DENTS DE LOUP
encore une dent. Car, on ne peut douter de ce symbole si on rapproche de l'cpitaphe de Celerinus celle d'Alexandre, publiée par Boldetti '. Celui-ci y découvre des tenailles avec un lambeau de chair arraché à un
, 3705. — Kpitaphe d' -Alexandre.
D'après Bull, di arcli. crist., 1864, p. 36.
martyr; ce genre d'élucubration était alors fort sioiité. il est permis de ne plus s'y attarder aujourd'hui. CommeCelerinus, Alexandre était dentiste, mais celui-ci fut enseveli aux catacombes (flg. 3705). Celerinus ne se contentait pas de soigner les dents puisqu'il a fait figurer une sonde sur son épitaphe.
3700. — Trousse de chirurgien.
Ibid., p. 30.
La pince et la sonde se retrouvent sur la trousse d'un chirurgien venue au jour en 1851 au cimetière de Prétextat.^mais qui a été sciée et ne porte aucun nom. Nous avons donné un croquis très réduit de la pierre (voir fig. 2805) S ici nous donnons la trousse (fig. 3706.) H. Leclercq.
DENTS DE LOUP. -On donne le nom de " dents de loup » à des zigzags parallèles qu'on appellerait aussi justement dents de scie ou de toute autre manière; mais le terme est admis et désigne clairement un type d'ornement. En voici un exemple; nous le prenons sur une stèle funéraire de marbre bleuâtre provenant du village d'A'iliirikdji, vallée d'Altyn-tach et conservée au musée de Brousse. Celte stèle de forme rectangulaire oblongue mesure 1"'29 de hauteur, 0°'52 de largeur à la base, O^-IS au sommet, 0°'2C d'épaisseur, la gravure des lettres est bonne, les lettres mesurent O^OIS de hauteur. I/aréte et l'angle inférieur sont mutilés, ce qui a entraîné la disparition de quelques lettres. La décoration est fort simple. Au
* Boldetti, Osscrvœtioni sopra i cimileri cristiani, in-fol., Uoma, 1720, p. 316. — " O. Marucchi, I monumenli dcl museo crisliano Pio laleranense, 1911, pi. lix, n. 22. — • 'Mirbeau, ])eux épilaphes chréliennei de VJîzanUide, dans Échoi d'Orient, lUOt, t. vu, p. 329 sq.; J. Pargoirc, Èpilaphe chrétienne de Ucnniwa, dans Éclim d'Orient, 190.">'
sommet, un triangle équilatéral, foruianl fronton; dans le tympan, deux cercles inscrits, l'un tangent aux côtés du triangle, l'autre concentrique au premier. Sous la base, le motif de dents de lonp ; sur les côtés obliques des triangles doublés d'une ligne parallèle et l'intervalle entre les deux lignes occupé par un zigzag simple; sur les angles supérieurs de la pierre des courbes imitant vagvement une demi-palmette. Tous ces motifs sont
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3707. - i;i)ilai)lic il'.\îkirikajii au musée de Brousse.
D'après BulMin de correspondance helléniiiuc, 1909, l.xxxiii,
p. 421, ng. 89.
incisés, le diamp de la stèle reste uni el l'inscription laisse sur trois côtés un large espace mm gravé qui peut ligurer une sorte de cadre (lig. 3707)' :
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NHN ANAPA nOGHTON KAI KAAM KAI MCOI KCC <J>POCYNH AE MAAICTA TO 5 NnACHC APCTHC KAI CN ANAPECI KYAOC GXONT ATPIAKONTA CTON G GANON AYnHCA AC HA NTAC KAI neNOePOYC
t. viiï, p. 33-1 ; .\ndcrson, Ptiganisnt and citnstiunilif in tlie Uppcr Tinibris ualleu, dans W. .\. Hamsay, SIndics in tlie Itistoru and art o/ the enslern provinces, in-S», Abcrdecii, 1906, p. 221-222, p. 20; G. Mendcl, Musée de Brousse, dans Bull, de corresp. lielUn., 1909, t. xxxiii, p. 120-422, n. 427, flR. 89.
DENTS DE LUUI'
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xi'i] Il TYiÇ^uY^'^?^? l'^'J?^'''»'':? r [v] Il Y,c; TC/i; g jtÉxvoii; Sw- — ojff II OÉvYi y/vSpôJ yÀux'JTX- X II pY|ÇTiavcî XpY,<7T'.ïvo[!(;]. Il Il ûç u.Tj ao'.xatiT!;.
« Ici la terre cache Sosthcnès, homme regrellé pour sa beauté, pour sa grandeur, pour sa chasteté surtout, homme rempli de toute vertu et jouissant d'une grande gloire parmi les humains. — En mourant à trente ans j'ai aflligc tout le monde, porte un coup à mes l>eanxparents et ravagé l'âme de ma femme avec qui j'ai vécu trois ans et dont j'ai eu un enfant; quant à mes père et mère, ils reposent ici avant moi. — Alexandre, prêtre, et sa femme Appès avec leur fille Cyrilla it leur petite-fille Domna, ont fait la faveur de ce ton> beau à leurs alliés Sosthas et Domna, ainsi qu'à leur très clier gendre Sosthénès. Chrétien à desclirélicnf. — Toi qui lis n'offense point Dieu. »
H. I.KCI.IiRCl,!.
DEO ANNOENTE,.- BOLENTE,- FAVENTE,-lUBENTE, - MISERANTE, . PROPITIANTE. la
plupart de ces formules, (pii rappellent le souverain pouvoir de Dieu sur toutes choses, se retrouvent nombreuses, non seulement dans l'épigraphie chrétienne, mais dans les documents les plus divers ainsi qu'on peut s'y attendre pour des expressions qui sont entrées dans le langage courant.
Le musée de Latran conserve une belle inscription trouvée en 1790 dans les ruines de la villa dci Quiiitilii, située au cinquième mille sur la route de Rome à Albano (fig. 3708); on y lit ces mots ' :
E. Q. Visconti l'interprète ainsi : Deo itimuenle felix pedatura Systi quinque perlicx et y voit un monument ayant dû appartenir à une église rurale; selon lui, un
' O. Marucchi. I monumenii del muneo Pio Lalerancnse, in-fol., Roma, 1911, pi. XLV; De Rossi, Bull, di arcli. crist.. 1873, pi. VIII, n. 4. — = E. Q. Visconti, Opère varie, Milano, t. I, p. 18.3; Ricci, Dell' antico pugo Lemonio in oggi Romavecchia, in-S", Roma, 1802; p. 136. — ' Mommsen, Inscripliones rcgni NeapoUtimi lalinœ, in-fol., I.ipsise, 1852, n. 73. — ' Corp. insvr. (al., t. vu, n. 948. — 'De Rossi, BiiK. di iirch. crisl., 1873, p. 94-95. — ' A. Mai, Sova bibliolli. patrum, t. I, p. 3. — ' De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1886, p. 59. — ' On trouve Deo volente dans les lettres de Syinmaquc, mais outre que certains parmi les païens employaient indilTcTemmcnt le singulier ou le pluriel pour cette locution
Certain Sixtus rappelle qu'avec la iiiotection divine il a pu terminer un édilice sacré qui lui avait été conlié et qui mesurait cin(| perches ". Celte explication ne s'autorise malheureusement d'aucun exemple, le mot piddliini suivi d'un nom jiropre au génitif se retrouve sur deux catégories d'inscriptions du ni'= et <lu iv« siècle, fait observer J.-B. De Hossi : Inscriptions
DEOAMNOEHTE fEUSPEDATVKA
D'api
iîTos. -- Inscription roiiuiliie.
O. Marucchi. / monuinenti del ntuseo crialiuuo Pio liilcrcmcnse, 1911, pi. XLV.
inilituires des légions campées sur le Hhiii, sur lesquelles ce mot accompagné du nombre de pieds signilie Vopus valu accomph par une troupe: inscriiitions champêtres sur lesquelles ce mot appelle à la suite le nom du propriétaire d'un fonds et signifie la dimension d'une vigne, vinea pédala, aussi on donnait le nom de pedamina ou pedamenla aux tuteurs des vignes ^ La mesure de cinq perches, ou dix pas, est si exiguë qu'elle ferait sourire à l'idée de lui attribuer une belle plaque de marbre, l'interprétation est tout bonnement : Si/.s/i. viri perfectissimi. On a d'autres exemples de la mention d'une pcdalitra avec le nom du propriétaire sans la mesure du terrain '. Le 1,\ pe du chrisme reporte cette inscription au i\' ou au début du v^ siècle '. On mentionne aussi l'emploi de Deo aiunicnlc dans un sermon attribué à saint AngusUn '.
Dans une galerie (D) du cimetière de Priscillc, cette cpitaphe ' :
DEO BOLENTE FELIX
AMPLIATVS
Les païens avaient fréquemment sur les lèvres la locution : Diis voknlibus, et cette épitaphc du cimetière de Priscillc est le plus ancien texte chrétien, du iii'^ siècle au plus tard, qui atteste l'adoption et la transformation de l'adage antique ». Ici, le rapprochement de /élit et Amplialus ortie une notable différence avec toutes les autres formules de la même famille épigraphique '; felix est une épithète, non pas un nom propre; il est probable que le sens est celui-ci : Qaamdiu Deus voici, saiius salviis Amplialus {sibi posait); de même qu'on lit fréquemment à Ostie : Quando ou qaamdiu Dcas volet, pcrmiseril.
En .\frique, nous trouvons la formule : lavcntc Deo, à Henchir-Guesseria, en N'umidie, sur la dédicace d'une inscription en mosaïque dans l'abside d'une église 1° :
(cf. Tertullien, De tc.sUiiiouio iiiiim.r, c. ii; Minucius l'elix, Ochwiux,c. XVIII ; S. Cypricn, Oiiin' idula ilii non siiil. c. 9), il semble que l'examen des maniiscrils de Syininaipie autorise à croire que la correction orthodoxe de son texte est le fait d'un copiste. V.Seeck,()..4iir. SiimmaclUqmcsuper.tun!.'m-S''.Berolini, 1883, p. xxxi, 59, cpist. 1, 3. — • Dans l'épigraphie priscillienne la plus ancienne la nomenclature seule est composée du gentilice et du cngnomen, et non du double cognonmi. — "Vienot, dans Ttemieafricuine, 18G4, t. vin, p. 195: S. Gsell, dans Mélanges d'arcliiologie et d'histoire, 1893, t. xiii, p. 539; De Rossi, dans Corp. inscr. lai., 1. viii, p. 951, propose de compléter ainsi la lin : GurfiiiittiKc doiinis floreat.
DEO ANNOENTE