IV
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et même d'érudition qu'offre leur auteur. Dès lors, il n'y a pas lieu de suspecter ses dires au point de vue descriptif. Ses contemporains eussent eu vraiment trop beau jeu de lui demander où il avait vu les splendeurs qu'il énumérait. Quant à l'attribution qu'il en lait à Dagobert, il était d'abord, en sa qualité de moine de Saint-Denis, vivant au début du ix^ siècle, mieux en mesure que nous d'être renseigné, réduits que nous sommes à quelques phrases latines assez énigmatiques parce qu'elles font allusion à des faits sur lesquels elles n'ont aucune prétention de nous renseigner h fond. L'auteur des Gesta parle d'un tronc d'argent appelé gazophijUiciiim qui se voyait encore ante cornu allaris ejusdcm ecclesix et que Dagobert ex argcnlo ftcri jiissil K Ensuite c'est une grande croix d'or dressée derrière l'autel principal : Crucem ctiam magnam, qux rclro altare aiircum ponereliir, ex aura puro et prcliosissimis (jemmls insigni opère ac miniitissima artis sublililaie fabricari jussit, quam beatiis Eligius, co quod illo in lempore sunwnis aurifex ipsc in regno habcrctur, cum et alla, qux ad ipsius basilicee ornalum perlinebanl, slrenue prepararel, eleganti subtilitatis ingénia, sanciiiatc opilnlanle, mirifice exornanit ^ Puis des tentures tissées d'or et ornées d'une infinie variété de perles, dont on parait les murs de l'église, les colonnes et les arcs =>; enfin un placage d'argent pur placé sur l'abside ' et une couverture de plomb sur le reste de l'église ' : El quamvis ecclesiam quam ipse a fundaminc cnnslruxerat, intrinsecus miro décore fabricaverit, foris quoque desuper absidam illam, injra quam veneranda martyrum corpora tumukweral,... ex argenlo purissimo mirifice cooperuil. — Denique eodem lempore plumbum quod si ex melallo censitum in secundo semper anno solvebatur, libras octo millia ad cooperiendam eamdem supradicloram becdorum marlyrum ecclesiam... cuncessil.
Vif. La basilique de Pépin le Bbei'. — L'église mérovingienne fut détruite. Quand et comment, nous l'ignorons. Les Miracula sancti Dionijsii nous apprennent simplement ceci : ... dirula priurc '... Pépin le Bref, à l'instigation de l'abbé Fulrad, entreprit de la remplacer. La construction de la nouvelle basilique commença vers l'an 750'; l'événement est compris entre la date d'avènement de Fulrad à l'abbatiat (749) et le 28 juillet 754, jour où le pape Etienne II vint à Saint-Denis consacrer l'autel principal et donner solennellement l'onction royale au roi Pépin et à ses deux fils Charles et Carloman '. On avait donc commencé la reconstruction par le chevet; mais elle ne fut achevée que sous Charlemagne ». Le gros œuvre était cependant assez avancé quand Pépin mourut le 26 septembre 768, puisqu'il demandait à être enterré à l'entrée même de
' Cesta Dugobcrli, c. xix, édit. Krusch, p. 407 ; cf. deux (lii)lônies de Charles le Chauve, !<) sept. 862, Mabillou, IJe re diplomalica, 170'J, p. 538; TiU-dif, Monuments^ hislorique.i, n. 186, p. 118, col. 2; Suger, De consecmtiniie.'^c. iv, édit. Lecoy de la Marche, p. 226-227. — ' Ccsta Dagobrrli, c. XX, édit. Krusch, p. 407; SuRcr, De administralioiu: 0. xxxii, p. 203. — ' Gesta Dagoberti, c. xx, p. 407 : Niim et pcr tolam erviesiam aura lextos vestes, margariliiniiii iiiirielalibu.'i niiillipUciter exornatas, in partibiis et cnliinitus nique arcubus suspendi devotissime jttssit. — ' Gesta Diujiiberli, c. xvii, p. 400. — ' Gesta Dagoberti, c. XL, p. 419. — " Miracula sancti Dionysii, I, xiv, édit. Mabillon, p. 347. — ' L. Levillain, /-« basiUque cnriilingienne de Saint-Denis, diuis Bulletin monumental, 1907, t. LXXI, p. 211-262; l'auteur a repris et retouché ce travail (pii lormc un chapitre dans Les plus anciennes églises abbatiales de. Saint-Denis, clans A/cm. de la Soc. de Vbisl. de Paris, 1909, t. xxxvi, p. 159-176. C'est ce chapitre que je cite en très ftrandc partie. • — ' L. Dclisie, Mémoire sur d'anciens sarramentalres, dans Mém. del'Acnil. des Jnscripi., 1886, t. xxxii, p. 318. Les calendriers de Saint-Dcnls et de Scnlis donnent la date du jour, i.a date de l'année est domiéc par les .\nualcs regni h'runcnrum, édit. 7'r. Kurze, dons 5(Ti7)/orcs rrni;;i Gcrmonifonim
l'église (qui se trouvait au nord dans la basse nef) "et que, pour protéger le tombeau de son père, Charles dut accoler à l'édifice un porche ". La dédicace n'eut lieu que le 24 février 775, en présence du roi et de la cour >=, ce qui laisse croire que, si l'on mit près de vingt ans à édifier les murs, il fallut près de six ans pour achever d'aménager la basilique.
Un demi-siècle plus tard, de nouveaux travaux modifièrent le chevet primitif dont Viollet-le-Duc a relevé le plan par terre. Le 1 " novembre 832, on dédiait àla"Vierge la chapelle souterraine que l'abbé Hilduin avait fait construire ante pcdes sanclissimorum martyrum ; la construction de cette chapelle avait entraîné l'abbé à remanier le chevet " ; dans le chœur prolongé vers l'est, Hilduin éleva un second autel dédié à la Sainte-Trinité ".
L'église traversa la période des invasions normandes sans avoir trop à souffrir de l'iiumeur dévastatrice des pirates. En 856 et 858, le monastère est contraint de verser de grosses sommes d'argent aux envahisseurs, en 865 "il est mis au pillage. Pendant le siège de Paris, en 886, les moines, déjà plusieurs fois obligés d'abandonner leur monastère, se réfugient à Reims, auprès de l'archevêque Foulques, emportant avec eux le corps du martyr ". Après ces désastres, l'abbaye fut restaurée, mais nous ne pouvons savoir quels furent les travaux accomplis. Il est assez dilTicilc d'admettre que l'édifice carolingien ait subsisté sans altérations du ix= au XII' siècle. C'est pourquoi des archéologues ont supposé qu'une nouvelle égUsc fut élevée au cours du xi'' siècle. « Les restes, écrivait 'Viollet-le-Duc, en sont parfaitement visibles dans la crypte disposée sous le sanctuaire actuel : ils consistent en une ordonnance de colonnettes avec chapiteaux grossièrement sculptés portant une arcature qui décore les parois intérieures et extérieures de cette crypte centrale, dans laquelle sont disposées aujourd'hui les dépouilles des derniers Bourbons '». » Cette basilique du xi" siècle semble quelque peu compromise ", aucun document ne l'appuie et si, comme on peut le croire, on se borna alors à remanier et orner la crypte ", il reste établi que la basilique de Pépin le Bref et de Charlemagne ne fut pas reconstruite de fond en comble au xi» siècle : à celte dernière cpoque, la seule mention de travaux opérés à Saint-Denis concerne la construction, entre 1075 et 1087, au.\ frais de Guillaume le Conquérant d'une tour qui s'efTondra avant son complet achèvement et qui, dans sa chute, n'atteignit aucune partie de la vieille basilique.
« L'abbatiale carolingienne était sur plan basilical latin : une nef et ses deux bas côtés, un transeptet une abside en demi-cercle au chevet. Après les travaux du ix" siècle, elle eut la forme de croix latine ».
i;i u.suni scholarum, p. 12. — • Miracula sancti Dionysii, I, XIV, p. 347 : cœpia a Pipino rege, augustius a Karolo regni succesiorc consummala est. ■ — '" Louis le Pieux, Epistola ad mtduinum, 835, édit. DUnimlcr, dans Monum. Germ. hist., Epist., t. V, p. 320. Avant de mourir. Pépin donnait i\ l'abbaye de Saint-Denis la forft Iveline /;ro anima- noslnv renicilium seu et propice locum sepuHunc corporis mei. Diplôme de 708, édit. Tangl, Diplomata KaroUna, dans Monum. Germ. hist., t. i, p. 38, n. 28. — " Su;jer, De administralinne, c. xxv. — '= Diplôme de ChnrUmagne, 24 février 775, édit. Tangl, Diplom. Karolina, t. i, p. 132, n. 92. — " Hilduin, charte sans date, dans l'élibicn. Histoire île l'abbaye royale de Saint-Denis, pièces, n. 75, 76, p. i.vi, i.vii ; cf. n. 72, 73, p. XLix, Ll. — " L. Maître, I.a crypte de Sainl- Denis, dans Bulletin monumental, 1908, p. 139, 143 et L. Levillain, réponse, p. 146-149 et Les plus anciennes églises abbatiales de Saint-Denis, p. 102, note 1. — '^Miracula .sancti Dionysii, II, xxxii, p. 357. — " I.'églisc impériale de Saint-Denis, dans la lienue cwclicologiguc, 1801, p. 302. • — " L. I.evillain, dans liullctin monumental, 1907, p. 550-,553; 1908, p. 137-154. — " P. Vilry et G. Briére, E'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux, !\'otice historique et archéologique, 1908, p. 7.
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Nous ne pouvons pas dire comment était la façade occidentale. Mais nous savons que, dans la partie basse de la nef, l'entrée principale se trouvait non sur cette façade, mais sur le côté seplenLrional; resserrée entre deux tours liasses (qui, à l'époque de Suger, menaçaient ruine), cette baie était fermée par une porte en bronze ', à deux vantaux sculptés, qui avait été offerte à réglise par un certain Airard et qui fut remployée au xii= siècle. La façon dont s" exprime Suger : « A l'entrée principale, le portique des vantaux principaux, » laisse entendre qu'il y avait une ou plusieurs autres entrée, et des portes moins importantes; mais nous ignorons où elles étaient exactement.
« Ce portail septentrional était précédé d'une sorte de porche, Vmi'jmenlum dont parle Suger -, que j'identifie par conjecture avec le veslibulum dont il est question à plusieurs reprises dans Miracula satuli Dionijsii ' et qui abritait la sépulture de Pépin le Bref. Ce porche avait lui-même une porte que l'on fermait au moven d'une barre de fer '.
posent l'idée d'une double rangée de colonnes sipartnt la nef des bas[côtés.[^ Sur ces colonnes retombaient les urçs qui supportaient les murs supérieurs de la nef -.
« Les bas côtés avaient une largeur de cinq mètres environ, puisque cette largeur était égale à celle des bas côtés du chœur du xii"^ siècle, comme Suger rcus en prévient '. L'écarlement entre les colonnes du chaur de Suger et la colonnade du déambulatoire est le mime que celui qui existe entre les piles de la nef et les murs des bas côtés, piles et murs portés en fondation sur le plan des fouilles de 1859 (en 0-
' Le transept carolingien comprenait tout l'espace KKop du plan de Viollel-le-Duc : il avait quinze mètres de largeur sur trente-sept mètres cinquante centimètres de longueur. » Ces dimensions ne sont obtenues qu'à la condition d'attribuer à l'église carolingienne les murs mérovingiens reconnus par Yiollet-le-Duc. 11 est possible que l'assise mérovingienne du fond du transept ait été utilisée pour le mur carolingien élevé au même endroit.
36'J9. — Coupe des cryptes de la basilique de Saint-Denis. D'après Viollct-le-Duc, dans Mémoire de la Sociilé'de l'histoire de Paris, 1909, t. xxxvi, p. ll>8.
«^La^nef carolingienne avait 9 mètres environ de largeur; cela résulte du témoignage de Suger rapproché du plan des fouilles de 18.59, comme aussi de l'examen des Ueux'dans l'état actuel. L'abbé Suger nous dit, en efletj'qu'il donna la largeur qu'avait la partie centrale de l'ancienne nef à la partie centrale du chœur du xu" siècle '; or, il est facile de constater, sur le plan de \lollet-le-Duc (fig. .3698) que les colonnes de la partie droite du chœur, dans l'église de Suger, étaient sur l'alignement même des extrémités de l'abside carolingienne; en visitant la crypte actuelle, on remarque que les grosses colonnes qui supportent celles du chœur et qui enveloppent le caveau des Bourbons, prolongent vers l'est l'ahgnement des murs droits de l'ancienne confession des martyrs. D'où j'infère que les » colonnes de marbre > de la nef caroUngienne étaient probablement établies sur les piles de maçonnerie dont Viollet-le-Duc a retrouvé les substructions et qu'il a considérées comme la base des piliers de la basilique édifiée par Suger.
« Le plan basiBcal et le témoignage de Suger " iiu-
' Suger, De consecralione, c. ii, édit. Lecoy de la Manlie, p. 217.' — ' Suger, De administratione, c. xxv, p. 187. — ''.Miracula sancii Dionysii, I, iv, vii, xviii, xix, édit. Mabillon, p. 344-346, 349; cf. Analecta bollandiana, 1900, t. XIX, p. 236. — * Miracula sancii Dionysii, 1. I, c. xix, p. 3 19. — * Suger, De consecralione, c. iv, p. 225. — " Su-
« Sur les quatre pifiers du carré du transept, plus volumineux que les autres, retombaient sans doute les arcs qui supportaient la tour où pendaient les si^na, c'est-à-dire les cloches qui appelaient les moines aux ofTices ''. 1
Le jubé qui formait obstacle dans la nouvelle construction'de Suger fut enlevé et détruit, mais une partie de ses riches matériaux fut utilisée, notamment le pupitre à hre 1 évangile, les ivoires sculptés et peints et les animaux de cui\Te.^
« Le chœur recouvrait une crypte qui abritait les corps des martyrs; celte confession lut le théâtre d'un miracle sous l'abbatiat de Fulrad, et le récit mime de ce miracle montre qu'on y entrait quelquefois en assez grand nombre pour y prier les saints directement à leur tombeau.'».. L'accès de cette crypte est conjectural. « Les murs de la crypte étaient peints; on y avait représenté au trait, en gris sur fond blanc, une tenture ". s
A la crypte primitive, l'abbé Hilduin accola, nous l'avons vu, une église souterraine à l'est. Cette église
ncr, Dr consecralione, c. il, p. 218. — ' Suger, charte de 1140, édit. Lccoy de la Marche, p. 354; cf. De consecralione, c. IT, p. 218. ^ — » Suger, De consecralione, c. iv, p. 225. — • Miracula sancii Dionysii, I, XV, p. 348. — " Jbid., I, VI, p. 345. — " Viollet-lc-Duc, L'Église impériale de Sainl-Denls, p, 302.
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n'avait guère qu'une douzaine de mètres de longueur. La crypte de Hilduin portait sa voûte à une plus grande hauteur que celle du marlyrium; ici le témoignage de Sugcr est formel, puisque cet abbé décida de reporter « la voûte de l'abside qui contenait les corps des saints nos seigneurs au niveau de la partie supérieure à la crypte à laquelle elle adhérait, afin que la même crypte offrît son extrados en guise de pavé à ceux qui accéderaient au choeur par les deux escaliers '. » Et ce témoignage est heureusement illustré par la coupe longitudinale des cryptes de Saint-Denis faite par 'Viollet-le-Duc ^ Au xi= siècle, les fidèles et les pMerins n'avaient plus d'autre accès à la fencsteUa (le la confession que par la petite crypte de la Vierge qu'il leur fallait traverser et où l'on conservait,. sous Il protection de deux solides serrures, les reliques précieuses, entre autres celles de la Passion '. Par où entrait-on dans cette criiptula ? La question a fait l'objet d'une controverse * ; mais la controverse ne l'a point résolue de façon péremptoire. Voici ce qu'on peut dire sur ce sujet de l'entrée des cryptes. Lenoir a admis que l'on pénétrait dans la crt/ptula par le chevet ; son plan est malheureusement en grande partie conjectural et, comme le chevet de la chapelle souterraine de 83'2 a été coupé et remplacé par un mur droit au xii^ siècle, on ne peut pas être assuré que, sur ce point, Lenoir ne se soit inspiré que du résultat des premières fouilles entreprises dans la crypte. Étant donné le récit du moine san-dionysicn du xi'= siècle, Haimon. la conjecture de Lenoir est cependant assez vraisemblable, comme aussi celle d'une claire-voie pratiquée dans le chevet du martijriuni ^. Toutefois, on peut admettre aussi — et cette conjecture n'oblige pas à rejeter la précédente — que les descentes pratiquées dans les bas côtés du chœur permettaient de gagner, de l'intérieur de l'égUse, les collatéraux de l'égVise souterraine et, par là, l'étroite crypte de l'abbé Hilduin. Mais il est bien évident que cet unique accès par la chapelle de la Vierge, réservé aux fidèles et aux dévots de saint Denis, n'était pas celui par lequel les moines allèrent, aux jours de péril, enlever les précieuses reliques pour les soustraire aux atteintes et aux profanations des barbares. Il est probable que l'escalier de descente établi primitivement dans l'axe n'avait pas été remblayé au temps de Hilduin ou à l'époque des invasions normandes, mais qu'on dut en dissimuler l'entrée sous un dallage provisoire adroitement raccordé aux dalles anciennes; c'est là qu'il faut, peut-être, placer la porte d'ivoire dont Suger nous parle quelque part.
« L'abbé Hilduin incorpora sa chapelle souterraine de la Vierge dans la basilique en remaniant en partie le clievet; il substitua un nouveau chœur à l'abside primitive et il l'accota de deux bas côtés très étroits; les murs du chœur reposaient sur les murs extérieurs des collatéraux de la crypte et 'Viollet-le-Duc a retrouve les fondations des murs extrêmes des deux bas côtés; l'écarlement entre ces murs procurait un vide de quinze mètres environ, c'est-à-dire la largeur même du transept carolingien; le chœur avait en œuvre 9 mètres (le large; les bas côtés n'avaient guère que 1"80 de largeur; sorte de couloirs, ils devaient surtout permettre aux fidèles de gagner l'autel de la Sainte-
'SuRcr, De consecrutione, c. iv, p. 225. — ■ Publiée par !.. Maitre, dans Bulletin monumental, 1908, p. 110, et par L. Lcvillain, /,r5 plus anciennes égtisesde Saint-Denis, p. 169.
— "Haimon. Dcteclio corporum, 5' édil., Fèlibien, p. ci.xviii.
— 'Bulletin monumental. 1907, p. 243-244; 1908, p. 112 et 1.53. — ' C. Enlart, Manuel d'arcMnlngie, t. i. p. 139.
— ' -Siii^er, De consecrationr, c. il, p. 210.. — ^ Miracula saniii Uionysii, I, xix, p. 349. — • Louis le Pieux,' /vpf.sl. ad llilduiniim (835), p. :t2(). — • Le cèléliranl face nu peuple, le (Icviint de l'aulcl à rcst. — " Sii(<cr, De coiix-cra/ionc.
Trinité, sans traverser le chœur d'ouest en est. Mesure de précaution indispensable, étant donnée la richesse des ornements du chœur !
« La nécessité où l'on avait été de planter les nouveau.x édifices avant de détruire partiellement le chevet de Pépin le Bref explique la déviation considérable du chœur et de la crypte de Hilduin inclinés sur l'axe vers le nord de plus de 0"'70.
« Comment, maintenant, était disposé le chœur carolingien après les travaux du ix" siècle ? Le dallage du chœur, qui était de marbre, eut alors deux niveaux au-dessus de celui de la nef, à cause des différences de hauteur des voûtes des deux cryptes sous-jacentes. Les fenêtres de celte partie de l'église avaient leurs appuis presque au ras du sol intérieur, puisque les moines qui présentaient à la vénération et au baiser des fidèles les reliques de la Passion, succombant sous la poussée de la foule empressée, n'eurent souvent d'autre ressource que de sauter avec les reliques par les fenêtres *.
II Lors des réfections du ix= siècle, on n'avait pas eu à toucher à l'autel principal, l'altarc primiim « dédié en l'honneur de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus- Christ', » et consacré par le pape Etienne II le dimanche 28 juillet 754, le jour où, devant cet autel même, le souverain pontife avait oint les princes francs pendant la messe. C'est devant cet autel encore que, le 1" mars 834, Louis le Pieux, qui avait été déposé par ses fils, recouvra le pouvoir impérial '. L'autel principal se trouvait placé dans l'ancienne abside, sur la crypte qui s'étendait derrière lui, c'est-àdire vers l'ouest, étant donnée l'orientation liturgique des autels à cette époque '. Et c'est en cet endroit que se trouvait encore l'autel principal où l'évcque de Chartres, Geoffroi, célébrait une messe pour l'âme du roi Dagobert, au jour anniversaire de la mort de ce roi, le 19 janvier 1143'°. Le principale beati Dionysii allare était orné du fameux écrin de Charlemagne (fig. 2704) qu'un texte du x'' siècle nous décrit encore en place. Il était surmonté d'un cihoriiim que l'abbé Fardulf avait fait dresser et qui portait sans doute l'épigraphe suivante :
Hoc opiis cgregium Fardul/us leccrat abbas. Du cui pcrpeluam mercedem, Christc, precamur. Jhvc est aima domus, veniœ locus, aula salutis. Hic licus inUabitat tribuens pia vota petenti .SVincloriim meritis, quorum hic sacra corpora puusanl Hoc quoque ciborium Fardul/us fecerat abbas ".
« Une lampe brûlait devant l'autel, anle sepulclinim '-, et Charles le Chauve en offrit une en 862, en même temps peut-être qu'il décorait la face antérieure de l'autel d'un parcmenl d'or ". Un coffre en argent, destiné à recevoir les offrandes des fidèles ", et placé à un bout de l'autel, était cause (|ue l'on donnait quelquefois à cet autel le nom de tronc : allure quod ga:ofilacium vocatur '•.
« Un second autel, celui de la Sainte-Trinité, fut édifié dans l'abside du nouveau chevet '", en Wi2. C'était sans doute un autel tabulaire formé d'une pierre de porphyre; le roi Charles le Chauve y fit déposer les reliques tirées de sa chapelle; dans une cavité taillée sur la face antérieure de celte iiierre, 011 mit une relique de l'apôtre saint ,Tac(iues: sur le
c. V, p. 230. — " Fardulf, Çarmina, dans Poetir latini ivvl Carolini, t. i, p. .354. — " Miracula sancli Hioiiysii, II, XXXII, p. 357. — " SuRer, De administratione, c. xx\m, p. 19(>. — " Ibid., c. IV, p. 226-227; Gesta nagoberti. 19, édit. Kriiscli, p. 407. — " niplflmes de Cliurlcs le Cliniive, du 19 septembre 802, lu donation de Senlissc en Pnrisis, dans'^Mabillon, De re diidomatica. 1709, p. 538: la condrinnti(în de la partilio bonoruin, (liiii'i ,1. Tardif, Monuments historiques, p. 118, n. 186. — '• Aliniciild samti Dionijsii, II, xxxii, p. 357.
DENIS (ABBAYE DE SAINT
cùté droit, une autre cavité enferma la rclitiuc du proto-martyr l~.tienne; à gauclie on plaça une relique du lévite et martyr Vincent '. Le même prince, le 27 mars 875, tondait sept lampes, ou peut-être sept chandeliers dorés et émaillés, qui devaient l)rùler perpétuellement devant cet autel ".
« Entre les deux autels se trouvait le tombeau de Charles le Chauve ^ Peut-être y avait-il déjà, entre ce tombeau et l'autel de la Trinité, une croix de grande dimension '. Au milieu du chœur, un beau lutrin doré en forme d'aigle avait eu à souffrir, nous dit Suger, de ses admirateurs qui l'avaient trop souvent touché '.
« Enfm, les stalles des frères étaient de marbre et de cuivre, ce qui n'était pas sans inconvénients graves pour ceux qui assistaient assidûment aux ofTices '; quant au fameux fauteuil de Dagobert, il était également placé dans le chœur et servait peut-être au célébrant ou à l'abbé, en attendant qu'il servît aux rois ' (voir Dictionn., t. iv, col. 13).
« Tout ce luxe, un peu lourd, était rehaussé encore aux jours de cérémonies par l'emploi de livres liturgiques luxueusement écrits et habillés de riches reliures en orfèvrerie », de vases d'or garnis de pierres précieuses ', par l'exhibition des châsses décorées d'or et de gemmes '".
« L'église carolingienne n'était pas voûtée; une charpente apparente la couvrait; l'auteur des Miracles de saint Denis nous raconte un accident qui se produisit, lors de la construction, pendant que les ouvriers clouaient les planchers au toit '' ; le genre de couverture ne fut pas changé jusqu'au xii" siècle, car Suger nous dit que « quand il eut assemblé les plafonds de bois de l'ancien et du nouvel édifice, » il fut soulagé de la crainte que lui donnaient les vieux murs fissurés et les colonnes antiques aux bases et aux chapiteaux désarticulés, qui eussent été bien incapables de supporter le poids d'une voûte ^'.
« Ainsi, dans toutes ses parties, labasilique carolingienne nous est sufhsamment connuepour que chacun de nous puisse, avec le souvenir qu'il a gardé des vieilles basiliques romanes, reconstruire en imagination l'œuvre que Pépin le Bref avait commencée et que son fils Charles le Grand avait terminée, augustius, et on éprouve quelque plaisir à pouvoir replacer dans leur cadre, assez exactement restitué, les grands événements historiques qui se déroulèrent entre les murs de l'antique abbatiale dont rien d'autre ne subsiste aujourd'hui, en place, que les [vestiges du premier fondateur], les murs du martijrium de 750 et ceux de la chapelle souterraine de 832. »
* VIII. Le trésor. — Nous n'avons pas à étudier toutes les pièces du très riche trésor de Saint-Denis, mais seulement les monuments qui rentrent dans la limite chronologique de nos recherches.
a. Coupe de jade. — Voici la description qu'en donne Suger : Vas preciossimiim de lapide prasio ad formam
• Suger, De adminislralione, c. xxviii, p. 200-201. — ' Diplôme de'donation de Riteil à Vabbaye de .SainNDeni.s, 27 mars 875, 'édition Giry, dans Mélanges Julien Havel, p. 710; cf. Suger, De udministratione, c. xxxiv, p. 200. — 'A. Giry, Im donation de Rneil à l'abbaye de Saint-Denis, dans Mélanges Julien Ilavel, p. 688-690. — ' Suger, De adminislralione, c. xxxm, p. 203, parle d'une croix placée à cet endroit et que l'on croyait très ancienne. Cf. Gesta Dugoberti et la grande croix d'or placée derrière l'autel d'or. L'emplacement n'est pas le même, mais la croix a pu être changée de place en 8,Ti. — ' Suger, De adminislralione, c. XXXIV, p. 204 : Aquilam vern in medio cliori ammiranlium laclu frequenli dedcnnratam... — ' Suger, De adniinistralionc,^c. xxxiv, p. 20:i ; Cliorum eliam fratrum, quo i>alde granabanlnr qui assidue ecclesiœ insistebant scrvilio, friqidilalc mnrnwris et cupri aliquantis pcr inftrmum. — ' Suger» De adminislralione, c. xxxiv, p. 204 : nec minus nobilem gloriosi régis Dagoberli catliedram... antiqualam
luwis exsculptum... qaod vidrlirct vas iam pro preciosi lapidis qnalilate qaam intégra sui qaantitate mirificum inclusorio saneti Eliqii opère constat ornatum, quod omnium aurificam judieio pretiosissimum eestimatur ".
L'inventaire du trésor de l'abbaye par dom Jacques Doublet donne la description suivante ; « Autre très exquise gondole de couleur de verd de mer avec le pied de mesme estoffe, garny d'or et la bordeurc aussi d'or, le tout enrichy de beaux saphirs, grenats, presmes d'esmeraudes et de belles perles orientales au nombre de septante. Cette pièce autant rare et estimée qu'il est possible par les orfeuvres, fut autresfois engagée par le Roy Louys le Gros, et de son consentement dégagée par l'abbé Suggère (ainsi qu'il le tesmoigne) qu'il acheta soixante marcs d'argent qui estoit beaucoup alors, et a esté faite par la main du glorieux sainct Eloy ». »
L'"inventaire du trésor de l'abbaye, dressé en 16.34 et conservé dans le ms. franc. 4S11 de la Bibliothèque nationale, fol. 116 r", contient la description suivante : « Item une autre navette de pierre de porphirc semblant à jaspe, à un petit pied de mesme pierre garny d'or par le bord, a quatre demy compas, tenant par dedans à quatre feuilles d'argent doré dont deux perdues, garnies tout alentour par le dehors et par le bord de grenats, et sur le bas trois places vuides de grenats, et au-dessous de claire voyes une bordure derière bleu et en icelle vingt et une places vuides, et au fonds de deux demys compas des costez, prismes d'esmeraude en façon d'escaille et sur l'un d'iccux compas quatre places vuides; le dehors de ladite bordure garny de grenats entremeslez de verres bleus et trente-trois places vuides, et au-dessous desdits grenats et verres un filet de verre bleu et en icelui quinze places vuides et sous le fonds de deux dcmy compas des costés, verres semés en façon d'eseailles et dix-huit places vuides de pierres; au dessous des deux demy compas, par dehors, au bord d'en bas des deux bouts de la dite navette une rangée de perles de soixante-sept perles de compte et trois places vuides de perles. Prisée 400 liv. »
En 1706, dom Félibien mentionne « une espèce de gondole faite d'une pierre précieuse nommée jade, dont il [Suger] paya soixante marcs d'argent, pour la retirer des mains de ceux à qui le roy Louis VI l'avoit engagée dix ans auparavant ";,)etdans la description de la planche iv : « Gondole faite d'une pierre de jade dont la garniture est d'or émaillé '". » A la description est jointe une figure, de dimensions minuscules offrant le vase couché sur le flanc et posé en face du spectateur, de telle sorte que l'intérieur seul est visible (fig. 37C0). « Malgré ses néghgences de détail, elle permet de reconnaître que l'orifice avait la forme d'une ellipse quadrilobée; que la surface des deux grands lobes était couverte d'imbrications; que le plat des lèvres comportait une série de petits rhombes ou parallélo-
el di^ruplam. — " Tel est cet euangelium auro et gemmis optime paratuni cl inlus auro scriptum signalé au x*" siècle dans l'inventaire des objets du trésor de Saint-Denis remis au rot Eudes (Bibl. nat., ms. lat. 7230) et l'évangéliaire du ix" siècle écrit en lettres d'argent sur parchemin pourpré (Bibl. nat., ms. lat. 03S?) et qui est exposé dans la galerie Mazarine, vitrine xxxi, n. 260. — • .Suger, De adminislralione, c. xxxiv, j). 200 : Vasa eliam Iam de auro, quam preciosis lapidibus ad Dominiciv mensa- servicium, pnrier illa quiV reges Francorum et devoti ccclesia' ejusdcm officio depulaverunl, healo Dinnqsio, débita dcuolione adquisitùmus. — " Suger, De consccralione, e. iv, p. 225. — " Miraculasancii Dionysii, T. xiv, p. ;il7. — " Sugir, De consecratlone, m, p. 221. — " Suger, Dr consecralionr, m, p. 207. — "D..I. Doublet, Histoire de l'abbatie de Saint-Denis, 1625, p. 344. — 15 p(;.lii>ien, Histoire de rabbaije roiialc de Saint-Denis en France, in-fol., Paris, 1706, p. 175. — "Ibid., p. 543, pi. IV, lig. C C.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
grammes, semblables à ceux qui contournent le de;3Ui cle3 raonturej de l'épée Je Childéric; enfin que la bordure oftrait une sorte d'échiqueté, dont l'analogie avec la décoration externe du calice de Chelles frappe de prime abord. (Voir Diclionn. au mot Calice, t. n, col. ir>23, fig. 1902 et pi. en regard). Soupçonnant l'emploi de verroteries incrustées à froid, là où Doublet ne vit que des pierreries et Félibien de l'émail, Cli. de
Coupe lia Uésor de .Saint-Dcms.
D'après de Linas. Orfèurerie mérovingienne. Œuvre de saint Éloi, pi. en regard de la p. 60.
Linas recourut à V Inventaire de 1634 qui changea ses prévisions en certitude absolue. Cette description est, je l'avoue, écrivait-il, un peu diffuse et les termes en sont passablement embrouillés; néanmoins si on la place en regard du texte de Doublet, de la figure gravée dans Félibien et de la gondole conservée au Cabinet des antiques i, on parviendra à démêler les faits suivants. Saint Éloi ayant à sa disposition un vase précieux, vraisemblablement reste opime des dépouilles ronuines (?), s'ingénia à fabriquer une monture en or pour le pied et l'orifice. La face interne de la garniture de l'orifice était ea grenats cloisonnés (clairesvoies); la face externe comportait un mélange de grenats et de verroteries bleues pareillement agencés : l'uue et l'autre bordées par le bas d'un filet de verres bleus, saut à l'extérieur des lobes extrêmes où un cordon de perles fines se substituait au verre. A l'intérieur du vase (au fond), les parois des lobes majeurs étaient revêtues d'une doublure imbriquée en prasmes d'émeraudes -; une décoration identique, mais en verre (vert sans doute) recouvrait le bas de la paroi externe des mêmes lobes (sous le fond), ,1'admets volontiers que mon interprétation puisse être critiquée et qu'elle soit fautive sur divers points; néanmoins on aura beau tourner et retourner les expressions de l'Innnlaire, elles indiqueront toujours cette verroterie incrustée à froid que Félibien transforme obstinément en émail '. » Rm. Molinier lui-même admettait l'identification : 1 Verres rouges ou grenats, verres bleus et verts en table en décoraient les lèvres, l'intérieur ou le pied et s'y mariaient ù des perles. Les descriptions
• Félibien, //i.s(oire de l'abbaye royale de Sainl-Denis en France, in-fol., Paris, 1706, p. 543, pi. iv, fis. B H. — ' Plasme ou prasnie d'émcraude. La pierre vcrie appelée prose a souvent été prise pour l'émeraude, et i)our cette raison on l'appelle fausse émeraude. Le mot prose vient de la ressemblance de sa couleur avec celle du poireau, en grec prason: de là on a fait en latin l'adjectil priLsinm, un a dit gemma prasina, et en négligeant le point sur l'i on a fuit par corruption prnsma puis plasma pour adoucir le son. De là les joailliers ont dit prasme, ptasme, presme, prisme d'émcraude; et Ils regardaient cette pierre comme la matrcc de» émeraudcs. — • Ch. de Linas, Orfèvrerie mérooirgtenne.
sont assez claires, jointes au dessin, si imparfait soit-il, pour'affirmer ce fait. Mais de là à admettre pour absolument établie une attribution à saint Éloi, il y a nn aliime. La coupe de jade avait été montée à l'époque mérovingienne, c'est tout ce qu'on peut alTinner *. » cr. b. Le trône de Dagoberl. — Encore une pièce du trésor attribuée à saint Éloi et qu'il faut lui retirer, celle-ci sans hésitation possible (voir Dictionn., t. iv, coL LS) =.
c. La croix d'or. — On la trouve mentionnée dans les Gesta Dagoberti: Crucem etiam magnam quse rétro iiHare aureum ponereliir, ex aura puro et prcciosissimis gcnimis insigni opère ac munitissima artis subtilitate fdbricari jussit, quam beatiis Eligius, eo qiiod illo in tcmpore summus auri/ex in régna haberetiir. cum et alia qase ad ipsius basilicœ ornalum pertinebant, strenue prœpararct, eteganti sublilitatis ingénia, sanctitale opitulante, mirifice exarnavit. Nempe modeiniores artifices asseverare salent, quod ad prœsens vix aliquis sil relictus. qui quamvis in aliis exstet operibus, hujusccmodi tamen gemmarii et inclusoris subtililale valeat per multa annonim curricala, ea quod de u.-;u recesserit ad liquidum experientiam canseqiii '. Suger parle aussi d'une croix que déjà, en son temps, on croyait très ancienne '; et au xvii= siècle, dom J. Doublet, s'exprime ainsi : ' Au bout du chœur, tirant vers ledit maistre autel, sur une pièce de bois eslevée au-dessus des chaires (stalles), ornée"îde fleurs de lys d'or sur un champ d'azur, est posée une très grande croix de la hauteur d'un liomme]appelée la croix de saint Eloy, d'autantque ce saint personnage l'a faite et fabriquée. Laquelle est très exquise tant^par la rareté de l'ouvrage que par sa richesse, y ayant une grande quantité de saphirs cabochons, d'esmeraudes en grand nombre, aussi des nacles (nacres), iacinthes,''grenats, avec un très excellent camahieu au milieu en façon d'homme, et au bas d'iceUe une petite croix d'or à un crucifiement d'csm-.-.il, et chatons d'or garnis de grenats, d'esmeraudes et de'perles : et au-dedans du fust de la vraye croix, avec un escriteau portant ccst escrit: De crace Domini. Cette croix a esté donnée par le Roy Dagobert '. »
Au commencement du xvm= siècle, la croix de saint Éloi avait été dépossédée de son ancienne place au fond du chœur et l'on s'apprêtait à lui en donner une autre. Dom Félibien, avec sa concision habituelle à l'endroit des merveilles de]l'orfè\Terie du moyen âge, enregistre ce changement ' : « Les grilles de fer qui ferment les costez du chœur méritent aussi d'estre remarciuées pour la beauté du travail. Elles forment une espèce d'ordre ionique dont les pilastres sont en forme de gaines. On travaille sur le même dessein à faire une grille au devant du chœur, dont la ])orte aura pour amortissement une ancienne croix d'or que l'on estime avoir esté faite par saint Eloi; elle est enrichie d'émaux et d'une très belle améthyste. » A la suite de ces témoignages, voici le texte de VJnvcntaire de 1034: « Au-dessus du contre-aulol, une grande croix nommée la grande croix saint Eloy. faite par Monsieur saint Eloy comme dysoient les religieux, attachée au derrière dudit autel et fermant à clef.... Et au bas d'iccUc, sous un grand verre en façon de tableau rond, dessus
Les Œuvres de saint ïiloi, in-S», Paris, 1864. p. 60-64. — ' E. Molinier, Histoire générale des arts appliqués d l'industrie, in-fol., Paris s. d., t. iv.<p. 20-2L — '.Cahier ot Martin, Mélanges d'archéologie, t. I, Cli. Lenormnnd, J.e laideuil de Dagobert, p. 157-190; E. Molinier, op. cil., t. ii, p. 4 ; t. IV, p. 19. — • Oesla Uagoberti, c. xx, édit. Kruscli, p. 407. — ' Suger, De administralione, c. xxx, p. 203. — ' J. Doublet, //i.s/oi're de l'abbaye royale de Saint-Denis, 1625, p. 333. Dom (icrmaln Millet, le trésor sacré... de Sainl-Denys, p. 41, dit que celte croix faite par saint Éloi et donnée par Dagoberl était tl'or semé de pierreries. — •Félibien, op. cit., p. 533.
DENIS (ABBAYE DE SAIXT-
une petite croix d'argent dorJ cl un crucifiement d' esmail dessus et liuit chatons d'or.... et un escripteau portant escrit : De cruce Di...; au-dessus dudit tableau, sur le long de ladite grande croix, entre icelui tableau et le roiul du milieu de la croisse, en trois rangées, vingt-neuf saphirs tant gros que petits, etc., etc.... I.e derrière de ladite croix. .\u bas de la longueur d'icellc, une pièce de cuivTe doré : l'image de saint Denis et deux angels de demy enlevure dessus icelle pièce; et entre ladite pièce de cuivre et le milieu d'entre les croisons, aussi en trois rangées, c'est à savoir trois saphirs loupeux, etc., etc.... Et parmi les pierres, dix-huit nacles (nacres), vingt-trois verres et deux cassidoines.... Le champ de ladite croix tant devant que derrière, de verres ressamblans à jacinthes, grenats, csmeraudes et saphirs.... Ledit champ de la croix tant devant que derrière, d'or à feuilles d'argent blanc dessous.... Ladite croix bordée d'argent doré, à trois couronnements de feuilles de persil aux trois bouts d'icelle aussi d'argent doré. • De cette citation de V Inventaire et du texte de dom Doublet, il ressort clairement : que la petite croix avec un » crucifiement d'esmail « n'était nullement partie intégrante du travail primitif de saint Éloi; qu'elle formait au contraire une addition postérieure, une sorte de tableau sous verre, attaché comme un ex-voto au pied de la grande croix. U Inventaire seul prouve que la croix comportait des pâtes vitreuses blanc opaque (naeles, nacres), mélangées avec d'autres pierres vraies ou fausses, et que ses deux faces étaient entièrement couvertes de verres translucides rouge orangé, pourpre clair, vert et bleu, incrustés à froid dans des cloisons d'or, genre de décoration employé sur le calice de Chelles et tant d'autres œuvres mérovingiennes '.
d. Écrin de Charlemaqne. — Sur le principale beati Dionysi allare se voyait le fameux « escrain de Charlemaigne » qu'un texte du x« siècle nous décrit encore en place : In gipsa super allare sunt arcus XII, ubi habcntur bandelli rotundi XII. Arcus majores IIII"', hubi habentur coronulie IIIIo'. Item arcus VII, ubi habcntur bandelli Cornuti YI et unu^ jacinctus cum tobatio superius posi7[us] in medio. Item arcus III. cum handellis cornulis majoribus II, et in medio anuliim cum jacincto. et desuper bandellum dependcnlem cum berillo. Arcus minores II, hubi habentur anulus in medio cum smaragdo, et desuper bandellus cum berillo, cl ex utraque parte duee cruciculœ. El in superiorem arcum habetur anulus cum smaragdo, céleris nobilior, etde{'!) superiorem arcum dépendent ex utraque parte duœ cruciculœ minores let be] rilus cum lapidibus auro optime insertis '. Dans les Grandes chroniques nous lisons : « Avec ce donna ung merveilleusement riche joïel, si riche et si précieux qu'à peine le pourroit-on aprisier, tout fait de saphirs et de rubis et d'émeraudes, et d'autres manières de pierres enchâssées en or. Si est joint par trois ordres l'une sur l'autre et est mis sur le maistre autel aux grans festes et est ainsi en un siège précieux '. »
Nous avons déjà figuré et décrit ce monument (voir Dictionn., t. m, col. 1141, fig. 2704). L' « escrain » de Charlemagne fut porté à la Monnaie en 1793, démonté et le métal fut fondu *; mais avant que la pièce ne fût livrée aux dissertisseurs, la Commission des monuments en fit exécuter un dessin en couleur qui est acluelle-
'Ch.de I.lnas.'op. ci(., p. 57-59; Molinier, op. cit., t. iv, p. 20. — ' L. ÎDelisle, /ns(riic(i"ons adressées par le Comité des travaux tiistoriques et scientifiques aux correspondants; Littérature latine et histoire dit moijen âge, in-S^, Paris, 1890, p. 8. — ' Grandes chroniques, édit. Paulin, Paris, t. III, p. 65. — ' Vidier, dans Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 20 juillet 1909, signale un état des pierres démontées du trésor de Saint-Denis. — ° Giiibert, Les dessins du Cabinet de Peiresc, au Cabinet des estampes de la Bibliotliéque nationale, in-l". Pâ-
ment conservé au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale '.
e. Vase de Cana. — Ce fragment n'est pas compris dans les anciennes reliques de l'abbaye puisque la iJescriplio n'en parle pas •, non plus que les inventaires de 1505 ' et de 1599 '. En lO.'îl, il est mentionné dans V Inventaire dressé par l'ordre de la Chambre des Comptes : Un morceau d'une couche (= cruche) d'un espèce de marbre ou d'albastrc ayant servi aux nopces de Cana, où Nostre-Seigneur changea l'eau en vin. Tristan de Saint-.\mand en parle également en 1644 et Félibicn en donne l'image dans son Histoire de Saint- Denis '. C'est par elle qu'il est possible d'identifier le fragment qui était conservé à Saint-Denis et celui qui se trouve actuellement à la Bibliothèque nationale, au Cabinet des médailles. Il mesure 0'"21 dans sa plus grande hauteur actuelle et O^IS" de diamètre, dans la partie la plus large de la panse, près des oreilles; le diamètre intérieur du col est de 0"'10 '°.
/. Coupe de Chosroés. — Voir Dictionn., t. m, au mot Chosroés, col. 1459, fig. 2819.
g. Coupe dite des Ptoléméis. — On montrait au Trésor une magnifique coupe antique, en sardonyx, montée sur un pied d'or. Ce monument avait été incontestablement destiné au culte de Bacchus, mais le christianisme en avait fait un calice et lui avait imposé le nom'de « Coupe des Ptolémées >. Voici la description qu'en donne l'inventaire de 1(-.31 (ms. français -IfilJ. fol. 169) : « Item un calice d'agathe à deux ances et un petitjpied de la pièce mesme feslé par un bout, taillé allentour de plusieurs arbres, testes d'hommes, de bestes et oyseaux et plusieurs austres estranges, assis sur un pied d'or attaché à vis, à un cercle d'or à quatre bandes d'or tenant au pied, et sa plattine d'une pierre de porphyre semée de sept poissons d'or entaillez dedans la pierre et une place Miide d'un poisson, ladicte plattine garnie d'or tout autour à fueillages et sur les sept saphirs fins deux presmes fines de petite valeur, quinze perles à demy pourries et plusieurs verres et sur le bord de l'or de la dicte plattine trente sept places \-uides, au fueillage du champ plat un grand chatton vuidc et quatre autres chattons garnis de pierres et perles qui n'estoyent celles qui premièrement furent mises. Le pied d'or du dict calice garny de seize saphirs de plusieurs sortes, de trente une presmes d'esmerauldes, quarante-trois perles et vingt-deux troches, de quatorze perles sans troches, dix grenats sur les quatre bandes d'or du pied. Le champ entre les quatre bandes dudit pied d'or semé de grenats au-dessus de la lectre et sur deux bandes sept places vuides de pierre, deux autres places vuides au bout dudict pied et deu.x troches chacune de deux perles et deux places vuides de perles et un chatton vuide de sa pierre et feu] l'une des bandes du pied de terre pareillement une place vuide de sa pierre, en l'une des vis et sur le pied d'or dudict calice escript : Hoc vas Chrisle tibi mente dicavit, Tcrtius in Francos regmine Carlus. .
.\ la Révolution la coupe fut envoyée au Cabinet des médailles, la patène en serpentine prit le chemin du Muséum des arts. Lors du vol fait au Cabinet des médailles la coupe disparut et, quand on la retrouva, le pied d'or avait été réduit en Ungot: heureusemoni il restait une gravure de Félibien qui pouvait amoindrir
ris, 1910, p. 47-51. pi. ix. — • Ms. de la Bibl. nat., fonds latin iPrjO, édité par Rauschcn, dans Hist. .tahrbiich der Corresgeseltschalt, 1894, t xv, p. 257. — ' H. Omont, Inventaires dn trésor de l'abbaiie de Saint-Denis en ISn.i et 17.19, dans Bulletin delà .S'iir. de VHisl.de Paris et de r Ile-de-France, 1901, t. xxviii, p. 163. — • L Sieber, dans niêi-.ie rexTie, 1896, t. xxiii, p. 218. ■ — • Félibien, op. cit., pi. I, fig. !î, p. 538. — " T. de îlély. Vases de Cana, dans Mon. Pio(, 1903, t. X, p 167-lG8,rig 18;M.Dillard, Tes (onibeaux des mis sous la Terreur, in-8°, Paris, 1907, p. 12S.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
les regrets de cotte perte. L'inscription peut être diversement interprétée et permet de reconnaître dans le Carhis dont elle parle : Cliarles III le Simple (S98-929), ou Charles II le Gros (f 88S) ou Cliarles le Chauve (f 877). L'écart chronologique est, somme toute, peu considérable et toutes les vraisemblances favorisent l'attribution à Charles le Chauve (voir Diclionn., t. ii, col. 1638-1642. fig. 1914, 1915) K
IX. Le ch.\rtrier. — Non content de construire et d'orner la basilique, Dagobert comblait le monastère de biens temporels, privilèges, immunités, revenus. Passionné pour la célébrité de sa fondation, il voulait lui assurer un prestige sans pareil, et au vu' siècle la gloire dune église ou d'un monastère consistait en grande partie dans le nombre et l'illustration des reliques de corps saints conservées dans le trésor, aussi Dagobert ne négligeait rien pour en découvrir et en acquérir, parfois même en « véritable larron ». suivant l'expression pittoresque qu'emploie Guillaume de Xangis. Une maison si glorieuse, si ricliement dotée devait posséder des titres originaux en grand nombre qui justifiaient des libéralités et des propriétés; en effet, si nous ne possédions pas les diplômes de l'abbaye de Saint-Denis, la science historique souffrirait quelques lacune^, mais la science diplomatique serait décapitée.
Ce fut la publication qu'en fit dom Doublet, en 1625, qui révéla cette richesse et aussi donna 1 éveil -. Publication assez négligente faite par un religieux hors d'état délire les originaux et réduit .a la copie des cartulaires. Trente ans plus tard, John Marsham rendait ce verdict à propos des diplômes : Tanto minus eis esl adhibcndam fidci quanlo plus prœ se fcrunl aniiquilalis '. Puis ce fut le tour de l'impétueux Papenbroeck qui, au nom de règles fausses de son invention, discréditait tous les documents contenus dans les chartriers ecclésiastiques, mettait en garde particulièrement contre les moines faussaires du xi" siècle et leurs produits qui s'étalaient en belle place — tous apocryphes — dans l'Histoire de dom Doublet '. En 1681, dom Mabillon réhabilitait le chartrier de Saint-Denis et l'honneur de ses gardiens; ce qui importait plus encore, il fondait sur l'étude de ces pièces attaquées un srand débat scientifique et une doctrine critique'. Maljillon avait eu trop raison, sa réponse avait été un coup d'éclat; quand le bruit parut calmé, un esprit mal fait et venimeux revint à la charge '. Mabillon, sans daigner le nommer, le réfuta par un Supplément à sa Diplomatique ', dans lequel il complétait sa doctrine par de nouvelles observations, justifiait les chartes de Saint- Denis principalement visées par son contradicteur. Celui-ci insinuait l'existence d'un atelier de faussaires i\ Saint-Denis, atelier où s'approvisionnait Mabillon. En effet, celui-ci ayant publié ou signalé seize diplômes mérovingiens dont il n'y a pas trace dans la pubRcation faite par Doublet, en 1625, ni mention dans les auteurs antérieurs, d'où provenait ce lot sinon d'une officine en pleine activité depuis moins d'un demi-siècle?
Il y avait des chartes sujettes à caution et presque aucun monastère n'aurait pu se disculper d'avoir cédé jadis à la tentation de refaire un titre, notamment son
' Outre les références données au mot Calicf, cf. E. Babclon. Catalogue des camées antiques et modernes de la Bibliothèque nationale, p. 201-208; Album, pi. XLiIi; Le Cabinet des antiques, pi. .xLiïi. L. I.evillain, Les plus anciennes églises abbatiales de Saint-Denis, p. 175, note 3, retarde la monture du calice jusqu'au xii' siècle, ninis c'est Inacceptable. Quant ù la patène.son attribution ù la coupe des Pto- Umècs ou au calice de .Sugcr est sujette A contestation. — ' Histoire' de l'abbaiie*de Saint-Denis en France, in-t", Paris, 1625. — ' Dusdale, Monasticon anglicanum, 1655, t. I, prvfatio. — * D. van Papenbroeck, Propyleum antiqi arium rirca veri ac /alsi discrimen in vetustis membranis, dîns Acta stmctorum, opril. t. ii (1075). — ^ De re diplnmatita libri V'/, In-H-, Torisiis, 1681. — 'Cf. Sommervoael,
titre de fondation. C'était le cas à Saint-Germain-des- Prés, et Saint-Denis qui devait tant à Dagobert, se sentait si fort en veine de reconnaissance envers lui qu'il souhaitait lui devoir plus encore, ce qui avait entraîné la fabrication de quelques diplômes de ce prince — une quinzaine — refaits pour la plupart sur la foi des Gesta Dugoberti.
» L'un d'eux, dont le prétendu original s'est conservé ', peut donner une idée de la manière dont on s'y prenait. La plus ancienne confirmation d'immunité que l'abbaye possédât encore au xi= siècle était un diplôme de Chilpéric II, de 716 ', qui mentionnait, il est vrai, des concessions antérieures, mais dont la plus ancienne ne remontait qu'à Thierry III. Cette antiquité ne sembla pas suffisante aux moines du x" siècle, qui jugèrent qu'un tel privilège devait remonter au fondateur de l'abbaye, et entreprirent de le fabriquer. Pour cela, comme leurs archives mêmes témoignaient que les anciens préceptes royaux étaient écrits sur papvTus. matière qui à cette époque ne devait point abonder sur les bords de la Seine, on sacrifia deux documents, jugés sans doute de peu de conséquence, un jugement de Clotaire III, de 658 ou environ, sur une affaire de succession '" et une donation de Clotaire II en 625"; on les cousit bout à bout et l'on transcrivit au verso, en une grosse et lourde écriture qui trahit le x' siècle, le diplôme d'immunité de Chilpéric IL On se contenta d'y changer le nom du roi, de substituer une formule de concession à la formule confirmative, d'en modifier la date, et d'y ajouter un grand nombre de souscriptions pour en faire un diplôme de Dagobert, du iv des calendes d'août de la X' année de son règne, soit du 29 juillet 632. L'n tel acte renferme bon nombre d'énonciations inexactes, et il est même improbable qu'il ait pu exister à cette époque, puisque ce fut seulement en 654 que, en vertu d'un pri\ilège de Clovis II, l'abbaye posséda des biens distincts de ceux de l'église de Paris et fut soustraite, c|uant à leur gestion, à l'administration épiscopale '-. Et cependant, le prétendu diplôme de 632 ne manque guère d'être couramment invoqué, même par des savants informés, comme type d'une immunité concédée par Dagobert I". Ajoutons que la même abbaye ne se contentait pas de forger ainsi des diplômes royaux: elle se constituait tout un chartrier composé des titres les plus variés ; c'est ainsi, par exemple, qu'elle refaisait vers le même temps et par le même procédé un privilège d'exemption perdu de l'évèque Landry ", attribué au 1"' juillet 652, et se hasardait^mème à fabriquer des documents anglo-saxons '*. i»N
Xous allons donner ici un Essai de classement de quelques-unes des chartes de Saint-Denis. Chartes originales, chartes récrites, etc., avec quelques indications bibliographiques.
1. — 625, 14 juin-15 juillet. Etrépagny (départ, de l'Eure, arrond. des .-\ndelys). Clotaire II confirme à l'abbaye de Saint-Denis la propriété d'un terrain sis à Paris. — Archives nationales. A' /, n. 7. Papyrus. Dimensions 0'"325 x 0"'49. Eormé de trois morceaux de papyrus, de O^IS environ chacun, collés
mbliotMque de la Compagnie de .Jésus, t. iir, col. 1.153-1356. — • ' Librorum de re diplomatica supplementum, in-fol., Pnrisiis, 1704. — 'Diplôme d'immunité de Dagobert I",.-lrc/i. nal.,K. 1, n. 7; cf. J. Tardif, Mon. Iiist., n. S. Nous avons donné dans le Diclionn., t. m, col. !)47, ce diplôme et les sept autres qui s'y rattachent. — ".I. Tardif, Monuments liistoriques, n. 46. — '• Ibid., n. 10. — " Ibid., n. 4. — '* .J. llnvet. Questions méroningiennes. Voir Origines de .Saint-Denis, nppcnd. il, n. 5. — " Uriginal Arcliives nationales, K. .3, n. 1 ; J. Tardif, Monuments historiques, n. 10. — " W. H. Stevenson, The old english Charters lo Saint- Denis, dans Fnglish historical Reuiew, 1891, t. vi, p. 730- 742; A. Ciiry, Manuel de diphimatique, ln-8°, Paris, 18!M, p. 874-875.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
bout à bout. Opisto;4raplic. L'acte u été coupé verticalement sur le côté gauche: il en résulte que toutes les lignes sont incomplètes du début. (Sickel, Diplomatum imperii lomus I besprochen, p. ,38-40 et .J. Havet, Oiuures, t. i, p. 227. n. (>, ont tenté un essai de restitution des lacunes à l'aide du formulaire.)
Fac-sim.: A. Tardif, Inrentaircs cl dommcnls. Facsimilés de Charles cl diplômes mérovingiens cl carolingiens, 186G, série II, pi. iv; P. Lauer et C. Samaran, Les diplômes nrir/inaiix des Mérovingiens, 1908, pi. i.
Publ. : H. L. Bordier, dans le Bullelin de la Société de VHisloire de France, 1855-18.^j(;, t. xii, p. 200; Tardif, Momim. hisloriques. Carions des rois, 186G, p. 4, n. 4; Pertz, Diplomala, t. i, p. 13, n. 10; R. de Lasteyrie, Cartnl. génér. de Paris ou Recueil de documents rclidijs à l'histoire et à la topographie de Paris, 1887, t. i, p. 9; J. Havet, dans Bibl. Êcol. d. chartes, 1890, p. 42: Œuvres, t. i, p. 22G; Lauer-Samaran, Diplômes, p. 4. n. 1 '.
Texte. [(^) C/i/o//ic/M]rius, r[ex] Francorum [viris inlustrebns... || (2) (Ad mercedem noslram ampOiatis ti[to]lis, Xp(ist)o auspece, cr[ed]emus pertene[re s]i e[a] que cognoveri[mus, p]artebus s(an)c(t)i domni Dioni[nsis p]eculiares p[atroni n]os[tri] [1 (,'H) (a Deum timentibus hominibas per donationis liluhim fuisse concessa 9)encraliter c[on]nrma[m]us, adque [s]tabcli dig[net]a[te] dura[r]e j[o]b[emus]. Jd[elo v[ir v]enerab[elis], pater nos[ter Do]do, abbn, epis/olam donaciones 11 (4) (ab inlustri viro Daobentho filio Baddonis roboratam nobis ostendit relegen)da[m. in q]ua tenctur insertum are[a, quod est infra m]u[r]us [P]a[risi]us civ[itatis, quem ex] sucessionfem gen]etore [suo] Baddone quondam ii (5) (ipse inlusler vir accepissc et per carlulam traditionis ad basilicam s(ofi))c[t]i dom[ni Dion[iusi]s martheris, ubi Dodo abba deservir[e] v[edetur, nus]cet[ur] contulissc. Qui vero pe[ti]it ut hoc in ipsa basileca il (6) (vel monachis ibidem deservienlibus per nostrœ aactoritatis prœceplum p/en()u[s confirmarje deberimus : cui nos h[unc] b[cnefi]cium, pr[odi]vino intuet[o] vel referencia ip[sius loci s(an)c- (t)i libenl[e animo praes] || (7) {litisse cl confirmasse cognoscite, pra'cipientes cnim ul sicut constat ab) ipso inl( ustri) v[ir]o Da[ob]er[ctlio] area [ipsa ad supradict]a bas[ileca], per i[nsp]ecta donatione, legaliler [fui]sse condonatum, hu[ju]s 11 (8) (auctoritalis nostrœ vigorc et gencrali bénéficia confirmato in omnib)[œ] c[um Dei et n[os]tra gr[ac]ia ad ipsa basileca, vel nionach]is [ibidem] deservientebus, proric[iat] in perpetuo. [F.t u]t [bec] auctoretas nostri[s et fu] Il (9) (luris temporibus inconcusso jure inviolabilem copiai firmitate)m, manus [nosjtre subs[cribcionebus subter eam decrcvimus robor]ari. (^) S[ygaole[n(u)s optol(it) {Signum recognitionis). Notse. Chlothacharus (monogramma) in Xp(ist)i monin[e, r]ex [banc pre]cepti]onem sub(scripsi] 1 (10) (Bene vcdete. — Datum sut die... kalendas? nonas? idus?) julias, — an(num)- XLi reg[ni] nostri Ster[piniaco] — fe\{iciter).
2. —S. d. (584, 5 novembre-62G, 22 avril) ". Élrépagny. Clotaire II confirme les dispositions testamentaires faites par feu Jean, marchand, en faveur de l'abbaye de Saint-Denis, de diverses églises du diocèse de Paris et de ses parents. — .\rchiv. nat., K. 1, n. 4.
' Parmi les pièces qui ont passé de l'abbaye de Saint-Denis aux Archives nationales, se trouve une fausse charte de Dagobert I"^', fabriquée au ix--' siècle et écrite sur papyrus, dont nous avons parlé il y a un instant. En 1845, on détacha du dos de cette pièce une feuille de parchemin sur laquelle elle était collée, et l'on s'aperçut qu'elle était écrite sur le verso de deux fragments plus anciens, assemblés bout à bout. La plus grande partie de ces fragments était et est encore parfaitement lisible. Quelques parties seulement de la surface du papyrus furent détruites dans l'opération du décollage, mais en 1851 MM. Bordier et Teu-
Papyrus mutilé. Dimensions : O^SS y. 0'".598. Formé de quatre morceaux de papyrus de O^OS à 0"'07 de large et du fragment d'un cinquième. J.'acte a été coupé verticalement sur le côté gauche, il en résulte que toutes les lignes sont incomplètes du début. Kn travers de ce diplôme on observe des traces d'écriture provenant d'un diplôme perdu qui a dû être, pendant longtemps, collé sur celui-ci, écriture contre écriture. Le calque de ces traces, exécuté en 18.51, par Bordier, est conservé sous la cote A' /, n. 4 bis. (SicUcl, DipUiniatum imperii lomus I besprochen, p. 40 et J. Havet, Œuvres, t. i, p. 220, note 12, ont fait un essai de restitution des lacunes de ce diplôme à l'aide du formulaire.)
Fac-sim. — Mabillon, De re diplom., Supplem., p. 69, pi. i; Nouveau traité de diplomatique, t. v, p. 6G8, pi. xc; trad. allem. : Xeues Lehrgebaude der Diplomatik, etc.. ans dem Franzosischen iiberselzl, t. viii, p. 324, pi. xc, Letronne, série 1. pi. ni; Lauer et Samaran, Diplômes, pi. 2.
Publ. — Ruinart, Sancti Georyii Florentii Gregorii episcopi Turonensis opéra omnia, 1G99, col. 1383 (P. L., t. Lxxi, col. 1197); Mabillon, Anncd. bened., t. i, append., p. 685, col. 1; De re diplom., Supplem., append., p. 92; Félibien, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denys, 1706, pièces just., p. 3, n. 1 (a. 620); Bouquet, Bec. des hist. de la France, t. iv, p. 627, n. 16; Nouveau traité de diplomatique, t. v, p. 668-669; Xews Lehrgebaude, t. vin, p. 324, note H. Bréquigny et La Porte du Theil, Diplomala, charité, 1791, t. i, p. 128, n. 66: Pardessus, Diplomala, 1843, p. 229, n. 243: [A. Teulet] Diplomala et chartse merovingicse œlatis. in archiva Franciie asservata, 1848, p. 6, n. 3; Tardif, p. 5, n. 5; Pertz, p. 13. n. 11 (v. 627); R. de Lasteyrie, Cartul. gén. de Paris, p. 9, n. 6; J. Havet, Fcol. des ch., 1890, p. 45, n. 2; Œuvres, t. T. p. 229; Lauer et Samaran, Diplômes, p. 4, pi. 2.
Catalogué. — • Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, Francfort, 1730, col. 8, à l'année 628 : De Foy, Notice des diplômes, des chartes et actes relcdi/s a l'histoire de France qui se trouvent imprimés dans les ouvrages de diplomatique, dans les historiens et dans les jurisconsultes, rangés dans l'ordre chronologique, in-fol., Paris, 1759, p. 55, à l'année 620; Bréquigny, Table chronologique des diplômes, chartes, titres et actes imprimés, concernant l'histoire de France, in-fol., Paris, 1769, t. I, p. 46, à l'année 620; Musée des Archives nationales, n. 2.
Texte. — [(;?:) Ch'i\[othacharius rex Francorum viris m]l(ii.s;r(')bus Ch[ro]deg[a]r[(zo... et... (1) (Si ea quœ fidelium quilibet Dec propitio nostrorum, de transitoriis cupiens œterna promere)Te sana[m]ente per basilecabus de suis propriis faculta[tebus, per] testainent[i pa]genam, voluerit Icgaliter delegari, per [nost]ris auctator[etat]ebus tcstamentum ;i (3) {confirmanus, nobis ad mercedem procul dubin credimus perlinere. Igitur vir venerabilis pater n)osiQT [Do]do, abba de basileca s(an)c(t)i domni Dioninsio in[a]rtheris, pe[cu]liares patro[n]i nostri, testamenti pagenam a Jobanne quondam, n[eg]uciante, [filiu]s [Hi]d...frc... H (4) (jactam nobis ostendit relcgendam, in qua continebatur qualiter ipse Johanncs quondam aliq)\\\d (dfe] suis facul-
let réussirent ù calquer l'ompreintc renversée qu'elles avaient laissée sur le parchemin, et, lorsqu'on exécuta, la même année, des fac-similés des deux fragments, on put les compléter au moyen de ces calques. Bordier, dans livU. de la Soc. de l'Ilist. de France, 1855, 1850, p. 259. L'un des fragments ainsi conservés est tout ce qui reste d'un plaid de Clotaire III; l'autre contient le texte du 14 juin-15 juillet 625. Niles ca!ql'.•.^ ni le parchemin n'ont pu être retrouvés aux .\rchi' f i ar MM. Lauer et Samaran. — ' C'est la date adoptée par Ilavct et justitiée par son étude sur les Origines de Sainl-Dcni'i.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
tateb(ui) ail basileca ipsius s(an)c(t)i Dioninsio, vel re[l]equa loca s(aii)o(t)a, iiifra oppe(l(u)m Parisi[o]r(u)m civetatiî, eciam et [a]d alecus de suis pro- [p]inq(u)is, pcr ipso 11 (5) {lestamento ddegassel: petiit ut hoc circa ip^,a loca sancia vel suis propinquis per nostnim prœ.rplam) [ge]ne[raU]ter conlirmari [de]berimus. Quod noi magnetudo vestra, [slicut unlcui[qu]e justa petente;. vel pro nostre mercidcs conpendium, h[u]nc benerici[um n]on negasse 11 (G) {sed gratanli animo prsestclissc et confirmasse coijnoscat: prxcipienlcs enim ut quicquUl s)epe di[ctlus Joliaunis ad antedicta basileca s(an)c(t)i domni Dioninsio, vel relequa s(an)c(t)a loca, aut suis propinuis, juste muscetur delegasse : hoc est, in terri[s, d]omebus, mancipi[is] Il (7) (villabus, «difîciis, accolabus, mobilibus et immobilibus, aura, argento specicbus, o,-nam)entis [v]el relequo beneficio, hujus auctoretat[i]s nostre vigore et générale beneficium confirmatum ad ipsas basilecas, vel suis propinquis, proficiat in perpetuo, Il (8) {et, sic.ut constat eis ipsas res a jam dicto Johanne juste delegatas fuisse, per inspcctum testa)mentum similiter per hanc preceptione firmati valeant perman[er]e securi. Et ut hec auctoretas, ampliatis titolis, nostris et futuris tcmpo[re]b[us] inconsusso jure 11 (9) {firmiorcm obtineat vigorem, manus nostrœ subscriptionibus subter eam dccrevimus roborare).
(*) Ur5in(u)s optul(it) (Signum recognitionis). Chlothacharius (monoi/ramma) in Xp(ist')l nomine rex.hanc precep[tio]nem sub(sfr;psi).
Il (10) {Locus siyilU) ^l^^j^
11 (11) [Datumsub die... anmun... re)g[ni] — nostri. — Stivpiniaco ie\{iciter) in Domino, ad vêtus pal(aciuni).
A la place de ces trois derniers mots, J. Havet, dont nous avons donné ci-dessus la restitution du texte, propose de lire : adstipulatore.
3. — Vendredi 20 juin 626. Jarjavaly '. Partage de terres en Limousin entre la dame Théodila, d'une part, et Maurin. Audégisèle et consorts de l'autre.
Publ.: Mabilloii, De re diplomatica, p. 464, d'après une copie de Vyon d'Hcrouval, faite d'après le cartulaire de la Chapelaude. aujourd'hui perdu =; Bréquigny, p. 136, n. 73; Pardessus, t. ii, p. 9, n. 253; Chazaud. Fragments du cnrtulaire de ta Cliapelle-Aude. publication de la Société d'émulation de l'Allier, in-S", Moulins, 1860, p. 3, n. 2; J. Havct, École des chartes, 1890, p. 47, n. 3.
Catal.: Georgisch, col. 9, ann. 632; De Foy, p. 60, ann. 632; Bréquigny, p. 49, ann. 632.
Incip. : Plaçait atque convenit inter vira illustri Landegisilo qui ad vicem illustrse matronœ Teudilanœ, Gabregabalio in Icrritorio Lemovicino situm...
k. — Lundi 20 avril 627. Saint-Denis. Théodétrudc ou Théodila ^ fille de Brodulfe, donne il l'abbaye de Saint-Denis des domaines situés dans le territoire de Chambly (Oise), le Limousin et le Beauvaisis.
Publ.: Doul)let, p. e>53, d'après le carlulaire de la Chapelaude; Félibien, pièces justif., p. iv, n. 2; Bréquigny, p. 126, n. 64; Pardessus, t. i, p. 227, n. 241; Chazaud, Fragments, p. 1, n. 1; J. Havet, École des cli., 1890. p. r)0, n. 4.
Cidal. : De Foy, p. 57, Bréquigny, p. 47.
Incip. : Domino nosiro et in Christo vencrabiti patri
' .larjavaly, commune de Royérc, déparlomcnt lU- la Crciiso. — ' La Chapelaude (Allier) était im prieuré dépondant de l'abbaye de .Saint-Denis. I.e cartulairc, vu par Du Cansc, Doublet, Vyon d'IIérouval et perdu depuis, était, pense M. Chazaud, du xii" siècle. — ' La personne nomniéidans la charte précédente. — ' Dom .1. Doublet, Histoire de l'abbaiie rn\iale de .'in i ni- Déni s en France, in-4°, Paris. 1623, p. 656-658. — ' « Cette charte est escrite sur escorce d'arbre. . Ibid., p. 657. — • Bréquigny, Pardessus, K. Pertz,
Dodonc abbuti una ciim Iralrihus suis basiliax' saiicti Dionysii dcscrvientibus...
*5. — • III Ival. april, 629. Compiègne. Dasobert 1" autorise l'établissement d'un marclié à Saint-Denis.
Publ.: Doublet, p. 655; A. Mircus, Opéra diplom., t. I, p. 241; Script, rcr. franc, t. iv, p. 267; Marini, Papiri diplomatici. n. Cl; Pardessus, t. ii, p. 4, n. 247 (d'après le cartulairc de Saint-Denys du xiu" siècle). Le Cointe, Annal, cccles., t. ii, p. 821 (le lient pour f.aux), Mabillon, Annal, bened., t. i, p. 345 (réfute Le Cointe); Jacobs, Note sur le commerce en Gaule au temps de Dagobert, dans Reinie archéologique, 1861, p. 187-195; Levasseur, Hist. des classes oin^riéres, 1901, t. I, p. 207, note 1 ; voir Dictionn.. t. m, col. 2384-2386.
Incip. : Dagobcrtus, rex Francorum, vir illusler, Leuthone, Vultionr, Raucone comitibus et omnibus agcnlibus nostris...
6. — Kal. octobr. 629. Étrépagny. Dagobert I" donne à l'abbaye de Saint-Denis le village d'Étrépagny en Vexin (voir n. *23).
Publ.: Doublet, p. 674; Bréquigny, p. 175, n. 103; Pardessus, t. ii, p. 53, n. 285; K. Pertz, p. 139, n. 22; .1. Havet, La donation d' Étrépagny, dans Bibl. de y École des chartes, 1890, p. 232, a démontré l'authenticité de cette charte.
Cakd. De Fov, p. 65 (ad ann. G38), Brcquignv, p. 53 (ad ann. 638). "
Incip. : Dagobertus rex Francorum vir[is] i[n]lust[ribus] omnibus agentibus prescntibus et futuris. Optabilem esse oportel de transitoria...
*7. — IV Id. april. 631. Paris. Dagobert I" mentionne les nombreuses églises par lui construites en l'honneur de saint Denis et dépendantes de l'abbaye de Saint-Denis.
Publ.: Hiretius, Antiq. Andegav., p. 95; Le Cointe, .innal., t. n, p. 860; Pardessus, t. ii, p. 8, n. 252.
Incip. : Dagobertus Dci gratia rex Francorum, vir illustris. archiepiscopis, episcopis, acluariis. Non inmiemores beneficiorum...
*8. — VII l;al. junias. 632. Clichy. Dagobert \" donne ù l'abbaye de Saint-Denis le droit d'asile.
Publ.: Doublet, p. 657; cf. Mansi, Conc. amptiss. coll., t. X, col. 591; Pardessus, t. ii. p. 13, n. 255, cf. t. I, p. 67.
Incip. : Dagobertus, rex Francorum, vir illuster. Omnibus episcopis, abbatebus, comitebus, centcnariis, vicariis 'et avtcris agentibus nostris. Quicquid de utilitote. c:- Le prxceptum Dagobcrti régis de fugitivis est présenté par dom Doublet ■■ comme transcrit d'après un exemplaire sur papyrus ' lequel n'a pas été retrouvé, en sorte que les éditeurs ° ont été réduits à des copies conservées dans les cartulaircs de Saint-Denis '. U existe cependant de ce diplôme deux textes au moins l;eaucoup plus anciens que ceux des cartulaircs, l'un datant du xi" siècle '. l'.autre de la première moitié du x». Cette seconde copie, restée inconnue aux derniers éditeurs, nous a été conservée par un moine de Saint-Denis qui l'a transcrite sur le premier feuillet de garde d'un ancien exemplaire du traité De re militari de Végèce et des Colleclnnea rcrum mcmorabilium de Solin ", et si son texte ne présente que de légères \ ariantcs avec les autres copies de date postérieure, il n'en est pas de nu'me des souscriptions et des formules finales (pii raccompaL,'iiciil.
;)i/i/(mi(i(iim imprrii.t. i. iu-fol., I Innnoverje, 1872, Diiilnmala simrici, p. 112-li:i. n. 20. — ' Bibl. nat., ms. lat. BJHi; Arch. nat. ,/./.. lISCcX. l]r,7. — .'Bibl. nat., nis. nouv.acq. Int. .fi'fi; <f. L. Delislc, Mimtiscrils latins et franfais, 187.'>-1891, p. 588-5',)0. — • Bibl. nat., ms. Int. 72:!0. Cf. Flavi Vegeti lîcnati Epitoma rei militaris, édit. C. Lnnfl, 1868, p. xix-xx; 1 885, p. x.\iii-xxiv. C Jnlii Solini Collcct. rcriini mcmor., édit. Momniscn. 1805, p. xi.v-m.vii : !.. Delislc. I.illi'raliirr latine et liisloire du mnuen Ag», in-8\ Paris, 18<tM, p. 7. u.l.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
.M. H. Omniil qui a trouvé et publié ce nouveau texte ' a raonlré en outre que l'examen des souscriptions va permettre de constater qu'il a dû exister, comme lendit Doublet, un "exemplaire ancien de ce diplôme, copié peut-être sur papyrus, et aussi d'établir que les signatures ^des personnages, dont les noms figurent au bas de ce diplôme faux de Dagobert I*', ont été empruntées à un diplôme authentique, mais de date postérieure et émanant de Clovis II.
A la suite d'une comparaison des deux textes ilcs souscriptions, celui du ms. lat. '2i0 et celui des diffôrents carlulaires, on est frappé tout d'abord par l'ordre si différent des signatures dans l'une et l'autre de ces copies, bien que les personnages dont elles ont conservé les noms soient les mêmes. L'explication se trouverait dans le fait que les deux premiers copistes ont eu sous les yeux un même acte, transcrit en la forme ordinaire des diplômes mérovingiens. La signature du chancelier devait suivre immédiatement la fin de l'acte, aussi le second copiste l'a-t-il transcrite en premier lieu; la signature du roi était placée au milieu du diplôme, un peu au-dessous de celle du chancelier, et les signatures des grands personnages disposées à droite et à gauche de celle du roi. Le premier copiste a transcrit d'abord le nom du roi, puis celui du chancelier et les noms des autres signataires, en commençant à droite immédiatement après le nom du roi et suivant les Ugnes toujours de gauche à droite. Le second copiste, au contraire, après avoir transcrit le nom du chancelier, puis celui du roi, a commencé à copier les noms des signataires du diplôme en se reportant aussitôt à gauche, au début de la seconde ligne puis au début de la première ligne, à la droite du nom du roi. Ces constatations minutieuses et l'examen de la position respective des noms permet de retrouver le modèle qui a servi au scribe pour la fabrication de ce diplôme. C'est l'acte de Clovis II, du 22 juin 654 en'faveur de l'abbaye (voir Diclionn., t. m, col. 918, pi. hors texte) -.
9. — 15 fé\Tler 632-15 mars 633. CUchy-la-Garennc. Dagobert I" concède à l'abbaye de Saint-Denis le village d'Ursines en Parisis (commune de Velizy, arr. et cant. de Versailles, Seine-et-Oise).
PapjTus. Dimensions : 0'"34 ■; 0'°84. Opistographe (au verso, copie du concile de Soissons de 862). Formé de cinq morceaux de O^lô en\'iron de large, celui de l'extrémité droite étant légèrement coupé.
Fac-sim. : Mabillon, De re diplom., p. 375, pi. xvi; Letronne, série I.pl. v; Lauer et Samaran, Diplômes. pi. 3. 3 bis, p. 5.
Pabl. : Mabillon, De re diplom., p. 465, n. 5 (ann.fi32) : Annal, bened., i, app., p. 085, col. 2; Félibien, preuv. p. V, n. 3 (ann. 631); Germon, De veleribas regum Francorum diplomatibus, 1703, t. i, p. 275; Rec. des hisl. de la France, t. iv, p. 628. n. 19; Bréquigny, t. i. p. 167. n. 97 (15 avril 637); Marini. Pap. dipl.,'j>. 98. n. 62; Pardessus, t. ii, p. 45, n. 279 (ann. 637); Teulet, p. 9, n. 5 (ann. 637); Tardif, p. 6, n. 7 (ann. 631-632); Pertz. p. 16, n. 14 (ann. 631-632); J. Havet, École des ch., 1890, p. 233, Œu»res, t. i, p. 266; Lauer et Samaran, p. 5.
Calai.: Georgisch, ann. 628; De Foy, 15 janv. 632; Bréquigny, ann. 632.
Incip. : (^) Dagobcrclhu\s, rex Francor(um), viris in[l(u)stre ]b{us) Vtiande[lberto] d[iic;], Gagaurico dom(eslico) el omnib{n)s agcntibit[s prx]sentilb[(u)s et fulu[ri]'s
MO. — 633, CUchy. Dagobert 1" donne à labbax e le bourg de Saint-Denis.
Publ. : Doublet, p. 661 ; Pardessus, t. n, p. 28, n. 264.
'H. Omont, Le pr.vcriiltim Dagoberti De fugitipis en faveur de l'abbage de ."iaint-nenis, dans la Bibl. de l'École des chartes, 1900,t.L\i,p. 75-82. —'J. Havet, Lesorig. de Saint- Denis,
'11. — 634, Paris. Dagobert ï" donne à l'abbaye de Saint-Denis deux villas.
Publ.: Doublet, p. 669; Germon, t. n, p. 108; Mabillon. De re diplom., p. 68 ; Pardessus, t. ii, p. 29, n. 265.
*12. — 635, Clichy. Dagobert I«' donne la villa Sarrlida aux pauvTes assistés par l'abbaye de Saint-Denis.
Publ.: Doublet, p. 669; Le Cointe, Annal., t. m, |). 23; Rec. hisl. de la France, t.jv, p. 629; Pardessus, t. Il, p. 31, n. 268.
*13. — 635, Clichy. Dagobert I" donne à l'abbaye la villa Aquaputa.
Pabl.: Doublet, p. 670; Le Cointe, Annal., t. m, p. 24: Rec. hisl. de la France, t. iv, p. 630; Pardessus, t. II. p. 32, n. 269.
'14. — 635, Clichy. Dagobert 1"' donne à l'abbaye les villas de Tauriacus, Tibernio, etc.
Pabl. : Doublet, p. 658; Rec. hisl. de la France, t. iv, p. 628; Germon, t. ii,'p. 102; Pardessus, t. ii, p. 35, n. 271.
*15. ■ — 635, Clichy. Dagobert !<•' donne à l'abbaye la villa Malliacus.
Publ.: Doublet, p. 671; Pardessus, t. ii, p. 36, n. 272.
*16. — Testament de Dagobert I" donnant une villa à l'abbaye.
Publ. : Pardessus, t. ii, p. 38, n. 274.
'17. — 636, Compiègne. Dagobert I^' donne à l'abbaye divers fonds dans le Limousin et le Biterrois.
Publ.: Doublet, p. 672; Germon, t. n, p. 113; Pardessus, t. II, p. 41, n. 276.
*18. — 636, Clichy. Dagobert l" donne à l'abbaye les villas Noth et Pascellarius.
Publ.: Doublet, p. 671; Germon, t. ii, p. 3; Pardessus, t. n, p. 43, n. 277.
*19. 637, Compiègne. Dagobert l" donne à l'abbaye immunité complète.
Publ.: Pardessus, t. m, p. 47, n. 281. i
*20. 637. Paris. Même sujet. '' '
''Publ.: Doublet, p. 659;»Germon, t. ii, p. 103; Pardessus, t. n. p. 48, n. 282.
■21. ^ 637, Orléans. Dagobert I" donne à l'abbaye Ruilly et d'autres villas.
Publ.: Doublet, p. 677: Pardessus. 1. n, p. 50, n. 2S3.
'22. — 637, Clichy. Dagobert I"^' donne plusieurs villas à Saint-Denis.
Publ. : Doublet, p. 676; Pardessus, t. ii, p.'Sl, n. 284.
'23. — Dimanche, 1" octobre 629. Dagobert donne à l'abbaye de Saint-Denis le village d'Étrépagny-en- Vexin.
Copie: .\rchiv. nat. LL 1156, xiii» siècle, fol. 12 v".
Publ.: Doublet, p. 674; Bréquigny, p. 175. n. 103: Pardessus, t. ii, p. 53, n. 285; Pertz, p. 139, n. 22; .1. Havet, École des chartes, 1890, p. 231, append.n. 1.
Calai.: De Foy, p. 65 (ann. 638); Bréquignv. p. 5.'! (ann. 038).
Cette charte qui était repoussée comme fausse et qui est authentique a été réhabilitée par Juhen Havet qui a montré que » le mauvais état du texte, altéré par un copiste, a fait condamner en bloc un document qui n'avait besoin que de quelques corrections. »
Avec ce document nous interrompons, pour n'y pas revenir — car elle n'est pas close ' — la liste des chartes fausses que les cartulaires de Saint-Denis accueillaient sous le nom de Dagobert et dont Doublet se fit le bénévole vulgarisateur. Nous ne donnons pas ici le cartulaire de l'abbaye, nous voulons seulement donner une idée de ce que renfermait le chartrier de l'abbaye, les
dans Bibl.' de l'Urole des charte.-.. 1890, t. i.r. p. 52-57 et dans (Eiwres, 189G, t. i. p. 2,'56-24t. — ' Voir Pardessus, t. Il, n. 286, 287, 289.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
pièces qu'il contenait dès l'origine, les pièces refaites ou forgées pour servir de titres de propriété en cas de litige. A s'en tenir aux seuls diplômes authentiques dont les originaux sont conservés aux Archives, le chartrier de Saint-Denis est le mieux représenté de France, comme on le verra par cette rapide énumération.
Sans date [629, 4 janvier '-639. 19 janvier]. Dagobert I" restitue divers biens à l'abbaye de Saint-Denis. Papyrus, 0'°,32 ;< 0'"28. D'après Tardif, ce diplôme serait postérieur à la mort du vieux roi Clotaire II dont l'abbaye dépendait. Lauer et Samaran, Diplômes, p. 6, pi. 5»;'Arch. nat., Kl, n. 10. L. Levillain, Un diplôme mérovingien de protection royale en faveur de Saint-Denis, dans Bibl. de l'École des chartes, 1911, t. Lxxii, p. 233-244, se propose de prouver que l'attribution à Dagoberl 1" est fausse et qu'on s'est mépris sur la nature de l'acte. 11 propose d'attribuer l'acte à Clovis II et d'y voir un acte de protection royale.
22 juin 654. Clovis II confirme à Glichy-la-Garenne le privilège d'immunité accordé par Landry, évèque de Paris, à l'abbaye de Saint-Denis. (Voir Dictionn., t. m, col. 918, 931-933 et pi. hors texte reproduction de l'original, Arch. nat. K 2, n. 3.)
Sans date [639, 19 janvier-642 septembre]. Clovis II confirme à l'abbaye la concession de Cotiracum sur l'Oise faite par Dagobert I". Papyrus, .\rch. nat., K 2, n. 1. Lauer et Samaran, Diplômes, p. 7, pi. vu. Cf. Charte de Clovis II pour Sainl-Dengs, dans Bibl. de l'École des chartes, 1891, p. 671-672.
Novembre 6,59. Clotaire III confirme la sentence du comte Chadoloaldus, en faveur de l'abbaye, condamnant Ingoberga, veuve d'Ermelinus. Papyrus, Arch. nat., K 2, n. 6. Lauer et Samaran, p. 8, pi. ix.
Sans date [657, 31 octobre-673, 10 mars]. Clotaire III rend un jugement concernant la succession d'Ermelinus. Papyrus, Arch. nat., K 1, n. 7. Lauer et Samaran, p. 9, pi. X.
Sans date [657, 31 octobre-673, 10 mars]. Clotaire III termine un dilTérend entre l'église de Rouen et l'abbaye de Saint-Denis. Papyrus, .\rch. nat., K 2, n. 2. Lauer et Samaran, p. 9, pi. xi.
Sans date [657, 31 octobre-673, 10 mars]. Clotaire III confirme à l'abbaye de Saint-Denis la possession de divers biens sis en Beauvaisis. Papyrus, Arch. nat., K 2, n. 5. Lauer et Samaran, p. 9, pi. xii, xii bis.
Sans date [657, 31 oclobre-673, 10 mars], Clotaire III condamne l'évêque Beracharius ù rendre la succession d'Ermelinus à l'abbaye de Saint-Denis. Papyrus, Arch. nat., K 2, n. 7. Lauer et Samaran, p. 10, pi. XIII, XIII bis.
15 septembre 677. Malay-le-Roi '. Thierry III autorise Chramlinus, évèque d'Embrun, déposé, à jouir encore de ses biens en se retirant à l'abbaye de Saint- Denis. Parchemin, Arch. nat.. A' 2, n. 11. Lauer et Samaran, p. 11, pi. xv.
30 octobre 688. Compiègne. Thierry III concède Lagny-le-Sec « ù l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin, Arch. nat., K 3, n. 2. Lauer et Samaran, p. 12. pi. xvii.
Sans date [673, 10 mars-690, 4 septembre]. Thierry III exempte de tonlieu tous les chargements à destination de l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin, Arcli. nat., K 2, n. 14. Lauer et Samaran, p. 13, pi. xviii.
1" novembre 691. Luzarches. Clovis III adjuge définitivement le domaine de Noisy-sur-Oisc» il l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin, Arch. nat.. A' 3, n. 6. Lauer et Samaran, |). 1 1, pi. xx.
■ Cett e ilii te serait celle de la mort de Clôt aire 1 1, roi de Paris, d'après .1. nepoin; J. Havet fixe cette mort au mois de septembre 02'.), Kruschet l.cvison entre octobre 6'i'J et avril 630. — ' On trouvera la IjiblioKraphie de ce» diplômes dans Dicl., t. m,' col. 919-930. — • Arr. et cant. de Sens, Yonne. —
" 5 mai 692. Nogent-sur-Marne '. Clovis III donne gain
de cause à Chaino, abbé de Saint-Denis, dans un did'c-
rend avec Ermenoald. Parchemin, Arch. nat.. A' .>,
n. 4. Lauer et Samaran, p. 15, pi. xxi.
ht 5 juin 692. Nogent-sur-Marne. Clotaire III exempte
l'abbaye de Saint-Denis de tout droit de péage, et lui
confirme une rente sur les revenus du lise de MarseiMe.
Parchemin, Arch. nat., A'., n. 5.
«^ 13 décembre 695. Compiègne. Childeliert III conclut
un échange avec l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin,
Arch. nat.. A' 3, n. 8. Lauer et Samaran. p. 17, pi. xxiv,
23 décembre 695. Compiègne. Chihlebcrt III adjuge définitivement à l'abbaye de Saint-Ucnis le domaine donné en gage par Ibbon. Pai'cliemin, Arch. nat., K 3, n. 9. Lauer et Samaran, p. 18. pi. xxv.
14 mars 697. Compiègne. Childebert III donne gain de cause à l'abbé de Saint-Denis M?gnoaldus, dans une contestation avec Drogon et Adaltrude. Parchemin, Arch. nat.. A' 3, n. 12. Lauer et Samaran, p. 19, pi. xxvii.
13 décembre 710. Montmacq '. Childebert Illadjuic à l'abbaye de Saint-Denis la totalité des revenus de la foire de Saint-Denis, malgré les prétentions adverses de Grimoald, maire du palais. Parchemin, Arch. nat., K 3, n. 15. Lauer et Samaran, p. 22, pi. xxxi.
14 décembre 710. Montmacq '. Childebert III adjuge à l'abbaye de Saint-Denis la possession d'un moulin dépendant de Lagny-le-Sec, malgré les prétentions adverses de Grimoald, maire du Palais. Parchemin, Arch. nat., K 3, n. 16. Lauer et Samaran, p. 23, pi. xxxii.
29 février 716. Compiègne. Chilpéric II confirme l'immunité accordée par ses prédécesseurs à l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin, Arch. nat., A' .5, n. 17. Lauer et Samaran, p. 24, pi. xxxiv.
5 mars 716. Compiègne. Cliilpéric II confirme à l'abbaye de Saint-Denis l'exemption de tout droit de péage et la perception d'une rente sur les revenus du fisc à Marseille. Parchemin, Arch. nat., K 3, n. 18. Lauer et Samaran, p. 25, pi. xxxv.
7 mars 716. Compiègne. Chilpéric II adjuge h l'abbaye de Saint-Denis la moitié d'un domaine de la succession d'Edron, injustement revendiquée par F'riulfus. Parchemin, Arch. nat.. A' 3, n. 19. Lauer et Samaran, p. 25, pi. xxxvi.
12 ou 16 mars 716. Compiègne. Chilpéric II coiilirmc le privilège de Dagobert \" en faveur de l'abbaye de Saint-Denis concernant un cens annuel à prélever sur le fisc dans le Maine. Parchemin, Arch. nat., A 3, n. 20. Lauer et Samaran, p. 26, pi. xxxvii.
28 février 717. Compiègne. Chilpéric II concède ù l'abbaye de Saint-Denis la forêt de Rouvray et un droit de forêt à Saint-Ouen. Parchemin, Arch. nat., A ■/, n. 3. Lauer et Samaran, p. 27, pi. xxxviii.
De cette série de chartes royales il faut tirer une observation importante, on voit qu'elles se succèdent parfois à quelques jours de distance : 5 mai et 5 juin 692; 13 décembre et 14 décembre 710; 29 février, 5 mars, 7 mars, 12 ou 16 mars 716. Il est permis d'induire de 1;\ que les grandes abbayes et les églises sollicitaient infatigablement et occui)aieiit la chancellerie royale très fréquemment. Dès lors, lorsqu'un laps de temps de quchpies années s'écoule sans nous présenter un seul document authcnti(|ue, nous pouvons être ù l)en près certain que ceux-ci ont péri. Sans songer ft réluibililer les chartes fausses - - on a vu cependant avec celle de 629 (]ue le dernier mol n'est ))eul-étre pas
Canton do Nantcuit-lo-Ilaudouin, air. de Sentis, Oise. — Canton de Lu/arches, arr. de Pontoisc, Seiiic-ct-Olse.* — ('.lief-lioii (le canton, arr. de Sceaux, Seine. — 'Canton
le Itiliériiiirt, arr. de Montinarq, Oise. - " Voir la iicile
)nVè(l.']iti-.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
dit pour chacune d'elles — 11 est permis de croire qu'elles jalonnent chronologiquement, d'une manière parfois exacte, les lacunes du chartricr. Sans doute, il faut écarter impitoyablement certaines pièces qui dépendent d'un récit tel que les Gcsla Uagoberli, mais du moins peut-on retenir un fait, c'est qu'à l'époque où le faux fut forgé l'abbaye était dans le cas de justifier sur bonnes pièces des titres de propriété sur telle ou telle dépendance; elle recourait à un acte de nature à lui procurer gain de cause et vraisemblablement elle fondait son droit — puisqu'elle le créait — d'une manière incontestable. L'adversaire allait se trouver en présence d'une pièce irréfutable, mais l'adversaire avait, lui aussi, ses arguments, il fallait donc présenter un titre non seulement irréfutable, mais acceptable. Et cette nécessite peut donner lieu de penser que parfois les chartes les plus évidemment fausses utilisent une tradition, un souvenir, une trace quelconque d'un acte plus ancien dont il serait vain d'espérer rien retrouver. C'est ainsi que les documents apocryphes eu.K-mèmci peuvent être l'objet d'une certaine prise en considération.
Les chartes que nous venons de transcrire ou de mentionner sont les plus anciennes conservées, mais le chartrler de Saint-Denis en contenait des centaines d'autres. On en trouvera un choix déjà très respectable dans le recueil de Pardessus, Diplomata, Charlie, t. ii, outre celles que nous avons résumées, les n. '*286, *287, *289, 294, »:S06, *320 (charte refaite), 322, 330, 331, 334, *362, 397, 413, 424, 425, 429, 433, 434, 466, 477, 478, 495, 496, 497, 498, 504, 527, 535, 563, 589, 603, 604, 608. J. Tardif, Monuments historiques, a publié ou résumé plusieurs centaines de pièces concernant le chartrier de Saint-Denis (voir p. 701, col. 2, au mot Saint-Denis) '.
Nous ne voulons pas pousser plus loin ces indications afin de laisser intacte la question des fonds d'archives, des cartulaires. etc., de Saint-Denis. Nous nous sommes enfermé dans le cadre chronologique de notre travail, car dès qu'on aborde le moyen âge, l'histoire de Saint- Denis devient une des plus copieusement documentées parmi les abbayes bénédictines. C'est que le monastère fut, dans une certaine mesure, une institution nationale et dynastique inséparable de l'histoire même de la France et de ses rois. D'âge en âge les événements s'y succèdent alternant avec les pompes royales et funèbres, et les documents s'amassent variés et précis ne demandant que la mise en œuvre. Les Histoires de dom Doublet, 1625, et de dom Félibien, 1706. ne peuvent pas être dédaignées, mais elles doivent être refaites. Souhaitons que dans ses limites restreintes, le présent travail suggère la pensée d'aborder l'histoire définitive de ce lieu vénérable pour tout Français, lïntre la fondation de sainte Geneviève et les violations des tombes royales de 1793, ensuite avec la restauration de la basilique, c'est une histoire qui doit être écrite, ne fût-ce que pour s'acquitter de ce que nous devons aux fondateurs, aux bienfaiteurs, aux princes qui ont fait la patrie et aux religieux qui ont pendant des siècles gardé leurs tombes et accumulé un des patrimoines artistiques les plus instructifs du passé.
X. Manuscrits liturgiouhs. — a. Missale Francorum. Ce manuscrit, qui sera étudié plus tard en détail, est un sacramenlaire d'une église de France de l'époque mérovingienne. Il a été longtemps conservé dans l'ab-
' Il y aurait encore bien d'autres pièces à mentionner, à commencer par la lettre prccque d'un empereur de Byzance du viii« ou ix' siècle, écrite sur papyrus et adressée ■^ l'abbaye de Saint-Denis, cf. K. Brandi, Dcr hijzanlinischc Kaiserbrief mis Sainl-Dciiis vti'l die Schrif. dcr friihmillelalterlichen Kantleien, dans Anhiu fitr Urkimdenlorschung, Leipzij?, 1007, t. i, p. 373-4(Mi. Voir Stoin, U. Robert, Inucntaircs des cartulaires; W Chevalier, lièperloire des
baye de Saint-Denis. Les cotes {UN + et XLIII, X V° XXIII) inscrites sur la première page, en caractères du XIII» et du XV siècle, en fournissent une preuve irrécusable. Après avoir passé par la bibliothèque de Petau et Christine de Suède, il est entré au Vatican.
Ms. Vatic. Regin. 257. — • Édit. : Toinmasi, Codiees sacramentorum, in-4'', Romae, 1680, p. 398-431 ; Mabillon. De liturgia gallicana, p. 301-328 (reproduite dans P. L., t. lxxii, col. 317-340); Muratori, Liturgia romana vêtus, t. ii, col. 661-758. — J. Alorin, Conimcnturius de saeris ordinalionibus, iii-fol., Paris, 1655, t. II, p. 261; Mémoires de la Société des antiq.' de l'Ouest, t. III, p. 300 sq.; Bull, de la Soc. des antiq. de l'Ouest, 1876, p. 415; L. Delislc. Le Cabinet des manuscrits, t. I, p. 203; Mémoire sur d'anciens sacramentaires, dans Mém. de l'Acad. des inscr., t. xxxii, p. 71-73, n. IV.
6. Sacramenlaire de l'abbaye de Sainl-Denis. Ms. de 182 feuillets, haut. 0»'282, larg. 0">224. A appartenu successivement à Saint-Denis, à J.-A. de Thou (n. 537) et à Colbert (n. 2585). Il contient :
Fol. 1. Un calendrier, avec quelques notes nécrologiques.
Fol. 7 V. Le texte grec du Gloria in excelsis et du Credo écrit en lettres latines.
Fol. 8 v°. Les litanies des saints, dont une partie a été effacée, au bas du fol. 9.
Fol. 9 V. Les prières des ordinations.
Fol. 17 V. La préface et le canon de la messe, précédés du titre général du livre : In nomine Domini, ineipil liber sacramentorum de circula anni a sancto Gregorio papa Romano edilus, qualiter missa Romana celebratur....
Fol. 23. Les oraisons des messes des principales fêtes de l'année; le premier article a pour rubrique : viiii kal. januarii, id est die xxiiii mensis decembris, orationes in vigilia Domini.
Fol. 90. Les oraisons du commun.
Fol. 94. Les oraisons des messes des simples dimanches.
Fol. 104 v. Des oraisons, messes et cérémonies diverses. Voici la première rubrique : Incipiunt orationes cotidianis dicbus ad missas.
Fol. 169. Un recueil de bénédictions.
« Le calendrier, écrit M. L. DeUsle, nous oflre au 24 février, au 28 juillet et au 9 octobre des mentions relatives à saint Denis; mais comme elles se retrouvent en termes identiques dans d'autres calendriers carlovingiens, elles ne suffiraient pas pour nous autoriser à attribuer le présent manuscrit à l'abbaye de Saint- Denis; toutefois la dernière de ces mentions (fol. 5 V) est en capitales rouges, particularité dont le calendrier ne nous ollre qu'un seul autre exemple, l'article relatif à la fête de Noël (fol. 6 V). De plus, la mention du 9 octobre contient deux fois le nom de saint Denis en caractères grecs : AIONICI/. On en peut induire que c'est un Uvre de l'abbaye de Saint-Denis, et le texte même du sacramentaire nous en fournit la' preuve. Outre les oraisons de la messe pour la veille et pour le jour de la Saint-Denis, qui s'y trouve à leur rang parmi les fêtes du mois d'octobre (fol. 85), on remarque à la lin du commun (fol. 93 v°) les oraisons et la préface d'une messe intitulée : Missa in vénération, sanctorum martijram Dyonisii, Rustici et Eleu[tlJe]rii. Un peu auparavant (fol. 92 v°) les noms Dionisii, Rustici
sources historiques. A. Hessel, Les plus anciennes bulles en faveur de l'abbaye de .Saint-Denis, dans Le mnijen âge, 1901 (bulles de Nicolas I" et de l'omiose). On trouvera, dans colle notice, de fort utiles renseignements sur les cartulaires de Snint-Denis. .\. Giry, La dnnalion de Rueil à l'abbaye de Sainl-Denis; examen critique de trois diplômes de Charles le ChdUiw. dans Mélanges Julien Ilavct, in-8», Paris, 1895, p. (iS;i-7I7.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
et Eleutherii ont été inscrits en marge d'une préface
portant pour titre : In natale plarimonini martijram.
fj. « Notre sacramen taire vient donc de l'abbaye de
"* ^alnt-Denis, et c'est parmi les dignitaires et les bien-
y^i^ faiteurs de ce monastère qu'il faudra vraisemblable-
' ment chercher les personnages dont le nom a été
inscrit soit dans le calendrier (fol. 4, 5 v, 6 et 6 v°),
soit à divers endroits du livre (fol. 8, 8 V, 127 et 168 v°).
« Il est possible qu'à un moment donné, vers le
xii= siècle, le livre dont nous nous occupons ait été à
l'usage de l'abbaj'e de Saint-Germain-des-Prés. Dans
les oraisons dej,la messe intitulée : Missa specialium
sanctonim, on a ajouté'en lettres rouges les noms Vin-
impériale de Vienne. Dans tout le cours du volume, chaque article commence par une grande lettre d'or.
Ms. Bibl. nat., lat. 22 SO. — Fac-similé de quelques lignes dans Mabillon, De re diplumalica, p. 366, 367; lithographie des fol. 17 v°-21 V par M. de Bastard, non pubUée, tirée à quelques exemplaires ; L. Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 103-105, n. xviii et en appendice, p. 360-361, la Lsetenia pro quacumquc tribulatione, du fol. 8 V; p. 388-389, les noms de fidèles insérés dans le sacramentaire.
c. Sacramentaire. Ce manuscrit doit avoir été fait pour une église du nord de la France, peut-êlreVabbaye de Saint-Amand, le nom de ce saint se trouvant inséré
3701. — Plan des fouilles. D'après L'Église des Trois-Pairons, à Sainl-I)cnis,VMM, pi. v.
centii et Germant à une liste de saints qui, primitivement, devait s'appliquer à l'abbaye de Saint-Denis : Propiliare, Domine, nobis famulis tnis, pcr beatorum martyriim tuorum Slephani, Vincentii, Dionysii, Bustici et Eleutherii, Sebastiani, Laurcntii, Ypoliti, Cucapliatis, Innocenta necnon et sanctorum confcssorum Martini, Hilarii, Germani, Ambrosii, Ilieronimi, Augustini, Benedicti, Gregorii, llikiri ' mérita' gloriosa, ut eorum pia intercessionc ab omnibus protcgamur adversis. l'er -.
« L'exécution de ce beau volume date du milieu du ix" siècle. La décoration des six premières pages du sacramentaire proprement , dit, qui est tout à fait pareille à celle de la seconde bible de Charles le Chauve (voir Diclionn., t. m, col. 838), le démontre suflisamment. Le luxe avec lequel ces six pages ont été écrites et peintes mérite de lixer notre attention d'une façon toute particulière : les encadrements formés d'entrelacs y sont bordés de pointillés rouges; des bandes pourprées s'étalent sur les folios 19 V et 20; — trois pages sont en onciales d'or (fol. 17 v''-18 V) et une page en capitales d'or (fol. 19 v"). — Le champ du folio 19 est rempli par un grand V, en forme de lyre, dans l'intérieur duquel sont tracées les unes au-dessous des autres les lettres ERE avec des extrémités en fer de flèche. Le fond est orné de carrés et de losanges en pointillé vert et rouge. • — Le champ du fol. 20 est occupé par les lettres TE entrelacées sur un fond scmblablcment pointillé. Ces deux pages (fol. 19 et 20) sont tout à fait pareilles aux pages correspondantes du sacramentaire de Saint-Amand conservé ùStocUholm, et à celles du sacramentaire de la Bibliothèque
'L. Delisle, Mélanges de paléographie et de bibliographie, p. 246-249, sur le culte des saints Hippolytc, Cucufut,
dans la prière de la messe qui suit l'oraison dominicale (fol. 12). De Saint-Amand, il passa dans une église du diocèse de Paris. Sur le fol. 6 V on lit une liste des évèques de Paris qui primitivement s'arrêtait soit à GauzUn, mort en 880, soit à Fulrad, mort vers 926, et que dilïérentes mains ont conduite jusqu'à Gautier de Château-Thierry, mort vers l'année 1249. Le mot SUCGERI ayant été tracé au xw siècle sur la marge du feuillet qui contient le canon de la messe (fol. 21), on peut conjecturer que le sacramentaire était alors dans l'abbaye de Saint-Denis, et les nombreux noms de lidélcs qui sont inscrits sur les fohos 1 v", 196 v" et 197 désignent probablement des bienfailcurs du même monastère. L'exécution du manuscrit pinl être rai)portée à la fin du ix"= ou au début du x'' siècle.
Ms. Paris, Bibl. nat., latin 2291. — Histoire littfr. de la France, t. xxix, p. 433; L. Delisle, Cabintt des manuscrits, t. m, p. 266, pi. xxx; Mémoire sur d'ane. sacrum., p. 148-1 19, n. xxxiv.
d. Sacramentaire ou Missel. ■ — Ce manuscrit faisait jiartie du trésor de Saint-Denis d'où il fut, à la Révolution, transporté à la Bibliothèque nationale, lat. 0430, de 165 feuillets, On-ai x0""23, première moitié (lu xi" siècle.
l'ol. 1 V". Chants du Kyrie, du Gloria, du Credo, du Sanctus et de l'Agnus: le Gloria et le Credo sont[^cn grec et en latin.
Fol. 3 v. Calendrier copié sur trois pages.
Fol. 5. Prières avant la messe.
Fol. 13. Oraisons des messes du xvu' dimanche après l'octave de la l'tritccôte et de la léle de saint Savinien.
Innocent tt^Iiiluir( diplomatica, p. 3Gti.
Suiiil-Uiiiis.
'Fol. 130.
a. Miil)itl»n, Ih- rc
DENIS (ABBAYE DE SAINT
Fol. 13 V. Préface.
Fol. 16. Canon de la messe.
Fol. 18. Oraisons, préfaces et niorceau.x du graduel des messes, pour le propre du temps, à partir de la veille de Noél. A la fin sont copiées les messes de la Transfiguration (fol. 70 v ") et de sainte Geneviève (fol. 71).
Fol. 71. Messes du propre des saints, en commençant par la fête de saint Etienne.
Fol. 116. Messes du commun.
Fol. 120 V. Messe de la dédicace.
Fol. 123 V. Préface et canon de la messe. Seconde copie, à peu près contemporaine de la transcription du reste du volume.
Fol. 127 v". Oraisons et Préfaces de diverses messes. La première rubrique est : Missa in honore Scincta: Trinitatis.
U'aprcs L'Iigli:
des Trois-Patrons, frontispice.
étien.
i Sailli- Uciiix, l'JUG,
Le missel avait été fait pour l'abbaye même, comme cela ressort de nombreuses particularités; il n'en était donc jamais sorti. Voici les plus significatives parmi ces particularités :
1" Saint Denis et ses compagnons sont invoqués dans le Libéra nos du fol. 17 v : ...et bealis aposloUs luis Petro et Paiilo alqiie Andréa, et sanctis marlyribus IJijonisio, Rastico et Eleulherio...
2° Dans les litanies du samedi saint (fol. 48 v") une place d'honneur est réservée à saint Denis et à ses compagnons : Sancte Stéphane. S. Clemens, S. Dyonisii, S. liustiee, S. Eleulheri, S. Laurenti, S. Vincenti...
3" Les messes de la veille et de la fête de saint Denis (fol. 106) sont copiées avec un luxe dont il n'y a pas d'autre exemple dans le missel.
4° Saint Denis cl ses compagnons sont mentionnés dans la seconde coi)ie du canon de la messe, au fol. 121 : ...Cosnvv et Damiani, Dyonisii, Hustici et Elcutlierii, et uniniam sanctonini tiiorum...
5" Ils ligurcnl aussi dans la seconde copie du Libéra
* Fétis, Biograijliie universelle t/cs- musieieiis, au mut Ambroise. — ' A. J. H. Vincent, Xole sur la nwsse grecque qui .se chantait autrefois à l'abbaye royale de Saint-Denis, le jour de l'oetauc de In fête patronale, dans Revue archéologique, 1804, nouv. sér., t. ix, i>. 2G8-:i81 ; cf. Comptes
nos, au fol. 12 j : ... et beatis apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa et saneto Dyonisio,' martyre tuo atrjue pontiflcc, cum sociis suis Rustico et Eleutherio...
La décoration du volume mérite d'être signalée, dit M. L. Delisle. Les initiales des paragraphes sont alternativement rouges et vertes. En tête de la plupart des chapitres sont de grandes lettres d'or, ])arfois avec une petite bordure au minium. Aux fêtes principales lenlumineur a peint de grandes initiales à rinceaux.
La préface et le canon^des folios 13 v^-lG rappellent tout à fait la préface et le canon des sacramentaires c.arlovingiens : l'écriture en est en capitales et en onciales d'or sur fond pourpré; les entrelacs sont le motif dominant des grandes initiales et des encadrements ; on y remarque cependant des rinceaux, qui caractérisent les œuvres du xi^ siècle. Le tableau qui remplit le fol. 15 V (Hommage de la cour céleste à Jésus- Christ) offre quelque ressemblance avec la représentation du même sujet dans le ms. lat. 11-n. Outre ce tableau, le volume contient encore les peintures suivantes : le crucifiement (fol. 16), la lapidation de saint Etienne (fol. 71 v), l'apparition de Notre- Seigneur à saint Denis célébrant les saints mystères dans sa prison (fol. 106 V), Jésus-Christ assis, tenant un livre et bénissant (fol. 127 v"), la sainte Vierge entre deux anges (fol. 129). Dans quatre médaillons faisant partie de l'encadrement du folio 106 V le peintre a figuré en buste les quatre vertus cardinales.
Il subsiste encore une partie de la couverture primitive : une plaque de métal sur laquelle se détachait un crucifix qui était probablement en ivoire, comme les statuettes de la Vierge et de saint Jean, qui ont été conservées; sur la bordure, en vermeil repoussé, on voit les bustes des prophètes, les symboles des évangélistes et les anges entonnant le cantique : Sanctus Sanctus, Sanctus, Dominus, Deus Sabaoth.
Ms. Bibl. nat., lat. 9436. — L. Delisle, Mémoires sur d'cmc. saeram., p. 289-292, n. cxvii; De Bastard, Peintures et ornements des manuscrits, pi. ccxxxii (fol. 71 v» et 106 V), pi. ccxxxiii (textes et neumes); Rohault de Fleury, La messe, t. i, pi. 13 (fol. 106 v°). e. Abrégé de sacramentaire. — Petit volume de 32 feuillets (haut. O^l? x O-^IS larg.) du xi<- siècle dont le premier cahier pourrait être du ix^ siècle et que diverses particularités invitent à attribuer à quelques religieux de Saint-Denis (voir Rouen).
Ms. .1. 566 de la Bibl. de Rouen. — L. DeUsle, Mém. sur d'une, saeram., p. 292-296, n. cxvni.
XI. La messe grecque. — Par sa date tardive ce sujet n'appartient plus à nos études, mais il est nécessaire d'en dire quelques mots afin de ne pas sembler admettre la fabuleuse antiquité qu'on lui a prêtée.
Fétis découvre la tonaUté du chant d'une partie du Te Deum dans l'Introït de la messe grecque de saint Denys l'Aréopagite dont la date remonte au ii« siècle '. Vincent déclare — avec raison • — qu'on ne peut accumuler plus d'erreurs en moins de mots -. On peut l'en croire, on peut même ajouter quelques énormes bévues qu'il n'a pas remarquées, mais tout ceci importe assez peu. Son opinion est que dès le x" siècle l'Épitrc, l'Évangile, le Kyrie, le Gloria et le Credo sont tout ce que la messe de saint Denis avait de grec. A. Prost lient la messe grecque pour contemporaine des laudes grecques de Metz, ix" siècle; elle s'est complétée entre le ix" de xiif siècle '. 11 faut en rabattre. Bien que l'office grec en honneur à saint Denis se rattache à
rendus de l'Aead. des inscripliuw.. 18G4, t. vui, p. 27-31; !.. IJelisIe, Le Cabinet dcx manuscrit:i, 1. 1, p. 204. — ' .\. Prost, Caractère et siyni fîeation de quatre pièces liturgiques coiupo- .sées à I^Ietz en latin ctcn grecau i x° stécle,àans yiémoires de la Soc, nul. des aniiq. de France, 1876, t. xxxvii, p. 301-307.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-
dej traditions lointaines, il n'est pas sorti de la liturgie grecque proprement dite. 11 est relativement récent. Dans les sacramentaires de Saint-Denis, dès le ix" siècle, il y a quelques morceaux liturgiques grecs transcrits en lettres latines avec le texte latin en interligne, comme du reste en possédaient Saint-Gall, Saint- Amand, Tournai. Ceci ne prouve guère. A partir du milieu du xiii= siècle, la liturgie dionysienne est en progrès : dans un cérémonial de l'abbaye, il y a quelques parties grecques nouvelles dans la messe de l'octave de saint Denis (Bibl. nat., fonds latin 076, fol. 137; Bibl. Mazar., ms. ô26, fol. 184). Au siècle suivant, l'usage s'introduit de chanter en grec l'épître et l'évangile aux fêtes solennelles. Cependant, selon M. Omont, ce n'est qu'au xvi^ siècle que fut rédigée la messe grecque de saint Denis '.
En 1G2.5, l'usage était en pleine vigueur, nous dit
truction gallo-romaine a existé sur ce point), l'autre, très considérable, en forme de dé, est décorée sur ses quatre faces d'ornements de style mérovingien; ce cube a eu dans la suite une destination qui demeure inexpliquée; il a été creusé en forme de récipient, peutêtre dans le but d'en faire une cuve baptismale; toutes les faces sont bien conservées, sauf la supérieure '. » J. Quicherat citait ensuite une face d'autel dont M. de Guilhenny n'avait pas parlé, grande pièce de sculpture des vi'^ ou \i\' siècles, « vraisemblablement la face longue antérieure d'un sarcophage de provenance inconnue, ornée d'emblèmes chrétiens. » Ce monument était conservé de temps immémorial dans une des chapelles de l'église abbatiale où on le désignait sous le nom de « tombeau de saint Ladre ' ^. Le monument consiste en une plaque de marbre avec, au centre, une croix sur un vase d'où sortent îles pampres; à droite
tëPim
3703. — Sarcoph.Tgcs chicticns trouves ;'i Sahit-Denis. D'apics L'ii(/(i.si' i(o 1 ruis-l'ulrans, à Saiiil-Dvin:., l'JUG.
dom Doublet àjpropos^" des belles cérémonies qui s'observent en l'église au divin service. > — <• lis testes solennelles l'on chante double épislre et double évangile (l'un en latin et l'autre en grec), et ce, en commémoration de l'apostre de France, sainct Denys l'Arcopagite, qui estoit grec de nation-; » et i)lus loin : « le jour de l'octave de la feste de sainct Denys, l'on chante toute la messe en grec mcsme le célébrant chante le Gloria in cxcelsis et le Credo en grec, et sont aussi chantés deux épistres et dcu.K évangiles '. »
XII. Tombes mérovingiennes. - ■ J. Quicherat, au retour d'une enquête à Saint-Denis, signalait « deux grosses pierres fort intéressantes, découvertes dans un des bas côtés de la basilique : l'une est un fragment d'entablement gallo-romain appartenant à un grand édifice (preuve qu'un Uinple ou quelque autre cons-
'II. Omont. /.« nicv.Tc grecque <lc Suint-Vciiis, dans {■Andes d'histoire du moyen âge, 1896, t. i. — ' .J. Doublet, Traité desj antiquités de Sainl-Dcngs, 1025, p. 3GI. — ' Ibid., p.5^366. — • .J. Quicherat, Rapport sur les débris du Musée des monuments français conservés à Saint-lJenis, dans Bull, de la .Soc nat. des antiq. de France, 1881, t. xi.ii, p. 177. — ' H. do Lasteyric, Inseriplinn raridingiennc des magasins de l'église de Saint-Denis, diiiis niéine recueil,
et à gauche, des strigiles; aux exlrémilés deux pilastres '. Ce fragment mesure 1 mètre en hauteur sur 'i^O'i de largeur, dimensions qui ne peuvent cire celles d'un sarcophage; cette sculpture vient certainement d'un des ateliers du sud-ouest, elle appartient au vr' siècle; quant à sa destination, elle reste douteuse, ù moins d'y voir une plaque de cancel.
Proche de l'abbaye, à peu de distance du clocher de la façade se trouvaient trois petites églises contiguës, datant du moyen Age et placées sous les vocables res])ectifs de Sainle-deneviève, Saint-Michel du Degré et Sainl-Barlhélemy. Ces trois petites églises « gastécs et presque mises en ruines de notre tcms, dit Bclleforest, lorsque les calvinistes surprindrent cestc ville et en feirent leur retraite, furent réduites en une seule ' I ))onr tnnner l'église paroissiale des Trois-
ISSl, t. xi.ii, p. 17.S. Cf. Reime arcluolugiqae. 1817-1818,
I. IV, p. 516-518, sur des cercueils trouvés ft Siiinl-Dcnis. — " Kélibien, op. ci(., p. .561 ; Al. Lenoir, Musée des monuments /rançais, 1. 1, p. 8i), pi. xiv; Magasin iiittoresque, 18 in, p. 2tj8; De Ciuilhermy, Inscriptions de la l'ranee du >" au XMII' siècle, in-l°, Paris, 1873, l. il, p. 111; H. Le Hliinl. lier, des snrcnpii. rlirét. de la Canle, in-fol.. Paris, 1886, p. 7,
II. 11. — ' Mimsler el liellelorest, Cosnmyr. unir., Pnris, 1575.
DENIS (ABBAYE DE SAINT-) — DENTISTE
Patrons. C'est donc depuis 1575 qu'existe, sous le nom des Trois-Patrons, la nouvelle église dans la construction de laquelle on voit encore l'abside et un pan de mur qui pourraient lîien n'être pas postérieurs à la réunion, mais bien plutôt être un reste des anciens édifices '.
En 1738, on projeta d'y réunir l'église Saint-Michel du (Charnier; bientôt après celle de Saint-Pierre et de Saint-Remy. Mais les choses demeurèrent en l'état et jusqu'à la Révolution, l'éslise des Trois-Patrons subsista avec le cimetière qui l'entourait. Hn 1701, l'église et ses dépendances devinrent biens nationaux et après avoir passé par diverses mains et subi des mutilations et alleclatlons variées, furent déblayées et nivelées en 1900. Des fouilles faites sur ce point ont fait mettre à jour plusieurs sarcophages mérovingiens, orientés à l'est, en plâtre avec panneaux moulurés à la tète et aux pieds. Ces sarcophages se trouvaient à '2 ""75 en contre-bas du sol actuel.
Plusieurs de ces sarcophages tangents à la circonférence de l'abside avaient l'extrémité des pieds engagée dans les fondations. Tous ces sarcophages avaient été violés, remplis de terre, privés de leurs couvercles, à l'exception d'un seul renfermant un squelette de femme dont la natte de cheveux blonds était bien conservée. Ces sarcophages diffèrent peu de ceux qui ont été trouvés à Paris (Saint-Marcel, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Pierre de Montmartre). Il a donc existé un cimetière proche de la fondation de Dagobert, dès le VII" siècle environ (fig. 3701).
D'autres sarcophages ont été trouvés successivement, deux à 3'"35 de profondeur, deux à S^Oô. Sous l'un de ces derniers, on rencontra plusieurs débris de tuiles gallo-romaines et notamment une antéfixe en terre rouge, d'exécution très barbare et figurant une tète surmontée d'une croix. C'est certainement un des plus anciens débris du christianisme à Saint-Denis (fig. 3702).
Ce fut dans une tranchée hors de l'église, mais toujours dans le cimetière des Trois-Patrons qu'on fit les fouilles les plus productives : six sarcophages mérovingiens à 3 ""35 de profondeur, alignés et orientés à l'est, intacts. Cliacun contenait un squelette avec ses armes, quelques bijoux sans importance. Sur un seulsarcophage une inscription, le mot RADVNVS (fig. 3703).
XIII. Bibliographie. — (Nous ne donnons Ici que quelques indications bibliographiques, le sujet ne pouvant être abordé dans ce Dictionnaire que pour la période chronologique antérieure à Suger. Nous écartons ce qui se rapporte à Denis Aréopagite et, en général, à tout ce qui est étranger à l'archéologie et aux questions traitées dans le présent travail.) F. d'Ayzac, Histoire de V abbaye de Saint- Denis en France, 2 vol. in-8°, Paris, 1860-1861. — F. Bournon, Histoire de la ville et du canton de Saint- Denis, in-12, Paris, 1892. — P. Brasseur, Dionysiani monasterii sacrarium seu ejusdem sacrœ antiquitates, versibiis illustratœ, in-12, Montibus, 1641. — J. Doublet, Histoire de l'abbaye de Sainct-Denys en France, contenant les antiquitez d'icelle, les fondations, prérogatives et privilèges, ensemble les tombeaux et epitaphes des roys, reynes, enfants de France et autres signalés personnages qui s'y trouvent... le tout recueilly de plusieurs histoires, bulles des papes, et chartes des rois, princes et autres documents authentiques, 2 vol. in-l°, Paris, 1625. — J. Guiffrey, Les tombes royales de Saint- Denis, à la fin du xviii^ siècle, dans le Cabinet historique, 1876, 1I« série, t. i, p. 1-31. — • De Guilhermy, Monographie de l'Église royale de Saint-Denis, tomheaa.T et figures historiques, in-12, Paris, 1848. — A. Jacobs, Géographie des diplômes mérovingiens. I. Abbaye de Saint-Denis, dans Rev. des Soc. sav., 1862, II« série, t. vu, p. 52-67, 162-168, 232-251. — J. Jaquemet, L'église de Saint-Denis, sa
UICT. D'aRCH. CHRÉr.
crypte, ses tombeaux, ses chapelles, son trésor, iii-12, Paris, 1867; Étude historique sur le tombeau de suint Denis, le premier évéque de Paris, et des compagnons de son martyre, dans Annales de philosophie chrétienne, novembre 1874. — L. Levillain, L'église carolingienne de Saint-Denis, dans Bull, monum., 1907, t. Lxxi, p 211-262; L'autel des saints martyrs de la basilique de Saint-Denis, dans Bull, monum., 1911, p. 212-225; Un diplôme mérovingien de protection royale en faveur de Saint-Denis, dans Bibl. de V École des chartes, 1911. t. Lxxii, p. 233-244. ■ — Le Maître, dans lirvue de l'art chrétien, 1909, p. 80-94, 175-183. — Martin, Donation par Charles le Chauve à l'abbaye de Saint-Denis, du village de Chaourse et de biens sis à Morgny en Thiérache. Résigny, Tavaux {S66) dans Bull, de la Soc. hist. arch. Soissons, 1847, t. i, p. 111. — G. Millet, Le trésor sacré ou inventaire des saintes reliques et autres précieux joyaux qui se voient en l'église et au trésor de l'abbaye royale de Saint-Denys en France, ensemble les tombeaux des rois et reines enscpulturés en icellc, in-12, Paris, IfilO, 1638, 1645. — H. Omont. La messe grecque de Saint-Denys au moyen âge, dans Études d'histoire du moyen âge dédiées à G. Monod, 1896, t. i.
H. LECLERcy.
DENTISTE. — 11 est tout à fait probable que la profession de dentiste n'était pas distincte de celle de chirurgien (voir Dictionn., t. m, col. 1386) qui rentrait
flNOCZUJ . uu2NlTrotHC\
3704. — Épitaphe de Celerinus, dentiste. D'après Bullel. di arch. crist., 1864, p. 36. •
dans la désignation générale de îatfo;, medieus. On ne rencontre pas d'épitaphe chrétienne faisant mention d'un dentiste, mais cette mention n'en est pas moins réelle, grâce au procédé adopté de représenter l'outil de la profession.
Une pierre trouvée dans le voisinage de la basilique Saint-Laurent in agro Verano, malheureusement fragmentaire et de provenance non catacombale, porte ces mots (fig. 3705)= :
KsXs]PINOC ZCON EauJTCO AinOIHCA ExJTWN AYTOY HA jTCON
Celerinus vivus sibi fecit ex suis [laboribust] Au-dessous on voit une pince dont la grille saisit
' L'église des Trois-Patrons, à Sainl-Dengs en Fraitcr, Fouilles et découuertes, 1906, p. 3. — ' De RossI, Bull, di arch. crist., 1864, p. 36.