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avoir le sens de « campagne » : ad extremum Leudastes pucros Merovechi qui in pago egressi fuerar.l..., gladio trueidavU '. Aussi Longnon conclut avec A. Jacobs que, dans les écrits de l'évêque de Tours, pagus était « un terme incertain et vague que traduisait parfaitement notre mot pays *. »
Reste à savoir s'il en est de même dans les actes publics ou privés?
Au début de la période dans les limites de laquelle nous réduisons nos études, la circonscription ecclésiastique coïncide assez généralement avec la circonscription civile, et la cioitas possède un évèque qui exerce, au point de vue spirituel, une aulorité parallèle à l'autorité judiciaire ou militaire du cornes. La présence d'un cornes n'entraîne pas nécessairement l'existence d'un comitatiis, mais la circonscription porte dès lors le nom de pagus et les chartes n'indiquent jamais la situation d'une villa autrement que par le pagus dont elle dépendait a.
Grégoire de Tours nous fait connaître dix-huit villes de la Gaule qui étaient, en son temps, le siège ou la résidence d'un cornes, ce sont : Angers ', Angoulême ', Autun \ Auvergne 7, Auxerre 8, Bordeaux *, Bourges 10. Chalon-sur-Saône ", Châteaudun ", Javols ", Limoges ", Meaux 1S, Orléans ", Poitiers ", Rouen ", Saintes ", Tours '", Lyon ". Grégoire mentionne assez fréquemment les comtes sous la qualification de cornes urbis, en y ajoutant le nom de la « ville » — au sens de territoire, évidemment — où ils exerçaient leur mandat. A. Longnon en induit que l'urbs était réellement la circonscription du comilatus. Au reste, ajoute-t-il. on a tiré des capitulaires carolingiens la preuve qu'au temps de Charlemagne le comte était regardé dans la cité, cioitas, comme le fonctionnaire qui, dans l'ordre laïque, correspondait à l'évêque •*.
Plus tard, c'est-à-dire dans le cours du vil" et du vin» siècle, le nombre des pagi ou des comitalus s'accrut considérablement par le démembrement des pagi primitifs et, cela, presque exclusivement dans la partie de la Gaule où les rois francs séjournaient le plus habituellement, soit que les offices de comités fussent plus recherchés dans les Germanies, les Belgiques et les Lyonnaises, qu'habitaient de préférence ies hommes de race franque, soit que la présence des rois dans ces provinces leur fit prendre plus de souci de leur administration que de celle des provinces plus éloignées, telles que les Aquitaines, les Narbonnaises
'Hist. Francor., 1. V, c.xiv. — ! A. Jacobs, op. cit., p. 46; A. Lonsnon, op. cit., p. 2S. — ' A. Longnon, op. cit., p. 20.
« Hist. Francor., 1. VIII, c. xvm. — ' Hist. Francor.,
]. VIII, c. xxxvn. — ' Vite Patrum, c. vn, n. I. — ' Vitœ Patrum, c. iv, n. 3; Hist. Francor., 1. IV. c. xm; I. VIII, c. xvm;l. X,c. vrn; Miracula beati Juliani,c. xvi;Dc gloria conlessorum, c. xxxv. — ' Hist. Francor., 1. IV, c. XLn. — » Hist. Francor., 1. VIII, c. VI. — '• Hist. Francor., 1. VII, c. xxxvm. — n De gloria martyrum, c. liv. — l1 Hist. Francor., 1. VII, c. xxix. — " Hist. Francor., 1. IV, c. xi; 1. VII, c. xxxvn. — ■ " Hist. Francor.. 1. VI, c. xxn; 1. VIII, c. xxx. — li Hist. Francor,, 1. VIII, c. xvm. — '• Hist. Francor., I. VII, c. xra. — » Hist. Francor., 1. V, c. xxv.
n Hist. Francor., 1. VI, c. xxxi. — " Hist. Francor.,
I. VI, c. xlv : 1. V III, c. xxn. — "Hist. Francor., l.V, c. xi-vm ; 1. VII. c. xxm. — ■■ Vilse Patrum, c. vm,n. 3. — ;JM.Deloche, Études sur la géographie historique de la Gaule, dans Mémoires présentés par divers savants à V Acad. des Inscriptions, t. iv, part. 2, p. 120. — " Miracula beati Martini, 1. II, c. xlviii ; 1. III, c. xi, xwn. — 2* De gloria martyrum, c. ix, xlviu; Miracula beati Juliani, c. m; De gloria confessorum, c. I; Vit r Patrum, c. xn, 1. — '■ Miracula beati Martini, 1. II, c. vi ; De gloria martyrum, c. i.xv:. — ' Historia Francorum, 1. IV, c. xLin. — -1 Miracula beati Martini, 1. IV, c. x\. — ■ '* Histor. Francor., 1. V,c. xiv. — • " Hist. Francor., I. VIII, c. xlih; ViLePatrumc. ix, 1; c. xvi, 1 ; De gloria martyrum. c.t-ix. — '"Degioriacon/essorum.c.XLVi. — " Miracula beati Martini, 1. IV, c. xi; De gloria confessorum, c. xxiv. —
et les Viennoises. Toujours est-il que, d'après A. Longnon, les pagi de seconde formation ne dépassent pas en général une ligne partant du mont Saint-Michel dans la direction de Lyon.
12. TERRITORIVM. — Voici encore un terme que les écrivains et les rédacteurs de chartes emploient indifféremment avec le mot payas pour désigner les circonscriptions civiles. Grégoire de Tours nous a conservé dans ses divers écrits les noms de vingt-huit territoria, qui sont :
Terr. Andegavum **; Arvernum"; Aurelianense 2S; Avennicum-*; Ausciense *■ ; Autissiodorense2" ; Biturigum " ; urbis Burdegalensis3"; Carnotenum21 ; urbis Cavillonensis*2; Cenomannicum " ; Divionense"; Gabalilanum*5; Lingonicum3*; Meldense"; Namneticum " ; Petrocoricum "; Pictavum 40; Regense "; Rhedonicum"; Sanlonicum K ; Silvaneclcnse"; Suessionicum''; urbis Trevericss"*; Turonicum" ; Vellavum"; Viennense "; Viromandense 50.
13. TERMINUS.. — Ce terme a reçu en Gaule une signification différente de celle qu'il avait à l'époque classique où il désignait les bornes ou la limite d'une propriété. Chez Grégoire de Tours, nous le trouvons employé vingt-sept fois et servant à désigner quinze cités différentes; il a donc le sens de territoire dans ces passages :
Terni. Agenncnsis "; Arvernus **; Augustodunensis H; Aurelianensis 54; Bituricus "; Burdegalensis "; Carnotenus "; Gabalitanusis; Lemovicinus 59; Namne- Hess 60; Pictaous "; Rothomagensis '*; Ruthenus "; Turonicus M, Vellavse urbis 65.
« Si les écrits de Grégoire constituaient les seuls documents relatifs à l'époque mérovingienne, on pourrait induire de cette liste que terminus était alors un véritable équivalent de pagus (pris au sens administratif) et de territoire; mais un diplôme de l'an 710, dans lequel le territoire de la villa Vernum est nommé terminus Verninsis 66, prouve qu'au commencement du vme siècle, tout au moins, terminus désignai! également la circonscription la moins étendue, celle qu'on appela jusqu'à la Révolution du nom de paroisse, c'est-à-dire la commune moderne. Terminus était doncun synonyme de finis, désignation fréquemment usitée du vm' au xe siècle par les rédacteurs de chartes dans les provinces de nord-est de la France,' et dont le sens étymologique est également le même que celui de terminus •'.
" Miracula beati Martini, 1. III, c. lx. — " Mirac. b. Mari.. 1. IV, c. XLn. — "Hist. Francor.,l. IV. r. xxxv. — <* De gloria confessorum, en. — 36Deglor. confess.,c. Lxxxvm. — '7 Hist. Francor. ,1. VII, c. xxvm. — ** Hist. Francor., t. IX, c. xxiv.
— " De gloria conlessorum, c. ci. — " Miracula beati Martini, I. III, c. xlvi. — " Hist. Francor.. 1. IV, c. xlui. — " Hist. francor., c. xxiv. — " Miracula oeaii Martini, 1. IV, c. xxxi., — " Hist. Francor., 1. VI, c. xiv. — ,s Hist. Irancor., I. V, c. in. — '6 Hist. Francor., I. III, c. x. — '; Hist. Francor., 1. II, c. xxxvn; 1. VI, c. xxi; De gloria martyrum, c. cv; Vite Patrum, c. xvm, n. 1. — " Hist. Francor.. 1. IV, e. xlvii. — " Mirac. beati Martini, 1. II, c. xvm. — '• Mirac. beati Martini. 1. U.c. xix. — "Hist. Francor., 1. VII, c. xxxv. — »• Hist. Francor., 1. X. c. vm ; Vite Patrum, c. xi, n. 1. — "De gloria confessorum, c. xcvni — " Hist. Francor., 1. IX, c. V. — " Hisl. Francor., 1. VIII, c. xlui; De glor. martyrum, c. lix; Vite Patrum, c. ix, n. 1; c. xvi, n. 1. — '* Hist. Francor., 1. IX, c. v. — " Hist. Francor., 1. V, c. xxiv. — 68 Hist. Francor., 1. X, c. vm. — 69 De gloria martyrum, c. xxxvn. — .60 Hist. Francor. .1. IX, c. xvm. — 61 Hist. Francor., 1. II, c. xxxvn; 1. V, c. xlh; 1. VII, c. m; 1. IX, c. xxxv; De gloria martyrum, c. xc; cî. Hist. Francor., 1. IX, c. xm; De glnna martyrum, r. ca u.
— ,: Hist. Francor., 1. VII, c. xvm. — •' Ibid.,\. X.c. \m — ,s Ibid., I. II, c. xxxvn; 1. VI, c. xxi; De gloria martyrum, c. cv; Vitœ Patrum, c. xvm.n. 1. — '* Hist. Francor., I. X, c. xxv. — •• J. Tardif, Monuments historiques, Paris, 1S86, p. ,'ÎS. — *' A. Longnon, op. cit., p. 35.
FRANCIS. VI