I [BI LE
possible de déterminer ce qui subsiste de chacun. Voici par exemple une litmle du Museo Malaspina, a Pavie, de provenance inconnue, qu'il suffît de figurer afin de (aire voir tous les éléments qui sont entrés dans sa composition (fig. 4383).
Bini.. — Dei preziosi oggetli di età barbarica scoperti
IX. Fibules ornithomorphes. — C'est une chose admirable de voir qu'après quinze siècles, de chétifs bijoux sortis de terre provoquent des discussions sur le point de savoir si les sujets qu'ils représentent sont paètes, des faucons ou des perroquets. Tout ce qu'on en peut dire avec certitude, c'est que ce sont
1377-4379. — Fibules de Cividale. D'après des photographies.
<i Castel Irosimo, iu-S", Borna, 1895; T. Baxter, On sortie lombardic gold ornaments found ai Chiusi, dans The archeological Journal, 1876, p. 183; Arboit, La tomba di Gisul/o, in-8°, Udinc, 1874; De Bizarro, / Longobnrdi e la tomba di Gisul/o, in-8°, Udine, 1871;
des oiseaux pourvus d'un œil fort large et d'un bec crochu. Sont-ce des gypaètes '? «Des bijoux trouvés en Hongrie nous montrent ce motif ornemental répété plusieurs fois 2. Nous le rencontrons également dans les régions plus orientales; le trésor de Pét rossa en
4380-4381.— Fibules de Cividale. D'après îles photographies.
Cl. éd. I". Calandra, Di una necropoli barbarica scoperla a Teslona, in-8», Torino, 1880; I-'r. Wieser, /Jus langobardische Funlengrab mid RelhengrOberfeld von ■•in,,, innsbruck, 1887; L. Campl, /..■ tombe bnrbarlchc ,ii Civezzano, ln-8°, Trento, 1886; A. Venturi, Storia deU'arte italiana, Milano, 1902, t. a, ch. t.
1 A. Odoboseo. Antiquités scytliiques, Buchurct, cli. vi. — ' \V. Lipp, Die grubrrlelàer von Kcszlhelu, Buda-
Roumanie en fournit des exemples. Enfin nous le encore comme ornement de parures conservées
au Musée de II lin 1 1 étrograd. Ces derniers
proviennent de la vaste contrée, encore mal délimitée,
,i laquelle les anciens donnent le nom de se Une '. •
— Sont-ce des perroquets? i ne Qbule
pest, 1885, p. 117. - K.crtch, 1888, p. 4.
* J. de Baye, Les bi/nui jothtqua </•■
FIBULE
Caranda (Aisne) nous montre l'oiseau portant sur le sommet de la tète une aigrette ou huppe assez analogue à celle du kakatoès (fig. 4384) l. Sont-ce des vautours ou des faucons * ? « Le corps de l'oiseau est plus ou moins pourvu de guillochis; l'aile est légèrement soulevée au-dessus du corps; la queue se détache en éventail et un appendice en demi-cercle simule les pattes. Quelquefois, l'oiseau penche sa tète et semble de son bec piquer ses pattes ou peut-être dévorer la proie qu'il tient dans ses serres; (à Herpès, Charente; à Breny, Aisne; aux environs de Bonn). Comment ne pas reconnaître ici l'imitation grossière, mais manifeste, de la plaque de bronze doré de Valstenarum (Gotland) et l'influence Scandinave caracté-
4382. — Fibule du trésor de Petrossa.
4383. — Fibule du Museo Malaspina. à Pavie.
D'après des photographies.
risée surtout dans la pose de l'animal monstrueux? La fibule recueillie à Ampilly (Côte-d'Or)5, des plaquettes rencontrées à Andernach, à Anderlecht cl autres lieux de la Gaule orientale, et dont la destination n'est pas définie ne sont incontestablement que des reproductions d'un type primitif. Une fois, — c'est M. J. Pilloy qui l'a constaté au Jardin-Dieu de Cugny '
— il s'est rencontré une variante à la pose habituelle de l'oiseau. Il est ici représenté avec les deux ailes bien apparentes, éployées dans l'attitude du vol, et donne à penser qu'on se trouve en présence d'une imitation des aigles romaines (voir Fibules aquiliformes).
« Quelquefois la fibule ornitomorphe est cloisonnée de grenats: tel est le cas à Obrigheim, où elle est en or: a Pry. à Wiesoppenheim, a Arcy-Sainte-Restitute,
1 C. Barrière-Flavy, Les arts industriels. Album, pi. i.xi, flg. 2. — : Lindensehmidt, Ilandbueb der deutsehen Alter- Ihumskimde, p. 453. — * C. Barrière-Flavy. op. cit., Album, pi. lxi, fig. 8. — ' J. Pilloy. Études sur d'anciens lieux de sépultures de l'Aisne, t. i, p. 40. — ■ Brochon et Sainte- Sabine (Cote-d'Or) ont seuls fourni des fibules ornithotnorpbes. — eJ. de Baye, Industrie anglo-saxonne, p. 47-48.
— ' W.-K. Fosler, Account <>/ the excavation oj on Anglo-
à Freilaubersheim. Ailleurs, on l'a rencontrée revêtue d'une feuille d'or et rehaussée de filigranes, comme à Envermeu, et de verroteries, comme à Hardenthun.
« Quant aux fibules ornithomorphes de petite dimension, à peine ornées de sobres dessins, on les a recueillies dans un grand nombre de sépultures franques, et toujours accompagnées soit d'autres fibules, soit de bijoux divers, revêtant tous un caractère gothique bien déterminé ce qui ne permet pas de douter de leur origine orientale. D'autre part, et comme conséquence naturelle de cette constatation, nous remarquons l'absence totale de ces fibules dans la Bourgogne cisjurane comme dans la transjurane ; et les rares nécropoles où elles ont été signalées renferment du reste, les dépouilles de guerriers francs à n'en pouvoir douter 5.
« La même observation est à présenter pour les cimetières anglo-saxons de la Grande-Bretagne, où la fibule ornithomorphe est tellement rare que M. de Baye n'a pu en relever que trois (à Faversham, Kent ; à Barrington, Cambridgeshire; à Chessel-Down, île de Wight) 6. Elles se rencontrent associées avec la fibule
43S4. — Fibule du musée de l'Ermitage à Petrograd, d'après Barrière- Flavy. Arts industriels.
Album,, pi. lxi, fig. 2.
4385. — Fibules anglosaxonnes, d'après J. de Baye, Industrie anglosaxonnes, 18S9, pi. iv, n. 2,3, 4.
à rayons et dans les nécropoles où le mobilier funéraire ressemble étonnamment à celui des sépultures franques. Ces bijoux, cantonnés dans le Kent et l'île de Wight, paraissent évidemment, et de l'avis même des archéologues anglais, d'importation continentale (fig. 4385) '.
« Les plus anciennes et les plus intéressantes fibules de cette catégorie ont été trouvées entre autres : à Armentières, à Caranda, à Brény, à Sablonnières, à Cugny, à Achery-Mayot, à Envermeu, à Noroy, à Amiens, à Hardenthun, à Nesles-les-Verlincthun, à Fontaine-sur-Marne, a Pry, à Hannignies, à Andernach, à Bonn, à Flomborn, à Freilaubersheim, à Wiesoppenheim, à Olrigheim, etc. Une fibule zoomorphe d'Herpès (Charente) s'éloigne un peu du type communément répandu. L'oiseau présente dans son ensemble tous les caractères du pigeon 8. »
X. Fibules apiformes. — Il faut reconnaître qu'on ne peut se dérober à un sentiment de plaisir en montrant de quelle manière ces envahisseurs, que les Bomains dénommèrent barbares, s'acquittaient de la confection des produits artistiques les plus délicats. Mais la dénomination est restée attachée comme un vêtement disgracieux à ces peuplades, vêtement sur
Saxon ccnielery at Baitington (Cambridgeshire), in-S°, Cambridge, 1883, pi. iv. — ' G. Barrière-Flavy. op. cit., t. i, p. 123-124... Ces fibules de même, que les petites broches rondes, en bronze ou cloisonnées, se trouvaient vers la région supérieure du squelette féminin: elles devaient rattacher un vêtement de dessous, ainsi que le suppose J. Pilloy. Études sur d'anciens lieux de sépultures de l'Aisne, t. i, p. 40.
FIBULE
lequel elles ont su poser les bijoux les plus délicats. Les fibules en sont la preuve.
Le mobilier funéraire du tombeau de Childéric demeurera comme le premier document et le témoin le plus éloquent du savoir technique el du goût artistique de l'archéologie dite barbare. Dans cette tombe
l'époque où Cochet s'exprimait ainsi des documents nombreux ont été signalés. A Sablonnières et à Cerseuil (Aisne) des plaques de ceinturon gravées au burin figurent une abeille, ou du moins une mouche *. Dans les cimetières de Marilles-en-Brabant et du Boulonnais 'quelques fibules oîiscoïdales offrent des assem-
4386. — Fibules apiformes. D'après Mémoires delà Sec. nnf. des anliq. de France, 18!i:i, t. i.iv. p. 138.
se trouvaient une multitude, un véritable essaim d'abeilles d'or ', aujourd'hui dispersées ou disparues à l'exception de deux d'entre elles conservées au Cabinet de France, à Paris (fig. 4385). Le nombre de ces abeilles a varié d'un auteur a un autre auteur, il est aujourd'hui impossible de le fixer avec certitude et l'abbé Cochet écrivait, en 1859 : ■ Ce qui nous déconcerte le plus dans cette matière, c'esl que nous sommes
blages de cloisons garnies de grenats disposées de façon à figurer une abeille. A Charnay, en Saône-et- Loire, on a prétendu voir des abeilles là ou il semble que l'imagination peut seule les \ découvrir*. Le seul exemplaire certain trouvé dans notre sol est une libule trouvée à Lyon (fig. 3) en or Incrusté de grenats '. si nous cherchons hors de France, nous rencontrons au musée national hongrois de Budapest une importante
i:)K7. - Fibules provenant de Transylvanie, de Pannonie, etc. I>'aprcH Venturi, Storla d, ll'nric llaliana, 1902, t. n, p. 17., i
complètement abandonné a nous-méme et totalement dépourvu non seulement de tcxlcs spéciaux el contemporains, mais encore d'analogues archéolo giques, notre point d'appui ordinaire *. » Depul
'. J.Chlfflet, AnailatU Chltderlci l Francorum regh,\n-i', AntwerpUi :8. — ■ Cochet, /• tombeau de Chil-
diric l\ Paris, 1859, p. 181. — ' Fr. Moreau, Album Carandu. QOUV. série, 1881 pi. .win. tin. I; 1886, pi. LOT, un. 2. — ' .(. ri<- Baye, Lei btfous front • ' ta fibule anglom de Morille (Brabanl), in-K'. Caen, 1889, p. i Halgneré, Qualrt mi du Boulonnait,
série de broches en forme de mouche ou de cicade. Elles proviennent de la Transylvanie (appelée Gothle du m" au v« siècle), de la Pannonie et des provinces voisines où les peupladei gothiques ont la oup de
in-s . Boulogne-sur Mer. 1866, pi. n, fig. i: pi
\u; i ernlnck, / tudesturlet bijoux mérovingiens, pi.
i. Baudot, Mémoire mr les tépullun bar l'époque méroolnglennt . 1860, pi.
Unes, Ortglm ■ dt l'or/i w r • tic
bijoux barbare» en forme de de In Société nat. des anliq, tic France, l>>'':i. t. u\ . i> i 12.
FIBULE
traces de leur séjour • (fig. 43S7). Parmi ces parures, nous retrouvons des modèles qui se rapprochent des abeilles
4388. — Fibules apiformes.
D'après Mémoires de la Soc. nat. des antiquaires de France,
1893, t. liv.
du tombeau de Ghildéric. « Ces parures réunies forment un groupe dont les éléments, bien que variés, consti-
43S9. — Fibules provenant de Charnay (1 ), Sainte-Sabine (2), et de Freilaubersheim (3), d'après Baudot, Mém. sur les lépullures barbares à Charnay, pi. xni. S. pi. xvn, 3. — Et Barrière-Flavy, op. cit. 1. 1, p. 125, fig. 43.
El
tuent un ensemble harmonieux et homogène 2. Qu'on refuse ou qu'on accorde l'épithète de gothique aux antiquités de cette sorte exhumées du sol de la Hon-
1 J. de Baye, op. cit., pi. I, n; A. Venturi, Storia <[<l[',irt< italiana, in-S°, Milano, 1902. t. n, p. 47, fig. 39. — • Ces joyaux proviennent de Gyôr Kôny, Sûromberk, GsOmôr, Mezôberény, etc. — ' J. Hampel, Der Oold/und von Nagy-
grie, peu importe, elles n'en doivent pas moins être prises en grande considération pour éclairer l'étude de leurs dérivés que nous rencontrons dans les cimetières de la Gaule. Les fibules en forme de cicades de la Hongrie sont peu connues ». Quelques-unes seulement ont été publiées »; elles ont été trouvées à Gyôrkôny (comté de Tolna), à Csômor (comté de Pest), à Sàromberk (Maros-Tordam), à Mezô-Bérény (comté de Bekès), etc. Il en est qui sont faites en or et grenats (fig. 4), ou bien en or (fig. 5), d'autres en argent, d'autres en bronze (fig. 6).
Si on s'avance de la Hongrie jusqu'à la mer Noire et la mer d'Azof, on rencontre d'autres fibules.
4390. — Fibule provenant de Nocera Umbra. D'après une photographie.
(fig. 4388). A Kertch, en Crimée, une paire de fibules en argent représentant des mouches, analogues en tout point à celles de Budapest. Autre paire, également en argent, provenant d'un tombeau ouvert dans une nécropole située près des mines de Chersonèse. Sans sortir de la même région, deux bijoux semblables provenant des fouilles du comte Ouwarof à Olbia mais elles trahissent une dégénérescence du prototype. La tête est démesurément grossie, l'extrémité des ailes est recourbée légèrement, le corsage est timbré d'une croix. Il faut s'avancer plus loin encore jusqu'à l'Osséie (Caucasie du Nord), où nous trouvons une mouche en argent revêtue d'une plaque d'or, les yeux formés d& sardoines et les ailes, fermées de façon à cacher entièrement le corps, sont ornées de pierres
Szent-Mkilos Sogenonnter • Schatx des Attila, >' Budapest, 1885, p. 178; A Bègibb kôzépkor, (1V-IX S:â-.ad) Emlekei Magyarhnnban, Budapest. 1S94, pi. ix: Otto Hermandam. Archeol. Erl., nouv. série, t. I, p. G-23.
FIBl I I
semblables; l'extrémité des ailes est recourbée. Un filigrane délicat sépare la tète du corps et termine les ailes. Autre mouihe dans la nécropole du Tchégèm (arrond. de Tersk, Caucasie du Nord): autre mouche, en bronze, à Osoronkovo (Caucasie du Nord). Enfin une mouche stylisée provenant de Chersonèse et une autre trouvée en Angleterre dans te comté de Suftok.
XI. Ftbtji.es ZOOMORPHES. — Quoique le syn du poisson (IXOYIl ait été abandonné de très bonne heure par les chrétiens de Home et d'Asie Mineure, il est resté en usage ou, pour parler avec plus d'exactitude, il n'a pas été tout à fait oublié par les lubies et c'est ainsi qu'on le rencontre isolé sur quelques monuments barbares en (iaule, en Grande-Bretagne. etc. H. Baudot a rencontré une fibule ichthyoîde à Charnay t fig. 4389-1). Elle mesure en longueur 0 m. 048 et elle es) formée de grenats réunis en mosaïqui
1391. — Fibule en forme d'écrevisse.
D'après Amtliche Bcrichte aus der kônigl.
Kunstoammlungen, 1913, i>. \'SJ., lig. 53.
sonnée sur fond d'or; quatre petites nageoires sont placées sur les flancs, l'œil est fait d'un petit grenat rond et légèrement saillant ; on remarque quai re petits trous placés, deux a l'extrémité de la queue, et lis deux autres à la naissance des deux nageoires supérieures destinées sans doute a recevoir les rivets qui réunissaient les deux plaques '. Une autre fibule trouvée a Sainte-Sabine (sur la route de Bcaune a Pouilly-en-Auxols) représente également le po (fig, 4389-1). il n'a ni écailles, ni nageoires, comme celui de Charnay, mais sa forme esl assez caractérisée : la bouille, les ouïes, l'œil et la queue sont suffisamment indiqués. Il est tout i rsemé de liliLi
On peul encore citer une fibule Ichthyoîde de I-'rcilaubershelm ', une a Herpès (Charenti I. Ci laubei
de mime e( œil d dit!. 4389-*), a Nocera Umbra (I Enfin, une
des plus r i nue écrevl se, jusqu'ici
1 11. Baudot, Mémotr
• mirovingi en Bourgogne, et parli-
Parli, 1860, p. 16-18, pi. xiii.
Bg. >;. H. Baudot, op. cit., p. 154-155, pi. \ •. ■ .. I
' I.. I, incl.-nsrhini.lt. Handbueh der deuùchen Allerthums-
kundr.f,. 152. ■H. Baudot, op cH.,p. 1 11-1 l "J pi. xxvi,
du i i." m., ii cm
que représentation de ce crustacée dans la bijouterie barbare (fig 4391.).
On a rencontré dans les tombes beaucoup d'autres fibules figurant des animaux. Nous parlons ailleurs de ces broches en forme de cheval, et quelquefois surmonté d'un cavalier (à Brochon, à Herpès, à Arcy- Salnte-Restitute, à Brény). A Brochon, on a trouve vingt-neuf fibules : oiseaux, chevaux, hippoi a (fig. 4392); à Charnay, un petit chou <n
2. — Fibules figurant des animaux, a, c, il. c, provenant de Brochon, b, de Charnay, /, de Fairford, d'après Baudot, op. cit., pi. xv, flg. 9, \w. Bg. 6, 7, 8, 9 et Archaeologia, pi. XXXIV, pi. x, n. T.
Fairford, un canard (fig. 4392) '. A Ainpillv, a Andcrnach et à Lens, on a trouvé des fibules qui se rapprochent du griffon; d'autres, si grossières, qu'on croit y voir des imitations d'insectes, mouches, papillons, mais bien inférieures aux abeilles du tombeau de Childéric Ier et de la jolie broche trouvée dans l'Ain, à Beaurcpaire, malheureusement déformée et dété- I de Baye a signalé de curieux bijoux pro-
— Fibule provenant de Brochon.
D'apr. s Baudot, op. cit., pi. \wi, n.
venant de Hongrie, de la Caucasie du Nord et delà Crimée*.
Iques fibules représentent un animal contourné, i ejett e en arrii inl peul être une sala-
mandre ou un lézard (à 1 1 a Arcy-Salnte-Restitute, Aisne; à
Il faut sans doute compter la fibule en s parmi les zoomorphes. Ed. Flouest lui a consacré une '
élude i mur de n ion lier que ce signe I OITCS| d a l'Idée
flg. 1-9. - Ibid., p. ;.s. pi
Smith. Nod firal remali
ford, Gtouc ,;. r h
tracts relallng ta anttqulty, 1852, t. ixxj
op. < il.. Alliiiin, pi i vin. li-. I i nr des frf/oi
F I B U L li
<le fécondité ', Cochet y voit des lombrics -. Sauf un exemplaire trouvé à Brochon (Côte-d'Or) (fig. 4393) ce type est absent des cimetières burgondes; un seul exemplaire a été signalé dans les tombes wisigothi crues; par contre il est fréquent dans les cimetières francs, surtout dans la région nord-ouest de la Gaule, et offre des types très divers. Dans le sol de la Grande-Bretagne, on ne signale que huit fibules de ce type (à Sleaford, Lincolnshire, à Chessel Down, île de Wight, à IfflXv, à Halsingfield, à Faversham). Les fibules de nos contrées proviennent de la Somme (environs d'Amiens), de l'Aisne (Arcy-Sainte-Restitute, Armentières, Caranda), de la Marne (Hancourt, Plivot, Oyes), de la Belgique, (Épraves, Franchimont, Harmignies, Wancennes) de la Rhénanie (Nordendorf, Lupfcn, ZulTenhausen, Beinfeld, Selzen). Tantôt les deux branches s'achèvent en une tète d'oiseau de proie, tantôt en une tète de serpent. Ici encore il
signe a suivi une marche parallèle, en acquérant une importance égale, quoique moins remarquée... Sa signification semble le rattacher à l'idée de la lumière vivifiante, de la chaleur qui provoque la fermentation du germe... Il n'est peut-être pas de peuple de race aryenne chez qui ce signe en S ne soit fréquemment rencontré. Nos ancêtres gaulois le tenaient en singulière vénération; c'était pour eux, une marque de bon augure et ils en faisaient un talisman... On veillait à ce que le type essentiel fût toujours reconnaissable à première vue. On s'attachait même scrupuleusement à lui maintenir, dans les groupements qu'on en faisait dériver, ce caractère si digne de remarque, d'être agencé de telle sorte, qu'en raison de sa parfaite symétrie, il n'a à proprement parler, ni commencement ni fin, ni base ni sommet nécessaires, ni côté attitré de droite ou de gauche, et qu'il reste invariable clans son aspect spécial de quelque côté qu'on le présente J.
4394. — Fibules en S. D'après J. de Baye, Industrie longobarde, 18SS, pi. vi.
semble que le type figuré s'inspire des légendes et des modèles Scandinaves. On doit observer que les mêmes stations barbares ont donné la fibule en S et les fibules ornithomorphes. Elles présentent cette particularité remarquable que leur ornementation se relie à celle qui caractérise les belles fibules rayonnantes ou digitées et à celles que l'on retrouve encore sur les plaques carrées en bronze, de même origine. L'emploi de verroteries, ordinairement grenat, complète la décoration et augmente l'intérêt du rapprochement 3.
Les fibules en forme de ver de terre, plus ordinairement nommées : fibules en S, prendraient une importance particulière si on admettait la signification de ce symbole, dans lequel E. Flouest ne veut pas voir uniquement un gracieux enroulement imaginé par un artiste et aussitôt adopté par ses émules. C'est d'abord et avant tout, dit-il, un signe religieux, un symbole sacré traduisant, pour les initiés, une idée mystique, et rentrant ainsi dans la série des idéogrammes hiératiques. Venu d'Orient en Occident, comme la croix gammée ou swatiska, a une époque très reculer, . ,
1 Ed. Flouest. Insigne symbolique en S. 1885. — ! Cochet, Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, 1N.">7. (i. 194-195. — ' C. Barrière-Flavy, op. cit.. t. i, p. 127. — ■ ' Hd. Flouest, Le signe symbolique en S, 1885. — 'Cochet .
Longtemps, ce type a été traité avec dédain. L'abbé Cochet remarqua que ces fibules avaient été rencontrées près de la tête 5, Baudot en rencontra une à Brochon et Diirrich une autre à Lupfen 6. Importé d'Orient, ce type ne s'est pas également répandu, mais il a souffert des retouches qui l'ont parfois grandement altéré; la propagation du christianisme ne le fit pas abandonner: les anciens types eux-mêmes continuèrent à être utilisés, on a trouvé dans les tombes des fibules usées par un usage très prolongé attestant la coutume permanente de les porter.
Au point de vue de la forme, la fibule en S devait avoir une destination analogue à celle de la fibule circulaire, cependant c'est avec la fibule de type dit « allongé » qu'elle offre les points de contact les plus marqués comme ornementation : verroteries brillantes, tètes d'oiseaux aux becs crochus, tètes d'animaux fantastiques. Beaucoup plus rare que la fibule allongée la fibule en S ne se trouve pas souvent dans les mêmes s où on rencontre la fibule allongée: il est possible d'ailleurs que dans bien des cas on ait négligé
Sépultures gauloises, romaines, jranques faisant suite à la Normandie souterraine, in-S°, Paris, 1857, p. 195. — û F. von Durrich, Die Hciligengraber am Lupfen bei Oberflaeht, in-S". Stutgart, 1S47, pi. \i. fig. 67.
I Mil II
;naler la présence de la fibule en s jugée insigni- Bante. En Italie, deux exemplaires ont été rencontrés à restona (flg. 4394); en Rhénanie, ils sont assez nombreux, on en a rencontré à Freilaubershe
— Fibule trouvée à Fave sham.
D'après .1. de Baye, Industrie anglo-saxonne, 1889, p. 17. flg. 9.
Nordendorf. à Lupfen près d'Oberflacht, à Zuffen-
liausen. a Beinfelde près Fridoling. Dans les régions
itrionales de la Gaule, cette fibule est plus
■ lue et on observe des types 1res divers. Dans
La Dbule en s est absente des tombes wisigothes et burpondes, elle est excessivement rare dans les tombe on n'en a signalé que huit :
deux semblables à Sleafordl Lincolnshire) el à Ch
Down, (ile de Wi-lit ). une a lllley leux a
llalsin aire), deux a <
(Kent) reliées l'une a l'autre par une chaînette de
bronze3. (fig. 4395). Les deux exemplaires tro
s|r:, h, ni siuit les seules attribuablei i une fabri-
cation saxonne. Ils sont en bronze étamés et ornés
ilr dessins en creux obtenus a l'aide d'un coin, la
lérescence y est visible. La fibule d'Ifllay 4 est
ornée de grenats en laide posés sur paillons el rappelle
les bijoux similaires trouvés dans les
inqueS el rhénanes.