‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 394 sur 423 · XI. Sdl-s Maximin. La persécution de Maximin · texte numérisé non relu

XI. Sdl-s Maximin. La persécution de Maximin

« ne s'étendit point d entier, mais de-

menra locale • nous dit Fïrmilien I lappa-

avait quitti Alexandrie

pour la Palestin il l'y trou

f h j»i i» en I ami el lise, ne l'y suivit pas el fui

avec le prêtre Protocl me et

tous deux s en Germanie, poui

té, an (lire -, particulièrement recherché ' l'allade conlirme ce fi it (tans la notice qu'il ■ Julienne de Ces rée de Cappadoi

elle qui reçut l'écrivain fuyant

t pendant deux

i a miii dévouement, elle réconforta

Pnom i écrit

dans un très vieux livre en vers ou a\ de la

/. Julienne, la viei : land je m

. irmilien nous dit de que, sous le

gouverneur Serenus, beaucoup de (idoles s'enfuirent pour éviter la persécution '.

Pendant ces années de retraite, Origène composa rtalio ad marlijrium,' pièce longue et assez languissante qui est loin d'avoir la valeur littéraire de la lettre de Tertullien aux martyrs de Cartilage ou du traite que devait écrire quelques années plus tard saint Cyprien; les réminiscences bibliques y abondent et l'érudition semble, par moments, étouffer l'émotion personnelle '. » Origène n'y fail pas difficulté de reconnaître que 1' lu Chrisl : i fuyez dans une autre ient aux apôtres, niais « il faudra, dit-il, que nous les entendions nous, ces paroles; à cette condition, nous serons les frères des apôtres qui les ont entendues et nous sel a\ec eux s. •

D'une manière générale, Origène se rangeait à la doctrine de la fuite. 11 est permis aux soldats du Christ, dit-il, s'ils ne se sentent pas assez forts pour subir la persécution el s'u t qu'ils ne pourront résister

à la torture, de laisser passer la colère des persécuteurs et de fuir d'un lieu dans un autre lieu. Ce qui importe, c'est de ne pas nier .Jésus une fuis qu'on l'a confesse. Or ce n'est pas nier le Christ que de fuir afin de ne pas se mettre dans le cas de le nier. Que le timide ou le poltron s'éloigne du camp et regagne son foyer '. Celle doctrine se lit non seulement dans son commentaire sur Mal th., x, 2'.). mais il y revient aussi sur Matth., xiv, 13, où à propos de ces mots : Quod cum atidlsset Jésus secessit inde in navicula in locum desertum seorsum; il remarque qu'on doit fuir les persécuteurs et éviter, autant que possible, leurs embûches : Toôro u.lv yifcp y.x-ù. euXoYiorov ■':i'.t:' ïv; et c'est pure présomption d'aller au-dcvanl du mal '. A propos du te'. .. xi,54; Jésus ergofam non pro palam

ambulnbal Mer Judaeos, sed obiil Mine in regionem deserlu Vietnam quœ dicilur Ephralm, ibique ucrsabalur cum diseipulii ■ ne dit encore " : « 11 est bon,

honnête, de ne ion et de

font une il non moins honni

, donner 01 grande tentai

l'éviter même pour deux raisons, d'à qu'on

n'en connaît pas d'avance l'Issue, el ensuite pi

fautes 'i lui, en

elfet, qui est devenu une occasion du péché pour un autre sera puni pour ces péchés, A plus fol

martgrtum, /'. '... i. u

sert' puni aussi celui qui, bien loin de se retirer, alor»

qu'il pouvait em]

ne se retire tout au conti lonne

la persécution, li

son ar I

d'honneur et de louange. Si >•

nement, alin que i imitateurs, t

XII. Sols Ijii.i. — La persécution de néoce mot), s'étendit à tout l'empire et à tous les chrétiens, mais c'est principalement en Afrique i Egypte que les documents ont hreux et précis. L'édit fut promulj ut de

l'année 250 et marqua le signal d'i ioute.

Les apostasies ni

miéres menaces de l'ennemi, une multitude de i monta au Capitule et renonça à sa f< défiantd'eux-méi

ceux-ci confessaient le Christ à leur manière douloureuse manière. La fuite entraînait avec • confiscation, c'esl-à-('ire la ruine, la misère et ti les privations qui en découlent. « Celui, écrit saint Cyprien, qui, abandonnant ses bi. retiré

parce qu'il ne voulait pas renoncer a .Jesus-Christ, l'aurait sans doute confisse, s'il eût été pris comme les autres: qui patrimonio derelicto, ideirco seiessil quia non erat negalurus, eonfiterelur ulique, si /uisset el ipse detentus'. La situation des fugitifs était plus cruelle encore que celle dis bannis, Cmx-ci n'a'. qu'à séjourner dans le lieu qui leur était assigné, ceuxlà vivaient dans des transes perpétuelles. Après un premier sacrifice qui consistait dans l'abandon de leur pays, de leur maison, de leur famille, de leurs biens, ils commençaient une vie haletante et pourchassée. Inscrits sur la riminels, les chrétii us fugitifs étaient recherches pal la force publique: il l( ur fallait errer Je retraite en retraite, vivre dans les déserts, les montagnes, les forêts, les cavernes OÙ souvent ils se traînaient pour mourir; mais auparavant il leur avait fallu endurer le froid, la faim, la soif, la maladie, se garder de l'assaut Jes brigands, des sauvages, de la poursuite des païens, de i barbares toujours en quête d'escli

On lit iu Digeste cette loi au sujet l'e reqntrenUis vel absentibus damnartlis

annum requirendorum bona obsignart, el si redierint el se purgaverint inlegram rem suam habeanl. Si respondTinl, neque qui se détendant habuerinl, lum posl annum bona in fiscum cogunlur. Ainsi donc, dunt un an, les .s des contumai

placées sous Séquestre, ensuit l Cyprien parle à plusieurs reprises de de la sorte : Exlorrcs lacli sunt, patin: bonis suis omn bus spoliatl ". 11 savait i a quoi s'en tenir. Il était, a ( art ha

particulière de la pai ] fête, l'amphitlu çantes parmi lesquelli

l.e martyr) étail lo arriva par la suite, on m n'eût affroi

I n'était p.i à la tête d'une importanl

l'abri i

col, 72

\l.\ lit.

FUITE DE LA PERSÉCUTION (LA

assurer le fonctionnement administratif. La correspondance de l' évoque contient des avis, des prescriptions relativement aux sommes qui doivent être distribuées aux confesseurs, aux pauvres, à tous ceux dont lacharge incombe à l'Église '. Il y avait aussi son patrimoine privé à soustraire au fisc. En se faisant chrétien, Cyprien s'en était dépouillé, mais des fidèles l'avaient racheté et le lui avaient rendu, de sorte qu'il en demeura propriétaire2. Il emporta dans sa fuite des sommes importantes, qu'il fit passer au fur et à mesure des besoins à ceux qu'il avait chargés de l'administration de la caisse ecclésiastique: il en déposa d'autres à titre de lidéi-commis entre les mains d'un prêtre investi de sa confiance. A l'époque de la persécution de Valérien, on voit qu'il possédait encore ses immeubles: il avait donc réussi à les soustraire à la confiscation. Quand tout fut ainsi arrangé, l'évèque, avec un groupe de fidèles et de clercs se déroba. La colère des païens fut grande; un arrêt de proscription fut lancé contre lui et les biens du fugitif furent confisqués. On lut sur les murs de Cartilage une affiche ainsi conçue 3 :

Si guis lenet uel possidet de bonis Cxcilii Cypriani episcopi christianorum

Il se réfugia probablement non loin de Cartilage, mais on ignore le lieu choisi. Pendant son absence, son Église fut confiée à deux évèques voisins. Caldonius et Herculanus et à plusieurs prêtres, parmi lesquels Rogatianus. dont la fidélité et l'énergie lui étaient connues. Les agents du proconsul ne paraissent pas l'avoir cherché bien sérieusement.

La retraite de Cyprien ne fut pas approuvée de tout le monde: les uns furent surpris, les autres affectèrenl d'être scandalisés. En Afrique, des bruits désobligeants circulèrent sur son compte; ils trouvèrent accueil auprès du parti qui ne se résignait pas à la promotion épiscopale d'un personnage fort saint, mais bien déterminé à être le maître et à le faire sentir à ses inférieurs. On l'accusa de lâcheté et tout au moins de faiblesse. Sou biographe Pontius, écrivant plusieurs années après ne s'en consolait pas et éprouvait le besoin de le défendre encore l : « Cyprien, dit-il, obéit alors à la volonté de Dieu: il devait se réserver pour l'avenir; s'il s'était exposé au martyre, son œuvre eût été incomplète et personne n'eût été là pour réparer les maux de la persécution. -Cyprien lui-même n'était pas indifférent à ces racontars: à plusieurs reprises il y fait allusion, rappelle qu'il n'a pris une résolution si grave que sur l'ordre direct de Dieu. Son exil volontaire se prolongeant, il écrit dans ses lettres que ce n'est pas le désir du retour qui lui manque, mais il croit devoir déférer au sentiment de ses amis et se rendre à l'évidence que sa présence à Carthage offrirait moins d'avantages que d'inconvénients. Son ami Tertullus, piètre ou évèque du voisinage, paraît avoir exercé sur lui dans ces circonstances une réelle influence. Et plus haut que Tertullus. il y a cette règle des livres saints qui disent qu'on a le droit et même le devoir de fuir les persécuteurs, à condition de ne se souiller d'aucun acte d'idolâtrie. Cette règle, il la développera plus tard dans le traité : De lapsis, ex: « Quiconque se retire quelque temps, en restant fidèle au Christ, ne renie pas sa foi, mais attend son heure. » Autour de lui, le petit groupe qui l'entourait soutenait sa volonté: « A merveille, à merveille, écrira Pontius, ce fut une véritable inspirai ion de l'Esprit, un grand bonheur, qu'un homme néi pour tant de choses utiles ait

1 S. Cyprien, Epist.f V. Vt. xxxvi-xxxvra. — - Pontius, prien, Episl., i \i\. . Vita Cypriani, n. vn, xv, P. L., t. m, col. 1487. — ' S. Cy- i Vita Cypriani, n. vu

pu ajourner son martyre. Voulez-vous la preuve que cette retraite n'a pas été motivée par la crainte? Pour laisser de côté toute autre excuse, lui-même a souffert plus tard ce martyre I il l'eût fui toujours suivant sa coutume s'il l'avait fui déjà auparavant. Ce fut véritablement de la crainte, mais une crainte légitime, la crainte qui redoutait d'offenser le Seigneur, la crainte d'un homme qui préférait obéir aux préceptes de Dieu, plutôt que d'être couronné indûment. En effet, une âme vouée à Dieu en toute chose, et ainsi esclave di s avertissements divins, a cru que si elle n'obéissait pas à Dieu ordonnant alors la retraite, elle pécherait par le martyre même. » On ne devait pas s'exprimer de façon bien différente dans l'entourage de l'évèque fugitif.

Malheureusement, le parti hostile ne se laissait pas entamer. Voyant le prestige de Cyprien bien établi à Carthage. les brouillons comptèrent obtenir à Rome meilleur accueil. A Rome, on jugeait les hommes sans les connaître et les événements sans les étudier. 1res peu de temps après la mort du pape Fabien, le sousdiacre carthaginois, Crémentius débarqua en Italie et s'aboucha avec les prêtres qui dirigeaient l'Église de Rome pendant la vacance du siège. Au départ, ceux-ci remirent au voyageur deux lettres: l'une adressée, à Cyprien, lui annonçant le martyre de son collègue. l'autre, sans adresse ni signature, et visiblement destinée au clergé de Carthage. Toutes deux vinrent aux mains de Cyprien. Il put à peine en croire ses yeux. ■ Nous avons appris, disait-on. que le saint pape Cyprien s'est retiré. On nous dit qu'il a bien fait, étant un personnage en vue (persona insignisj » et à ce propos, les prêtres romains rappelaient doucereusement que le vrai bon pasteur (Fabien) donne sa vie pour ses brebis tandis que le mercenaire (Cyprien) prend la fuite à l'approche du danger. A Rome aussi on avait vu des apostats^une partie d'entre eux étaient personee insignes. Cela dit, le clergé romain exposait le zèle dont lui-même était animé, le courage avec lequel il remplissait les devoirs que la persécution lui imposait. Cyprien répondit. Il accusa réception de la lettre notifiant le martyre du pape Fabien et ajouta : « J'ai lu une autre lettre, sans adresse ni signature. L'écriture, le contenu, le papier lui-même m'ont ini peu surpris. Peut-être y a-t-on changé ou retranché quelque chose. Je vous la retourne telle quelle afin que vous voyiez si c'est bien elle que vous avez remise au sousdiacre Crémentius. » Les prêtres romains comprirent la leçon, cassèrent aux gages leur rédacteur maladroit et n'en furent pas quittes à ce prix. Il leur fallut encore prendre connaissance d'une série de treize lettres que Cyprien leur adressa pour les convaincre qu'il n'avait pas failli à son devoir de pasteur. Ces treize lettres étaient sa correspondance pastorale depuis son exil volontaire (lettres N' à Vllet X à XIX). Du lieu de sa retraite, il n'avait cessé de gouverner son Église, communiquant constamment avec elle, instruit des moindres détails, exhortant le cierge et le peuple, encourageant les martyrs, veillant à l'assistance des pauvres, reprenant le zèle exagéré des uns. corrigeant la mollesse des autres, se faisant tenir au courant par ses correspondants du jour de la mort de chacun des confesseurs décédés en prison, afin que leur commémoration puisse être célébrée parmi les mémoires des martyrs.

Maigre l'émotion que lui avait causé la lettre de Rome. Cyprien prolongea sa retraite, sachant que son retour à Carthage ne pouvait que redoubler les vin lences des bourreaux et entraîner des maux plus grands pour l'Église. • Nous devons veiller à la paix com-

; l'. l... t. iv, col. 4o:î. — • Pontius, i-yiii, p. L., t. m, col. l INT.

FUITE DE LA PERSÉC1 TION LA

écrit-il :i son clergé, et nous résigner quelque temps, malgré mes regrets, à vous manquer. Par notre présence nous pourrions provoquer la haine et la violence des nent ils ; nous pourrions causer la rupture

de la paix, nous qui. bien plutôt, devons assurer la tranquillité de tous. Il ajournait son retour jusqu'au moment où à Carthage lui diraient que

le moment était venu : Quand vous m'aurez i erii que la i>ai\ est rétablie et que je «lois rentrer, ou si auparavant le Seigneur daigne me l'ordonner, alors je reviendrai vers vous. Les mois s, pa cution semblant se relâcher, sis clercs le rappelaient

iut de l'été de 250. Il leur répondit qu'il n vait céder déjà à leurs cous, ils. car il craignait le réveil ii«- la haine des païens. Au commencement de 251, il écrivait encore : • ta- qui augmente mon chagrin et me

une douleur plus grande, c'est que, malgré cette inquiétude et cette m ne puis me rendre en

personne auprès «le vous. En i menaces et

mbûches des perfides, nous voulons éviter que notre arrivée n'excite là-bas un plus grand tumulte.

iue qui doit en toute chose veiller sur la paix et la tranquillité, ne peut pas risquer de paraître avoir lui-même fourni matière au désordre et déchaîné de nouveau la persi cuti

Ayant pris cette grave résolution de fuir, il la soutenait maintenant avec la fermeté de caractère qu'on lui connaît, au risque de provoquer de nouvelles rumeurs. Il rentrerait à son heure. Aussi bien les contradicteurs avaient perdu du terrain avec un adve-r île trempe. Les prêtres de Rome 'étaient . Cyprien avait consenti à leur donner les motifs de sa conduite. lài fuyant, leur avait-il dit. alors que le peu] sa mort . il

n'avait fait ose que de mettre en pratique le

précepte du Seigneur, sic ni mandata Domini instruunt.

Il avait cherche moins son salut que la paix d

loute j'étais absent de coi ps, n mon esprit, ni mes actes, ni mes conseils n'ont manqué aux fidèles. Suivant le^ préceptes du Seigneur, j'ai

veille sur nos frères en tout ce que j*ai pu, dans la mesure de mes t. ni II Les prêtres romains

répondirent par une lettre pleine «le déférence; cette fois Novatianus tenait la plume, ils ne cachèrent plus

leur admiration pour l'évéque de Carthage. Loin de

lui rien reprocher, ils ne découvraient maintenant plus rien a reprendre dans sa conduite. On voit qu'ils que ce grand homme- eût daigné leur motifs de sa conduite et avec une jolie souplesse Ils se trouvaient ;e -i niais aux

mérites d'une déterminât imi qu'ils avaient d'abord blâmée : Consiliorum (uorum nus non tuam iudices voluisti quant partitives inveniri, lui disaient-ils, ni, in lais rébus gtslis, laudem teeum, dum iii"*- probamus, inoenirtmui et luurum consiliorum bonorum coht quia et adflrmalores, esse possumus. Dans cette lettre, ils hasardaient un aveu intéressant : la persécution avait obligé plusieurs évoques voisins a Imiter . enir cacher a Home.

lugitifs volontaires se trouvaient, au jour ou la persi CUt ion le calmait dan I ion différente de

celle 'les bannis. Cyprien fait observer a i

cpie .-eux qui. rompant leur ban. rentrent clans leur

patrie avant cpi'ait éti entence d'exil, s' expore punis non plus c ne chrétien

comme violateur! di i lois: Delinquilur... quando...allus

ci pairiam nmir extarris faetut tnr, ni

■ n inm quasi ehrislianus, ted quasi

Il liai ion personne Ile il. I

différente : aucune sentence judiciaire n'avait

,. ||l rie COU

mi jour eu l'apaisement lui permettait le bravait aucune ici i

arriva en lin. Son exil durait depuis qu uni- lettre- aux fidèles, il annonça qu'il reviendrait après Pâques, ut repra diem

cum i' llegis mris. En effet, on le revit Cctti cle la fuite de saint Cyprien

venait bien montrer le peu d'importance qu'avait eu sur la conduite des fidèles le traite lu- fu< tullien. On sait que Cyprien avait pour lui une grande admiration, il l'appelait volontiers le maître. Scan dans celte discussion provoquée autour de sa resolution, il n'a pas une seule fois fail allusion aux maximes outrées que Terlullien avait tenues dans son traite. Et lui-même, a plusieurs reprises, abordant cette question de la fin un point de vue diamétralement devancier. Dans le traite De la) i-.. il s'explique rement : l.e premier degré «le la victoire-, dit-il, cou siste à confesser le Seigneur quand on tombe entre les mains des gentils; le second à se retirer prudemment i- ver pour Dieu. La première confession est

publique, la seconde secrète... D'un cote il y a plus de courage, de l'autre plus de prudence, mais aussi plus de sécurité. L'un, quand sonne l'heure, est déjà mur pour le ciel ; l'autre diffère son sac ri lice-, mais s'il quitte son patrimoine pour ne pas Irahir I >ieu. il l'aurait c< i tainement confesse s'il était tombé entre h bourreaux (c. ni) . F.l plus loin : « Celui qui se retire en restant toujours uni au Christ, ne renie pas sa foi, mais il al I end l'i.c un- (le la ut du

courage pour quitter sa pallie et sacrifier sa fortune (c. xi. - Cherchant des exemples dans les il montre que Jacob a fui, cl David et le Christ luimême. D'ailleurs, il interprète sans hésiter la pensée

du Sauveur: Don

La fuite n'était pas cependant une obligation, il est

nécessaire de le rappeler. Pendant celle perse cul ion

I, on avait vu fuir de.; ris l'hilumrnus

et Fortunatus et l'acolyte i après quelques

'absence, ils reparurent . Leur fuite devait n'être pas justifiée, car l'opinion publique leur fut sévère et les administrateurs de l'Église demander

Cyprien quelle décision il fallait prendre a leur égard. L'évéque répondit qu'il examinerait l'affaire en présence- de- ses collègues et de toute l'aSSembll fidèles. Quand le moment parut venu, bi auceeup decol- .-nt absents, alors Cyprien déclara que l'affaire ' tait remise : mais qui poiic : Libranda cl pronuntianda res est quse, in rum, rirrn ministros plum.

Jusqu'à ce- moment les in- suspendus

de leurs fonctions et prives eh- la spi Il faut renoncer a découvrir ce cpii attirait a ces trois

coupables une telle ligueur, puisqu'ils n'i

les seuls fugitifs : mnlli nillim

dit l'évéque. Ce fut. probal

ciles postérieurement U

été portée- la règle à laquelle

Augustin : Fuir est pe m quand leur min

salut •

ii ou permet le même

impoli

rll, un

combat gi ni

d'hon

mieux que li liomm

qu'il venu

monde

FUITE DE LA PERSÉCUTION (LA

ceux dont la vie importe moins au bien de l'Église l. La persécution de Dèce vit une autre fuite mémorable, celle de saint Denis, évêque d'Alexandrie. Voici ce que lui-même écrivait à son ami Germain : « Je parle en présence de Dieu et il sait si je mens. Ce n'est pas du tout d'après mon propre jugement ni sans l'assistance de Dieu que j'ai pris la fuite. Au reste, dans une occasion précédente, quand sévissait la persécution de Dèce, Sabinus, à ce moment, a envoyé un frumentaire à ma recherche et moi je suis resté quatre jours à la maison à attendre son arrivée; mais lui, il parcourait tous les lieux d'alentour, explorant les routes, les fleuves (c'est-à-dire les canaux du Delta), et les champs où il soupçonnait que je me cachais et que j'allais; il était frappé d'aveuglement et ne trouvait pas ma demeure; il ne croyait pas, en effet, qu'étant poursuivi, je restais chez moi. Ce n'est pas sans peine que, le quatrième jour, Dieu m' ordonnant de partir et m'ouvrant le chemin d'une façon miraculeuse, nous nous en allâmes ensemble, moi, les serviteurs et beaucoup de frères. Que cela fût l'œuvre de la providence de Dieu, les événements qui suivirent l'ont montré; dans ceci nous avons peut-être été utiles à certains.... Vers l'heure du coucher du soleil, je fus pris par les soldats, ainsi que ceux qui étaient a\ ec moi et conduit à Taposiris; mais Timothée, par un dessein de Dieu, se trouvait à ne pas être là et il ne fut pas arrêté; il vint plus tard et vit la maison vide et gardée par des gens de service, mais nous, nous étions emmenés captifs... . Quelle fut la vraie conduite de l'admirable providence de Dieu? La vérité le dira. Un paysan rencontrant Timothée qui fuyait et était bouleversé, lui demanda la cause de son empressement. Celui-ci raconta ce qui était la vérité, et son interlocuteur l'ayant entendu — il allait dîner à la noce et c'était pour eux une coutume de passer toute la nuit dans de pareilles réunions — il l'annonça en arrivant, aux convives. Ceux-ci d'un seul bond se levèrent tous comme à un signal convenu et prenant leur course, ils arrivèrent très vite et tombèrent sur nous en poussant des cris; les soldats qui nous gardaient détalèrent prestement et les assaillants vinrent à nous qui étions étendus sur des lits sans couverture Je crus moi aussi tout d'abord, Dieu le sait, que c'étaient les brigands qui étaient venus pour le vol et le pillage; je restai sur ma couche, j'étais couvert seulement d'un habit de lin et je leur offris le reste de mes vêtements qui étaient près de moi; mais eux m'ordonnaient de me lever et de décamper au plus vite. Alors, sachant pourquoi ils étaient là, je les suppliais à grands cris et leur demandais de s'en aller, de nous laisser, et s'ils voulaient faire quelque chose de mieux, j'estimais que c'était de prévenir ceux qui m'emmenaient et de me couper la tète. Tandis que je leur criais cela, comme le savent mes compagnons qui ont eu leur pari dans toutes ces choses, ils me firent lever de force. Et moi je me jetai à terre à la renverse, mais eux me prirent par les mains, me tirèrent par les pieds et me traînèrent dehors. Les témoins de tout ceci, Caius, Faustus, Pierre, Paul, me suivirent; ils me portèrent même à lu-as et me firent sortir de la petite ville, puis, me faisant monter à poil sur un âne, ils m'emmenèrent :. »

Outre Denis et sa famille, — car on croit qu'étant marié il fuyait avec les siens et que Timothée était son fils s, — l'Église d'Alexandrie vit fuir les prêtres I'austin et Aquila, trop connus pour rester dans la ville et

1 S. Augustin. Enist., ccxxvm, ad Honcratum, n. 12, P. L., t. xxxm, col. 1018. — " Eusèbe, Hist. eccles., 1. VI, c. XL, P. G., t. xx, col. 602. — ' Ch. L. Feltoe, The Leltcrs and other remains-of Dionysius of Alexandria, in-8, Cambridge, 1904. — • F.usèbe, Hist. cccles., 1. VI, c. XLn, P. G , t. xx, col. 614 — 'S. Jérôme, Vita S. Pauli eremitee; P. L.,

l'administration fut, en l'absence de l'évèque confiée aux prêtres Maxime, Dioscore, Démétrius et Lucius, qu'assistaient les diacres Faustus, Eusèbe et Chérémon. Dans une autre lettre, Denis donne ces détails : Que dire de la multitude de ceux qu; erraient dans les désert s et les montagnes, périssant de faim, de soif, de froid, de maladie par les brigands et les bêtes féroces'? Ceux qui ont survécu sont les témoins de leur élection et de leur victoire; je citerai un fait pour montrer ce que j'avance. Chérémon était très vieux et évêque de Nilopolis; il s'est enfui vers la montagne d'Arabie avec la compagne de sa vie; il n'est pas revenu et jamais les frères, quoiqu'ils aient beaucoup cherché, n'ont pu voir ni eux, ni leurs cadavres. Beaucoup dans cette même montagne d'Arabie, ont été réduits en i vage par des barbares Sarrasins; on a délivré les uns à grand'peine, avec beaucoup d'argent, et les autres, pas encore jusqu'à présent 4. «

Parmi les fugitifs, se trouvait un égyptien de la Thébaïde, nommé Paul, âgé de vingt-trois ans. Use retira dans une maison de campagne où il vécut entre sa sœur et son beau-frère. Celui-ci s'apprètant à le » dénoncer, Paul s'avança en plein désert et, après avoir erré longtemps, découvrit une caverne jadis occupée par des faux monnayeurs, il s'y réfugi? et vécut désormais dans la retraite donnant le pi entier exemple de la vie érémitique 5.

En Orient, nous rencontrons encore un illustre fugitif. A Néocésaréeen Cappadoce, l'évèque Grégoire, par son apostolat infatigable, avait fait reculer le paganisme qui, trouva dans l'édit de Dèce une belle occasion de revanche. La persécution s'y déchaîna très violente, les apostasies furent nombreuses, les emprisonnements presque sans nombre. Saint Grégoire de Nysse, décrivant cette persécution, dit que parmi les magistrats romains, quelques-uns recherchaient ceux qui étaient cachés, celalos et occultalos, que d'autres poursuivaient les fuyards, pars fugienlibus inslabant, et que les solitudes étaient pleines de ceux qui avaient fui, plense quidem soliludines erant eorum qui profugissenl '. Grégoire de Néocésarée se défiant fort de la persévérance de ses diocésains, leur conseilla la fuite, et, joignant l'exemple au précepte, se retira tout 16 premier au désert avec un diacre. Son troupeau le suivit en masse. A la fin de la persécution tous rentrèrent.

A ces exemples on en peut joindre quelques autres. Nestor évêque de Magydos en Pamphylie et martyr, avait conseillé la fuite à tous les chrétiens « de peur que le loup entrant dans la bergerie du Christ ne déchirât quelques brebis '. » En Lycie, réunie a la Pamphylie en un même gouvernement, un chrétien fugitif, Dioscoride, caché dans la montagne causa le martyre du berger Thémistocle qui refusa de dénonci c le lieu de sa retraite '. En Bithynie, le martyr Coili donnait tous ses soins aux chrétiens prisonniers .i Nicomédie, mais le voisinage de Dèce avait jeté la terreur et on comptait de nombreux fugitifs : timoré multo in urbe territis christianis, et prœcipue quod sarese Decius adesset, hi quidem fugerunt in montes, illi vero per agros latebant '.

XIII. Sous Gallus. — La persécution de Gallus fut limitée, rapide; elle fit peu de martyrs. Denis d'Alexandrie écrivant à Hermanon au sujet de cet empereur dit ceci : ôç su tp£pou.évr,ç x-jtù xrfi f3aaiXe£aç v.-A vsx-.k voûv xcopoùvTwv tcôv -payiiâTtov, t&ùç Eepoùç H.SZsÇ, t^ùç reepl xffi eEpT)VY|ç rjTO'J xal — 7ç ôyieîaç xpsaoEÙov-

t. xxm, col. 19. — SS. Grégoire de Nysse, Devila S. Gregortl lhaumalurgi, P. G., t. xlvi, col. 583. — '■ Acta S. Xestoris dans Acta sanct., févr. t. m, p. 629. — ' Mrnaea magna Gra-corum, Venetiis, 1Ô2S, décembre, p. 358. — ■ Martyrinm s. martyris Codrati, t, dans Anal. bott.t 18S2, t. I, p. 448.

Il I I E DE I. \ PERSÉCI 1 ION I. \

txç - iJXaoev. • Tandl

était ; les affaires allaient •.

a cha ts qui intercédaient

pour qu'il saints,

ou bi fuir.

XI \ indrie

"il de

Val. i . il y eut îles exilés ' : il ne fait pas

.illusion aux fugitifs. Saint Cyprien cette foi plus à la fuite, il fut exile à Curubis el y demeura jusqu'à l'époqu martyre. Saint Denis fut,

île su!i côté, exilé dans la Maréote. i auquel

unis semble assez bénin, Il est remarquable qui ius Valérien l'attitude

illustres |" ûnsi changée. On n'en

sait pas avec certitude la r;ison, mais on peul CUtion atteignant tou

iller personnellement au salut de leur peuple dont

ils partageaient les périls. Sous Valérien, au contraire, eux seuls étaient ex] elquc fût leur sort, les

fidèles étant épargnes, i's ne croyaient plus devoir se dérober devant un danger personnel. En ce qui concerne saint Maxime, evéque de Noie, il s'enfuit au non pour conserver sa vie, mais pour épargner a sa faiblesse une épreuve dont il craignait de ne pas triompher.

XV. Sous Dioclétien. — Au début du règne de Dioclétien (2S5) nous rencontrons plusieurs récits de mince autorité qui parlent de la fuite de quelques mar- V la suite de la série de témoignages qui viennent d'être énumérés, on peut considérer que la fuite étant considérée par I i mime un procède légitime

de se soustraire à la persécution, il est donc admissible que des faits analogues se soient produits et aient été conservés dans la mémoire des fidèles, puis ins. peut-être arranges dans les récits retouches ou composés à une époque déjà éloignée des événements.

Les actes de saint Sébastien ont très peu de valeur, mais peut-être ont-ils garde quelques vestiges historiques. On peut admettre que des fidèles se soient réfugiés dans la maison d'un certain Chromai iu celui-ci, pour éviter l'encombrement et les dénonciations ait évacue tout ce monde dans une villa de Campante. Un dimanche, l'évêque de Rome vint voir cette partie de son troupeau qui allait s'éloigner, la confia à un prêtre du nom de Polycarp moment du

départ quelques demeurèrent

à Home. Tout cela n'a lien de tn [Uablc et qui

difficulté. On en pourrait dir. pour

quelques autres pièces qui, réduites a l'incident de la

fuite, n'offrent rien que de vraisemblable; ce qui ne

veut pas dire que le i incident se

nias authentique. Dans les

actes de Donatii I pic de

Nantes fugitif1 des mari oissons,

Kuliii et V font voir réfugii s dans une

cavern du martyr Lucien, de Beauvais, le

montrent fuyant te de la ville *, etc. Il ne se

trouve en tout • ablc, mais les actes

n'en sent pas plus lii

Mais a\.

.us trouvons de nouveau des faits certains trois '. h. I lu h, prirent la fuite '.

loire d' Irène, on lil 'année

iblical Ion du premier édil de nos

' Eu , l. VII, c. i, P. . |. 640.

i . /'. ... t. x.x, morammartyrum, I

— ' Ada «met.. Juin, t. n, p. 795. ' Icta ■.-.., 1. 1,

...cit., 1713, p. 392. — ' Acta sancl., avril, t. t, p. IJ

lllaili

- Iài pi était-il coin

cet te même villi la plupart

prirent la fuite, c'est du i Ton lit dai

'I lecteur I premier édit di de l'évêque d'Aptoni

pris, à la nouvelle de la panique et des chrétiens < '

mus, duumvir d'Ap afin de provoquer la livra archives de leur Rgli

la maison de l'évêque pour en retirer les i

qui doivent être détruits, donnent le mobilier, la chai i.

épiscopale, tout ce qui leur tombe sens la main.

à peine douteux que si l'évêque s'était trou

il il n'eût pas été épargne, mais aux ofi qui vinrent le réclamer, on répondit] qu'il était al. sent '.

11 s'était enfui et cache. Optât de Milève

qu'il ne fut pas le seul, car la persécution ■ épargna ceux qui s'étaient caches i latentes dimisit illœsus '.

En Galatie, sous l'administration du consulaire Théotecne, en 30-1, nous rencontrons la Passion de

S. Théodote d'Ancyre, pièce excellente qu\ lestement jetée aux légendes et qui conserve une valeur histortqui ible. < < 1 i ait un

cal arêtier (voir ce mot) qui rendait à l'Église di services, * La fuite, lisons-nous dans sa passion, présentait des périls; dans certaines régions les vastes solitudes n'offraient aucune ressource pour vivre, ou bien la grossièreté des aliments qu'elles f" aux fugitifs faisaient préfél

leurs maisons. I la ances,

Théodo s pri-

sonniers, i II puas ail ii r l\ veil,

■ ion. s'approvisionner de vin pur i qu'il .■ dait aux chrétiens au fur et a mesure de II en sorte que la maison du ci

fois de lieu urs 1 1

prêtres fugitifs Venaient .

sacrifice.

Après un tue à quai

milles d'Ancyre, Thi ■

ouverte à l'Orient, d'où sortait un di de l'Haï ys, à deux stades environ de Malos. , Il

là un grii. itifs qu'il .

tirer des grilles de l'offtcium. Il solitude, dans les Imis ,0.

Le quatrième eclil ajouta à la violence de la p culioi:

Orient, en Occident . Il se retirant à leux Inhn

Norique, ils se caclu i

• les III :

les solitudes fui grand nom!

FUITE DE LA PERSECUTION (LA

sous Maximien Hercule, grand-père de Constance, commença la persécution, des païens dérobèrent nos frères chrétiens aux recherches de leurs ennemis, sacrifièrent même leurs biens ou affrontèrent la prison, plutôt que de les trahir; ils accueillaient ceux des nôtres qui se réfugiaient chez eux et s'exposaient pour les protéger '.» Dans la province du Pont il se trouve des fugitifs qui gagnent la Perse, l'Arménie et les déserts de l'Arabie 2. A Rome, les actes de saint Anthime nous apprennent que tous les prêtres se cachaient3. Ces actes sont fort sujets à caution et on peut dire la même chose de la Passion des saints Abundius et Abundantius. mais cette dernière contient un détail qui peut être retenu. Vingt-trois chrétiens se tenaient cachés au vicus Canarius dans la maison de la matrone Theodora, in domo Thcodorœ, in uicum qui dicitur Canarius (peut-être le vicus Caprarius), sous la conduite du prêtre Abundius et du diacre Abundantius. P. Allant conjecture, non sans vraisemblance, que c'étaient les habitants d'un bourg du Latium qui avaient fui à Rome dans l'espoir de s'y mieux cacher 4.

Parmi ceux qui s'enfuirent pour échapper à la torture et au supplice, il est impossible d'accepter toutes les indications contenues dans les actes, mais il est souvent plus impossible encore de les contester et de les rejeter sur de bonnes raisons. Dans la Pamphylie, Calliope s'enfuit de Perge à Pompeiopolis '; dans le Pont, une illustre famille prit la fuite, les grands parents de saint Basile et de saint Grégoire de Nysse (du côté maternel). A l'approche du danger, ils quittèrent Néocésarée avec quelques serviteurs et s'enfoncèrent dans des régions boisées où ils vécurent sept années *. En Egypte, saint Menas préféra la compagnie des bêtes féroces à celle des adorateurs des idoles '. En Gaule, saint Genesius d'Arles, refusa de transcrire les ordres du persécuteur et prit' la fuite. Afin de se conformer à la parole évangélique qui ordonne d'éviter la persécution, il fit plus que se cacher, il changea de ville plusieurs fois. Saint Julien cédant aux conseils de saint Ferréol quittale Dauphiné pour l'Auvergne, et saini Ferréol lui-même, ayant réussi à sortir de prison, se data de fuir la persécution et d» gagner une région étrangère. Lorsque Julien apprit que des gens de police étaient envoyés à sa poursuite et sa cachette sur le point d'être découverte, il vint se livrer afin de ne pas compromettre ses hôtes8.

XVI. Sous Galère. — Après l'abdication de Dioclétien (30ô), Galère continua la persécution: mais Maximin Daïa, à qui était *chu l'Orient, crut devoir attendre quelque temps et il commença par publier une sorte d'amnistie religieuse. Grâce à cette trêve, les chrétiens songèrent à se réorganiser et, dans la première moitié de l'an 306, Pierre d'Alexandrie publia une série de canons disciplinaires concernant les différents cas soulevés par la conduite des fidèles pendant la persécution. Beaucoup s'étaient enfuis, cachés, avaient abandonné leurs biens, les espèces étaient très diverses. Pierre s'étant caché pendant la persécution était donc qualifié mieux qu'aucun pour légiférer sur cette question '■'.

Le canon 7e condamne la conduite des maîtres chrétiens qui ont envoyé des esclaves à leur place devant le juge, en sorte que ces esclaves ont sacrifié et apostasie; ceux-ci sont coupables et feront une année entière de pénitence, mais les maîtres qui ont lâche-

'S. Athanase, .4</ solitariam uitam agentes, P. G., t. xxv, col. 691. — " Eusèbe, De vita Constantin!. 1. II, c. un; P. G., t. XX, col. 1029. - ■ .tria sanct., mai. t. n, p. 617. — * vtefasancf., septembre, t. v,p. 300; P. Allant, op. rit., t.iv, p. 393. — ' ^lc(a sanct., avril, t. I, p. 659-662. — • S. Grégoire de Nazianze.Ornf., xLm;P. G., t. xxxvi, col. 500-501. — ' Anal. boll., 1881, t. in, p. 259. — • Tillemont, Mo-

ment abusé de leur pouvoir, qui ont oblig*'1 à l'idolâtrie ceux qui avaient pu fuir, Suvccfiévouç xai ocÛToiç hapsùyevj, sont condamnés à trois années de pénitence.

Les canons 8e et 9e parlent des fidèles qui, après une première apostasie, se sont relevés d'eux-mêmes, sont retournés au combat, ont souffert l'emprisonnement et les tortures; ils seront reçus à la communion des prières, du corps et du sang, quoique, s'empresse de remarquer l'évéque, ils ne se soient pas conformés à l'enseignement du Christ qui nous a enseigné de prier afin de n'entrer pas en tentation; ils ne se sont pas conformés non plus à son exemple, car Jésus s'est souvent dérobé à ceux qui voulaient lui dresser des embûches. Quelquefois, il évita de les rencontrer et quand vint l'heure de sa passion, il n'alla pas au-devant, il attendit que ses ennemis vinssent le prendre. Ils le livrèrent à Pilate. Le Christ parlant de ceux qui souffrent et meurent pour lui a dit : tradent vos et non pas vos ipsos tradetis. Il veut que nous fuyions la persécution, que nous passions d'un lieu dans un autre quand on nous persécute en son nom ; il ne veut pas que nous nous présentions aux srtellites du diable. Saint Pierre nous en donne la raison. C'est, premièremi-ii l . pour que nous ne soyons pas pour eux la cause de crimes de toute espèce ; secondement, pour que nous ne les forcions pas à être plus cruels, troisièmement pour que nous ne les mettions pas dans le cas d'accomplir des œuvres de mort. Il faut attendre, se tenir sur ses gardes, veiller et prier pour ne pas entrer en tentation. C'est ainsi qu'à l'exemple du Maître, Etienne. Jacques, attendirent d'être arrêtés, et aussi Pierre qui fut crucifié à Rome, et Paul, qui fut décapité dans la même ville. Ce que tous désiraient, c'était d'enseigner la parole de Dieu. Ils cherchaient non ce qui leur était utile, mais ce qui était utile aux autres et ils savaient qu'il faut qu'on entre par beaucoup d'affections dans le royaume de Dieu.

Le canon 13e approuve formellement la fuite : « Aucun reproche ne doit atteindre ceux qui se sont dérobés à la persécution pour sauver leur vie, lors même que d'autres auraient été détenus à leur place. » A Éphèse, Caïas et Aristarque furent saisis à la place de Paul 10. A Jérusalem, lorsque Pierre s'évada de la prison, il fut cause que les soldats de garde furent condamnés à mort et cependant Pierre ne peut être tenu responsable de ce châtiment, car, après la découverte de la fuite île leur prisonnier, les soldats auraient pu se sauver eux-mêmes.

En cette même année 306 éclate la persécution de Galère et de Maximin Daïa, persécution qu'Eusèbe nomme une « seconde déclaration de guerre. » Ici encore les exemples de fuite sont nombreux. Natâlie, veuve du mantyr Hadrien, est demandée en mariage par un officier supérieur de l'armée. Comme elle est chrétienne, son refus ne peut manquer de lui valoir la prison et peut-être la mort. Elle organise la fuite d'un groupe de chrétiens également menacés, s'embarque et arrive à Argyropolis, près de Byzance, où elle meurt de fatigue ".

En 307. à Sirmium, le jardinier Serenus, déjà avancé en âge, se cacha, mais après un laps de quelques mois rentra chez lui se croyant en sûreté et trouva le martyre ,1. — En Lycaonie, une jeune mère, Julitta, s'enfuit avec son enfant nouveau-né et deux servantes dans l'Isaurie: de là à Tarse, en Cilicie. où elle trouva

moires, 1732, t. v, p. 279,280; Ruinart, op. cit., p. 511. — 8 M. Routh, Reliquiœ sacrœ, t. iv, p. 23 sq. ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. i, col. 1270; P. G., t. xvm, col. 167; Hefelc-Lcclcrcq, Hist. des conciles, t. I, p. 498, note 1 ; P. Allard, Histoire des persécutions, t. v, p. 32-35. — 10Act. c. xix, 26-31. — ïlActa.S Adriani dans Snrius, \'ita- sanct., t. IX, p. 88 sq. — l* Passio S.Sereni, dans Ruinart, op. cit.

I l I IL DE LA PERSÉ( UTION LA

le martyre '. En Lycie, le jeune Aphien s'enfuit de la maison paternelle '. — A Antioche, Domnina deux ! 1 1 1 o s Bernice et Prosdoxès, laissent leur ville, leur maison et leurs proches et fuient au loin. Biles se réfugièrent a Édesse, dans l'Osrhoène; le mari de Domnina conduisit lui-même les soldats à leur poursuite et ou Us emmena Vers la Syrie. Saint Jean Chry- SOStome leur a consacre une homélie J. • Personne, 'lil il, ne les accusera de lâcheté, car elles accompli- ■le précepte du Christ qui dit : lorsqu'on vous poursuit..., et elles se tressaient une couronne, la couronne du mépris des choses présentes. Elles avaient le Christ pour compagnon, le Christ pour lequel elles s'exilaient, et au secours duquel elles avaient un droit spécial .. Lorsqu'il fallut fuir, elles fuirent; lorsqu'il fallut battre, elles s'arrêtèrent, et. enchaînées par l'amour du Christ, elles suivirent leurs geôliers. S'il ne faut pas chercher la tentation, il faut lutter lorsqu'elle se piesente et faire preuve d'abord de douceur, puis de force. » La voie qu'elles suivaient allait d'Édesse a Carrhes, puis vers l'Euphrate qu'elle traversait et gagnait Hieropolis. Au delà de cette ville on rencontra . -, iere. la troupe fit halte et Domnina demeurée seule avec ses « filles au bord de l'eau leur dit: « De tous les maux, le plus atlreux c'est le di . dont

nous ne pouvons même entendre parler sans rougir. Toute mort est préférable avec le secours du christ. Biles se noyèrent a l'instant 4.

Vers 308, se place le martyre d'Eulampius et d'Eulampia dans les actes desquels il est parlé d'une fuite des fidèles dans les lieux déserts ».

En 309, le diacre Habib, de l'Église d'Édesse parcourait les communautés des environs, mais pas si Secrètement que les magistrats n'en fussent avertis et l'ordre vint de l'arrêter. Habib était alors en tournée apostolique aux environs de Zeugma. Le gouverneur envoya dans la bourgade de Telzcha: on lit des perquisitions qu'on étendit assez loin, mais on ne le trouva pas; on arrêta toute sa famille et les habitants du village furent enchaînés; sa mère, ses parents, les notables furent amenés à Édesse et incarcérés. Quand dans son refuge, Habib apprit tout ceci, il réfléchit.! Mieux vaut pour moi, se dit-il, me présenter au magistrat du lieu. Je rougirai de r stercachi et d'envoyer au ciel mon prochain pour y être couronne a cause de moi. Quel bien fera la religion chrétienne a celui qui fuit de peur de la confesser. Il partit et se livra *.

En 310, Quirin, évfique de Sciscia, fut arrête, sur l'ordri .iisul après d'activés recherches; car,

nous disent ses actes authentiques, l'evéque, aserli. avait quitb on l'arrêta donc pendant sa fuite

et on le ramena à Sciscia. Maxime lui dit : i Ou fuyais-

Je ne fuyais pas; j'accomplissais simpli l'ordre du Seigneur, car nous lisons dans nos livrée :

Si l'on vous poursuit dans une ville, passez dans une autre. — De qui est ce précepte? -Du Christ '.

XV IL Après les pi ne. En 314, le con

cile d'Ancyre, dans son canon 3«, décide que- ceux

qui se sont enfuis devant la persécution, mais qui ont été BXrêtl ^. trahis peut-être par ceux de leur i

qui ont souffert avec persévérance la confiscation de

leurs biens, des tortures et la prison, déclarant qu'ils

étaient chrétiens, mais qui ensuite on! .!. \ -us...

ne doivent pas être pris es de la communion de l'Église*. XVIIL Sain r Athanase, L'arianisme va devenir niions souvent aussi implto

: l'avait ,1. I nie. ri il

mal. boll., t. xvi, p. 122. — ' S. Jean f.hrytottome, Homtlle, i.

- fil... Ml. /'. (,.. t. \ s. .

martyr il Ladercq, 6ci mariyt», t. u,

uivre ce travail el de montrei ensuite le nestorianisme, le monopl ; surtout l'ico-

noclasme ressuscitant les pues atroi ités et provoquant des fuites en grand nombre, Mais a celle illustres fugitifs il faut encore ajouter saint Athanase.

Au plus fort de la lutte arienne a Alexandrie, donner à Athanase le conseil de s'éloigni ; refusa et resta encore tout l'hiver pendant que parait le coup de force qui, le S février 356, mit l'i de Tlieonas entre les mains des soldats du duc Syrianuv Les portes furent enfoncées, les fidèles bousculés,

[ue demeurant dans sa chaire. Des laïque moines l'entouraient, ils parvinrent a l'entraîner; il

rut, c'était ce qu'on voulait. Où etait-il p. PalladlUS, vers 388, raconte le fait suivant : « A Alexandrie, j'ai connu une vierge d'environ soixi dix ans que j'ai rencontrée. Or tout le cl« gnait qu'étant jeune, environ à vie ' I fort

excellemment belle, elle était a éviter a cause beauté, afin qu'elle ne donnai le sujet de

blâme par suite du soupçon. Quoiqu'il -qu'il

arriva que les Ariens conspirèrent contre le bienheureux Athanase. évêque d'Alexandrie, au n d'Eusèbe le pu posé, sous l'empereur Constance, et lorsqu'ils l'accusaient injustement par leurs caluin-

vitant d'être juge par un tribunal corrompu, il ne se confia a personne, ni parent, ni ami. ni élève, ni un autre. Mais les envoyés du préfet i tant entrés soudain dans l'évêché et le cherchant.il prit sa tunique et

aque et, au beau milieu de la nuit, il s'enfuit chez

di conci rtéi chose, elle

lut tout à fait effrayée. Alors il lui dit : Comme je suis

cherche par les ariens et dénonce injustement, en

ie une réputation déraisonnable el jeter dans un péché ceux «lui veulent me punir, je me suis mis dans l'idée de ,nii. luis Dieu m'a révélé cette nuit ceci : ■ Tu n'as a être sauve chez personne, sinon chez celle-là. donc, dans une joie considérable, ayant discussion, se fit toute entière au Seigneui

saint pendant six ans, la vie durant dl • elle lavait ses pieds, faisait le servie lions, pourvoyait a tous ses besoins, empruntai livres et les lui procurait. Et personne parmi h s hommes d'Alexandrie entière ne Mit dans les six ans ou passait son temps le bienheureux Athanase I des que la mort de Constance fut annoncée el qu'elle parvint a ses oreilles, s'elanl bien habilk de UOU

la nuit, il fut trouvé dans l'église el tous furent hors d'eux-mêmes et le contemplèrent connue vivant entre i il si justifiait de la

amis sincères : C'est pour ceci que Je ne me su réfugie vers vous, afin qu'il vous fl'll facile di

serment et d'autre part ausvi.

El y me suis réfugié vers celle sur laquell sonne ne pouvait avoir de soupçon, par ce que i ■

jeune, l'ai recherche deux clin-.

lui ai été utile ei m. i ri pulation historié! te, mve quelqi i

assurément forl peu de Chose, la fuite d'Ail

• i , ii il- de f. u,.. u autrement circonstani

certaine. Alliai

ariens a pris soin de 1 1

Les saints, qui i

onifui.dii 11, parce qu'ils ignoraient le term

qu'ils avaient a vivre, qu'il- il la fuite

e, ,ilih.

• Ib '

aurait

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