehhvi qui fut en usage sur les monuments lapidaires et nusmismatiques des premiers rois de la dynastie sassanide de

220 à 300 après Jésus-Christ; nous pouvons donc attribuer cette fibule à Artaxerxès I" qui régna de

221 a 240. Ce bijou est absolument analogue pour la technique aux fibules barbares, mais le dessin, le style. l'origine sont persans.

Si de ces lointains pays nous revenons dans nos contrées, nous rencontrons des séries de fibules dont chacune mériterait une étude séparée. L'archéologie anglo-saxonne a fait l'objet de travaux excellents, qui nous font connaître des monuments dans lesquels on constate des traits archéologiques distincts. Les envahisseurs de la Grande-Bretagne auveet au \T siècle y fondèrent des colonies permanentes de Jutes, de Saxons et d'Angles; les Frisons y créèrent de blissements d'importance moindre, les pirates danois s'établirent le long des côtes. De tout cela, il résulte chez les Saxons un type archéologique reconnaissable. principalement chez les envahisseurs du Kent. Ceux-ci

ments que l'esprit le moins prévenu ne pourrait faire autrement que de les attribuer à une seule et même civilisation que représentent encore, mais à une date plus récente, peut-être au vrne siècle, les bijoux splendides tels que ceux de Wittislingen (Bavière).

III. Symboles religieux. — D'une façon générale les tibules offrent peu de devises et de symboles religieux. Parfois, on rencontre des signes païens, le swatiska, rapproché dans certains cas de la croix '. Les barbares ont adopté les symboles, principalement la croix et le poisson qui étaient déjà complètement délaissés depuis longtemps dans la symbolique chrétienne 3. On le rencontre sur des fibules trouvées à Herpès, tandis que la croix et les poissons paraissent sur des fibules de ceinturon caractéristiques de l'art des Wisigoths '. Une importante série burgonde représente, ou cherche à représenter le prophète Daniel (voir ce mot) entre les lions. Ce type ne se rencontre ni en Allemagne, ni en Angleterre, ni en Danemark, ni en Norvège, il est spécial à la Bourgogne et n'a été rencontré en dehors de cette aire qu'à Gaillac (Tarn), Guignan i(rers) et Bouvignes (Belgique). L'orant aussi a été représenté sur les fibules barbares et la maladresse des artisans a abouti à représenter un type

ëirnsm &¥»â;

Ëlïi

4352. — Boucle de ceinturon de Wolfsheim. D'après Molinier. Histoire générale des arts appliqués à l'industrie, t. IV, p. 15.

avaient beaucoup voyagé avant de s'arrêter et avaient accueilli beaucoup de choses qui ne se mélangèrent pas toujours harmonieusement. Le goût et l'adresse de l'exécution sont remarquables, principalement dans les fibules qui nous frappent par l'élégance du dessin, l'harmonie des couleurs et la délicatesse du travail. Ces fibules ont fait, ainsi que l'archéologie anglosaxonne tout entière, la matière d'une étude approfondie de M. de Baye. Aucun de ces bijoux ne paraît se rattacher au christianisme. Mais il est nécessaire de dire que les fibules de Kingston, de Giltcn, les bijoux et les croix sortis des tombes des comtés de Suffolk et de Kent procèdent du même art que les boucles, fibules, bractéates, pommeaux d'épée provenant de Suède et de Norvège. Les bijoux découverts en Allemagne nous offrent des ornements analogues. Avec les figures géométriques reparaissent partout les poissons et les oiseaux de proie dont la décoration n'a retenu que les lignes générales. Partout on retrouve les mêmes formes, même ces polyèdres ou ces boules en cristal de roche, dont le tombeau de Childi la couronne de Suinlhila nous ont montré l'emploi, ou des boucles de ceinture dont les analogues se sont trouvées dans les fouilles d'Herpès (Charente). L'identité est tellement frappante' entre ces divers monu-

1 A. von Cobausen, Rômische Schmelzmuck.dans Annalen des Vereins fur nassauischeAlterthumskunde und Geschichislorschunq, Wiesbaden, ixt:!, t. xn ; Ch. de Linas, I gtnes de l'orfèvrerie doisonnéet t. i, p. 5 sq.. pi. i; E. Molinier, Histoire générait des nr/s appliqués à l'industrie, t.iv. p. 15. — : E. Barrière-Flavy, Les arts industriels en Gaule

qui rappelle à s'y méprendre celui des stèles offertes à Baal Saturne dans le temple africain de Doui: i On voit encore sur une fibule de La Balme, Daniel et Habacuc '. E. Le Blant a cru voir sur une plaque des chrétiens livrés aux bêtes 7. Une fibule ronde, plaquée d'une feuille d'or et trouvée à Oron, en 1888 représente un cavalier dans lequel on a pensé voir saint George terrassant le dragon: aujourd'hui on revendique cette fibule pour l'iconographie du roi Salomon. Le culte de saint Georges est ancien, mais l'épisode du combat avec le dragon ne semble pas avoir été répandu avant l'an 1000 et imaginé beaucoup auparavant. Salomon aurait plus de droits, il avait d'ailleurs (voir Amulettes) une tradition en sa faveur qui le représentait arme, en selle, tuant un monstre. Il est donc possible que la fibule d'Oron, au lieu d'appartenir à l'hagio graphie, ne relève que du folk-lore. Au cimetière burgonde de Fétigny on trouve la croix représentée mais e'est généralement une croix ancrée, qui semble datei de la seconde moitié du vu" siècle. Les croix équiiatérales sont d'époque postérieure.

IV. Centres de FABRICATION. — Il est surprenant qu'on ait voulu déterminer la place de la fibule d'une façon rigoureuse dans l'habillement des barbares. Tantôt on l'a remontrée sur les épaules, tantôt sur

du v au vnr siècle, in-4". Paris. 1901. I. I. p. 311. — ' Ibid., t. i, p. 312. — ' Ibid., t. i. p. Mi.t: Album, pi. xxxv, n. 1 ; pi. xxxvi, n. 3. — '' Ibid.. t. i. p. 321, (lg. L03, pi. xn,n. 1'. — 'Ibid.. 1. 1, pi. xl.ii. 3.— T H. Le- Manuel d'archéologie chrétienne, in-8°, Paris. 1007, t. n, p. 146, flg. 310.

i ii; lu:

omen, et quand on veut bien songer aux causes multiples qui ont dérangé Ils ossements dans les tombes inviolées, on s'étonne que la fibule dût, au jugement de certains archéologues, j occuper une place fixe. La libule est une nécessité du vêtement pour les vivants, elle ne l'est plus pour les défunts, que les survivants habillent et parent à leur gré, retranchant ceci, ajoutant cela. En outre la fibule est faite pour attacher, et pouvons-nous savoir si elle n'a pas servi à un emploi différent de celui de la toilette. Des monuments anciens représentent des personnages portant une tlbule unique placée au milieu de la poitrine; ne se trouvait-elle pas à cette place comme souvenir, ou même servant à réunir quelques Heurs puisqu'on en déposait dans les tombes; quoi qu'il en soit, cette coutume de porter une libule unique sur la poitrine ne parait pas caractéristique de l'époque franque; elle semble caractériser plutôt l'époque carolingienne. Une autre conjecture que rien n'autorise veut faire dériver la fibule allongée, chère aux peuples barbares, delà fibule romaine en forme d'arquebuse. Mais celle-ci

Fibule en or, provenant d'Asie Mineure.

British Muséum.

D'après O. Dalton, Catalogue, pi. i\ , n. 252.

n'est pas antérieure au m* siècle et, à cette date, les peuples envahisseurs semblent déjà en possession de la fibule allongée ; on attribue avec vraisemblance, au nie siècle, les fibules trouvées dans le Caucase et le Bosphore cimmérien. Il semble plus sage de chercher l'origine de cette libule en Orient. L'aspect de l'ornementation est asiatique, <>n y reconnaît ce style composite propre aux bijoux appartenant à l'ancien arl tcythique. Cette particularité n'exclut pas néanmoins les modifications postérieures.

On peut Indiquer quelques centres de fabrication de fibules barbares, a l'époque des invasions, par exemple l'Ile de Gotland, mais a ce point de vue nous s encore dans une profonde ignorance; tout au plus peut-on désigner quelques étapes, entrevoir une direction générale, spécifier les caractères distinctifs des produits d'une région par rapport à ceux d'une

ré'jion différente. La (orme primitive se conserve, mais la décoration laisse entrevoir des 'joùts, de férenres auxquelles ii tera peut être possible un jour de rattacher la technique d'une tribu déterminée. i L'identité absolue des [ormes ne peut affirmer qui' des échange!, di . des butins pris sur

une tribu vaincue. L'Industrie des peuples barbares, comme toutes les IndUStril lu, son

origine commune, son perfectionnement, ses nuances

idence. L'Influence byzantine n'a pu

s'exercer que sur un nombre limité de nations bar-

bares. La masse des envahisseurs n'a pas séjourné a Byzance, chaque nation a conservé ses traditions.

Avant d'arriver à Byzance, les tribus avaient une industrie caractérisée dont on retrouve les traces sur les routes qu'elles onl suivies. Toutefois, il n'est pas possible d'admettre qu'elles s'approvisionnaient dans les mêmes centres. Les luttes qu'elles soutenaient les unes contre les autres ne permettaient pas de le supposer. Le mélange des différents t> pes esta remarquer. Quant aux exceptions, elles peuvent s'expliquer par des fréquentations isolées, t ne fibule à tête carrée, provenant de Testona, s'est retrouvée a Charnay, a Caranda, à Gillon et en Scandinavie. La Suède, en effet, possède de splendides fibules allongées. Elles forment une catégorie exceptionnelle.

Rien de plus transportable qu'une broche, un bijou dont on ne se sépare pas à raison du service, de la parure et du souvenir. C'est ce qui, sans doute, doit expliquer la présence de fibules isolées sur tel ou tel

Fibule en or, provenant d'Asie Mineure.

British .Muséum.

D'après O. Dalton, (.'idnluriiif, pi. iv, n. 253.

pointet qui ne semblent avoir été retrouvées que pour dérouter les théoriciens, leur faire imaginer des rapports commerciaux, des communications établies, là où il faut tout uniment voir un individu isolé, peutêtre un voyageur, ou bien un habitant enterré avec le bijou rapporté d'un lointain voyage ou envoyé par un ami, porté et aimé à cause de son exol isme.

V. Fibules gréco-latines. - Les fibules barbares sont si nombreuses que. malgré leui tei anique souvent misérable, on est obligé de leur accorder une la attention, mais pour rates que soii ni les bijoux chrétiens d'un art plus délicat, ils ne nous o firent pas moins quelques exemplaires de fibules d'un grand intérêt

et d'une variété plus marquée que les diverses catéde fibules barbares.

Fibule en or, trouvée en Asie Mineure cl entrée au British Muséum en 189 ni 0 m. 0

Elle est formée de deux plaques percées, soudi

l'une a l'autre par une épaisse bordure de

r la faci i ée de mai

Former des e

r une feuille cl dans la pal le uni- eh.-i

cheval, accompagnée d'un bon, et i elle un arbre. La ' leure offre

FIBULE

pures. Cette plaque aura dû perdre ou son anneau de suspension ou son afTiquet, vu ses dimensions il est plus vraisemblable qu'elle servait de broche plutôt que de médaillon. Le bijou semble remonter au ive siècle (fig. 4353).

Bibliographie. — 0. Dalton, Catalogue oj early

Bibl. — 0. Dalton, op. cit., p. 40, n. 253, 254, pi. iv.

Fibule en bronze trouvée à Jérusalem (tombes des Prophètes), entrée au British Muséum en 1849. C'est une plaque mesurant 0 m. 067, encadrée d'une sorte de cordon perlé grossièrement indiqué. Une figure masculine nue. appuyée sur un bâton, les jambes

/il Mi

4355 et 4356. Fibules en bronze, provenant de Jérusalem. — 4357. Fibule en or, British Muséum. D'après O. Dalton, Catalogue, n. 258, 261, 265.

Christian antiquilies and objects from the Christian East in the départment of British and médiéval anliquities and ethnography of the Bristish Muséum, in-4°, London, 1901, p. 39, n. 252, pi. iv.

Fibule en or, trouvée en Asie Mineure et entrée au British Muséum en 1897; hauteur, 0 m. 062. Elle se

croisées, un chien assis â ses pieds, et de l'autre côté un arbre. La charnière existe encore ainsi que l'amorce pour la ceinture. Si le travail n'était pas tellement grossier, on pourrait y voir une divinité païenne; mais la nudité n'est guère une objection à ce qu'un modèle païen ait été employé par des chrétiens et il est assez

4358. Fibule d'or du musée de Turin (n. 3, 4, 5). D'après Mémoires de la Société des antiquaires de France, p. 321-32S. — 4359. Fibule d'or du musée de Vienne, (n. 1, 2). D'après Mém. de la Soc. des anl. de France, p. 329, 330. — 4360. Fibule d'or du British Muséum (n. 6). D'après Dalton, Catalogue, n.264. — 4361. Fibule de bronze du Brit. Mus. (n. 7). D'après Dalton, Catalogue, n. 256. — 4362. Fibule de bronze du Brit. Mus. (n. 8). D'après Dalton, Catalogue, n. 257.

compose d'un médaillon niellé offrant l'effigie d'un empereur imberbe et nimbé portant la chlamyde retenue par une large fibule. Autour du médaillon, un cadre perlé au-dessus et au-dessous, trois amandes celle du centre étant censée figurer une feuille ( fig. 4354). Un bijou presque semblable montre le médaillon niellé dans une couronne de laurier; le reste est comme la fibule décrite.

possible que l'on ait pensé représenter ici, vaille que vaille, le bon pasteur avec son pedum et son chien dans l'attitude qu'on rencontre sur tant de monuments chrétiens (fig. 4355).

Fibule trouvée au même endroit et entrée en 1849 dans le même musée (fig. 4356). C'est une plaque de bronze de 0 m. 055, décorée sur ses deux faces et entourée d'un cordon perlé. Sur une des faces, une

ni: i LE

ligure masculine et une ligure féminine, «le l'autre côté, une figure masculine faisant une offrande à une statuette de Diane posée sur un piédestal. Cette fois encore, il est possible que la confusion qui faisait méconnaître les sujets païens pour leur supposer une signification chrétienne ait vu dans ce sujet un sac rince d'Abraham avec lequel il présente, à première vue, certaines analogies. On n'y regardait pas fort près et nous avons déjà rencontré, à Cartilage et ailleurs, des transformations aussi singulières.

Bibl. — 0. Dalton, op. cit., p. -12, n. 258, 2G1.

Fibule en or, entrée au British Muséum en 1897, de 0 ni. 025 (fig. 4357). On y a représenté un arbre à trois feuilles stylisées. Dans les angles, quatre perles.

Bibl. — 0. Dalton, op. cit., p. 43, n. 205, pi. iv.

Fibule en or et émail, provenant probablement d'Italie, au British Muséum, offrant un buste féminin grossièrement exécuté, (voir fig. 4054, la dernière de la rangée inférieure).

Bibl. — De Linas, Histoire de l'orfèvrerie cloisonnée,

en 1863 d'un brocanteur (fig. 4359). D'un côté on lit :

CONSTANTI de l'autre: VI VAS

Il est impossible de déterminer le personnage et de dire si c'est l'empereur Constance.

Bibl. — Corp. inscr. lat., t. m, n. 6016 »; I ;. Mowat, A'otice sur quelques bijoux d'or au nom de Constantin, dans Mém. de la Soc. nat. des antiq. de France, 1889, t. I, p. 329,330.

A ce type et bien qu'elles n'aient absolument rien d'impérial, nous rattachons trois monuments. Fibule d'or, provenant d'Orient, entrée au British Muséum en 1897 (fig. 4360). L'épingle manque. On lit sur le bijou + ÔT KAPIC

Bibl. — 0. Dalton, Catalogue o/ early Christian antiquities, 1901, p. 43, n. 264, pi. iv.

Fibule de bronze, entrée au British Muséum en 1856. La figure 4361 dispense d'une plus longue descrip-

1363. — Fibules trouvées à Vertault.

D'après Bull, de la Soc. des antiq. de France, 1899, p. 292, 293.

4361. — Fibule en bronze

du musée de Berlin.

D'après YVulrf, AUchristllche Bildwcrke, n. 1172.

1. 1. pi. iv. fig. 3; O. Dalton, Byzantine art and archteologie, ln-8°, Oxford, 1011, p. 503, 505, fig. 301.

VI. Fibules impériales — Fibule dur, en arc, conservée au musée de Turin, venue de l'Hôtel de la Monnaie de cette ville où elle avait été apportée pour être jetée au creuset. De chaque côté de l'arc, on lit une Inscription ( lig. 4358) :

CONSTANTINE / CAES / VIVAS /

et de l'autre côté :

HERCVLI / CAES / VINCAS ■

Cette fibule a été offerte a un personnage qualifié Constantin César et César Herculien. Le premier éditeur, H. Pais, a renoncé à les distinguer. Mommsen. et après lui H. Mowat , ont montré qu'il s'agit de Constantin le Grand.

Bibl. - Corporis inscriptionum latinarum Supplementri italica consilio tl auctoritali Academia Lgnceorum édita, jase I. addit ad po/.jl tdld. Il Pats, ln-4°, Romi, 1888, p. 215, n. 1086; p. 278; H. Mowat, Notice sur quelque» bijoux d'or au nom de Constantin. dans Mém. de la Soc. nul. drs antiq. de France, 1889, t. i„ p. 321-328.

Fibule d'or, au musée devienne < Autriche); acquise

tion: on remarquera le chrisme et au-dessus un buste nimbé. Est-ce un empereur? l'ornement placé sur la tête pourrait être pris pour un diadème, mais aussi pour évêque portant la mitre. Comme ce monument est, semble-t-il, du rv* siècle, on peut exclure l'évêque mitre et préférer une elligic Impériale. On volt ™ effet des fibules de ce type sur le diptyque de Monza.

Bibl. — O. Dalton, Catalogue, p. 10, n. 256.

F'ibule de bronze, provenant de Jérusalem (Tombes des Prophètes), entrée au British Muséum en 1849 (fig. 4362).

Bibl. — O. Dalton, Catalogue, p. Il, n. 257.

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