I. 1 X, c. xui. - ' i. a. I
- Paris, 1S7S. p. I I
- Hilil.
FRANCE. — VI
Grégoire donne indifféremment a un grand nombre de villes de la Gaule les titres de cwitas et d'urbs; en voici la liste : Aire, Albi, Angoulème, Autun, Auvergne (Clermont),Auxerre, Avignon, Béarn,Béziers,Bordeaux, Bourges, Cahors, Cambrai, Chaion-sur-Saône, Cologne, Embrun, Langres, Limoges, Lyon, le Mans, Meaux, Metz, Nantes, Orléans, Paris, Poitiers, Reims, Rodez, Rouen, Saintes, S'issons, Tours, Trêves, Vannes, Verdun, Vienne. De plus il donne le nom de ciuitas à Avranches, Baveux, Besançon, Bigorre, Conserans, Coutances, Labourd, Tournai, Zùlpich. En outre des villes auxquelles Grégoire donne indifféremment les deux titres, il réserve le mot urbs aux suivantes : Agde, Agen, Aix, Angers, Arles, Auch, Bazas, Carcassonne, Cavaillon, Châlons-sur-Marne, Chartres, Comminges, Dax, Die, Genève, Grenoble, Javouls, Laon, Mâcon, Maestricht, Marseille, Momociacus, Narbonne, Nevers, Nice, Nîmes, Périgueux, Rennes, Senlis, Sens. Strasbourg, Tongres, Toulouse, Troyes, Uzès, Valence, Velay, Viviers. Parmi ces villes, un certain nombre n'avaient pas encore le rang de ciuitas lorsque fut rédigée la Notitia au début du ve siècle, c'étaient Chalon-sur-Saône, Labourd et Zùlpich auxquelles Grégoire donne ce titre et Agde, Carcassonne, Chalon-sur- Saône, Mâcon, Maestricht, Momociacus, Nevers, Nice, Uzès, auxquelles il prend sur lui de donner le titre d'urbs.
3. mvnicipium. — Ce terme servait, sous l'Empire, à désigner une ville municipale se gouvernant d'après ses lois particulières et dont les citoyens jouissaient du droit de cité. A l'époque mérovingienne, le mot devenait d'un usage assez rare et Grégoire de Tours n'en a fait usage que deux fois pour désigner des chefslieux de civitatcs : Mummolus, fils de Peonius, dit-il, était habitant de la ville d'Auxerre. Peonius gouvernait le comté de ce municipe (Peonius vero hufus municipii comitatum regebal) l; — A une certaine époque, lorsque l'évêque Francon gouvernait l'église du municipe d'Aix (cum Franco episcopus hujus municipii ecclesiam gubernaret) '. Au moyen âge, ce terme devient tout à fait rare, et c'est surtout un mot savant qu'on tend à appliquer à des localités peu importantes, et, finalement, au château fort.
4. oppidum. — Grégoire de Tours reste dans la tradition classique lorsqu'il applique ce mot à une place forte plus importante que ne l'est un simple castrum. Il qualifie d'oppida les onze civilates suivantes : Auxerre, Bordeaux, Mâcon, Nîmes, Orléans, Paris, Périgueux, Reims, Saint-Quentin, Tongres et Zùlpich; tandis qu'un seul castrum (Birten= Bertunum, dioc. de Cologne) reçoit ce titre d'oppidum. A l'époque mérovingienne, oppidum était pris au sens de pagus ou de territoire 3. On a trouvé un exemple au moins dans Grégoire de Tours lorsqu'il qualifie saint Cyprien du titre d'abbas Petracorii oppidi '; or le monastère en question se trouvait situé à 54 kilomètres environ de la ville épiscopale de Périgueux et il a donné naissance à la ville de Saint-Cyprien (Dordogne).
5. CASTRCU. — Dans la Notitia, le titre de castrum est donne a des villes n'ayant pas le rang de civitas, mais dont l'importance était telle néanmoins que plusieurs castra devinrent sièges épiscopaux. Le castrum Cabilonensr devint ainsi siège épiscopal et Grégoire de Tours en prend occasion pour lui décerner le titre plus imposant de civitas *. On a vu qu'il n'avait pas la même hardiesse pour Dijon, tandis qu'il n'hésite pas à donner le lilre d'arbs à de simples castra : Chalon, Mâcon, Nevers, Agde, Carcassonne. Au vi« siècle, Grégoire ru- tait mention pour la Gaule que de vingt -cinq castra, qui sont Blaoium (Blaye); Caino, (Chinon) Ca-
' Hist. Prancor., 1. IV, c. xli. — 'De gloria confessorum, c. lxxi. — ' A. Jacobs, Géographie de Grégoire de Tours,
praria (Cabrières); Capul Arielis (Cabaret);
fluens (Coblentz); Dese, (Dio); Dispargum; Danurn (Châteaudun); Eposium (Ivoy, aujourd'hui Carignan); Gredonense castrum (Grèzes-le-Château): Levolautrum (Vollore); Luccœ (Loches); Mediolanum (Châteaumeillant): Meroliacus (Chastel-Marlhac); Miglidunum (Melun); Nivîsium (Neuss); Sellus (Chantoceaux); Tauredunum; Termodorum (Tonnerre i: Thigernum (Thiers); Trinorcium (Tournus); Ugernum (Beaucaire); Vabrense castrum; Victoriacus (Vitry-le-Brûlé); Vindocinum (Vendôme). De ces localités, deux ont disparu : Tauredunum et castrum Vabrense; trois sont déchues au rang d'infimes villages : Caput Arielis, aujourd'hui Les Tours (Aude); Cabrières et Dio; trois ent, au contraire, connu un assez gran 1 développement : Coblentz, Dijonet Melun : quatre ont, avec le temps, ajouté le mot castrum à leur nom : Dunum, Mediolanum, Meroliacus, Sellus, sont devenus Châteaudun, Châteaumeillant, Chaste I- Marlhac et Chantoceaux (pour Châteauceaux).
6. Casteli.vh. — A l'époque mérovingienne, castellum était d'un emploi moins fréquent que castrum : postérieurement ces deux mots furent employés indifféremment et rastetlum était communément employé. Grégoire de Tours toutefois ne donne le titre de castellum qu'à quatre localités : Blaye, Châteaudun, Neuss et Vendôme, et, pour Châteaudun et Vendôme, il ne fait que reproduire le texte du traité d'Andekt.
7. Vices. — Pour les auteurs classiques, le mot vicus désigne un quartier ou plus simplement encore, une rue dans une ville. Il n'en est plus ainsi à l'époque mérovingienne et chez Grégoire de Tours, la signification de vicus s'applique de préférence à un lieu ouvert, analogue à ce que nous nommons aujourd'hui « village », Grégoire applique ce terme à soixantequatre localités dont trente-six étaient certainement pourvues d'une basilique. Voici cette liste (la lettre B désigne les vici ayant une basilique) :
Alingaria (B), Langeais; Ambacia (B), Amboise : ■ Arisitunt (B), Alais; Arthona, Artonne; Atroa, Ame: Avallocium, Havelu; Balatcdo (B), Balesmes; Becciacus. Bessay; Bricca (B), Brèches; Briotreidis (B), Brizay; Brii>a Curretia, Brive-la-Gaillarde; Briva (B). Brives, Bourges; Brinns (B), Brioude; Brixis (B). Braye, auj. Reignac; Caino (B). Chinon; Calalonnum (B)',Cerale (B). Céré; Cisomagus (B). Ciran-la-Lalte; Columna, Saint-Père-Avy-la-Colombe; Condate (B). Candes; Cornutius, Corps-Nuds ; Cracatonnum, Craon ; Crnvium; Dolum, Déols; Dolus (B), Dol; Eoaunum, Evaux; Evena (B), Esvres; Gaudiacus, Joué; Geina, Gennes; Iciodorum, Issoire; Isiodorum (B), lzeure; Lambri, Lambres; Laudiccus (B), Montlouis; Li'raniacus (B), Saint-Germain-Lembron; Lipidiacus : Lu, cœ (B), Loches; Lu.liacus, Luzillé; Manlidomagus, Manthelan; Mauriopes, Pont-sur-Seine; Mediconnum (B), Mougon ; Musciacœ (B), Moissat ; Nazarii (vicus bealij (B), Saint-Nazaire; Nemptodorum (B), Nanterre: Nereus (B), Neris; Nobiliacus, Neuillé-le-Lierre; Noviliacus. Neuillè-le-Pont pierre; Noviliacus, Neuilléle-Noble; Octavus, Saint-Symphorien d'Ozon: Orbigniacus (B), Orbigny; Prisciniarus (B), Pressigny-le- Petit; Ratiatum, Bezé; Reontium (B), Rions; Rocimagus (B), Riom; Tnlomagus (B), Pont-de-Ruan ; Sexciacus; Solonacus (B), Sonzay; Talva, Tarbes; Tauriacus (B), Tluiré; Tornomagus (B), Tournon- Saint-.Marl in ; Transalium, Trezelle; Vernadum (B), Vernon; Vibriacus (B); Vernadum (B), Bouliac Vullaconnutn. Voultegon. On remarquera dans ci tuliste Caino, Chinon, classe parmi les vici, on retrouve deux fois cette mention du vicus de Caino, ce qui ne
2e édit., p. 28. — 'De gloria confessorum, c. c. Fr<mror., I. IV, c. XVI; 1. V, c. XXI.
Hisl.
I RANCE. —
l'empêche pas de recevoir ailleurs, dans les écrits de
irv de Tours, le titre de caslrum. Grégoire semble du reste n'avoir pas d'opinion bien arrêtée sur le sens du mot vicus A. Longuon a fait remarquer qu'il a peut-être employé ce mot pour designer une riuilas; mais l'exemple qu'il en donne est très contestable. • Marcel, écrit l'evèque de Tours, évêque de Paris iurbis Parisiaav), qui jadis, comme on le lit dans
.Chassa un serpent de la ville (aboppido), repose maintenant in ipsius cioilatis vico. • H. Bordier a traduit avec tonte vraisemblance in ipsius ciuilalis vico
dans le fait! ourg de cette ville, • et comme la sépulture de saint Marcel se trouvait à une certaine
.iista i île, sur le mont Cétard, au lieu où
s'éleva depuis une église dédiée à saint Marcel, il y a tout lieu d'admettre cette traduction. Il n'en est plus de même lorsque Grégoire parle du tombeau d( cencia situe in vico Parisiorum, et il précise : non loin du lieu où est l'église qu'on dit être la plus ancienne I. Si, comme c'est probable l'ecclesia senior est Notre-Dame de Paris, vicus aurait le sens de ville.
Virus aurait aussi été l'équivalent de domus. A. Jacolis a pense voir cette synonymie dans les écrits de Grégoire de Tours a propos de leiodorensis vicus et Iciacensis domus où il voyait Issoire (Puy-de- Dôme) et qui énoncent deux localités . Issoire et Issacla-Tourette (Puy-de-Dôme). Un autre exemple n'est pas plus décisif : Sexciacensis vicus et Sexciacensis domus, si, comme le dit A. LongQOn, les mots Sexciacensis domus doivent probablement s'entendre de la maison la nlus importante du vicus Sexciacus. Enfin, dans les Miracula beati Juliani, Grégoire donne indifiiient le nom de vicus et de domus à une localité d'Auvergne Ximninus igitur, prerbtjter, domus V ibriacensis, marturis Juliani gloriosi reliquias expetivit, <iuus. . lulil usque ad basilicam sancti Ferreoli ijinr procul aft ipso l'iro sita esl '.
s VILLA. — Si on se reporte au capitulaire de villis de Charlemagne on peut prendre rapidement une idée de l'importance de la villa en Gaule. Sur ce point n de Tours n'est pasd'accordavecl'usagecleson temps; ii semble tenté de réduire beaucoup l'importance de la villa dans laquelle il ne voit qu'une sorte de hameau et peut-être moins encore, c'est à-dire, une ferme, une résidence particulière, une maison de campagne, en tous cas, un domaine privé faisant partie d'un vicus. Kn ceci, Grégoire reste fidèle à la langue classique, mais ses compatriotes n'ont pas le même scrupule. Déjà, au v« siècle, Rulilius Claudius Namatianus [ lit de la I>i7fa l'équivalent du vicus > :
Nunc villx ingénies, oppida parva prias.
11 I il encore de même dans la «.aille du vr et du vu» siècle, au moins dans le langage usuel. Les chartes ingunnes ignorent à peu près le vicus; leurs rédacteurs ne semblent connaître au du cas-
lrum que la villa, in diplôme de Chlldebert 1"' donné a l'église de Paris en 55S, mentionne la villa Cellas nominala, cutn basilicis, appendiciis71, etc.
Voici la liste des oillœ mentionnées par Grégoire de
Tours ; la letl re I R) désigne les résidences royales Bclso-
naneum (B),bellain ; Brennacus (R),Berny ; Bulgiatum,
Bonghcal ; Cala (R), Chelles; Compendium (R), Com-
. h'iuriacus, Fleurey-sur-Ouche ; Muchao; Mar-
I : ). Marlcnlu im ; Maroialum, Mareil-sur-l.oir? ; Martiniacus, Martigny; Najojalum,
' Miracula l>mii Juliani, c. xi.mii. — ■ Rutillui v tlanus, Itlnrrarium, I. I, \s. 223. ' Pardesaus, Diplomala,( ,1.1, p. 115. 'A. Lon(i , op. cit., p. 23.
'■ Miracula beall Martini, I. II, <•. xvi. - ' Il i t. 1 r l. VI, e. mi. ' Miracula beall Marllnl, 1. II, c. m.mii. — //ii Froncor., I VI,c. un. - • Vttn Patrum, c. «n, n. 3. — '"/ i -11111,1:. vu. - n Miracula btall Mar-
llnl, I. H. C. X. H r , |. |\. , . MX
Nieul-lez-Saintes ; Nooigenlum (R), Nogenl -sur-Marne; Nucetum (R), Noisy-le-Grand; Pontico (R), Ponthion;
Rhotojalum (R), le Yaudreuil; Rigujolum (R) ou 1 jalum, Rueil; Sauriciacus, Sorcy; (Severiacus I. Civray-sur-Esvres ; Stublo, Estoublon; Thcmellum, Thomeaux; Turnacus, Ternay; Vicloriacus (R), Vitry, sur la Scarpe.
9. domus. — Grégoire de Tours emploie indifféremment domus et villa, par exemple lorsqu'il parle île la villa royale de Marilegia. Le mot domus ne di
que sept localités seulement : Iciacus, lssac; Jocundiacus; Marciacus, Marsas; Marilegia, Marlenl Sexciacus; Vibriacus; Vindiacus.
10. L0CC8. — Selon la remarque de A. Longuon, ce terme est le plus vague di ml un lieu habite et il n'est pas toujours aise d'en déterminer l'importance. Les anciens auteurs latins en faisaient usage indifféremment pour désigner tantôt une r. tantôt une ville, tantôt un simple lieudit. « Dans cette phrase : Liguria quod est locus ameenissimus, l'evèque de Tours applique le mot locus à la Liviêre, région assez étendue des environs de Narbonne, tandis qu'il parle ailleurs de Maurienne, qui devint chef-lieu d'un évêché sous le roi Gontran, et du Puy (Anicium), qui était peut-être dès lors la résidence de l'evèque du Yclay. eu leur attribuant cette même qualification. Ailleurs, en (in, le mol locus est appliqué au château de Dijon (silum loci Divionensis), comme au village de ronce (Isère), ainsi qu'à Nazelles (Indre-et-Loire), où au site de Mediocanlus, qui. choisi pour retraite par saint Patrocle. est occupé aujourd'hui par le village de la Celle (Allier) '.
1 1 . pagus ou Comitatus. — Dès l'époque romaine il existait en Gaule des paqi, véritables divisions territoriales, ayant une administration propre; nous les trouvons mentionnés dans César, dans Tite-Live, dans Pline, mais nous n'avons à nous occuper ici que des pagi de l'époque franque et mérovingienne qui ne cb rivent en aucune façon des pagi romains. Dès le vi« siècle, pagus sert à désigner le territoire gouverne par un comtes et qui, à l'origine, n'avait d'autres limites que celles de la civilas. Grégoire de Tours n'avait pas rompu avec les anciens usages et, volontiers, il donnait le nom de pagus à des vici; même, se conformant au langage des actes publics, il nomme pagus le territoire de la civilas ou du pays régi par un comte; ou bien encore le territoire d'un caslrum. C'est ce qui explique que nous rencontrions chez lui, mais chez lui seulcmen . les pagi : Balbiacensis s, Berravensis ', < nensis7, leiodorensis ', I.ipiiliucensis', NobiliaceRsis", Transaliensis ", Vosagensis '"-. Chez le même auteur. pagus désigne encore le territO ' l'agus Bilurigi lerrilorii a; pagus Piclavensis "; pogi mensis "; pagus Suessionicus "; pagus Tholosanus " et pagus Tornacrnsis ". Toutefois pagus ne représenti
qu'une fraction de la civilas lorsqu'il est question de Miglidunum (Melun) ", de .s/...' ripes) ", et
nodorum (Tonnerre) ". Enfin ; chez Grégoire de Tours a des noms de légions forestières : pagus Carnolenus qui Perlicensis vocanl " (le Perche), el pagus Vabrensls *", la Wo une petite région etbnogra] lenheureux
Senoch, de race i ht iphali
poitevin qu'on .
sage de i'Hisloria b'rancorum montre que pagu
glorta marlyruni, c. i.ix. — " Miracula beati Martini, I. l\ .
c. \w i. - \ u.i- Patrum, c. xv, n. 2. " Hlsl