‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 63 sur 423 · II. Lecli ri · texte numérisé non relu

II. Lecli ri

FLEURS DE LIS. On a beaucoup écrit sur les fleurs de lis et ce symbole était trop étroitement associé a l'histoire de France pour qu'il en fût autrement: on a fait plus, sinon mieux, on a débité mille folies. L'origine de la Heur de lis est comptée

couramment au nombre des problèmes les plus ardus de l'archéologie, ce qui tient peut-être à ce fait que, parmi ceux qui en ont disserté, les uns n'y connaissaient rien et admettaient tout, les autres n'y connaissaient pas grand'chose et inventaient le reste. Légendes et chimères dont il ne subsiste rien dès que l'histoire et la critique y regardent de près.

Avant d'être un symbole, la fleur de lis était la fleur du lis dont un dessinateur, un ornemaniste, dessina le profil et fit un fleuron décoratif. De ce moment sa destinée était faite. L'acanthe avait connu semblable fortune et, en se stylisant, avait gagné la célébrité au prix de la grâce et de la beauté. Cette radieuse merveille qu'est un beau lis ne fut plus qu'une sorte de figure algébrique, bien raide, bien aiguë, bien difforme et qui connut d'étranges transformations.

Les artistes égyptiens se sont inspirés surtout du règne végétal : lotus, papyrus, palmier furent peints ou sculptés en chapiteaux, en bases, en fûts de colonnes, gravés sur les murailles, façonnés en bijoux, en ustensiles, brodés sur les étoffes, introduits dans l'écriture sacrée. Cette fleur du lis hiératisée, emmanchée sur une longue tige, devenait un attribut, servant à caractériser les personnages comme un sceptre. En comparant le lis au lotus et au papyrus sous les différents aspects que leur donnent les artistes égyptiens, il est impossible de faire une confusion entre un éventail, un gobelet et un fer de lance accosté de deux enroulements. Dans l'Egypte ancienne on trouve la fleur de lis hiératisée comme symbole et attribut des dieux et des souverains, comme ornement du bandeau royal, comme sceptre, et tellement semblable à nos fleurs de lis qu'on n'y aperçoit aucune différence. La fleur ainsi figurée est une variété du Nymphœa Nelumbo, symbole de fécondité, de bonheur, de richesse. Osiris, Isis et Horus en sont couronnés. L'n bas-relief du temple d'Ombos montre la déesse couronnée de cette fleur.

Si on veut bien quitter ces monuments dont l'interprétation se prête toujours un peu aux sollicitations et qu'on se contente d'une antiquité moins lointaine, on trouve dans les tissus orientaux et surtout byzantins la fleur de lis nettement caractérisée. Est-ce le lis qu'on a voulu imiter ? le tisserand ne nous l'a pas dit, mais il semble que ce soit ce modèle qui ait suggéré celui qui devint si populaire en Occident. Nous donnerons ici un précieux lambeau provenant du trésor du Latran et qui représente l'Annonciation avec un semis de fleurs de lis (fig. 4505). Ce morceau de soie, du genre des lampas ou brochés, mesure

0 m. 315 de haut sur 0 m. 68 de large. Le tissu appartient à la variété de l'« ordonnance à roues » appelée circumrolata; il comprend en effet deux médaillons circulaires tangents de 0 m. 30 de diamètre environ, dont le fond est rouge pourpre, et sur chacun desquels se détache la scène de l'Annonciation. La Vierge est assise à gauche, sur un siège élevé, composé d'un socle à pieds reliés par des barreaux, sur lequel est un coussin : on aperçoit en arrière, le dossier composé de deux montants ronds ornés de pois. A côté d'elle, est un grand panier d'osier tressé, avec son pied, d'où elle tire de la laine pour filer et « tisser la pourpre» qu'elle rejette dans un autre panier placé sur un socle. Elle fait un geste de surprise et de crainte. C'est la scène décrite par les Évangiles apocryphes, le Pro-

1 évangile de saint Jacques et l'évangile de la Nativité. En face d'elle s'avance un ange de haute taille, vêtu d'une tunique talaire, par-dessus laquelle il porte la loge blanche, avec deux pièces foncées aux genoux.

1 De liussi. Inscript, christ, urb. Romœ, t. i. p. 141, n. 317. ad ami. :iSJ.

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FLE1 liS DE LIS

Ses cheveux sont couronnes de la bandelette traditionnelle, il avance la main droite taisant le geste de parler : dans sa gauche, il tient un sceptre passé entre l'index et le médius. Les ailes, attachées à ses épaules, sont t n > développi i

La Vierge est vêtue d'une robe violet pourpre, bordée dans le bas d'un double Blet blanc, rappelant un peu le costume de l'orante, figuré mu- les mosaïques. Son nimbe est jaune d'or, tandis «pie celui de l'ange est de couleur ecrue. Les traits du visage sont dessines en violet fonce. Les tètes, vues de trois quarts, se ressemblent : les yeux 1res grands sont faits d'un cercle avec une masse noire au milieu et surmontés

où vécut le célèbre Raoul Glaber, i I due la

tour de Saint-Sauveur. Dans cette valke, et le plus souvent au milieu des bois, on a remarqué la pu de petites enceintes quadrilatères formées de murs en pierres sèches, et de peu de hauteur. Dans chacune enceintes se trouve un vase de pierre, intact ou fragmente, plus ou moins régulier, mais offran jours la même particularité, c'esl K gouttières

creusées dans le bord, vis a vis l'une de l'autre, et

destinées certainement à vider le contenu du vase

que sa matière rendait pesant et malaisé a renverser.

i n premier vase a été trouve a Moutier, un deuxième aux Laurets, lieu voisin de Saint-Sauveur, un

Fleurs de lis sur un tissu du trésor du Latran. D'après les Monuments I'i<>t, i. \\, pi. w.

de sourcils fortement arqués : le nez est ligure de profil, avec un pavillon très développé, la bouche est a peine Indiquée

L'encadrement du médaillon, d'un goût parfait, est formé d'un rang de feuillage rouge et jaune d'or, entre deux galons étroits, décorés de petites perles, espacées. A leur point de tangence 1rs encadrements

des médaillons voisins s'enlacent gracieusement.

Dans les interstices sont des Heurs de teinte I ayant l'aspect gênerai de la Heur de lis, mais avec une

tige 1res Une et di pél des ■unes de dentelures, sépa

U d'aUl les plus pel ils ainsi que par des i

minuscules au bout île longues liges rappelant les pistils i

"n m- peut qu'apporter une extfl rve en

eitaid un monument qui demande une brève expli

cation. Dans celle pallie du Gfitinals appelée la

Pulsaye, sur les bords du Loing, existe vallée

couverte de bois et d'étangs, au cenl laquelle se volent les n ti de l'abbaye de Moutier,

au lieudit Morparé, au bas de la montagne de

Saint-Sauveur, prés de l'ercusc, un quatrième a Toucy, enfin un cinquième, en calcaire tus blanc,

de :;,S de diamètre sur 0 m. 1!1 de hauteur, a été

acquis près de Moutier. Ici les anses ne sonl pa chées mais seulement indiquées; la sculpture qui orne la face antérieure est assez Une et Indubitablement antique. On y remarque des branches de

avec leurs glands, décoration qui l'accorde parfaitement avec ee .pie nous sa> on des idi es rell

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