ARCOSOLIUM DU CHRIST ENTRE SES DISCIPLES
Antérieurement à l'année 337.
Paroi : Autour de la baie de l'arcosolium, superposés en encadrement cintré, les douze apôtres, et le Christ au point culminant, tous isolés revêtus de la tunique et du manteau et assis de la même manière sur un siège à dossier. En bas, à gauche, corbeille contenant des rouleaux. — Lunette : Pasteur en tunique courte, chaussé de petites bottes et appuyé sur un bâton, entre six brebis qui lèvent la tète vers lui; la scène se prolonge sous la voussure de chaque i "l é, les brebis paissent sous les arbres. Au sommet île la voussure, quatre colombes volent par paires, deux vers la droite et deux vers la gauche. Au-dessous du Pasteur, sur un bandeau, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise et l'ange qui les réconforte. Au-dessous de l.i table de l'arcosolium, trois panneaux : â gauche femme tenant une coupe et une branche de fleurs: au centre, un fossoyeur: â droite, une femme tenant
FRESQ1
une branche et une couronne de llcurs, près d'elle à terre, une couronne de fleurs.
Bibl. — L. Perret, Calai t. in, pi. xxxv;
Garrucci, Storia, pi. lxxxu. 1 ; Le Fort, Peint, chril., ii. 54; J. Wilpert, Pillure, pi. cui.
5° .1 de Bosio). Deuxième moitié du
ive sii
Lunette : Kntre deux vases, orante voilée; voussure : a gauche, en I as, multiplication des pains; en liaui,
Dmmet, sujet ruiné; à droite, en haut, en lia1-, deux brebis qui accompagnent un Bon Pasteur détruit.
Bibl. — Bottari, Scult. e pi//., t. m, pi. CLXXxvm; Garrucci, .storia, pi. lxxxiii, 3; Le Fort, Peint, chrét.,
G» ARCOSOLlUil (2° de Bosio). Deuxième moitié du IVe sii
Lunette : Le paralytique guérison du démoniaque.
; entre les lions, voussure : .Moïse frappant le
rocher, Jouas sous le cucurbile séché, Bon Pasteur
entre deux brebis, Jonas à l'ombre du cucurbile.
résurrection de Lazare.
Bibl. — Bottari. Scult. e pill., t. m, pi. clxxxvu; Garrucci. Storia, pi. lxxxiii, 2; Le Fort, Peint, chrét., P 56 :. Wilpert, Pitlure, pi. ccxi.vi.
WLIVH (1° de Bosio). Deuxième moitié du iv< siècle.
Lunette : Scène du jugement de l'âme par le Cbrisl assis sur un haut tribunal, assisté de deux saints; voussure : Moïse frappant le rocher, résurrection de ire, les trois jeunes Hébreux.
Bibl. - Bottari. Scult. e pill., t. m, pi. ci.xxxvi;
Seroux d'Agincourt, Hlst. de la décad. de l'art, pi.. mi,
Ha, pi. i.xxxn, 2; t.xxxm. 1 ; Le Foi i.
Peint, chrét., p. 55, n. 55; J. Wilpert, Pitlure,
pi, CI Cl XLVII.
8« ESCALIER VOiaiS IiE LA CRTP1 AJNT8
PROTB-BT-ETA.CINTHB, IV siècle.
Le Christ entre saint Prote et saint Hyacinthe.
Bibl. — J. Wilpert, Pitlure. pi. cclx, 1.
Arcosolium en mosaïque; cours du i
Lunette: Encadrement forme de médaillons ronds et fleuronnés. Dans le champ de la lunette, on distingue encore, bien c|ue très altérées, une tête d'homme grandeur naturelle et le sommet de deux autres têtes semblables, placées sur la même ligne. Voussure : Côté gauche, moitié inférieure, en avant, sujet détruit ; en arrière. Daniel entre deux lions; moitié supérieure,
en avant, sujet détruit; en arrière, résurrection de
tvec Martin devant Lazari nouillée aux pieds du Sauveur. Sommet . sujet dét ruit . Iroit, quat i uf, à la
moitié supi vèiu d'une
tiini'i"
mtifleat de saint Léon le Grand
(440-461) "il a la rigueur de celui de S> mimique qui
entreprit des travaux ass.
région niie,
Vlarchi, Monumenli délie arli crlstiane primitive, 1844, t. i. pi. xLvn ; Garrucci, Storia, pi. cav, 1 ; Le Fort, Peint, chrit., p. 91, n. I!
Hypogée de Gaint-Valentin.
bous le pape Théodore
I 'eu ;l. c'est la
Visitation La Vierge nimbée, debout, tenant
ni nimbé. L'Enfant, la tête ceinte d'un nimbe
de botte, et . touchant
une femme vi tue d'une tunique sans maii-
ialomé demandant I l 'Enfant ni i la
d'un adulte) un
fcmi
nom de Salomé est écrit verticalemi
femme de gauche. Cette scène représente la toilette de l'enfant lavé par les deux acci nie la
lente, elle est inspirée par un p. i van-
apocryphes (Voir Diction., l. i, col. 2564; hg. irist en croix, nimbe, vêtu d'une tunique, les pi m pan meut, a côté de la Vierge et de saint Jean l'un et l'autre nimbes. Saint I. allient, , désigne par son nom, nimbé, barbu, vêtu d'une tunique nu d'un manteau. Personnage ii barbu - ntin).
Bibl. Bottari, s, ait. e pilt., t. m, pi exa; cxai; Seroux d'Agincourt, Hist. de la décad. île l'art, pi. xn, S, 17, 18; Garrucci, Storia, pi. lxxxi\ . ii. Marucchi, La cripta sépulcrale de S. Valenlino, nella Via Flaminia rinvenulae descritla, Roma, t .s 7 n ; Le Fort, Peint, chrét., p. '■*'■'•. n. 127.
Via Portuensis. Catacombe dePontien.
rtptbdbs bateliers. Première moitié du Voûte : Bon Pasteur et symboles des Saisons. Arcosolium; Voussure : décoration en écailles; lunette : batelier prenant une cargaison d'ampl Bibl. — Wilpert, Pitlure. pi. ci xxin, 1.
ubr. Deuxième
moitié du IV si
Moïse frappant le rocher. Noé dans l'arche. Bibl. — J. Wilpert, Pitlure, pi. u.xxm. .
i ubr. Deuxième
moitié du IV siècle.
Les trois Hébreux dans la fournaise et le Christ parmi huit apôtres.
Bibl. — J. Wilpert, Pitlure, pi. ccxxv, 2. 1" M lin du v siècle.
Saint Pollion entre saint Pierre cl sainl Marcellin. Bibl. — J. Wilpert, Pillure, pi. ci.v. 2. 5* SÉPULTURE DBS SAINTS : VION.
Fin du
Croix gemmée entre les saints Milix et Pumcnion. Bibl. — J. Wilpert, Pillure, pi. clv, 2.
deux n. -1 et 5 forment la paroi du fond et la
droite de l'ambulai
Bibl. Bottari, S, allure,' / illure. I. i. pi. xi vi.
J. Seroux d'Agincourt. Histoire de la décadence de
l'art, pi. x. 4-7 inclus: L.Perret, Cala Gar
-dorai, i.xxxvn. pl 2. ..: Le Fort, Peint. p. '.>:. n. 1
. ici Ml' S.
du Christ entouré d'un nimbi crucifère audessus, on lit ;
+ DE DONIS Dl GAVDIOSVS FECIT +
Bibl. Perret, Calac. de Rome, i. m. pi Storia, pi. lxxxvi; Le Fort; Peint. p. 'j i Wilpert, rature, pi. . , i.vn.
de.
Le Christ barbu, nimbé, émergeant d'un couronne de Heurs II nnen ali-
Ints Milix et Vincent.
Itild. Bottari, Scult. ■ entai, dr Rome, i. m. pi. in.1 pl. lxxxvh, l.i For!
J. Wilpert. Pitlure, pl cclviii.
Bapl
parente; à drol veux i
in retrait
FRESQUES — FRODEBERT ET IMPORTUNUS
bras un flambeau allumé, à chaque branche de la croix, pend une chaînette terminée, l'une par alpha, l'autre par oméga.
Bibl. — Bottari, Scult. e pitl., t. i, pi. xi.iv: Séroux d'Agincourt, Hist. de la décati, de l'art, pi. x, S ; Perret, Catac. de Rome, I. ni, pi. lu, lv, lvi; Garrucci, Storia, pi. i.xxxvi, 3; Le Fort, Peint, chrét., p. 95, n. 129; J. Wilpert, Pitlure, pi. ceux.
9» CVBICVLE RUINÉ. Cours du mc siècle.
« Ce cubicule a été bouleversé et, pour ainsi dire, supprimé par l'ouverture du grand escalier qui a emporté plus de la moitié de la voûte. Sur la portion subsistante de cette voûte, on discerne encore vaguement les trois jeunes Hébreux dans la fournaise et une figure incertaine. Dans le couloir obstrué qui donnait originairement accès au cubicule on retrouve : d'un côté, Noé dans l'arche, avec la colombe; de l'autre, Moïse, imberbe, vêtu du manteau, les jambes nues, frappant le rocher.
Bibl. — Bottari, Scult. e pitl; 1. 1, pi. xini; Le Fort, Peint, chrét., p. 4U, n 34.
Via Portuensis. Catacombe de Generosa.
1° ARCOSOLÏUM nu BON PASTEUR, v5 siècle.
Cet arcosolium, construit en briques, présente la particularité de faire saillie et d'offrir ainsi une surface en retour.
Lunette : Vestiges devenus invisibles, d'un buste d'orante : paroi hors de la baie, à droite, en haut, fragments du sacrifice d'Abraham, en bas, agneau, très elïacé; flâne droit : pasteur vêtu d'une tunique avec croix gemmée sur chaque cuisse, chaussé de bandelettes, tenant le syringe de la main droite, appuyé de la main gauche sur le bâton, debout, les jambes croisées, entre deux brebis, au-dessus on lit : PASTOR.
Bibl. — DeRossi, Roma sotterr. t. m, pi. l; Garrucci, Storia, p. i.xxxv, 3, 4; Le Fort, Peint, chrét., p. 90, n. 133; J. Wilpert, Pilture, pi. cxn.
2° CUBICULUM DES QUATRE SAINTS. Débuts du
vi° siècle.
Paroi .' Au centre, Jésus-Christ assis, la tête ceinte d'un nimbe crucifère, bénissant de la main droite et tenant de la main gauche un livre à couverture gemmée. A l'extrême gauche, sainte Viatrix, revêtue d'une robe richement brodée; au centre saint Simplicius, vêtu de la tunique et du manteau et saint Faustinianus portant le même costume. A l'extrême droite saint Rufinianus, vêtu d'une tunique à manches serrées et à callicules gemmées sur l'épaule droite et au bas; portant une chlamyde attachée sur l'épaule droite par une riche agrafe et des chaussures étroites qui paraissent à mi-jambes sous la tunique.
Bibl. — De Rossi, Roma sotterr., t. m, pi. u; Garrucci, Storia. pi. lxxxv, 1, 2; l.e Fort, Peintures chrétiennes, p. 92, n. 126; J. Wilpert, Pitlure, pi. CCLXI, CCLXIV.
Via Osliensis. — Catacombe de Thèele.
CRYPTE DOUBLE. Deuxième moitié du IVe siècle.
Arcosolium du 1" cubiculum : Paroi de face: Défunte en orante, vase d'où émergent des fleurs; voussure : Daniel, Moïse frappant le rocher, Christ.
Paroi d'entrée du 2° cubiculum : Daniel parmi les lions, Moïse frappant le rocher, Arcosolium gauche; voussure : vases d'où émergent des fleurs; Arcosolium droit; paroi de face .'.louas précipité dans, la mer et rendu par le monstre, voussure : deux amours avec des guirlandes de fleurs ; lunette : une mère et son enfant introduits dans le ciel par les saints.
Arcosolium du milieu : Paroi de face : Jonas au repos et Jonas irrite: voussure : décoration en écailles; lunette : sacrifice d'Abraham.
H. Leclercq.
FRIOUL. Voir Cividalf., t. ni, col. 1821.
FRODEBERT ET IMPORTUNUS. —
Au nombre des formules publiées par Baluze, et transmises par lui aux éditeurs quil'ontsuivi,se trouve un petit groupe de lettres datant du viie siècle et offrant un intérêt très particulier, puisqu'au lieu d'être écrites en prose, on a employé dans leur composition la prose rythmée et assonancée. Elles se composent de lignes rimées d'inégale longueur. La rime n'y est obligatoire que pour la syllabe accentuée cl nullement pour celles qui suivent. Ainsi vero va bien avec payere, animus avec sYalus, donum avec annone, palaio avec odoralus et même domo avec morimur. Dans la poésie du moyen âge, au contraire, la rime frappa't soit la dernière syllabe seule, soit les deux dernières. Dans nos formules, on ne se préoccupe que de faire rimer les syllabes accentuées, et même on fait rimer des mots accentués l'unsur la pénultième, l'autre sur l'antépénultième : anima avec status, dono avec morimur, robore avec ore, pulilas avec amicilias. La rime n'est souvent qu'une simple assonance, et même e. y correspond à ;', par exemple : condignum, regnum; stringit, /raudolenlus. Les auteurs de ces bizarres compositions semblent au premier abord ne s'être préoccupés que d'accoupler deux par deux, quelquefois quatre par quatre, rarement trois par trois, des lignes d'inégale longueur terminées par des mots semblables pour le son, verba per similitudinem j une ta, selon la définition que contient le titre même d'une de ces formules On y sent un embryon de rythme, un effort vers le rythme.
Les cinq formules offrent une correspondance ironique d'abord, puis tout de suite injurieuse entre deux personnages nommés Frodebert, évêque, et Imporlunus. Dans la première formule, Frodebert se plaint qu'on lui ait fourni du blé de mauvaise qualité, et prie son correspondant de s'entremettre pour lui en procurer de meilleur.
Sanctorum meritis beatificando domno et fratri Importune.
Domne dulcissime et frater carissime Importune,
Quod recipisti, tam dura,
/Estimasti nos iam vic/na (a).
Morte de famé pen're, (b).
Quando talem annonam voluisti largue (c).
Nec ad pretium, nec ad donum.
Non cupimus talc anonse.
Fecimus inde comentum : —
Si Dominus imbolat (d) formentum! —
A foris turpis est crusta;
Ab intus (e) miga nimis est fusca.
Aspera est in palato,
Amara et fetius odoratus (f).
Mixta .vêtus apud novclla (g) ;
Faciunt inde oblata non bella (h).
Semper habeas grutum,
Qui tam larga manu voluisti donutum.
Dum Deus servat tua potestate.
In qua cognovimus tam grande largitatis.
Vos vidistis in domo
Quod de famé (nobiscum!) (]) morimur.
Homo, satis le (k) prsesumo (l) salutmc.
Et rogo ut pro nobis dignetis orare (m)
Transmisimus tibi de illo pflne; (n)
Probato, si inde potis manducore (o).
Quamdiu vivimus, plune
Libérât (p) nos Deus de taie pnnel
Congregatio puellare (q) soncta
Refudaf taie posta.
Nostra privât a stultitia (r)
Ad le (s) in summa amicitia.
(>l>lo, te semper valere.
El earil al is l ne iuro tenere (l ).
FR0D1 Bl R ! ET IMPORTUNUS
. cl frère 1res cher, Lni| ortunus, qualité de ce que tu us reçu, tu as cru que
. tout près de mourir de faim, quand tu as bien voulu nous gratifier d'une pareille provision de ble. Ni à prix d'argent, ni comme cadeau, nous nias d'une pareille provision de blé. Voici les ■uns que nous avons faites à ce sujet : Si gneur nous dérobe le froment, au-dehors laide est la croûte, au-dedans la mieesl de couleur trop foncée, elle est âpre au palais, amére, et sent mauvais. La vieille (tarin > la nouvelle, produit des hosties qui
ne sont pas belles. Puisses-tu être toujours heureux I toi qui as voulu nous faire de si beaux présents, tant que Dieu te conserve ta puissance que nous voyons se manifester par tant de bienfaits. Nous avez VU dans votre demeure que de faim (Dieu soit avec nous) nous mourons. Homme, je prends la liberté de te saluer, et je te prie de dl igner prier pour nous. Nous t'avons fait passi aie si tu peux en
manger Tant que nou nue Dieu nous délivre
. -ment d'un tel pain I La COI n des saintes
filles refuse une telle pâte. Que notre folle familiarité soil prise par toi en bonne part, le souhaite que tu sois toujours bien portant, et que tu conserves les privilèges du haut rang que tu OCCU]
dura prononce en u et non en ou peut rimer suffisamment avec oicina, puisi «contre des assommées exactement semblables dans nos plus anciens poèmes :
.Mais ne voil que bom te tue
Mais en dolor dorges la vie
Tous les mois latins dont l'u s'appuie sur une liquide suivie d'une voyelle ont pris le son ù en passant en français : nullus (nul), pluma (plume), luna (lune), duras (dur). M. A. Boucherie observi te ten-
dance à substituer l'u celtique à l'u latin a dû se produire à l'origine de notre langue, en menu: temps phénomènes qui la caractérisent il est avéré que, dès le ive siècle on remarquait une différence sensible entre la prononciation des Gaulois du nord el celle des Gaulois du sud, et que les organes des premiers se pliaient incomplètement à la tonalité dum cogito me hominem Gullum inler Aquilanos oerba facturum, vereor ne of]endat ventrus nimium urbanas aures sermo ruslicior, écrit Sulpice-S flJail. I ). Au VIIe siècle, on prononçait probablement dura, au moins parmi 1rs classes populaires et les peu instruits qui ne se piquaient pas de purisme, mais la prononciation latine ou pour u se conserva néanmoins au ix', au x'et peut-être même au xi'siécle, ainsi qu'on en a la preuve dans certains texte écrits en caractères latins à cette époque Par exemple ms. 306 de l'École de médecine de Montpellier, ix' fol 212 v, 1 "• col. : uranu i
le nis. 252
de la bibliothèque de Laon, x-xr siècle. Ce n'est
qu'au xii' siècle qu'on voit la voyelle a prononcée comme nous le faisons aujourd'hui; par exemple, .22 de l'École île médecine de Montpellier, xii' siècle, fid 11°. : jou(coû) -epiousioni
pnllimu i- Ite double pion.
lion de l'u latin, en OU et ri: a, expliquerait pourquoi
n de la formule (.fit rimer dura avi plus loin falsatura a-.
:l prononçait dura, dans le second d prononçait /"/satoura
(b) morte de lame penre, i mourir de faim . roma-
nne formi obéi
ris, de
i nus dehoi H'Ti odoralu (?)
:pud employé avec le sens du latin cuin est fr< • quent dans les documents mérovingii
(h) oblata, le pain du saint sacrifice avant 1, sécration.
(j) nobiscum, c'est une formule d'exclamation. Nobiscum ! clamor mililar >.anis in prœllis
inclamari solitus... id est Deus nobiscum (Du Can
ik) salis, empl e le sens du vieux français
myme de beaucoup, tout à fait.
il) pnrsumo, d'où est venu le sens français : présumer.
(m) dignetis ararc, on remarquera l'emploi de tu et de l'ous sans paraître y attacher de différence, on en a signale d'autres exemples dans les idoine
Apollinaire.
(n) de i!lo /urne, de ce pain, romanisme.
foi Si polis inde manducare, si tu peux en manger, autre romanisme.
(p) libéral pour //'/'
(q) puellarum; exemple analogue : quarecumque pour quurumcunque, dans une formule citée par E. de Rozit
(r) noslra privata stuttitia, ici privata est synonyme de notre mot « familier .
(s) ad te (sit) in summa....
(t) carilalis lue juro lenere (— carjjatis tua' tara lenere); earilas aurait ici le sens de ■ ch<
11 se rencontre encore d'autres fautes, simples graphies qu'il est facile de corriger à la seule lecture, par exemple, annonœ pour annonam; aura, pour aurcm, etc.
importunus n'aimait pas le badinage; on lui avait dit (pie son présent ne valait rien, il repond que Frodebert est un ravisseur de femmes et qu'il a été engendré dans un monastère.
Bealificando domno et fralre l-'rodeberto p
Domne 1 r
Audivimus, quod noster fromentus
Vobis non fuit acceptus.
! >• vestra gesta volumus intimare,
Ut de vestros pures
Nunquam delectel hoc io{ irere
Illud enim non fuit condiynum,
Quodegisti in Segeberto rej/num
trimaldo maiorem domus, Qucm ei sustulisti sua unica ove, sua uxore, Inde postea in regno nunquam habuit honore. l£t cum génies venientes Toronica regione Misisti ipsa in sancta cou-' .
| In] monasterio puellarum, Qui est constructus in honor[i Non ibidem lectiones dlvinis Sed [congre siojnia Inti :
Oporlet
conlocul
i nec est .il ... (20 à 22 lettl tb hominii
Sed qualera te
terio puellarum pro pi fuisti r lomn.., i !
Importum
FRODEBERT ET IMPORT1 XLS
plaisent jamais à imiter vos plaisanteries. Car ce n'était pas beau ce que tu as fait dans le royaume de Sigebert, à l'égard du maire du palais Grimoald, quant tu lui as enlevé son unique brebis, son épouse. Aussi fut-il à jamais déshonoré dans le royaume et, en compagnie des gens allant dans le pays de Touraine, tu l'as envoyée dans la sainte congrégation.... dans le couvent de filles qui est bâti sur... Là vous ne lisiez point les saintes Écritures, mais vous aviez de coupables
relations. Il faut (signé) Importunus,
de la terre de Pai
A ce coup de boutoir, Frodebert parait un peu embarrassé de répondre: il s'adresse au Seigneur en invoquant le précepte de Salomon qui détourne de discuter avec l'insensé. Il ne semble pas pouvoir nier ce dont on l'accuse et se contente d'une légère allusion à l'adultère dont parle Importunus, mais il n'est pas en reste d'injures avec son correspondant. Voici sa réponse :
Incipiunl oerba per similitadinem iuncta de fl.de vacua. dolo pleno /alsalore.
Agino Salomon per sapientia
Bene scripsit hanc sententia,
Ut, ne similis liât (a) sUilto.
Numquam repondes (b) ei in multo
Et retractavi le) tam in multum.
Sic respondere iussi stnlto,
Ut confundautur stultum gredo (d).
Numquam présumât (e) gloriflre.
Respondi, dixi de falsatore,
Nec ei parcas in sermone,
Qui se plantatum ex robore (I);
Qui non pepercit suo ore,
Vaneloquio susorrone,
Verborum vulnera murone,
Qui sui oblitus adiutoris,
Immemor est (g) nutritoris,
Calcavit iur[e]et [pudoris].
Qui f[id]ei date et pri<iris
Alodis (h) sui reparatoris
Sordidas vomit pudoris (jj,
Incredulas dieit loquellas et improbas,
Quoinquinat et conscientias;
Bonum merito conquesitas,
Mandas, sanctas et antiquas,
Pulchras. firmissimas et puli'las
Meas rumpit arail /lias.
Verba d/eil.
Quœ numquam vidlt ;
Ea scr/bit,
Quœ animus fecit (k).
Parcat, qui eum crédit I (l)
Et si loquestem non sln'ngit
Furorem (m), latro fraudolentus
Homicidum est reus certus,
Adulter, raptor esl manifestus,
In numerus fecit excessus
Errando vadit quasi cuecus,
Fuscare temptat meum decus.
A Deo dispectus et désert us
Ab Inimico est perventus,
Et per lingua et per pectus.
Nolite, Domne, nolite, fortis,
Nolite credere lanlas sortes! (n)
Per Deum juro et sacras fontis, (o)
Per Sion, et Sinai montis :
Falsator est ille l"etus.
Ex cogitator est defamatus.
Deformato vultu est deformatus. (p)
Qualis est animus,
Talis est st»tus.
Non est homo hic miser t"lis !
Latrat, [vulpis] ; sed [non] ut cunis.
Psallat de trapa, iq) ut linguaris dilutor
Maior nullis (r) talis falsntor.
Grunnit post talone,
Buccas inflat in rotore,
Crebat et currit in sudore,
Fleummas iactat in pudore, (s)
Nullum, vero
Fecit pavore,
Qui non habet adiutorem
Semper secundum meum tutorem,
Non movite bracco taie baronem,
Non [vadit?] bracco contra insonleni.
Non cessate bracco, ab exaperto s«cco
[bjrncco
Et salte decrascianto (ss)
Non timere falco.
Non perdas illo loco, (t)
Non vales uni coco, (u)
Non simulas tuo potre, (v)
Vere nec tua matre.
Non gaudeas de dentés 1 (x)
Déformas tuos parentes.
Ad tua falsat»ra
Talis decet corona.
Ici commencent les paroles rattachées par la similitude des sons au sujet du faussaire vide de bonne foi, plein de ruse. — [Agios"!] Salomon avec sagesse a bien écrit cette pensée : Pour ne pas devenir semblable à l'insensé, ne lui réponds jamais longuement. Je l'ai méditée bien souvent. J'ai fait répondre à l'insensé de manière à ce que les pas de l'insensé soient confondus, et qu'il n'ait jamais lieu de se glorifier. J'ai répondu, j'ai dit pour ce qui concerne le faussaire, ne l'épargne pas dans tes discours lui qui.... dont la bouche n'épargne personne, ce bavard, cette mauvaise langue aux paroles blessantes, ce scélérat qui, oublieux de celui qui l'avait aidé, oublieux de celui qui l'avait nourri, a foulé aux pieds.... qui, [oublieux] de la foi jurée et de sa première fidélité (?), sur celui qui l'a rétabli dans la propriété de sa terre, a vomi de sales puanteurs, qui tient des propos incroyables et infâmes, qui souille les consciences, qui détruit mes amitiés, acquises par de bons services, pures, saintes et de vieille date, belles, très solides et irréprochables. Il bavarde sur ce qu'il n'a jamais vu, et met par écrit les inventions de son cerveau. Périsse qui y ajoute foi! Et, s'il ne met pas un frein à sa fureur de bavardage, ce larron ami de la fraude, [je dirai] qu'il est coupable d'homicide, que c'est un adultère déclaré, un ravisseur convaincu. Il a commis toutes sortes d'excès. Il marche au hasard comme un aveugle; il essaie de noircir ma réputation, il est méprisé et abandonné de Dieu L'ennemi (le diable), s'est emparé de lui, et par la langue et par le cœur. N'allez pas, Seigneur; n'allez pas, homme généreux; n'allez pas croire de telles infamies. Je le jure par Dieu et par les fonts sacres, par Sion et par les monts du Sinaï; c'est un faussaire, un calomniateur perdu de réputation. Difforme, son visage est hideux. Telle âme, telle attitude; ce n'est pas un homme un tel misérable. Il jappe, le renard, mais pas comme un chien;... comme un dénonciateur à la langue bien pendue. On n'a jamais vu un pareil, un plus grand faussaire. Il grogne derrière nos talons, gonfle les joues avec... éclate avec bruit, et court en sueur, lance des crachats avec puanteur: mais à personne il ne fait peur, car il n'a pas de défenseur supérieur à celui qui me seconde et me protège. Un chien brac ne touche pas un tel baron, n'attaque pas un innocent.... Il ne cesse pas.... d'un sac ouvert.... le faucon... ne pas craindre.... Tu ne vaux pas un cuisinier, tu ne ressembles pas à ton père, voire ni à ta
I KODEBEH 1 I. i 1 M i
mire. Puisses-tu ne p.is jouir des dents I Tu déshonores tes parents. A ta t.. onvient une telle couron
fias
(b) responde Voir Prov. xxvi. 4; A ondeas
slulto juxla slullitiam suam.
(ii relractare secum, méditer, ratiociner.
(d i slnlii gradus.
prœsumere a aussi le sens de « prendre sur soi •.
( 1 1 qui se plantatum ex robore?
i g i inunemor et.
(hl ad laudes, proposé par Boucherie est une erreur, alodis veut dire ici « aleu », bien-fonds.
trdidas pudoris pour sordidos putores.
1 1: i le texte porte otite feeit animus: on a déplacé fecil pour trouver une rime à crédit.
Il) parcat, faut-il lire pariai pour pereal?
lin) loquestis. manque dans Ou Cange; on a traduit comme s'il y avait loquacem.
In i tordes.
(o) sacras toutes, l'emploi de ce mot au féminin est dû à l'influence du parler populaire.
(p) lq) inintelligibles.
(r) nullus.
(s ) putores.
salle, l'irson propose salles : poursuis-le (saute) en aboyant.
(t) aucun sens.
(u) coco, cuisinier. A. Boucherie traduit : gueux, il eût cti' plus sage de traduire : queux
(v) non simulas lu., paire, pour iiun similas luo patri ou luiim patrem; sembler, ayant la signification de ressembler, et encore employé ainsi dans quelques campagnes.
fx) puisses-tu ne pas jouir des dents, c'est-à-dire puisses-tu en souffrir.
Après ce déluge d'invectives, Importunus ne veut pas demeurer en reste; il s'adresse encore une fois à Frodebert, qu'il maltraite plus encore que dans sa première lettre.
mu meo Frodeberto, sine Deo, nec sancto, nec episi • i rulare clerico.
Obi régnât anttquus 1 lominum inim Qui mihi minime crédit, Factu tua vi'dil (a),
Illum tibi neeesse dcsulero.
e (b) non amas I )eo, née credis Del Filio. Semper fecisti malum.
('.outra adversarium
ilio salis te put as sapiente, Sed credimus quod menti:
Vere non limes Christo, née tibi consentit.
mas (d i. per oinnia.
Eius faeis opéra.
Nei lui diligebant Christum.
ado in monasterio fecerunt temetipsum.
Tuos pater eiim Dnino Non fecil sancta opéra; Propter Domnus <i Relaxavil i j | I locuit et nutnvit.
lostea penetivil Non sequis scn'ptura, Nec iiinj i> i ii i [uim injiqua Memoresf/A Grimoldo damnum
uni el I ii o non oblitult I le bona que 1 1 1 • ï fecil
nide 7 il)
Muliere sua liabu/sti,
Conscientia nu a née nom ni
Peracta, sed contra canonica
ea (le sancl
Aput non ex devotione,
Sed cum gran eur n
nimis, tollis eis aurum et argentum
ris libérât per lias regioni
Cur te prsesumis tant um
Dampnare (m) suum thesauium?
Quod ut alibi, ubi eum rogas
Fer tua malefacta
Quod non sunt opta lu).
Amas puella bella
I ie qualibel terra,
Pro nulla bonil
Nec sancta caritate,
Bonus numquam eris,
Dum taie via tenes.
Per tua caula longa,
Satis est vel non est?
Per omnia juhe te castrare,
i t non peccas per talis,
Quia fornicatoris Deus indicabit,
Deculpas tuas alias
Te posso contristore,
Ut in quale nobis retenit iq ) in tua caritate
Exeant ista.s exemplarias
Per multas potrias Ir).
Ipso Domino hoc reliquo.
Sed tu jubis (a) mihi exinde aliquid reman-
dare (p), Se vidls (s ) amico,
Qui te hoc nuntiat et donet consilium verum, Sed te II i plaeil. lege Et pliga, in pectore repone; Sin auteni non vis. inl.uttr include.
A mon seigneur Frodebert, sans Dieu, qui n'est ni saint, ni évêque, ni clerc séculier, chez qui régne l'antique ennemi des hommes I le diable), qui ne se lie pas du tout à moi, et qui a l'œil ouvert sur tes actions. C'est lui que je te souhait lirement. Car tu
n'aimes pas Dieu, et tu ne crois pas en son Fils. Tou jours tu as fait le mal. Contre l'Adversaire i Ir diable), tu te crois assez fin, mais nous croyons que lu mens. Voire tu ne crains pas le Christ, et lui n'est pas d'accord avec toi. De celui que tu aimes, en ton tance, tu accomplis les oeuvres, et les parents n'aimaient pas le Christ, quand ils t'ont fait dans un monastère, l'on père, en compagnie du Seigneur, n'a
pas fait de saintes œuvres; c'esl pourquoi le Seigneur l'a mis en libelle, l'a bistro "lit il
s'est repenti dans la suite. Tu n.- suis pas l'I criture, et lu ne rends pas.. .. Souviens-toi de Grimoald sort tu lui as fait.... el I lieu n'a pi > qu'il
t'avait fait. Apn Ue a été !..
possédé sa femme. Ma conscience de la saint.
grégation. [Située] près de non par dévotion,
avec grand.... tu causes trop de domm tu leur enlèves or el argent el honneur! pourquoi prends-tu sur toi d'endi Par les mauval
nables. Tu aine les de
tous les pays, pour nulle Jamais tu n <;-' que tu suh i
lel chemin. Par ta longue qui non? — par tout (ce qu'on a lin de ne plus que Dieu j autres tautl
luclquei
FRODEBERT ET IMPORTUNUS
cela, et te dise la vérité, s'il le plait, lis [ceci] et plie, pose sur ta poitrine. Si tu ne le veux pas... »
(a) videt.
(b) quare pour enim, car.
(c) mentis pour menliris; on trouve plus haut dignetis pour dignemini et plus bas sequis pour sequeris.
(d) cui amas pour quem; cf. serment de Strasbourg : cui eo returnar int pois, quem ego, etc.
(e) digido pour digilo relaxavit; expression technique particulière au droit féodal.
(f ) relaxare, avec le sens de mettre en liberté, i
(g) se penelivit, romanisme pour illum penituit; le vieux fiançais emploie se penlir pour se repentir, on lit dans le fragment de Valenciennes : e si s'penteient de cel mel que fait habebant.
(h) rendis pour reddis.
(j) memores pour mémento.
(h) [damnum] ou [malum].
(I) [egisti](T>
(m) damnare dans le sens de causer du dommage.
(nj quuil non sunt pour qux non sunt; autre emploi de quud pour quee dans une formula andegavensis
(0) sed tu mini pour si tu mihi jubés, (p) remandare avec le sens de renuntiare. (q) relinet.
(r ) palria au sens de reqio, pays.
(s) si uides.
(1) si tibi placel.
Enfin Frodebcrt met un terme à la correspondance, par de nouvelles insultes :
Nolite, Domnœ, ntlite, sanctae,
Nolite credere fabulas falsas
Quia multum habetis falsatores,
Qui vobis proférant falsos sermones,
Furi (a) atque muronis (b)
Similis etiam et susuronis,
Et vobis (c). Domine,
Non erunt protectoris.
Latrat vulpis, sed non ut «mis
Saltus mit (d) semper inanis
Cauta proferit (e), iam non fronte
Cito decadet ff) ante cano forte.
Volât upua (g), et non arundo (h);
Istero (i) commedit in so (l) frundo;
Humile facit capta dura (m),
Sicut dilatus (nj in falsatura.
Falsator. Vadit
Tamquam latro,
Ad aura psollit.
Ut Escotus mentit, semper vadit
Toritus (o), et oc dicit (p)
Quo numquam vidit.
Nolite, Domne, atque prudentis,
Vestras non confrangat mentis,
Et non derelinquere serventes (q).
Tempus quidem iam transactum,
Et hoc feci, quod vobis fuit adaptum,
Jam modo per verba fallacia
Sexum (r) deiactus de vestra grotia.
» N'allez pas, Seigneur, n'allez pas, saint homme, n'allez pas croire de faux récits, parce que vous avez beaucoup de faussaires, qui vous rapportent de faux discours. Des voleurs et des scélérats,.... et mauvaises langues, et nous n'aurons pas, Seigneur, quelqu'un qui nous protège. Renard, il aboie, mais pas comme le chien. Il commence des sauts qui n'aboutissent pas: il montre la queue, mais non la tête; il ne tient pas longtemps devant un chien hardi. Il vole comme la huppe, mais non comme l'hirondelle; il mange de la m ...: chatte méchante il se fait humble, comme le délateur qui commet un mensonge. C'est un
faussaire qui a la démarche d'un larron. Il .... à l'oreille, ment comme un Irlandais, va toujours le sourcil froncé, et parle de ce qu'il a jpmais vu. Ne le permettez pas- Seigneur, homme prudent qu'il ne change pas vos intentions, et n'abandonnez pas vos serviteurs. Le temps, à la vérité, est déjà passé, et j'ai fait ce qui était dans vos intérêts. Puissé-je seulement — par suite de paroles trompeuses, — n'être pas exclu de vos bonnes grâces. »
(a) furi pour jures.
(b) Ce mot est employé avec le sens de scélérat par Grégoire de Tours, Hisl. Franc. 1. IX. c. xli.
(c) et nobis.
(d) saltus mil, pour saltus init semper inanes; il fait mine de .•-'élancer sur les gens, mais ce sont des menaces sans effet. Pirson propose fartus inil semper
: « il va (marche) la panse pleine et cependant toujours vide. »
(e) proferit pour profert.
(f) cilo decadet. Un texte trilingue du Xe siècle, emploie decadil : decadit ut fias feeni, ms. de Saint- Omer, n. 666, xe siècle.
(g ) upua pour upupa.
(h) arundo pour hirundo; dans un ms. de Montpellier, n. 306, ixc siècle, fol. 187 v°, on rencontre la forme intermédiaire erundo.
(j) lsterci.s.
(l) so pour suo. In suo frundo pour in suo jundo?
(m) facere, suivi d'un adjectif neutre pris adverbialement, forme une locution dont on trouve quelques exemples dans la latinité de moyen âge; facere fîrmum, faire ferme, qui est devenu : tenir ferme. A. Boucherie remarque la fortune du mot facere ainsi employé dans le langage populaire, on dirait encore aujourd'hui d'un enfant boudeur qu'il « fait vilain » d'une personne revêche : elle ne « fait pas beau ». — capte pour catta eu gatla, chatte. Pirson rattache capta à ce qui suit : humile facit captaluri, « humble, il fait des captures », c'est-à-dire » par un faux air d'humilité, il captive (il trompe). »
(n) dilulus pour delator.
(o) loritus pour lortus, refrogné, rechiné.
(p) hoc dicit.
(q) Nolite... non confrinçal... et non derelinquere syntaxe bizarre.
(r) ne si m?
Il serait fort hasardeux de tirer parti de ces cinq pièces si curieuses pour y trouver quelque ragoût de scandale. Les auteurs sont connus, c'est Frodebert ou Chrodebert II, évèque de Tours et Importunus, évèque de Paris; est-ce à dire qu'ils aient composé ces lettres de médisances, de calomnies et d'injures, on a toute raison d'en douter. Le prétexte est d'abord d'une futilité déconcertante. L'envoi d'un présent de farine grossière ou avariée ne semble pas devoir provoquer tant de railleries et l'envoi d'un échantillon du mauvais pain pétri avec cette farine ne mérite assurément pas le titre d'adultère et le reste. S'il y eut parfois des évêques un peu frustes et d'éducation ébauchée, il serait au moins étrange d'en rencontrer deux en même temps et qui « s'accrochent » de pareille façon. On ne connaît à peu près rien de ces deux évêques, raison de plus pour ne pas leur constituer un dossier composé de pièces si peu épiseopalçs de fond et de langage. L'accusation portée contre Chrodebert au sujet de la femme de Grimoald ne trouve nulle part de confirmation, ce qui est dit de sa paillardise non plus. Les reproches adressés à Importunus sont plus vagues, mais ne sont pas non plus appuyés par l'autorité d'aucun texte. Ce qui est plus étrange et prête largement au soupçon, c'est la préoccupation de se dire ces jolies choses en un langage apprêté et où
l-lioDI.lil.i; I II IMPORTl M -
presque chaque mol a 'lu être l'objel d'un calcul afin
sure r, qu'il rimait comme on li tués que pussent être les d les a faire usage
de la prose assonanci i ùl tenté di
pour s'écrire de telles cliosi plume sans peser tous leurs mois.
11 est plus que probable que celle correspondance est l'ouvrage de quelque clerc, bien haineux et posant a loisir ces attaques furieuses contre deux prélats qu'il 'i gaiement. Sa vengeance était habile, il.se dissimulait et mettait ses deux victimes dans une posture scandaleuse tout en donnant à ses accusations l'espèce d'autorité qui s'attache aux invectives épiscopali
Quoiqu'il en soit, le Frodebert qu'on met en est évidemment le même <|ue les auteurs du Gallia chrisliunci ' identifient avi odebert; on ren-
contre fréquemment i'r pour Clir. par exempli gandus pour Chrolgandus, et dans la loi salique : /ranne pour chranne, friomosido pour chreomosdo; plus souvent encore (l pour chl. Frodebert occupa I de Tours après l'année 658. Importunus, celui de Paris, vers 666 %. Les lettres 3« et 5" ne sont pas adr à Importunus mais a un personnage que rien ne désigne explicitement. .Mais les noms de Frodi d' Importunus et de Grimoald suffisent à donner une date et une place à cette correspondance sur les auteurs de laquelle on peut épiloguer mais dont l'authenticité ne peut être contes! . ■ es lettres d'une
espèce rare assurément, écrivait M. Paul Meleur inl roducl ion dans un formulaire est d'autant plus surprenante qu'elles offrent un caractère plu sonne!
Le praticien qui nous a con ■ r\ i cel te singi correspondance en m i que dh i
formules, l'aura plutôt accueillie connue un document curieux en soi que pour l'utilité qu'elle po
oflrir comme modèle de lettres. Le l'ail même d'avoir été admis dans un formulaire est, à mon avis, une forte présomption de l'authenticité de ces cinq pièces. Si elles étaient un simple jeu d'esprit leur place n'aurait pas été dans un recueil qui ne contient que des actes non suspects OU dis formules tirées de diplômes authentiques, Considérées comme un document historique, elles offrent un singulier intérêt. Sans parler des renseignements intimes qu'elles ajoutent à ce que nous savions de I rrimoald, elles nous ouvrent une vue sur une époque qui n'a laissé d'eib presque
aucun m iment ; elles nous font assistera une scène
aussi vivante qu'aucune de celles qu'a di pi intes Grégoire d( loin .. el bien propre a nous faire api' l'état de barbarie dans lequel liaient tomba I' esprits au vue siècle. Comme document littéraire, elles nous présentent un essai de poésie qui. par le rythme et par la langue, devait e rapprocher singulier
«mis populaires du temps, si je ne craignais de commettre un anachronisme de trois au quatre
siècles, je dirai que les lettres de Fro I d' Im-
portunus sont de beaucoup le plus ancien exemple
i'estribot '. »
En abordant I'. I udi de ces curieux écrits, M. l'irson
estime qu' ■ il n'y aurait rien d'impossible i & ce qu'ils fu lent l'ouvrage des deux évêques, ceux-ci
< Vécu aU Ml" siècle, en pleine époque liieros In
i fois, ajoute i il.
i tnpoi i unu e ; elle pour-
rail être l'oe ivri d'un homme d'Église, un moii
iplc, du paj de foui ou de 1 anl des
'''. I. \ II, COl. 'JO ; cl I . \l\ . COl.
1 Gailta ehrUUana, t. vu, col. 26; 's- Zeumer, Formula
dans Monumenla Germanla
hlttorlca, L,egum,t. v, p, 184, écril : Nullootro modo adduel
faits et Restes des deux pr< I
serait surtout exercée aux di
vie peu édifiante a dû faire scandale dans les milieux
ecclésiastiques. Le fail unu»
i à la suite de I prou\ er, commi Zeumer, que ces lel li
moins |i ni d'un set l
auteur. Mai
I le composées el di\ U
vivant des principaux intén i] i leurmort
n'auraient plus eu de raison d'être. Le quatrii H
le cinquième mori lu même auteur,
ou, tout au mon il une imitation
du quatrième. Le fond et It forme offrent des an;.
frappantes; en outre, il- sonl l'un el l'autre dédies a des domnœ, qu'on ne peut toutefois identifier sans plus avec les nonnes auxquelles les mots Conyï^ puellare sancla. — Refudal de la première
semblent faire allusion Lesdi icderi diffèrent à certains égards des trois premiers. Us n'ont point, par exemple, la dédicace; les deux évèqu.
oint mentionnés; la satire y est devenue tout à fait impersonnelle. La suscriptlon en tête du quai • morceau : Incipiunt verba per simililudinem fui pourrait faire croire qu'ils oui été ajout. d'une certaine ressemblance dans les abcs. En ce qu'on y dit du menteur, i peu! s'appliquer
à Frodebert. Il n'y aurait | i douter.
était sûr que les mots i>er simililudinem visent i ment le contenu. Mais ils peuvent toul aussi i rapporter aux assonai on ne peut plus rien affirmer. Il n'est donc pas certain
. deux derniers [mport u il lis ou par l'auteur ano miers, et même on peut se demander s'ils sont aussi anciens. Malgré li
ment s paraisse ni se rattacher à la même polémiq émaner du menu- milieu. Plusieurs pat trième pièce rappellent directement certains faits relaies dans la troisième, (a-s allusions seraient, il esl vrai, parfaitement possibles dans une imitation postérieure, mais on a peine a croire qu'au vnr siècle, on se suit encore interesse a ce point a l'évêque Frodi On peut donc dater tous ces textes de la seconde moitié du viic sièi
Il s'agit moins de vers que de groupes de mots, don I certains sont rythmes à l'égal des vers :
et encore :
Nolile domnœ, nolile | Nolile credere tanlas surlrs.
Dans la plupart des groupes, il esl inii retrouver un principe quelconque de versification.