FUITE DE LA PERSÉCUTION (LA) — FULDA (MANUSCRITS DE
que, agissant autrement, ils auraient été homicides d'eux-mêmes, auraient désobéi à Dieu et auraient paru avoir honte de supporter les tourments de l'exil, qui sont plus terribles que ceux de la mort. <• Ceux donc qui mourront dans la fuite, ne mourront point sans gloire; ils auront la palme du martyre l. »
Pendant six longues années, la police chercha vainement Athanase. « Tout ce que l'Egypte comptait d'honnêtes gens était pour lui. C'était le défenseur de la foi. le pape légitime, le père commun; c'était aussi, grande recommandation, l'ennemi, la victime du gouvernement. Le désert lui était hospitalier: il pouvait frapper sans crainte a la porte des monastères et des cellules. Sauf quelques dissidents qui ne se montraient que derrière les uniformes, la population était entièrement à ses ordres. Jamais il ne fut trahi, jamais sa trace ne fut éventée par la police. En véritable Égyptien qu'il était, il ne dédaignait pas, à l'occasion de lui jouer des tours. Un soir, qu'il remontait le Nil en barque, il entendit derrière lui un bruit de rames : c'était une galère officielle. On héla sou bateau : « Avez-vous vu Athanase? — Je crois bien, dit-il. en contrefaisant sa voix. — Est-il loin? — Non, il est tout près, devant vous, ramez ferme. » — La galère, s'élança vers le sud, et le proscrit, virant de bord, rentra tranquillement chez lui '. »
XIX. Saint Augustin. — Dans sa lettre à Honorât saint Augustin exprime sa pensée. Les pasteurs des âmes ne doivent pas fuir, s'ils n'ont pas de raisons particulières, si le danger est le même pour eux et pour les fidèles et que ces derniers ont besoin de leur ministère; ou si leur fuite doit être un sujet de scandale. Même dans le cas où tous sont exposés à mourir s'ils ne fuient pas et dans le cas où la persécution les atteint tout seuls, quelques-uns parmi eux doivent demeurer en se cachant parmi les fidèles; s'ils ne peuvent pas s'entendre, qu'ils tirent au sort les noms de ceux qui auront à garder le troupeau. Par contre, s'ils sont recherchés personnellement, pourvu .qu'ils se fassent suppléer auprès des fidèles, ou s'ils n'en ont pas à gouverner, il ne faut pas qu'ils restent. La fuite est, pour eux, un précepte ou. au moins, une permission : fugere de eioitate in civitalem a facie persecu.tion.is... preceplum sive permission es'... pr&dicaloribus Eoangelii 3.
XX. Sous les Vandales. - Victor de Vite a rapporté l'histoire de la persécution des Vandales en Afrique : Ces barbares impitoyables ayant trouvé la province en r^pos et florissante s'essayaient à sillonner le pays de leurs bandes pour détruin mté et fertilité; ils mettaient à sac, remplissaient le pays de carnage, massacres, brûleries, et leur furie s'étendit si avant que même les arbres fruitiers et les plantes étaient coupés et arrachés — nous avons revu ces choses — à la fin. les malheureux Africains, pour éviter cette fureur, s'étaient cachés dans la profondeur des grottes et dans les cavernes des montagnes, crevasses le la terre, lieux souterrains V
Sous le roi Hunerich la persécution redoubla.Dcux ans avant qu'elle n'éclatât, un chrétien vit en songe l'église de Faustus décorée de riches tentures et brillamment éclairée. Tout à coup, comme il se réjouissait de cette magnificence les lumières s'éteignirent, l'obscurité et une odeur fétide envahirent le sanctuaire et une horde d'Éthiopiens chassa la blanche troupe des
1 S. Athanase, Apologiadefuçia sua:P. G.,t.xxv, roi. 666.
— * L. Ducliesne, Hist. de l'Église, 1901, 1. n, p. 269. — 3 S.Augustin,Epist.ccxxxvn, ad Hànoralum ; P. L.,t. xxxm, col. 1013; t. xxxv, col. 1731 ; t. \i II, col. 272. — MI. Leclercq, L'Afrique chrétienne, in-12. Paris, 1 90 1, t. n, p. 148.
— * Victor de Vite, Hisl ;ti<>nis Vandalicœ, 1. n, c. vi; cf. F.. Le Blant, La fuite devant la oersécution dans L"* persécuteurs et les martyr ri-.. 1893, p. 151- 157; E. Jolyon, La fuit n pendant les trais
fidèles. Un prêtre vit, dans la vieille basilique, une foule immense qui disparut et fit place à une multitude de pourceaux et de chèvres. Un évoque rêva qu'il était transporté sur une montagne d'où il apercevait un grand troupeau de brebis; au milieu d'elles étaient deux chaudières bouillantes dans lesquelles on les précipitait après les avoir égorgées et tout le troupeau fut détruit. Un autre chrétien dit : J'ai vu sur la montagne de Ziqua un personnage de taille gigantesque qui criait, à sa droite et à sa gauche: Fuyezl Fuyez! N'était-ce point un envoyé du Christ, le Christ luimême répétant les paroles qu'il avait dites à ses disciples : Lorsqu'on vous persécutera dans une ville. retirez-vous dans une autre 5.
H. Leclercçj.
FULDA (Manuscrits liturgiques de).
Le monastère de Fulda, fondé par saint Bcniface, en 744, se développa assez rapidement pour que. au début du ix° siècle, à l'époque où s'arrêtent nos éludes archéologiques, on puisse entrevoir l'existence dans cette abbaye d'une école de calligraphes dont l'histoire mal connue ne peut s'éclaircir que vers les x" et xie siècle, à l'aide des monuments paléographiques qui furent le produit de leur activité. On a pu identifier comme originaires de Fulda, un groupe de six sacrament aires, tous honorables pour l'école qui les a produits. Aucun d'eux n'est demeuré à Fulda. Trois ont émigré en Italie : ce sont le ms. lat. 3548 de la bibliothèque Vaticane; le ms. 1S1 de la bibliothèque de Verceil et le ms. 7â<le la bibliothèque d'Udine. Trois autres sont conservés en Allemagne, ce sont le cod. theol. 231 de la bibliothèque de l'université de Goettingue; le cod. A. n, 52. de la bibliothèque de Ramberg; enfin le cod. lat. 10077 de la bibliothèque de Munich. De ces six sacramentaires, le cod. theol. 231 de Goettingue est le plus important, par son texte comme par ses miniatures, pour la plupart en pleine page, et par ses initiales '. Le sacramcnlarium Fuldense est un utile témoin du x' siècle, dans lequel il n'est entré aucune des pièces du lectionnaire ou de l'antiphonaire. C'est un type bien pur du sacramentaire dit Grégorien, contenant environ cent cinquante messes de saints et près de deux cents messes votives pour les circonstances les plus diverses. Le nombre des vigiles et des octaves est assez grand. Tous les dimanches, tous les fériés et fêtes majeures, beaucoup de messes votives ont des préfaces propres et ordinairement plusieurs oraisons de rechange. A chaque dimanche, on rencontre l'ancienne Oratio super populurn.
D'autres particularités méritent d'être remarquées au passage. Le canon de la messe, placé en tête du sacramentaire, contient dillérentes additions, surtout dans le Communicantes, après le Supplices et dans les oraisons qui précèdent la communion. Au samedi saint, à côté de quatre leçons et oraisons secundum Gregorium, nous trouvons aussi Alise orationes gelasianse. La même juxtaposition se rencontre pour le rite du baptême. On fit (p. 330-343) l'Orrfo scrudnii tel qu'Amalaire, Jessé d'Amiens, d'autres encore le décrivent pour le ix' siècle; puis (p. 343-353), le simple Ordo baptislerii qui se substituait à l'époque carolingienne au système des sept scrutins. Au premier scrutin de la quadragésime (p. 330-332), prend place
premiers siècles <lu christianisme (64-323), Ce qu'en a pensé Tertultien. Ce qu'ut a pensé l'Église, in-S°, Lyon, 1903. — M,. Richter et A. Schônfelder, Sturamentarium Fuldense, smeuti X, dans Quellen und Abhandlungensur Ceschîchte der Abtei und der Diocèse Fulda, in -8, Fulda, 1912; H. Vykoukal, dans Revue d'histoire ecclésiastique, 1913, p, 780-781. Ce sacramentaire est nmisdansL. Delisie. Mémoires sur l'ancien ntaires, dans Mém. ele VAcad. des lnscript., t. xxxn,- Zeitschrift fur christliche Kunst, lS94,t. ix, p. 65.
i l DA (MA NI SCRITS I
ligue allocution ix catéchu
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impie six dimanches avant Noël.
iunctio
112, 113, tenda nwr-
.:. on lit ce al lemenl audacieux :
me componitar (p. 302). Nous donnons le contenu du manuscrit, de l'édition • p. l
itio pro ebdomadcrio rejeclori lei :■ ix kl. jan. In vigilia nat. Domini.
vin kl. jan. In vigilia nal. Dni. Primo galli
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