‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 39 sur 423 · FLAGELLATION — FLAGELLATION (SUPPLICE DE LA · texte numérisé non relu

FLAGELLATION — FLAGELLATION (SUPPLICE DE LA

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qu'une enquête fût ouverte contre une religieuse nommée Duda, qu'on accusait d'avoir ourdi un complot contre son abbesse et d'avoir, en outre, gravement péché contre la chasteté. Si les enquêteurs reconnaissaient la culpabilité de Duda, clic devait

être condamnée au châtiment physique que le concile décrit en ces termes : Coramabbalissa sua velsororibus, ut cetera- melum liabeant, nudo dorso, remota virorum prsesentia, virgis flagellctur . . . , ut euro, quœ deleclabiliter illam traxit ad culpam, afllicta reducat ad ventant, et. sanguine carnis virgis elicito, sanguinem animée, ridelicit pro/usas lacrymas, flagello producal a mente '■

Les lois civiles condamnaient au fouet les laïques coupables de sorcellerie, de fraude, de larcins s, de même que ceux qui jetaient le désordre dans les assemblées des fidèles réunis pour célébrer les saints vigiles de Noël et de Pâques '.

l'our les clercs, i'ébriété, la détérioration des biens d'Église, l'action d'accuser un confrère devant le juge séculier, la négligence dans l'exercice des devoirs professionnels appelaient un châtiment physique 4.

Le pénitentiel de Cuméan va jusqu'à condamner à cinquante et à cent coups le prêtre qui aura bronché en récitant à l'autel la prière dite periculosa s.

Enfin, d'après le système d'équivalences introduit par les pénilentiels, les coups sont proposés dans ces recueils à titre optatif, comme arrea, a la place d'autres pénitences longues ou difficiles à exécuter '.

III. Instruments kt modes d'exécution de la peine. — Dans les textes latins le châtiment corporel porte les noms suivants : flagcllalio, verbera, plagie, disciplina, flagelli, vapulalio, etc.

Les instruments dont on se servait pour infliger des coups au patient étaient soit le fouet ou les étrivières, soit les verges.

Une punition moins sévère consistait à appliquer des coups sur la paume de la main (pulmulu, percussiones palmarum) '. L'instrument usité dans ce cas était la férule (ferula), instrument communément employé, dans l'antiquité et au moyen âge, dans les é :oles !. Les pénitenticls, les règles monastiques et d'autres documents d'origine insulaire montrent que la percussion sur la paume de la main était 1res usitée dans les monastères d'Irlande et des îles Britanniques *. Dans certains monastères irlandais, ou appliquait des coups de fouet sur la main du pénitent ,0.

1 Concile de Douzy (874), c. vu, Mansi, t. xvn-xvni. col. 293. — ' Lex Wlsigolhorum, vu. 2, édit. citée; Guérard, :irt. cité, p. 209. — ■ Constitution attribuée a Childebert II, /'. /... t. lxxii, col. 1122. — ' Concile de Vannes de 165, 'in 13, Mantl, t. vu, col. 951 ; conc. d'Agde de 506, can. 41, Mansi, t. vi m. col. 332; conc. de Maçon de 581, can. 8, Mansi. t. i\, col. '.133; conc. de Narbonne de 589, can. 13. Mansi, t. i\. col. 1017. — * Penitentiale Cummeani, xm, 21, rschleben, éd. citée, p. 191. Sur Voralio periculosa, voir L. Gougaud, Lei chrétientés celtiques, Paris, 1911, nQUBS (Liturgies), t. a, col. 3011, et The Eucharistie Congrus report, l. oni Ion, 1908, p. 355-356. — 1 An OUUlrish treattse de Arrêts, édit. Kuno Meyer, dans Revue celtique, 1894, t. x\ . p. 185- 198; Pénitentiel de Bèdi \. il. édit. Schmltz, l*i>- Bussbùcher und die Bussdisciplin ■1er Kirehe, Malnz, isx;:, i>. 564; édit. Wa op. cit., p. 22'.i; Penttenttale Cummeant, édit. Schmltz, p. 613; édit. Wassertchlében, p. L63. Cf. Schmltz, op. cit., p. 151-152. : Beguta Ceesartl, c. m, /'. /... t. î.xvu, col. 1100; Régula Columban.1, c. x., P. C, t. i.\\\. col. 216 •q.; Régula cujutdem patrls ad vlrglnes, c. m, /'. /... i. iwwiu. col. 1063. I i Du Congé au mot Palmata, et P. Fleming, CoUectanea tacra, Lovanll, 1667, p. 102-103, • Voir Daremberg el Saglto, au mol Feruta; Isidore, Etumologlœ, xvn. g, p. /... i. i.xxxn. ,-.,1. 634; rCober.art ntiaxtlel, 10, édit. Wanenchleben, p. 229-230; édit. Schmltz, p. 563-564; Seconde vision

Dans la plupart des cas, la fustigation ou la flagellation, proprement dilc, n'étaient pas une peine bénigne. Verges et lanières frappaient a coup; redoublés sur le dos nu du patient et généralement jusqu'à l'effusion du sang ".

Le patient restait debout ou était étendu sur un banc. Parfois il était attaché à un poteau l:.

Le châtiment était public ut cteteri (ou cetera) melum habeant, disent les textes ".

11 ne faut pas s'étonner de rencontrer une telle rite dans la société ecclésiastique ou dans les communautés religieuses, dans ces siècles de fer où l'action de crever les yeux d'un coupable ou d'un ennemi, où l'amputation d'un membre et la peine de la castration pouvaient s'accomplir sans provoquer de réprobation.

Toutefois, certaines règles venaient tempérer la sévérité de la répression. Saint Colomban prescrivit de ne pas administrer, dans m-s monastères, plus de vingt-cinq coups de suite quel que fût le nombre total de coups que le coupable eût a subir ".

Avant saint Colomban, la coutume s'était déjà introduite, sous l'influence du rituel judaïque ", de limiter a trente-neuf le nombre de coups à infli| i l aux coupables. C'est ce qu'exprimait, au vi" siècle, la règle de saint Aurélien d'Arles en ces termes : l'rn qualibel culpa si necesse fuerit flagelli accipere disciplinam, numquum legilimus excedatur numerus, id est, triginla et nnvcm u. Le concile de Mâcon de 581, tient également compte du legilimus numerus de trente-neuf coups ".

IV. Bibliographie. - - Mabillon, Acta sanctorum ordinis S. Benedicti, éd. de 1701, t. vi, pars I», p.xxi sq. — J. Gretser, Opéra omnia, t. iv, pars 1", De disciplinis, Ratisbonae, 1734. • — Kobcr, Die Kirchliche Zùchligung als kirchliches Slrafmiltel gegen Cleriker und Manche, dans Theologische Quartulschrift, 1875, p. 3-78, 355-448. — H. Haupt, art. Geisselung, dans la Renlencyklopâdie filr prolestanlische Théologie und Kirehe, Leipzig, 1899, t. vi, p. 432-111.

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