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elle est tracée, Mais coi e on suit que la Heur de lis
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1 I*. I. auer. /.<■ ir< ...r -/" San. ta tanctorum, dan Vfonunu ..( Plot, t. xv, p. 109, 1 10, pi. w.
FLEURS DE LIS
de la série, mais il a dû servir au même usage que les plus anciens; son style dénote l'influence romaine déjà devenue puissante '.
Montfaucon ne pouvait pas ne pas aborder la question des fleurs de lis, et de leur introduction en France comme symbole de la royauté et de la nation 3. Il est un fait tout à fait certain, c'est que le mobilier funéraire trouvé dans le tombeau de Childéric et qui contenait les objets usuels du défunt ne contient ni fleur de lis, ni rien qui s'en rapproche comme type. Chimet (voir ce mot), qui avait, en qualité de Comtois, sujet du roi d'Espagne, une haine vigoureuse à l'égard de la France et de ses rois, dont les prétentions sur la Franche-Comté n'étaient pas un mystère, après avoir soutenu que Clovis porta primitivement trois crapauds sur son blason et leur substitua trois fleurs de lis 3, étudia avec les mêmes préventions politiques la célèbre découverte du tombeau de Tournai et soutint qu'il fallait voir des abeilles dans les ornements d'or et dorés qu'on y trouva en grand nombre. Suivant lui, les fleurs de lis de France étaient originairement des abeilles et les rois de la première et de la seconde race n'eurent jamais de fleurs de lis
4506. — Fleur de lis
figurée sur un vase trouvé près de Moutier.
D'après Revue archéologique, 1S45, p. 305.
pour symboles. Dans la suite des temps une certaine ressemblance créa la confusion, qui s'établit généralement. C'est, dit-il, Philippe-Auguste qui, le premier, chargea son ccu de fleur de lis.
« Voilà bien des opinions hazardées, qui prouvent combien la question de l'origine des fleurs de lis de France a des difficultés, écrit Montfaucon. Pour traiter la matière avec quelque ordre, poursuit-il, nous allons parler de ces fleurs qu'on voit dans les plus anciens monuments de la monarchie française, mais qui ont un peu varié dans les siècles suivants. Ces fleurs se voient à la couronne et au bout du sceptre de nos rois et quelquefois, quoique plus rarement, en d'autres endroits. Il y en a qui approchent assez de la figure d'un trèfle comme celle des couronnes des rois du portail de l'église de Saint-Germain-des-Prés, d'autres ont trois feuilles plus longues, comme celles de la couronne de Frédégonde.
« Ces mêmes fleurs que nous voyons à la couronne de nos rois et assez souvent au bout de leurs sceptres, ont été en usage à Constantinople et en d'autres pays. Une fleur à trois feuilles est une chose qui se présente aisément à l'imagination, quand on veuf
A. de Longpérler, Vases gaulois tir la Puisaye, dans
Revue archéologique, 1845, t. n, p. 304-1 ' Monuments
de la monarchie française, in-fol., Paris, 1711», t. i, p. \xx sq. — * J.-J. Chffflet, l.iliimi francicum veritate historien, botanica et heraldica illustratum, 1658. — ■ Montfaucon, L'antiquité expliquée, ln-fol., Paris, 17r.', t. ni, part. 1. pi. .i la suite di' la pi. xxvi, p. 16. > \. Venturi, Storia
surhausser une couronne faite en cercle de quelque ornement qui la relève. On en voit une semblable à nos fleurs de lis d'aujourd'hui à la couronne de l'impératrice Placidie. » N'insistons pas sur le nom de Placidie, mais le fait est indiscutable sur le diptyque en question conservé aujourd'hui au Museo nazionale de Florence 5. C'est plus probablement l'impératrice Arianne (voir Diclionn., t. iv, col. 1140, fig. 3768) qui est également représentée dans son vêtement impérial sur un diptyque du consul Clément à Liverpool et sur un diptyque du musée de Vienne (Ibid., n. 57), mais sur ces deux derniers monuments la fleur de lis ne se trouve pas. Montfaucon est moins heureux lorsqu'il cite, d'après Ciampini, la mosaïque de Saint-Vital à Ravenne, où, dit-il, « l'impératrice Théodora, femme de l'empereur Justinien Ier, a aussi sur sa couronne la fleur qu'on appelle aujourd'hui la fleur de lis. » Ceci n'est pas exact, le diadème est surmonté de deux perles en forme de poires 6. Enfin, pour ce qui concerne la miniature du Dioscoride de Vienne qu'il cite d'après Lambecius 7 on peut se reporter à la planche hors texte n. 3754 de ce Dictionnaire. Deux bas-reliefs de Monza, publics par Muratori et qui représentaient des souverains lombards avec des couronnes ornées de trèfles auraient à être vérifiés sur les monuments originaux ". Après avoir mentionné d'autres représentations en Allemagne et en Angleterre sur des monuments plus récents, Montfaucon conclut : « On doit inférer de tout ce que nous venons de dire, que nos premiers rois ont pris cet usage de ce qu'on appelle fleur de lis, non comme un symbole qui leur fut propre, non comme une marque qui leur fut particulièrement affectée, mais à l'imitation peut-être des empereurs de Constantinople ou des rois d'autres nations, ils ont mis quelquefois ces fleurs à leurs couronnes et à leurs sceptres, comme un simple ornement, et tout à fait arbitraire : ce qui paraît évidemment, en ce qu'un grand nombre de couronnes et de sceptres des premiers temps de la monarchie n'ont ni trèfles, ni fleurs de lis, ni rien qui en approche. »
Le sceptre byzantin était un long bâton terminé, au sommet par un globe, comme nous l'avons vu pour les anges (voir ce mot), sur le diptyque d'Aoste (voir ce mot), ailleurs encore. Sur certains sceptres consulaires nous voyons un aigle aux ailes éployées et parfois juché sur cet aigle une figurine impériale. C'est certainement un sceptre de ce type qu'on conservait avant la Révolution au trésor de Saint-Denis sous le nom de sceptre de Dagobert et que Montfaucon a fait graver. Nulle trace de fleur de lis sur ce précieux monument, qu'on ne retirait plus jamais du trésor, même pour les sacres royaux; on lui préférait un autre sceptre également figuré par Montfaucon et qui était constitué par un long bâton couvert d'argent surmonté d'un globe d'où sort une fleur de lis dont les pétales recourbées servent de soutien à une figurine de monarque assis tenant d'une main le globe crucigère et de l'autre main le sceptre à fleur de lis. Montfaucon croyait ce monument contemporain de Charles le Chauve *. Les monuments publiés par Montfaucon sont authentiques, mais il faut être sur ses gardes pour le portail de Saint-Germain-des-Prés sur lequel nous voyons encore un souverain, Clovis, tenant le bâton consulaire surmonté de l'aigle. La moisson des fleurs de lis à récolter est plus abondante
àeU'arte italiana, in-S", Milano, 1901, t. r, p. 371, fis. 311. — ' A. Y.nturi, ibid., t. i, p. 132, fig. 121; Ch. Diehl, Justinien et la civilisation au vi« siècle, t. 1901. p. 64, pi. n. — 7 Montfaucon, Paléographia grœca, in-fol., Parisiis. 1708, p. lu:;. — * L.-A. Muratori, Scriptares rerum Italicarum, t. i, p. 160. pi., p. 509, pi. — » Monuments de la monarchie française^. i, pi. mi, p. xxxv.
FLEURS DE LIS
sur les couronnes, car le deuxième prince portant sceptre semble avoir une sorte de chou frisé. Si la couronne de Clovis n'a que des bourgeons de fleurs de lis, Clotilde est mieux partagée, son voisin Clodomir également. Sur le côte opposé du portail, tous ont la
4507. — Mosaïque tombale de Frédégonde.
D'après Montfaucon, Monuments de la monarchie française, t. I, pi. xn, n. -1.
couronne tréflée ou fleurdelisée. Mais de quelle époque datent ces statues ?
La tombe de Frédégondc a une autre importance; fil'- a, dit Montfaucon, toujours été auprès de son
uments de la monarchie française, t. i. p. 160-161, pi. xn, n. 4. — ■ A. Du Sommerord. Les arts au moyen âge, In-foL, album, 5' série, pi. xiv. — ■ P. Vltry et G. Brlère, i abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux.
mari Chilpéric et c'est la seule origine qui reste, i Elle est représentée en mosaïque : ce qui était fort en usage dans ce temps-là. Son habit et sa ceinture sont parfaitement conformes à ceux des deux reines de notre portail. La place du visage est vuide, peut-être y étoit-il peint; et les mains aussi où l'on ne voit aujourd'hui qu'un pierre nuë. Peut-être aussi le visage était-il postiche, d'or ou d'argent avec les couleurs. Il y a en effet une crénure où ce visage pourroit avoir été inséré. Le tombeau de Frédégonde a toujours été auprès de celui de Chilpéric, son mari. Ils furent transportez tous deux du mur qui est sous le clocher septentrional du chœur, et mis à l'endroit où on les voit aujourd'hui. Cela fut fait du temps de nos pères en 1656. Ce fut alors qu'on y mit l'inscription qu'on y voit présentement. Des critiques modernes se sont élevez contre l'opinion commune et reçue, et on a prétendu que ce n'était pas Frédégonde, mais quelque autre reine du tems plus bas. La raison qu'ils en apportent c'est qu'il y a à sa couronne des fleurs, qu'il leur plait appeler fleurs de lis. Ils prétendent qu'il n'y avoit point encore de fleur de lis en ce temps là. Pitoyable raison : puisqu'ils ne sauroient euxmêmes dire quand ont commencé les fleurs de lis, sur quel indice peuvent-ils assurer qu'il n'y en avoit point encore en ces tems1? » Le dessin donné par Montfaucon reste la source la plus Intéressante pour l'iùstoire des fleurs de lis royales*. Chacun a suivi son imagination lorsqu'il s'est agi d'expliquer le vide du visage, des mains et des pieds. Du Sommerard se contente d'écrire, probablement avec raison : « Incrustation d'émaux dans le mastic, avec filets de cuivre, la tête, les pieds et les mains sans doute en relief ont disparu » (flg. 4507) Après avoir quitté l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés pour le musée des monuments français de Lenoir, d'où la Restauration la retira pour l'expédier à Saint-Denis, où on la conserve aujourd'hui, la dalle de Frédégonde fixée, on peut le souhaiter, matériellement pour toujours ou ce qu'on est convenu d'appeler ■ toujours i, continue, au gré des archéologues, à enjamber les siècles et tout porte à croire que cette inoflensive promenade n'est pas terminée. « On a pensé quelquefois, nous dit-on en 1908, que le monument/ pétait presque contemporain de la personne représentée, mais on est d'accord aujourd'hui (sic) pour affirmer que ce travaiieurieux, exécuté d'après un proci parle
moine Théophile, dans sa Schedula diversarum urtium, I. II, c. xn, ne remonte pas au delà du xi" siècle '. •
Somme toute, les origines des fleurs de lis comme symbole de la monarchie française semblent procéder de quelque emprunt à des monuments orientaux, probablement byzantins; les premiers rois francs n'en ont pas usé autrement, s'ils en onl usé, que comme un fleuron quelconque, un ornement qui après coup éveilla l'idée d'une comparaison avec la Heur de i retouchée, bien stylisée, bien méconnaissable.
L'héraldisme n'avait pas encore t" touffe
la nature. Même à une date aussi tardive que le xiv« siècle, nous lisons dans le compte rendu au roi par Estlenne de Lafontaine, son argentier, pour l'année 1351 : - A Jehan le Brailler, orfèvre du rny, pour faire forgier une cuillicr d'or dont le manche est esquartellé de fleurs de lis d'armolerie et de fleurs de lis le vif et sont enverrez d'azur et de reniée cler I bout d'en hault un chastel; en laquelle cuillicr est entré ij onces v esterllns d'or à wij caratz, pour déchie et façon : xlv liv. v 11 existai) 'Ion,- encore
:iic et archéologique, ln-12, Pans. 1908, p. 10 • i.. de Laborde, urgoane. i I
in-8°.
Parti, 1849-1852, t. n. n. SI03.
FLEURS DE LIS
des fleurs de lis peintes d'après nature, mais la végétation héraldique devait tout recouvrir, tout étouffer et tout envahir. Le symbole restait exclusivement attaché à la monarchie, ce qui ne l'empêchait pas, ou ce qui lui permettait de se montrer partout, ici comme appartenance, là comme mémorial, ailleurs comme hommage de loyalisme. Les meubles, les tapisseries ruissellent comme sous une pluie de fleurs de lis d'or, la magistrature marche, s'assied, sur les fleurs de lis, s'ombrage sous elles, l'impose aux condamnés comme le signe de l'infamie, aux cités et aux héros comme le signe de l'honneur. En 15S6, le bourreau de Blois réclame « sept sols six deniers pour avoir marqué Jehan Guyot, et sept sols six deniers pour son aide qui a porté le feu au change où estoit ladite fleur de lis et pour le charbon '. »
Jamais peut-être symbole non religi eux n'aj oui d'une vogue aussi large et d'une popularité aussi durable. Cette grande popularité date du xine siècle; c'est à cette époque que la fleur de lis envahit tout. Vers 13-10, Guillaume de Machault, décrivant les exploits du roi de Bohème, le représente amenant son prisonnier à Bruglitz, près de Prague, et il signale ce qui distingue cette résidence princière de celle que les souverains possèdent en France, c'est qu'elle n'a pas de fleurs de lis - :
De là s'en alla en Bavière
Et a desploié banière
Et compaignie noble et riche
Desconfit le duc d'Otheriche
Mais il le prit par la ventaille
A force, dedens la bataille,
Et l'emena à Bruguelis,
Son chastel, où n'a fleur de lis.
Charles d'Orléans dit dans ses vers :
Qu'il est sailli de la maison de France Creu au jardin semé de fleurs de lis.
Bibliographie. — Anonyme, Conjecture sur les armes de France, dans Bulletin polymalhique du Musée d'inslr. publ. de Bordeaux, 1821, t. xix, p. 309.
— A. de Beaumont, Recherches sur l'origine du blason et en particulier sur la /leur de lys, in-8°, Paris, 1853.
— Bonnesserre de Saint-Denis. Origine de la fleur de lis, dans Revue nob-l. herald, biogr., 1862-1863, t. i, p. 41-46, 205-2 1*. — E. Bourret. Essai historique et critique sur les sermons français de Gerson, p. 123.
— J. Chalumeau, Traite de Vexcelh des trois fleurs de lys, in-8°, Paris, 1575. — B. de Chass:neuz, Cutatogus gloriœ Mundi, 1580, fol. 142 sq. - J.-J. ChifTlet, Lilium Francicum verilale historica, botanica et heraldica illuslratum, in-fol., Antverpiœ, 1658. — De Foncemagne, De l'origine des armoiries en général et en particulier de celles de nos rois, dans Mém. de VAcad. des inscript., 1710, t. xx, p. 592. — C. Degrassalio, Regalium Francise libri duo Car. Degrassalio Carcassonensi auctore, Parisiis, 1545, p. 15 sq. — Durey de Noinville, Recherches sur les fleurs de lys et sur les villes, les maisons et les familles qui portent des fleurs de ///.s dans leurs armes, dans La Chesnaye-des-Bois, Diclionn. général, mai.';. France, t. in, p. v. — C. Espencaeus, De triplici Franconan liliorum incremenlo, in-fol., Parisiis, 1575; 1619. — II. de Féraudy, Notice sur rantiquilé et la gloire du /i/\, in-S", Paris. 1815. ' .1. de Fontenay, Remarques sur les armes de France, dans Comptes rendus des
archives municipales dt mptes «le ji
Parties faillis et fournies |>:ir André Chevallier, avril 1586. — ■ Le confort d'ami. Jehan du Pré appelle fleurdelificques les soldats de François i ' échappés du désastre de Pavie; !.. de Laborde, Les [leurs de lis héraldiques et les /leurs
travaux de la Société éduenne, 1845, t. m, p. 65 sq. — J. Ferrandus, Epicinion pro liliis sive pro aureis Francise liliis, in-4°, Lugduni, 1663, 1677; Epicinion 2i"u pro mas Francise, 1671 . — Gayet, Les monuments coptes du musée de Boulaq, dans Mém. publ. par la Soc. archéol. franc, au Caire, Paris, 1889, t. ni, pi. xi.ix, fig. 65-69-105. — J. Gosselin, Discours de la dignité et précellence des fleurs de lys et des armes des rois de France, in-S», Melun, 1593, in-S°, Tours, 1593, mis en lumière par Henry Laisrô, in-8°, Nantes, 1613-1615 — C. H. Guther et Langhausen, Insignia Gallise quœ vulgo vendilanlur lilia, antiquitale Chlodoweana deslilula, in-4°, Begioni, 1740. — Hoffmann de Fallersleben, Die geistlichen Lilien, dans Germania, 1858, t. m, p. 56-58. — E. Hucher, dans Revue numismatique, 1850, t. xv, p. 273-283. — L. de Laborde. Les fleurs de lis héraldiques et les fleurs de lis naturelle., dans Revue archéologique, 1852, t. ix, p. 355-365. — J. Malderghem, Les fleurs de lis de l'ancienne monardiie française, leur origine, leur nature, leur symbolisme. — Mellier, Lettre de M. Mellier, général des finances de la Bretagne au P. Tournemine, jésuite, sur le Roi qui a réduit les lis à trois dans l'écusson de France dans Mémoires de Trévoux, 1713, p. 1948-1950. — B. de Montfaucon, Monuments de la monarchie française, t. il, p. 156. — L. Paris, Les fleurs de lis, dans Chron. Champagne, 1838, t. m, p. 285-300. — M. Prinet, Les variations du nombre des fleurs de lis dans les armes de France, dans Bulletin monumental, 1911, p. 469-488. — P. Rainssant, Dissertation sur l'origine de la fleur de lys, in-4°, Paris, 1678. — H. Baulin, Panegyre.. sur l'antiquité, dignité, noblesse et splendeur des fleurs de lys..., in-S", Paris, 1626. — ■ Renaud, Origine des fleurs de lis dans les armoiries royales de France, dans Ann. de la Soc. hisl. arch. Château-Thierry, 1890, p. 145 à 154. — Rey, Histoire des insignes, du drapeau et des couleurs de la monarchie française, in-8°, 1835, t. n, p. 123 : Revue numismatique, 1837, 5. il, p. 15-20 (c'est le chapitre x du livre).
— Roschach, De la fleur de lis considérée comme emblème national, dans Mém. de l'Acad... de Toulouse, 1824, t. lv., p. 136-172. — G. E. Bousselet, Le lys sacré justifiant le bonheur de la piété par divers parangons du lys avec les vertus et les miracles du roy saint Louis cl des autres monarques de France, in-4°, Lyon, 1631. — P. Se. de Sainte-Marthe, Traité historique des urines de France et de Navarre, in-12, Paris, 1673; il soutient que les fleurs de lis n'ont eu place sur les écus que depuis Louis le Jeune et sur les vêtements royaux depuis Philippe-Auguste. — R. J. de Tournemine S. J., Réponse du P. Tournemine à Monsieur Mellier, dans les Mémoire de Trévoux, 1713, p. 19.>i>.
— Tristan de Lescagne, Le lys très chrétien florissant en la foi chrétienne, in-4°, Paris, 1540-1611; J. Tristan de Lescagne. Traité du lys... ensemble des preuves irréprochables que nos monarques français l'ont toujours pris pour leur devise en leur couronne, sceptre, écus, rlendarts, in-4°, Paris, 1656. — J.-L. Vivaldi, Elogium de laudibus et prserogalivis sacro liliorum in slemmate régis Gallorum exislenlium, in-8° Paris, 1608; De laudibus ac triumphis trium liliorum quœ in scuto regii Chrislianissimi figurantus, dans P., Opus regale, 1507, fol., 66, 88 v». — E. Woilez, Iconographie des plantes aro'ides figurées au moyen âge et considérées comme origine de la fit ur de lis de France, in-8", Amiens, 1S42.
de lis naturelles, dans Brime tu-chéologique, lSâ'2. t. ix. p. 355- 365. Cf. Charte de fondation (la couvent des célestins de Limai), Hantes, par Charles V en 1376, dans Bulletin du Comité de la Langue et des arts de la France, ls.'.T. I. iv, p. 239-21".
LEUm -SI R-LOIRE
FLEURY-SUR-LOIRE — I. Fondation de Fleuiy. II. Situation du Mont-Cassin. III. Projet d'enlèvement dos reliques. IV. Discussions sur !a réalité de l'enlèvement. V. Le premier témoin de
la translation. VI. Nouvelles discussions. VII. Vraisemblance du récit anonyme. VIII. Paul Diacre et la date de la translation. IX. Le témoignage de Paul l liacre. X. Adrevald et son récit. XI. La lettre du pape Zacharie. XII. Le témoignage de la chronique de i XIII. Le témoignage 'I' \mi de Salerne. XIV. ques les plus anciens : 1» Paris; -m ; :; France; 4° Belgique; 5° Suisse; G° Rhénanie; 7« Bavière; 8° Autriche; 9° Pologne; 10° Espagne; 11» Italie; 12° Angleterre; 13° Ecosse; 14° Irlande. XV. Les témoignages historiques. XVI. Les dernières polémiques. XVII. Bibliothèque. XVIII. Châsse.
I. Fondation deFleury. Vers la lin de sa vie, saint Iieiu.it envoya, dit-on, dans la (.aille quelques disciples charges d'implanter la vie monastique cou fermement à la règle observée au .Mont-Cassin, C'est ce qu'on a nomme la « mission de saint Maur en France. Nous y reviendrons. A l'occasion de celte mission, le biographe de saint Maur. le pseudo- Faustus, donna libre cours a son imagination '; un autre annaliste, nomme Adrevald, rivalisa de fantaisie et l'histoire y perdit plus qu'elle n'y ga Mal.illon essava de remettre de l'ordri i ouver
la vérité parmi ces récits; ses conjectures ont été longtemps acceptées. A s'en tenir au dessin d'ensemble de cet épisode, il semblerait que Ii disi iples de saint tl arrivèrent jusqu'au iieudil Fonl Rouge (Fons Rogi) non loin d'Auxerre *, y firent séjour, puis reprirent leur voyage et gagnèrent la Loire qu'ils franchirent a Pierre-Empont, près d'Orléans4. Le
chef de la mission, le moine Main, tenta, sans succès, de faire admettre la règle bénédictine dans le monastère de Saint-Pierre-des-Bceufs (depuis Saint-Aignan). Cet échec coïncida plus ou moins avec un événement imprévu. Les disciples de saint Benoît s'étaient cru assurés de rencontrer le meilleur accueil dans le diocèse du Mans que gouvernait Innocentais. Peut-être même étaient-ils venus a son appel; mais Innocent ius mourut et son successeur ne se souciait pas de recevoir une colonie monastique. La situation a Saint-Pierredes-Bœufs devenait délicati e1 ne te pro-
i. il fallut aviser et les missionnaires II. ni asile à clan feu il dans l'Anjou. (Voir Glanfi i n l
Clanfcuil prospéra et on peut croire que les moines de
Saint-Pierre des Bœufs ne se désintéressaient pas de
concernait ce nou\ .I établ isl ique,
attention [.lus vigilante que sympathique a coup sûr.
Les objurgations de l'abbi I eodebod ne parvenaient
pas à décider se n à adopt ei la n gle don! li
de joui' en jour. I .eodebod ne i \ anl
• tsaya pas de le dre, 111 rouva
mieux qui i eut dne d' Ylliniacum,
il t'échangea conl re celui d im et un groupe
de mo établit *. Un oral oii
de.iie a sainl Pierre et un autre à la vierge Marie.
1 Paustus, Vila S. Mauri, ilaus Mabtllon, mm s. O. /?., t. t. — : Adrevald, Liber miraculorum, édlt. tain, in-x , Paris, 1858. Adrevald, Liber n
luriini, p. lis; Uablllon, Acte, t. i. i>. 286. ' Mabillon, Annales, t. i, p. 11»'.. ' Dom Cbazal, Historia eœnobii
; igerim. * l'il.l.
Mat., tends de la Reine, m. S6t, fol. 3-7i P. Ptthou, His-
XI, in-f..l., Francofurtl
;.. .".'I I]. roi. al. liaient d'après le i I le la
luretlanensts, in i . i ■
n. lâi (probablement d'aprèi le ma
ai. usa iirléan^ dans la bibliothèque d'Alexandre P
a. Duchesne, Historia Francorum scrlpiorest i\. m fol.,
Parisiis, n.ii. p de Pltl
i , Anttqulti I Fanan, in- 1 ■,
Le 27 juin 651, a Orléans, l'ai. Pc de Saint-Pierre (devenu Saint-Aignan), le même Leodebod, lit son testament. Il donna une partie de ses biens a la basilique de Saint-Aignan, à l'église Notre-Dame construite par Jean de Fleury et au monastère projeté à
Fleury sous le vocable de Saint Pierre, i leurj reçut des terres situées près du oicus Carbrias, dans le pagus de Bourges, à Bria sur la rivière Flironte, la Villa Cambenm entre Clcry et lluisseau, des terres A Roudon, pagus de Mciing. En outre, le lise d i des terres in polestate Melliaco, un moulin, des terrains dans la cite d'Orléans, des vignes dépendant de
la même cité, et des terrains dans les villes de CUTUIt,
Canavarias, Sembleey et Caliace au delà «le la Loire. Leodebod déclare en même temps qu'il a été convenu devant Audœnus. évêque, et Chramnulfus, homme illustre, que de toutes ces donations la moitié serait retenue par la basilique de Notre I ' ime i t qu'il recevrait l'autre moitié pour la céder au monastère de Saint-Pierre de Fleury, en même temps que la villa Asinarias, dans le val. échangée avec un certain Trodoveus contre des terres sises a Souchamp et à Garance. Enfin, Leodebod donne a 1 leurs des terrains dans l'enceinte d'Orléans, des chevaux, bœufs, vaches, des objets d'orfèvrerie cl des vêtements *.
Le testament de Leodebod esl un acte assez long qu'ont atteste deux cvèqucs, quatre abbes, un piètre, trois diacres et dix-sept témoins laïque: Ce leslamenium n'est pas un acte de dernière volonté, mais une donation dont le texte nous a été transmis par le moine blclgaud en tèle de la Vila Régis Roberti7. Tous les commentateurs depuis Le Cointe ont observé les difficultés insurmontables qui surgissent, si on concilier la date de l'acte avec sa teneur. Le testamenlum est daté de la seconde année du règne de ( llo\ is II, 5 des calendes de juillet, c'est-à-dire 27 juin. L'acte ne présente rien dans sa disposition générale qui soit de nature à faire douter de sou authenticité. Le début, le corps et la lin sont conformes a ce que nous lisons sur les actes repûtes les plus authentiques. Le style a une tournure mérovingienne avec des lins de phrases rythmiques. Enfin l'emploi de la première
personne du singulier esl encore une garantie, car c'est le cachet spécial des actes privés, alors que les actes publics font usage de la première personne du pluriel. Par contre, quelques détails de rédaction soulèvent des doutes sur l'authenticité. La flexion des mots a ete évidemment l'objet de, attentions d'un scribe de l'époque carolingienne heureux de faire montre de son savoir en corrigeant un i< xte mérovingien, cela se faisait couru nuueiil . Mais l'inVOi à la sainte Trinité n'i i pas un usai e du vu" siècle, où on employait généralement un chrisme avec les mois in Christi nomine, In Dei nomine. Une fois encore le
copiste aura mis le texte à la mode dl ips. I e
préambule a pu être abrégé, comme il n'importait guère aux dispositions de l'acte, Or ne s'en prisait pas
.1er les belles phiasis !..
d'autrefois. Les menaces coi qui contrevien-
Orléans, 1661, preuves, p. 72 ' ointe,
Ici Francorum, vi, ln-fol., Paris,
p. 589 (d'après le texte de i a Saussaye); Pardi «us
mata, Chartœ, t. n. p. t 12, n.ccci.> m (d'après i m ,i Le iti i; P. /... t.
Duchesne); M. Prou et A. Vidler, Recueil rfi
Vabbaye de Sainl-Benotl-sui Le re, dam D
par /.. Sociiti historique et nr- ■ t. v,
i. i. p. 1-19 (d'après li
Salnte-Palaye, Mi r. ■ sur la vie du moine Hclgaud, sur
VAcalions et Bi lles-Li lires, i
A. \ iilier-, V historiographie d Sainl
École nat
Toulouse, II
FLEURY-SUR-LOIRE
draient a la volonté de Leodebod ont pu être retouchées, mais l'ordre des mots aura seul été changé, il n'y a eu ni addition sur ce point ni suppression.
On a relevé des contradictions, mais plus apparentes que réelles, et qui ne suffisent pas à faire arguer de faux l'acte entier '; la présence du mot mansus (cum mansis) n'est pas non plus une preuve de faux, quoique ce mot passe pour n'avoir pas été employé avant l'époque carolingienne 2, alors qu'on le rencontre en réalité dès l'an 715 3 d'une façon indubitable.
En regard de ces objections, il existe des indices d'antiquité. Leodebod spécifie que les moines de Saint-Pierre de Fleury vivront juxta regulam sanclissimi Benedicti et domini Columbani. PareiDe mention ne se lirait pas certainement dans un acte rédigé après l'année 750 «. Autre signe d'antiquité : la mention de l'insertion de l'acte dans les gesla municipalia.
Il n'y a donc qu'une difficulté sérieuse contre cette pièce qui ouvre le cartulaire de Fleury : la date. 11 ne semble pas possible de substituer Clotaire à Clovis II, mais on peut admettre que le copiste ait lu II au lieu de XII, car, dans les diplômes originaux du viie siècle, la date de l'année du règne est indiquée en chiffres romains, or l'oubli d'un chiffre est chose fréquente dans les transcriptions, et si l'acte était écrit sur papyrus, le chiffre pouvait être effacé ou peu lisible. On en vient donc à admettre que, grâce à cette correction, le lestamentum, qui ne peut remonter à la deuxième année du règne de Clovis II soit daté du 5 des calendes de juillet, le 27 juin 651.
Deux évêques ont signé le leslamenlum ou charte de fondation de Fleury, ce sont Audœnus et Leodegarius. Le premier est généralement identifié avec saint Ouen, de Rouen; le deuxième a été réclamé pour Autun et pour Orléans. La seule liste épiscopale d'Orléans (ms. Vatic. Reg. 465) ne fait mention d'un Leodegarius qu'à l'extrême fin du vne siècle. Le Leodegarius du Gallia chrisliana n'a pas d'autre répondant que le lestamentum Leodebodi.
La liste du Vatican donne comme évêque d'Orléans Audo, signataire d'un concile tenu à Chalon entre 639 et 654 B. Cet Audo semble être un doublet d' Audœnus, il est superflu de chercher à Rouen. Des deux évèques qui ont souscrit le lestamentum, le premier mentionné, Audœnus, semble n'être autre que VAudo du catalogue, lequel vivait sous Clovis II; quant à Leodegarius il ne devint évêque d' Autun que sous Clotaire III.
C'est au leslamenlum qu'Adrevald, moine de Fleury, fait allusion au chapitre n de la translation de saint Benoît 6, il l'appelle leslamenlum muluœ vicissitudinis, et considère l'échange de la villa d'Attigny contre Yager de Fleury comme l'objet principal de cet acte. Il semble emprunter le récit de la fondation de Fleury au lestamentum.
Le lestamentum de Leodebod fondait l'abbaye de Saint-Pierre, située sur les bords de la Loire, à trente et un kilomètres d'Orléans, dans une région fertile,
1 P. Prou et A. Vidier, op. cit., p. 11 -.Examen du TestamentumLeodebodi. — * J.Havet, Œuvres, 1. 1, p. 31. — 'Pardessus, Diplomata,chart;r, t . u, p. 300, n. 492. — * Malnory, Quid Luxovienses monachi, discipuli S. Columbani, ad regulam monasteriorum atque ad commune Eccles iœ pro/ectum contulerint. in-S'\ Paris, 1894, p. 34,40. — ' Concilia sévi merovinqici. édit. Maassen, 1893, p. 213. — *Édit. de Certain, p. 2. — ' Ch. Cuissard, L'école de Fleury-sur-Loire à la fin du x' siècle et son influence, dans Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, 1S75, t. xiv, p. 551-716; in-S°, Orléans, 1876. — » Voir le règlement de l'abbé Macaire. — " M. Prou et A. Vidier, Recueil des chartes de l'abbaye de Saint-Benott-sur-Loire, in-8", Paris, 1907. Introduction, p. m; A. Vidier, L'historiographie à Saint- Benott-sur-Loire, 1898. - ■" Hisloria translationis S. Benedicti et Miracula sancti Benedicti, 1. I, édit. de Certain, Les
comprise dans le domaine des Capétiens. Ses possessions étaient vastes et nombreuses puisque, dès l'origine, l'acte de dotation fait mention de biens situés en Sologne et en Berry. Bientôt l'initiative de l'abbé Mommole allait amener à Fleury les reliques vénérées de saint Benoît et leur présence donnerait au monastère le vocable sous lequel il n'a cessé d'être connu jusqu'à sa destruction en 1790 : Saint-Benoît-sur- Loire.
Le monastère devint un des plus riches et des plus célèbres de l'Occident; quant au bien fondé du titre qui lui valait cette prospérité, ce sera le sujet principal du présent travail. Saint-Benoît étendit de plus en plus son domaine non seulement en France mais jusqu'en Angleterre; il posséda des prieurés, des prévôtés, des maisons conventuelles en Orléanais et en Gâtinais : à Sully-sur-Loire, à Châteauneuf-sur-Loire, à Gien, à Yèvre, à Lorris; en Normandie, à Saint-James de Beuvron, à Saint-Hilaire-du-Harcouët et à Magny; dans le pays chartrain, à Souchamp ; dans le Berry, à Saint-Benoît-de-Sault etàSancerre; en Gascogne, à La Réole et à Saint-Caprais de Pontons; en Bourgogne, à Perrecy-les-Forges et à Dié; en Champagne, à Sorbon, à Feuges, à Arnicourt; en Angleterre, à Minting.
Grâce à sa richesse, qui n'altéra pas l'observance, le monastère devint un centre littéraire qui brilla en son temps et mérite encore aujourd'hui l'estime et l'attention. Des écoles s'y organisèrent et on s'occupa activement de la transcription des manuscrits '. Les épaves de la bibliothèque dont nous parlerons plus loin, aujourd'hui dispersées dans plusieurs bibliothèques de l'Europe, nous donnent une haute idée du zèle intelligent avec lequel moines et abbés s'adonnaient à l'étude s.
Ce fut principalement l'étude de l'histoire qui captiva les moines de Fleury, « et 1 on doit à des religieux de cette maison, soit qu'ils aient narré les miracles de leur saint patron, soient qu'ils aient retracé la vie d'un roi de France ou celle de deux de leurs abbés, soit enfin qu'ils aient écrit des chroniques proprement, dites, quelques-uns des plus utiles récits sur lesquels sont étayées les annales de l'histoire de France *. » Les plus illustres d'entre ces écrivains sont Adrevald 10, Abbon ", Aimoin 12, Helgaud ", André de Fleury ", Raoul Tortaire I5, Hugues de Fleury 1S.
Nous mentionnerons, sans nous y arrêter, les Annales Floriacenses (626-1060) dans Monum. Germ. hislor., Scriplores, 1829, in-fol., t. n — le Calendarium Floriacensie, dans Martène, Vêler, scriptor. collectio, 1729, t. vi, p. 650-652; un Catalogus abbalum Floriacensium dans Baluze, Miscellanea, 1678, t. i, p. 491, 493 ; 2° édit., p. 79 ; les Ceremoniale, usus et consuetudines cœnobii Floriacensis, ms. du xiiic s., à Orléans, n. 107; le Chronicon Floriacense (688-1028), à Paris, Bibl. nat., ms. lat. S543, dans Duchesne, Hist. Franc, script., 1641, t. m, p. 354-356; autre Chronicon (615-1060), dans Baluze, op. cit., t. n,
miracles de saint Benott, in-8°, Paris, 1858, p. 1-89. — 11 1'. /.., t. i.xxxix. — "Miracula sancti Benedicti, 1. Il et III, édit. de Certain, op. cit., p. 90-172; Vita Abbonis, dans P. L., t. cxxxix, col, 3S7; Hisloria Francorum, édit. Paris, 1514. 1567, 1602. — " VitaRoberti régis, dans P. L., t. cxli, p. 909-936.— "Miracula sancti Benedicti, 1. IV, VII, édit. de Certain, p. 173-276; Vita Gauzlini abbalis, édit. L. Delisle, dans .Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, t. n, p. 257; H. Ewald, dans Xeues Archiv, t, m, p. 349. — ' Miracula S. Benedicti, 1. VIII, édit. de Certain, op. cil., p. 277-356. — lS Miracula sancti Benedicti, 1. IX, édit. de Certain, op. ct'f., p. 357-371 ; Historia ecclesiaslica, édit. Hottcndoff, in-4». Munster, 1636; Monum. Germ. Script., t. ix, p. 349; Liber modernorum regum, ibid., t. ix, p. 376; Hisloria regum Francorum, ibid., t. ix, p. 395; P. /... t. clxiii, col. 791-1003.
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p. 303-307; 2' édit., t. i, p. 121-122; le Fragmenlum historicum ex. vet. membr. de tributo Floriacensibus imposilo, dans Bouquet. Recueil des hist. de la France, t. xii, p. 94-95 (cf. ibid., t. ni, p. 315; t. vin, p. 253).
Enfin l'ouvrage célèbre de Jean Du Bois : Floriacensis velus bibliotheca, benediclina, sancta, aposlolica, pontificia, ceesarea, regia. Franco- Gallica... cum utroque xysto, nunc primum e latebris emersa et anliquariorum usui exposila, Lugduni, 1C05 '.
11. Situation du Mont-Cassin. — Saint Grégoire racontait à ses lecteurs que saint Benoît avait fait transporter au Cassin le corps de sa sœur (jralres) misit ut ejus corpus ad monasterium déferrent, atque in sepulchro quod sibi ipse paraoerai ponerent '. Les deux tombes se trouvaient in oratorio beati Johannis Baplislœ * et il s'y accomplissait des miracles ; nunc usque, si petentium fides exigal, miraculis coruscat '. Mais depuis, tout avait changé. Un ami de saint Benoit, nommé Théoprobe racontait être entré un jour chez le saint homme qu'il trouva pleurant et gémissant : Omne hoc monasterium quod construxi et cuncta quee fratribus prteparavi omnipotentis Dei judicio genlibus Iradita sunt. Vix autem obtinere potui ut mihi ex hoc loco animée concederenlur. Et saint Grégoire ajoutait : A'os autem cernimus qui des- Iructum modo a Langobardorum gente ejus monasterium scimus. Xoclurno enim lempore et quiescentibus fratribus nuper illic Langobardi ingressi sunt : qui diripienles omnia, ne unum quidem hominem illic lenere poluerunt. Sed implevit omnipotens Deus quod fideli famulo Benedicto promiserat, ut si res genlibus traderet, animas cuslodirel. Voici certainement ce qu'a dû et pu lire l'abbé Mommole. Mais il avait vraisemblablement d'autres sources d'information. Le sac et la destruction d'un monastère de cette importance n'avaient pu que donner naissance à bien des récits colportés de bouche en bouche. Nous n'entreprenons ni de les reconstituer, ni même d'en tenir compte, mais on peut admettre sans beaucoup de chances d'erreur, des détails que nous trouvons consignés, par exemple cette anecdote recueillie par Paul Diacre sur les moines fugitifs : Ex eodem loco [le Cassin ] monachi Romam pelierunt,secum codicem sanctœ Régulée, quam priefatus Pater [saint Benoit] composuerat, et quœdam alia scripta, neenon pondus panis et mensuram vini, et quidquid ex supellectili subripere poterant, déférentes '. On se passait ainsi de petits détails. Le même Paul Diacre écrivant de la part de son abbé, ajoutait que le manuscrit était auphe; suis sanctis manibus exarovii [Bcncdictus] *. La destruction du Mont-Cassin, survenue en 580 ', BOUsl'abbi Bonitus, fut complète. Paul Diacre, peu enclin à aggraver les torts de ses compatriotes lombards était réduit à en convenir : Jumque evolutis jere centum et decem annis ex quo locus ille habitationc hominum deslituius erat'. Ainsi, en 090, ces ruines étaient délaissées, inhabitées depuis cent dix ans. C'est ce qu'on pouvait savoir à Fleury, vers 658, pour peu qu'on portât Intérêt aux grands souvenir I e1 étal d'abandon total était notoire et le même Paul Diacre avoue que le Mont-Cassin demeura désert, vasta solitudo, jusqu'à ce que venientes Franci*.
Léon d'Ostie parle dans le même sens : Cum autem omnipotens Deus prœ/alum beati Benedicti cœnobium juin decrevisset miseralione illa sua omnipotenlissimu restaurare et ccenobialem institutionem quee inde principium sumpserat, ex ejusdem I'atris loco per
Cf. L. Auvray, Lettre <u Jean Dubois sur la Bibliotheca FloriaeentU, 'i:u>s Bulletin de lu Société archéologique et
historique ilr rOrlianat l, t. vu, p
! Dlalog , l. Il, c, ulztv. Ibtd., I. II. .
• Ibtil.. I, II. r. wwii. • Hisioria Langobardorum, I. IV,
c. xvm. /'. /.., t. \. v. col. .M7. /-. /... i. \. v. col. 1584.
orbis circulum propagare, conligit, disponente Deo, ul Petronax, civis Brixiante urbis vir valde religiosus, divino afflalus amore, Romam venisset. Quem reverendissimus lerlius "> pape Gregorius ccelilus inspiralus admonuit ut hoc Casinum Castrum pelerel, atque monasterium beati Benedicti quod jam per lot annos deslruclum manseral, suo studio reconciliare satagerel. Quo annuente, mox idem venerabilis pontifex cum illo aliquanlos de Lateranensi congregatione fratres direxit, et alia quoque Mi nonnulla adjutoria contulil. Is ergo hue ad sacrum beati Benedicti corpus perveniens, lam cum Mis qui secum vénérant, quamque eliam cum aliquol simplicibus viris quos inibi jam dudum resedisse comperil habitare ccepil anno Domini 72". Atque ab iisdem fratribus in abbatem preelatus, coopérante Deo, conslructis decenter habitaculis, ac mullorum ibi fratrum congregatione slatuta, sub Régulée sanctœ doclrina vivere sluduit. ". Ainsi donc « lorsque Dieu tout-puissant eut décrété en sa toute-puissante miséricorde la restauration du monastère du bienheureux Benoît et la propagation dans l'univers entier de l'institution cénobitique qui y avait pris naissance, il advint par disposition divine que Petronax, citoyen de Brescia, homme très pieux, poussé par l'amour divin, vint à Borne. Le vénérable pape Grégoire [II] fut inspiré de lui confier la mission de se rendre au Mont-Cassin et de restaurer le monastère du bienheureux Benoît qui était resté détruit et ruiné depuis tant d'années. Petronax acquiesça, le pape l'envoya vers la sainte montagne avec quelques moines de la communauté de Latran. Petronax étant donc arrivé au corps sacré du bienheureux Benoît, s'y installa avec ses compagnons et quelques hommes qu'il trouva en ce lieu. C'était l'an du Seigneur 720 " • On le fit abbé, il bâtit des cellules et réunit une communauté.
Il est possible à la rigueur, quoique peu vraisemblable, que ces hommes simples que Petronax trouva incrustés dans les ruines en 720 s'y trouvassent depuis l'an 580; dès lors, comme Léon d'Ostie ne nous dit pas qu'ils eussent succédé à d'autres ni qu'ils habitassent ces lieux depuis cent quarante ans, il semble légitime de croire qu'ils n'avaient eu ni la garde, ni la surveillance des ruines depuis le désastre survenu sous l'abbé Bonitus. Léon d'Ostie dit que Petronax fit construire des cellules, conslructis decenter habitaculis. Paul Diacre se contente d'écrire reparatis habitaculis, ce qui veut dire à peu près la même chose. Après cent quarante ans, ce qui pouvait subsister avait grand besoin de réparations qui devaient ressembler fort à une reconstruction. Les . hommes simples, ■ expression rare et qui n'indique pns des ermites ni des reclus, mais plutôt quelques pauvres gens abrités tant bien que mal sous des voûtes encore debout, n'avaient pas eu d'autre souci que de vivre un peu mieux qu'à la belle étoile. L'arrivi moines leur dut sembler une aubaine Inespérée. Ils s'agrégèrent aux nouveaux venus qui leur assuraient une existence moins précaire. Car si on détournait pas du Mont-Cassin comme d'une tanière redoutable, on ne le gravissait plus comme un asile de piété et de bienfaisance. Précisément, en 720, un touriste anglais ( on disait ■ pèlerin ■ en ce temps-là) Willibald passait au pied du Cassin sans s'arrêter; en 729, au retour des Lieux Saints. Willibald et son frère Wunébald ne manquaient pas d'aller > la communauté amenée par Petronax; ils y trouvaient
MabUlon, Annales, I. \ II. n. l : note in Ub. I\ . c. wm. — ' llist. langob.. I VI, c. xxiv. — ' Htol. langob., 1 VI, c. n, édit. Waitz, 1878. — '• Ou plutôt tecundiu. Citron.
Castn., 1. I, c. iv, /•. i... 1. 1 i wm. col. 403. ' Cl J. Chapman, La restauration itu Mont-Cassin t'tir l'alita bénédtctiw . 1904, l. KM, i>. 1 :
FLEURY-SUR-LOIRE
paucos monachos el abbatem nomine Pelranacem 1. Telle était la situation dont on avait dû s'entretenir dans les monastères entre 580 et 720. Le Mont- Cassin dévasté, abandonné, inhabité; et il n'en fallait pas plus pour faire naître le désir de posséder les reliques que les moines, en fuyant, avaient abandonnées.
III. Projet d'enlèvement des reliques. — L'abbé Mommole ne pouvait pas tenter l'aventure en personne. Les abbés bénédictins — ceux du \ie siècle, sauf Benoit Biscop — ne voyageaient guère. L'absence de l'abbé de Fleury eut peut-être attiré l'attention sur ses allées et venues, mis les désœuvrés en éveil, en sorte que Mummole confia son plan à un moine nommé Aigulfe, avec lequel, nous dit-on, il s'entendait à merveille. Ici, il faut faire la part du feu : on nous parle de visions : il est plus probable que ces façons de dire nous dissimulent des procédés beaucoup plus accessibles au commun des mortels. L'abbé, pour sonder son ami, sans trop se livrer, a pu dire : « J'ai comme une idée... J'ai rêvé que... i et il donna cours à l'imagination qui le hantait : posséder à Fleury le corps de saint Benoît. Aigulfe comprit à demi-mot, il était prêt à partir et à tenter l'entreprise 2. Il allait se mettre en route avec quelques compagnons quand arrivèrent à Fleury des moines de la ville du Mans. Eux aussi avaient eu une vision I et partaient à la recherche des reliques du père saint Benoît. Aigulfe dut comprendre que ses préparatifs ou une indiscrétion avaient donné l'éveil sur ses projets: il ne pouvait dissuader les Manceaux de tenter l'aventure, alors il leur proposa de faire route ensemble 3. Sitôt la partie liée, on partit ; mais Rome se trouvait sur la route, on ne pouvait se refuser, étant venus de si loin, de faire des visites aux principaux sanctuaires, ce ne serait qu'un retard de quelques jours. Et quand Aigulfe vit ses compagnons tout émoustillés à la pensée de ce qu'ils allaient voir des merveilles, il décampa et fila droit au Mont-Cassin. Lorsqu'il se vit au centre de ces ruines, se trouvant bel et bien perdu, il se mit à prier afin de découvrir la tombe qu'il cherchait. « Comme il priait, raconte Adrevald que rien n'embarrasse, un vieillard vénérable s'approcha de lui et lui dit : « D'où êtes-vous? qu'ètesvous venu faire en ces lieux? » Aigulfe se taisait sur le but de son voyage. « Pourquoi, dit le vieillard, ne me confiez-vous pas votre secret? Ne craignez rien : ayez confiance en moi : peut-être pourrais-je vous être utile. » Aigulfe, rassuré par le ton de bonté et par la physionomie douce et grave de cet inconnu, persuadé, d'ailleurs, que la vieillesse est toujours d'un bon conseil, lui raconta le motif qui l'avait amené des Gaules en Italie. Alors, le vieillard, dit. les yeux fixés en terre : « Quelle récompense me donnerez-vous si je vous découvre le trésor que vous cherchez? je puis le faire. >• — Tout ce que vous me demanderez, dit Aigulfe. « Venez donc aux approches de la nuit, restez attentif, et portez vos regards autour de vous. Vous ne tarderez pas à apercevoir, dans la profondeur des ténèbres, un point brillant, el comme un jet éblouissant d'une vive et blanche lumière. Remarquez bien le lieu d'où s'échappera ce rayonnement, c'est là en effet, que vous trouveiez l'objet de vos recherches. » Les grandes ombres commeni ai' ni .< peine de descendre des monts dans les vallées, et déjà le jeune religieux le cœur plein d'espoir, était à ni tendre la mystérieuse vision. Tout à coup la lumière révélatrice brilla au sein de la nuit. Il se prosterna aussitôt pour rendre gr; Dieu d'abord; puis, avant que le soleil ne revint éclairer le désert et les ruines, il s'empressa de recueil lir avec respect, dans une même corbeille, les pre ossements du corps de saint Benoit et de
sainte Scholastisque, renfermés ensemble dans le tombeau qu'il venait d'ouvrir4. » Au point du jour, les Manceaux arrivèrent, trop tard. Aigulfe les ayant joués, ils le traitèrent en homme supérieur et lui demandèrent le partage des reliques, se faisant très modestes et se rabattant sur la seule sainte Scholastique. Mais Aigulfe lanterna, biaisa, s'échappa en bonnes paroles et en belles promesses et promit d'être généreux quand on serait tous rendus à Fleury. Cet Aigulfe était un homme rempli de prévoyance; il pressentait qu'après un si heureux coup il était prudent et sage de ne pas s'attarder. Et en effet,, pendant que ses compagnons et lui enjambaient les pans de murs et dévalaient parmi les ruines croulantes, le pape Vitalin apprenait par une vision — la quatrième — qu'on allait priver l'Italie de sa richesse et, en conséquence, il expédiait une cohorte de soldats lombards sur les traces des moines gaulois. Ceux-ci avaient le ciel pour eux. Pendant qu'il avertissait Vitalin, le Tout-Puissant s'adressait à Aigulfe, lui disant de filer sans perdre un instant v et, grâce à leur prestesse, les moines échappèrent à la police mise à leurs trousses.
On ne saurait douter qu' Adrevald a dû être enchanté de sa trouvaille; le digne homme se sentait en verve, il se fût fait scrupule de ramener ses voyageurs trop rapidement : aussi, le long de la route, a-t-il jalonné le voyage de beaux miracles. A Bonnodium (Bonnée) les reliques guérissent un aveugle et remettent sur ses jambes un perclus. A Villanova (Villeneuve), un homme se jette sur la corbeille aux ossements et devient aveugle, alors il déclare qu'il ne lâchera pas prise tant qu'il ne sera pas guéri ; et il est guéri. A Velus Floriacum (le Bourg) on bondissait d'allégresse. Deux corps saints dans cette bourgade, c'était la fortune assurée, les pèlerinages et le reste. Seulement les Manceaux troublèrent la fête et réclamèrent d' Aigulfe ce qu'il avait promis. Aigulfe répondit avec componction qu'il ne convenait pas de séparer ceux que la mort avait réunis dans le même tombeau. On lui objecta la vision. Aigulfe devait savoir ce qu'elle valait, il ne broncha pas; on lui rappela sa promesse, enfin les Manceaux devinrent si pressants que, pour les voir partir, on leur abandonna les ossements de sainte Scholastique. On fit deux tas : les ossements de grande taille, les ossements de petite taille. Des premiers on approcha le cadavre d'un petit garçon, il ressuscita; des seconds on approcha le cadavre d'une petite fille, elle ressuscita. Les Manceaux prirent ce qu'on leur abandonna et descendirent vers leur pays.
On ne sait en vérité si Adrevald se moquait de ses lecteurs, mais il semble au contraire qu'il prétendait être cru et peut-être se croyait-il lui-même. Il faut s'excuser d'avoir à citer de telles historiettes mais il n'y a pas moyen de les passer sous silence. Adrevald assure que de son temps, on conservait à Fleury la corbeille rapportée par Aigulfe; un jour on l'envoya au prieuré de Saint-Benoit-du-Sault. A Saint-Benoit on se contenta d'une inscription qui commençait par une erreur :
ANNO • DNI • 660 • 5 IDVS ■ IVLII • REGNANTE
CLODOVICO-DAGOBERTIFILIO-CORPVS-S
BENEDICTI-PERBEATVMAIGVLPHVMMONACHVM
E-CASSINENSI- MONTE -IN- HOC- FLORIACENSE
MONASTERIVM-TRANSLATV-EST-ABBATE-
S- MVMMOLO
En 660, Clovis II était mort depuis quatre ans.
1 Acla sanctor., juillet, t. ri, Vila Sancti Willibaldi, n. 34. - Ili^inrin translalionis, p. 1: Mabillon, Annales, l. i, I p. us. • Miracula, p. 1. ' Miracula, p. 6.
iti;